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Poésie contemporaine
LeChevalier : La carcasse de pigeon
 Publié le 08/05/26  -  11 commentaires  -  792 caractères  -  181 lectures    Autres textes du même auteur


La carcasse de pigeon



Sur le pavage, en plein soleil, une carcasse
De pigeon. Pas de tête et pas de cœur non plus ;
Autour de cet absent, des os circonvolus
S’élèvent de façon cocasse.

Un oiseau noir, à coups de bec bien résolus,
En picore la chair, spectacle dégueulasse !
Les plumes cependant sont toujours à leur place,
Du roucouleur sans vie ornements superflus.

Voici comment, sous un régime autoritaire,
La force est l’immense critère
Qui seul se substitue aux droits ;

Le pouvoir saisit les rebelles
Et les exhibe sur la croix,
Sans leur ôter pourtant les ailes.


 
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   Passant75   
24/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Si le début peut rappeler « Une charogne » de Baudelaire, chez ce dernier, la contemplation du cadavre se transformait en méditation sur le temps, la beauté, voire la poésie, alors qu’ici cette carcasse sert de support à une allégorie politique.

Le texte, bien que présenté dans le registre de la « Poésie libre » s’inspire de la forme du sonnet, même s’il n’en respecte pas la métrique dans les tercets.

Sur le fond, s’agit-il du Christ rebelle ou des gladiateurs de Spartacus cloués en croix, l’oiseau noir aurait-il un rapport avec l’aigle qui dévorait chaque jour le foie de Prométhée ? Mais qu’importe, si le texte dénonce l’abus de la force brute sur le droit, ceux qui sont pourchassés conservent leurs ailes, signe d’un esprit de liberté qui subsiste.

Au final, bien que j’aie pu trouver ce poème un peu trop démonstratif, mon ressenti est resté positif.

   Curwwod   
8/5/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Un poème qui se veut engagé mais rate son objectif par la faute d'une métaphore obscure et vraiment pas poétique, mais ce n'était pas forcément votre but d'écrire de la poésie. Ce que vous décrivez est assez répugnant et le rapport entre cette scène et "sous un régime autoritaire,/La force est l’immense critère/Qui seul se substitue aux droits " n'est pas bien claire. La corneille qui picore votre pigeon mort accompli un acte hygiénique et le picoré n'avait rien d'un rebelle. On voudrait voir quelque portée historico- philosophique dans votre dernier tercet à savoir: le rebelle même exécuté bénéficie des ailes d'une gloire sacrificielle, c'est le seul élément, si je ne me trompe pas, qui donne quelque valeur à ce texte. Votre texte part d'une intention louable mais vous en avez raté l'objet. N'est pas Machado, Neruda ou Aragon qui veut.

   Cyrill   
3/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Une petite fable satirique, je la trouve d’autant plus mordante qu’elle est brève. D’abord une scène triviale et décrite avec un mélange de précision et d’ironie, de langage soutenu et familier. Le ton hésite entre grotesque et détaché. On me parle d’un cadavre, mais avec une légèreté frisant l’absurde, sur un rythme de trimètres dans lesquels j’entends un sautillement d’oiseau.
Puis l’image réaliste devient allégorie politique. L’absence de tête et de cœur, lue au début, suggère la négation de la pensée et de l’humanité, tandis que les plumes intactes deviennent une image clé. On laisse aux victimes leurs ornements, leurs apparences, leur illusion de liberté, tout en leur retirant l’essentiel, leur capacité d’agir.
La satire tient surtout dans cette dernière idée. Le pouvoir autoritaire ne se contente pas de supprimer, il met en scène. La comparaison avec la crucifixion renforce la dimension spectaculaire et dissuasive. Une chute particulièrement caustique.

   Polza   
8/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
L’auteur nous parle de carcasse de pigeon (métaphorique ou pas) et a la subtilité de l’indiquer dans un rejet qui met ce pigeon en valeur !

