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Poésie contemporaine
LeChevalier : Le manul
 Publié le 11/01/26  -  8 commentaires  -  1631 caractères  -  69 lectures    Autres textes du même auteur

Petite épopée sans hommes.


Le manul



Sur les toits enneigés du monde, où tout est grand,
La nuit laisse échapper un râle de mourant.
Les constellations tremblent – leur or s’annule
Devant les étendards du pâle crépuscule.
Le ciel s’est dévêtu de son obscur manteau,
De longues ombres vont courir sur le plateau –
Plus haut que le Mont-Blanc, plus haut que le Caucase –
Où les premiers rayons d’une lumière rase
Transforment tout buisson en spectre menaçant :
Tout semble vivre et tout vous guette, et tout ressent.

Taciturne habitant des Montagnes Célestes,
De l’Altaï sauvage et des ravins funestes
Des blancs Himalayas, le manul affamé
Agite son museau par l’instinct animé.
Il sort de son abri : sa gueule se dilate,
Sur sa queue annelée il repose sa patte
Et, fidèle à son flair qui jamais ne lui ment,
De son œil prédateur il fixe un mouvement –
Son corps court et trapu se glisse entre les herbes,
D’où dépassent ses yeux, lançant de froides gerbes.
Puis, son ventre aux longs poils caresse les rochers,
De lichen et de mousse avarement jonchés.
C’est qu’un lièvre siffleur, bête aux oreilles rondes,
A déserté trop tôt ses demeures profondes,
Allant à petits pas dans le jour incertain
Grignoter quelque fleur, quelque tige de thym.
Comme une foudre donc, de nulle part sortie,
Le félin aux yeux durs, à la tête aplatie,
Se projette d’un bond pour lui briser le cou.
Le sang coule. Le ciel se dégage à l’est, où
Le soleil apparaît majestueux et noie
Dans sa froide lueur le chasseur et la proie.


 
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   Lebarde   
6/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
"Petite épopée sans hommes", celle d'un "manul", tiens donc un félin des sommets enneigés que je ne connaissais pas, parti tôt le matin dans une nature sauvage, en quête de nourriture; cette fois la victime sera "un lièvre siffleur, bête aux oreilles rondes ".
Mais c'est la dure et cruelle loi de la nature qui fait se rencontrer le prédateur affamé qui n'a d'autre choix que de tuer pour survivre et l'innocente proie dont la discrétion et la prudence ne suffisent pas toujours à échapper à la mort ...

La scène naturelle bien écrite, la description naturaliste précise et poétiquement documentées , le ton et le rythme lent du propos n'ont rien à envier aux commentaires utilisés dans les films animaliers proposés sur TV5.

L'atmosphère est pesante , comme il faut pour entretenir le suspense et l'attention du lecteur jusqu'au bout;
"Le soleil apparaît majestueux et noie
Dans sa froide lueur le chasseur et la proie."...c'est la vie qui continue!

On aime ou on aime pas, moi j'aime plutôt.

Pas de faute prosodique a priori dans le strict respect du classique. Bravo.

J'aurais pourtant préférer une présentation un peu plus aérée...pour autant elle convient parfaitement au sujet et au rythme dense de "l'épopée."

Voilà bien un magnifique poème qui me convient.

En EL

   Ornicar   
9/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'aime beaucoup la première partie pour l'ambiance nocturne, mystérieuse et menaçante qu'elle installe. On voyage. C'est un très bel écrin qui pourrait presque se suffire à lui-même et constituer un poème. Mention pour son dernier vers qui frémit de toute une vie cachée : "Tout semble vivre et tout vous guette, et tout ressent". La seconde partie est plus narrative et partant plus ordinaire ou plus convenue à mes yeux : une banale scène de chasse chez nos amies les bêtes. J'aurai au moins fait connaissance avec le "manul", ce chat des steppes, dont j'ignorais jusque là l'existence.

J'ai trouvé l'écriture agréable avec cependant quelques réserves pour cette seconde partie : les trois premiers vers sonnent à mes oreilles comme un documentaire animalier à la télévision. Aussi, pour moi, la poésie se dérobe à leur approche. Ensuite, je trouve que l'auteur recourt à beaucoup trop d'adjectifs. Rares en effet sont les vers qui n'en comportent pas, ils se comptent sur les doigts d'une main. La majorité en recèle au moins un, et parfois deux. J'éprouve alors comme une "sensation de trop". Merci pour cette lecture.

   Boutet   
11/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un poème joliment magnifique qui nous rappelle les grandes descriptions animalesques d'un Leconte de L'Isle. Pourquoi contemporain, peut-être la rime rochers/jonchés, dommage. Ce poème d'une grande envolée n'est pas sans me remémorer La chasse de l'aigle.
Très belle réussite.

   Cristale   
11/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un joli tableau aux peintures délicates, ou un film au ralenti, un regard minutieux, un vocabulaire riche,
La structure des alexandrins sort de l'ordinaire. J'aime bien. Et même beaucoup.

