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Poésie néo-classique
Lechat : Pierre et Pluie
 Publié le 13/03/10  -  14 commentaires  -  840 caractères  -  285 lectures    Autres textes du même auteur

Escale mélancolique dans un port calme et fréquenté.


Pierre et Pluie



Je voudrais vous parler d’un pays sans épices,
L’asile étrange et las des illusions perdues.
Aucun rêve n’y mène et pourtant mille esquifs
Échoués dans le port n’en repartiront plus.

Que vous l’atteigniez seul, accompagné d’un autre,
L’argent dans les cheveux ou l’épi toujours vif,
C’est à vos pas déçus que s’ouvrira sa côte,
À vos mots soulagés de leurs superlatifs.

Dès l’aube vous viendrez, sur un banc pierre et pluie,
Éparpiller vos yeux dans les mousses marines,
Ni vraiment mécontent du voyage accompli,
Ni vraiment malheureux de l’anse où il termine.

Et vous contemplerez ces vaisseaux presque morts
Envahis par le sable, « Amanda pour la vie »,
« Le Seigneur du Cap Horn », se mourant bord à bord,
Étonné d’un sourire à vos lèvres ravi.


 
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   bulle   
6/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce titre est très beau !

L'ensemble est vaporeux. Il invite au voyage, les vers ont une bonne ligne de flottaison, une musicalité certaine.

L'expression est fluide, et masque les rimes floues (épices/esquifs - autre/côte).. Un bon point pour cela.

Le vers final est formulé de manière précieuse
"Étonné d'un sourire à vos lèvres ravi"..
Cette image-ci, de voler un sourire.. hummm..


Une belle découverte pour moi, et beaucoup de plaisir à la faire..

   ristretto   
9/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
enchantée par cette invitation au voyage introspectif
une lecture sans écueil

seul ou accompagné – j'ai préféré lire : seul et accompagné de celui que l'on fut et qui n'est plus .. mais bon, une interprétation perso qui me convient, en fait :-)


« sur un banc pierre et pluie » ... j'aime beaucoup ce contraste
du minéral solide – en fait ses illusions ne nous ont elles pas bâties ? - et l'eau ,
tout autant le fil du temps, les larmes, la source , la vie..

une escale « sans épice » douce car les regrets ni sont pas, seulement ce regard « amusé » sur soi même : un beau final plein de sagesse

merci beaucoup

   ANIMAL   
10/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bien joli poème à la saveur douce-amère.

Je n'ai pu trancher entre un endroit réel ou une métaphore sur la mort de toute chose, mais en tous cas j'ai apprécié la promenade menant à ce port. Seul le mot "superlatif" ne me parle pas.

Une faiblesse à la dernière strophe, à mon avis, que de citer ce qui semble être des noms de bateaux. J'aurais préféré que continue l'enchantement. Mais c'est tout à fait personnel.

Merci pour cette escale.

   Anonyme   
10/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien
La magie de l'amour de la terre, ça opère. Un peu bucolique, un peu amoureux, un poil territorial, parfois pas mélodieux mais sur ce coup-là ça m'est bien égal, j'ai franchement apprécié.

   jamesbebeart   
11/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Superbe texte à la facture très (trop ? ) classique, mais qu'importe, le talent est là : superbes images qui regorgent de musique... Pour le coup, j'ai vraiment aimé !

   Marite   
13/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très beau poème, ryhme et rimes accompagnent merveilleusement cette fin de voyage, car c'est ainsi que je l'ai ressenti. Une dernière pause, paisible et sans regrets avant le grand départ.
"Dès l’aube vous viendrez, sur un banc pierre et pluie,
Éparpiller vos yeux dans les mousses marines,"
sont les vers que j'ai aimés.

   Anonyme   
13/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Lechat ! Tout d'abord j'aime beaucoup le titre, peut-être parce qu'il me rappelle ma Bretagne ? Ensuite certains vers sont de très belle facture :
L’asile étrange et las des illusions perdues,

L’argent dans les cheveux ou l’épi toujours vif,

Dès l’aube vous viendrez, sur un banc pierre et pluie,

Éparpiller vos yeux dans les mousses marines...

Il s'en fallait de peu pour obtenir un texte classique...
Reste le sens profond du poème et là j'hésite un peu !
Métaphore ? Ultime voyage ou plus simplement retraite au fond d'une anse où croupissent de vieux rafiots ? Je connais un lieu de ce genre qui se nomme Landévennec, où pourissent bord à bord de vieilles coques... Peu importe, j'ai aimé l'ambiance et les superbes images qu'évoque ce texte. Merci pour cet excellent moment de lecture. Alex

   Arielle   
14/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un titre très évocateur, une forme quasi parfaite pour ce poème des illusions perdues dont le rythme lancinant s'accorde bien au sujet.

"Ni vraiment mécontent du voyage accompli,
Ni vraiment malheureux de l’anse où il termine."