Le rythme est bien pensé, un mélange de trimètres, d’alexandrins en 6/6 et d’octosyllabes…

« Autour de cet absent »

Alors que le pigeon est l’élément central de ce poème, il en est pourtant paradoxalement absent, c’est plutôt subtil…

« Un oiseau noir, à coups de bec bien résolus,
En picore la chair, spectacle dégueulasse ! »

j’ai pensé à Villon dans ce passage… 

« Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils. »

« Le pouvoir saisit les rebelles
Et les exhibe sur la croix,
Sans leur ôter pourtant les ailes. »

Il y a quelque chose de christique et philosophique dans ce poème, plus haut, l’auteur nous parle de droits et l’associe intelligemment au verbe « substituer », comment ne pas penser au substitut du procureur !

Je viens de m’apercevoir que la forme était celle d’un sonnet remanié assez intelligemment, il faut dire…

J’ai trouvé à ce poème des relents de Thomas Paine et comme je ne peux vivre sans musique…

https://youtu.be/nLZTFRVfhuE?si=-TBW3zlRC4gorvZb


Édition


Je reviens sur mon commentaire afin de pousser un peu plus loin ma réflexion (pour peu qu’il me reste de la réflexion)…

Si le pigeon est un symbole de paix et de liberté, il est également au sens figuré un homme naïf, celui que l’on peut facilement duper.

C’est également celui qui dérange, celui dont on aimerait secrètement se débarrasser en lui tordant le cou parce qu’il « chie » partout sur nos façades et sur le bitume, quand ce n’est pas directement sur nous.

Néanmoins, comme le souligne le dernier vers, on ne souhaite pas pour autant leur ôter les ailes, ils sont utiles aux « puissants » de ce monde, c’est du prolétaire bien sage et discipliné…


leur ôter les ailes peut d’ailleurs être pris à double sens, nous voulons que vous voliez encore pour nous, car sans vous nous ne sommes rien, nous nous abreuvons de votre substance, ou bien, comme le dit cette citation que l’on attribue à Pablo Neruda : « Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps. », nous serons toujours libres quelque part malgré votre oppression…

Je crois vraiment que c’est un poème qui mérite que l’on y revienne plusieurs fois, un peu comme un pigeon farci au foie gras : « Vous en reprendrez bien un petit… »

   Provencao   
8/5/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour LeChevalier,

Plusieurs lectures pour mieux recevoir votre poésie sur le registre de la Satire.

J'ai eu l'impression que la forme choisie manquait de simplicité , de candeur , de force et se dévoilait loin d'être aisée.
Je n'ai pas recouvré l'habileté dans votre écrit pour me permettre de m' accommoder à vos pensées, à vos idées développées que vous vouliez exprimer.
J'ai recherché ces idées exposées, dont j'aurais aimé découvrir avec peut être un peu plus d'écriture naturelle, sans être étouffée de parure qui la dénature.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Robot   
8/5/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
La poésie n'est pas évidente dans ce texte qui n'est que descriptif dans ses quatrains.
Au sixième vers "spectacle dégueulasse " me semble surajouté. Il aurait mieux valu lui substituer des images parlantes plutôt que d'asséner un point de vue.
Les morales des tercets de cette allégorie dénonciatrice du pouvoir, sont présentées de manière plutôt plate.
Reste le fond qui est tout a fait légitime. Et c'est ce que je retiendrai du texte.

   Luron   
8/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai bien aimé les deux tercets qui rappellent que dans les dictatures la force prime le droit des humains mais ne peut leur ôter "pourtant leurs ailes", belle image pour leur aspiration à la liberté. Nous avons l'exemple actuel des ukrainiens mais aussi des polonais dont le pays a même été rayé de la carte du monde à une certaine période de leur histoire. Et pourtant la Pologne est toujours là avec sa culture et sa langue…éternelle.
Pour illustrer ce thème fallait-il en passer par un pigeon aux "os circonvolus" et "un spectacle dégueulasse". Je suis réticent.
L'auteur a utilisé une forme originale. Les derniers vers plus courts en octosyllabes donnent plus de force et d'éclat à la conclusion.