Doux-amer le constat mais sans superlatifs, juste le ton que j'aime pour évoquer sans asséner ses regrets.

J'ai particulièrement apprécié le clin d'oeil des noms de bateaux dans la dernière strophe : amour et gloire "se mourant bord à bord"

   Anonyme   
15/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Oh, j'ai vraiment aimé ce texte !

Nostalgie oui, mais une nostalgie teintée de sagesse, de douceur, il n'y a pas vraiment de résignation ou en tout cas pas trop de regrets, surtout un apaisement... mais tout de même, il y a ce mot : "las", et ces "illusions perdues", et "vos pas déçus"... on oscille, sans bien savoir vers où balancer, entre sérénité et mélancolie.

Je ne suis pas certaine, de toute façon, d'être prête encore pour ce port-là, et même si j'en aperçois le rivage, je ne me suis pas encore décidée à accoster :-)

Sur la forme, la musicalité est très présente, c'est un poème au rythme aussi hypnotique et tranquille qu'une houle légère, et aux sonorités agréables.
J'aime beaucoup le "pays sans épices", "l'asile étrange et las des illusions perdues", "à vos mots soulagés de leurs superlatifs", "un banc pierre et pluie".

Je suis juste un peu déconcertée par le tout dernier vers. Il semble s'adresser à quelqu'un qui apparaît tout à coup, sans crier gare, je ne suis pas sûre d'aimer. De plus, je trouve son rejet un rien trop affecté par rapport au reste du texte, mais c'est affaire de goût personnel.

Un bien beau texte dans tous les cas, merci.

   Anonyme   
16/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je regrette un brin le "penchant Lapalisse" du dernier vers de la première strophe et du premier vers de la deuxième strophe.
Sinon j'ai bien aimé, particulièrement le "banc pierre et pluie" et le "pays sans épices".
Une fin, le dernier vers, un poil "facile" pitêtre et d'autres emplois comme "vaisseaux presque morts" pas des plus mélodieux à mon sens.

   Anonyme   
18/3/2010
J'aime les images et la musicalité de ce poème.
Tout est fait pour enchanter l'oreille et l'imagination. N'est-ce pas la raison d'être de la poésie ?
Aux rimes, l'auteur préfère parfois les assonances. Et c'est très bien ainsi. Mieux vaut une belle assonance qui s'intègre dans le discours qu'une rime qui arrive comme un cheveu sur la soupe et n'est là que... pour rimer.
Ni haiku, ni poème fleuve, avec ses 16 alexandrins, ce poème a pile poil la bonne longueur.
Un petit bémol concernant le dernier vers qui aurait certainement gagné à être un peu plus musclé.

   David   
18/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Lechat,

Ça ressemblerait presque à un nom de couple le titre, et de la façon dont sa vient dans les vers aussi, on pourrait croire que le poème s'adresse à ces deux-là. Il n'y a pas la majuscule à "pluie" dans les vers, en fait. Ça ne gâche pas le moment, le lieu décrit et la poésie qui s'en dégage, désenchantée et finissant sur "à vos lèvres ravi."

   Anonyme   
18/3/2010
Commentaire modéré

   Damy   
19/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je vois dans ce poème optimiste l'accostage à la dernière escale: la vieillesse immobile dans l'oasis acceptée vers le dernier voyage de la béatitude sous le regard complaisant des compagnons de route qui en sont là aussi.

Fatalité sans regret, sans amertume, réduite à l'essentiel ("A vos mots soulagés de leurs superlatifs").

"Étonnés d'un sourire à vos lèvres ravis":
Vieilles épaves attendrissantes d'une vie aventureuse bien remplie.

J'aimerais croiser ou atteindre cette vieillesse enchantée quand de tous côtés dans des ports solitaires, dans des vases engluées, dans les antichambres collectives des cimetières marins, des âmes usées, parfois déjà ailleurs, souffrent dans leurs silences emmurés quand elles ne défèquent pas bruyamment leurs folies dégénérées en milieux gériatriques.

J'ai plus de chance pour que..., tant ma vie rencontra d'écueils et de récifs inhospitaliers.

   Anonyme   
15/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un très beau texte, je l'ai lu et relu, j'en aime beaucoup la musicalité, l'harmonie, la légèreté qui s'en dégage. C'est d'une belle fluidité qui laisse apparaître toute la délicatesse de votre plume.

Dès la première strophe le décor se pose, il nous fait avancer à pas feutrés pour ne pas déranger, à peine oser un regard, mais se laisser emporter par une sensibilité pénétrante.

L'ensemble m'a entièrement séduit, mais je retiendrai :

" Dès l’aube vous viendrez, sur un banc pierre et pluie,
Éparpiller vos yeux dans les mousses marines,
Ni vraiment mécontent du voyage accompli,
Ni vraiment malheureux de l’anse où il termine."


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