   Donaldo75   
8/5/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
De l’allégorie politique pas très subtile, sous une forme imparfaite, voici ce que je viens de lire. Loin de moi l’idée de dire au poète comment il aurait du écrire son texte – je sais que certains se permettent ce type de conseil, alors je préfère préciser que ce commentaire est purement analytique, du vrai cerveau gauche – mais je demeure un lecteur de poésie, un de ces amateurs venus sur Oniris lire les compositions d’autres amateurs. Bon, revenons à l’allégorie : la carcasse de pigeon comme symbole des victimes d’un régime autoritaire. Est-ce une bonne idée que cette image brutale ? Bof, j’aurais tendance à dire « pourquoi pas ? » tant que la forme appuie ce choix. Certes, au royaume de la subtilité, cette allégorie ferait tâche mais après tout le lecteur en poésie ne demande pas de décliner du Raymond Aron ou du Hannah Arendt en vers bien rasés sur les côtés. Le problème avec l’utilisation présente de cette allégorie, c’est qu’ici elle avance avec ses gros sabots explicatifs au lieu d’être suggérée de manière poétique. Le poème initialement pensé s’est transformé en tract. Quant au style, bien que je ne recherche pas de l’élégance, de la répartie digne de la Cour de Versailles, je ne peux pas dire qu’ici la composition stylistique brille de mille feux merveilleux ; avec son mélange de registres oscillant entre macabre, sociologique et familier, le champ lexical est envahi de trèfles, les rimes forcées ne colorant pas l’ensemble de la plus belle des palettes.

   Myndie   
8/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

C'est un poème très sombre, macabre, aux images crues, où les métaphores et allégories apportent cette poésie qui semble si cruellement lui faire défaut si l'on s'arrête au regard immédiat.
Description clinique de la chair et des os : j'ai tout de suite pensé au « Boeuf écorché" de Soutine, ou aux tableaux de Bacon, ses carcasses de viande et ses corps mutilés.
La déformation de la réalité sert ici à hurler une réalité politique.
« Les plumes cependant sont toujours à leur place,
Du roucouleur sans vie ornements superflus. »
L'expression est puissante et la métaphore parlante : voici comment « sous un régime autoritaire », les apparences sont sauves mais les individus privés de droits, de libertés, de leur essence même.
« Un oiseau noir, à coups de bec bien résolus » : allégorie de la force brute, de l'autoritarisme : ça doit forcément parler à tout un chacun tant cette époque qu'on croyait résolue ne l'est jamais en définitive.
Le force de votre poème est là : la carcasse n'est pas là pour dégoûter mais pour délivrer son message. Serons-nous un jour déshumanisés, vidés de notre substance, les ailes clouées, la chair livrée aux becs des puissants de ce monde ?

C'est une dénonciation de la loi du plus fort, un défi lancé à la poésie.
Et si c'était une peinture, ce serait forcément une oeuvre expressionniste.

   Boutet   
8/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un sonnet aux formes disparates mais dont j'aime beaucoup le message. Et oui, les régimes autoritaires
que l'on connait bien de par le monde agissent ainsi. J'aime bien la rhétorique de ce poème.
Quelques images ou expressions, quand même dont je ne suis pas fan : de façon cocasse, spectacle dégueulasse, voire ornements superflus. Mais l'ensemble tient la route et dit bien ce qu'il veut dire.

   Cristale   
8/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Et moi qui croyais l'auteur résolument "classique"... quelle surprise !

Bonjour LeChevalier,

Les tercets me rappellent «Les Châtiments » de Victor Hugo dont les pamphlets dénoncent la violence, la brutalité du pouvoir, le supplice qui s’en devient spectacle.

C’est le seul rapprochement que je puis faire car ici le flux de la veine pamphlétaire, ou plutôt allégorique, est « rigoureusement libre » et résolument moderne dans ces vers éloignés des canons rigoristes des vers classiques du sonnet.

Cependant, une recherche sur le rythme, je dirais arythmie organisée, un jeu de trimètres en relief mettant en valeur le discours des quatrains et le groupe de tercets, un vocabulaire soutenu qui se permet des expressions « populaires », des rimes recherchées et bien sonnantes, font de ce poème une pièce originale dans tous les sens du terme.

Je ne mangerai plus jamais le ragoût de pigeon de mère-grand.


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