Un grain de sable irritant et regrettable s'est glissé sous la patte du manul :
Selon la règle la consonne "r " ne se prononce pas et ne peut être associée à aucune autre,
on ne peut donc faire rimer rochers et jonchés, (ni rocher et jonché)... et hop ! adieu catégorie classique.

La poésie est bien présente, agréable l'oeil et à l'oreille.

   papipoete   
11/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
bonjour LeChevalier
Dans ce paysage, où rien ne semble vivre, en fait tout le contraire ; si vous ne voyez pas, lui vous voit au gré de ces buissons d'allure spectre menaçant.
Il veille le Manul, sur son territoire de chasse, et bientôt ce lièvre siffleur, trop sûr de lui finira sous les crocs de ce fameux chasseur.
NB connais pas cette bête ; un chat des montagnes, qu'il ne faut pas compter apprivoiser, et voir ronronner sur un coussin dans un appartement.
je crus même que Manul était une contraction de 2 mots, pour faire un genre de Yéti...
La scène au décor planté, nous accorde de regarder, mais Silence ! on ne bouge que des yeux !
Des lignes remarquables telle :
" comme une foudre de nulle part sortie...se projette d'un bond... "
ça ne peut pas louper ! gagné !
Techniquement, la mise en page ne me réjouit pas, et des strophes purent contenir ces dodécasyllabes, d'allure classique ( constellations en diérèse par exemple ) mais l'ensemble est plaisant, si l'on marque des pauses toutes les 4 phrases.

   Robot   
11/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un poème cinématographique avec à la fois de belles images mais aussi des moments cruels qui restitue une page d'histoire naturelle.

   Polza   
11/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Oniris ayant choisi le traité de Sorgel pour référence, je ne remets pas en cause ce choix.
Par contre, je remets en cause le traité de Sorgel lui-même. Votre poésie ne mérite vraiment pas la catégorie poésie moderne à cause de rochers/jonchés.

Sorgel estime que la lettre r ne se prononce pas et qu’on ne peut donc l’associer à aucune autre. Si elle ne se prononce pas quelle est la différence entre roche et rocher ?
On devrait prononcer les deux de la même manière. Pourtant dans rocher je ne dis pas roche mais bien roché !

Pour le singulier admettons, mots en er et mots en é, mais pour le pluriel, la lettre s vient selon moi modifier la règle puisque la terminaison des mots est la même.
J’ai fait une liste non exhaustive d’exemples dont regorge la poésie. D’un côté nous avons Sorgel qui dit « non pauvres fous il ne faut surtout pas » et de l’autre côté nous avons celles et ceux qui font la poésie et qui n’ont pas attendu que Sorgel naisse pour apprendre les règles…


Théodore de Banville… Ombrages et rochers/Souvent cherchés
François Copée… dans les rochers/soudain cachés…au seuil de ces rochers/alors cachés
Guy de Maupassant…des grands rochers/face attachés
Sabine Sicaud…deux rochers/si nus, écorchés
Et j’en passe et des meilleurs…

Sorgel ayant écrit un livre aux éditions Rocher, je me dis qu’il a peut-être eu un désaccord avec l’éditeur et qu’il a une dent contre tous les rochers depuis ce jour !

Enfin bref, tout ça pour dire comme je l’ai déjà dit, le traité de Sorgel est très utile, c’est indéniable, mais ce n’est pas Sorgel qui fait la poésie, mais bel et bien les poètes et poétesses de tout horizon ! (ce qui ne doit pas empêcher de respecter les règles quand elles sont fondées)

Je me permets donc de lire et commenter votre poème en considérant qu’il est dans la catégorie classique, là où il aurait dû être à mon avis.

J’aime les poésies qui évoquent les animaux, ma préférée étant la mort du loup d’Alfred de Vigny. La version lue par Gérard Philipe est magnifique (et pourtant je n’avais pas aimé sa version de ballade des pendus de Villon)


Je ne connaissais absolument pas ce fameux manul !

« Le ciel s’est dévêtu de son obscur manteau, » j’ai trouvé ce passage un peu convenu, un peu comme l’hiver s’est paré de son blanc manteau…

« d’une lumière rase » j’ai eu un peu de mal avec l’enchaînement lumière rase « reura »

J’ai beaucoup apprécié la musicalité de la deuxième strophe. Par contre, affaire de goût personnel, j’ai moyennement apprécié la disposition de ce poème. C’est trop compact pour moi, j’aurais aimé qu’il soit un peu plus aéré.

« Dans sa froide lueur le chasseur et la proie. » peut-être n’avez-vous pas voulu employer deux fois « sa », cela ne m’aurait pas gêné, bien au contraire, j’aurais amplement préféré « Dans sa froide lueur, le chasseur et sa proie. » j’ai ajouté une virgule, je trouve que ça met plus en valeur la fin…

Votre poème n’en reste pas moins très agréable à lire, j’ai apprécié la description d’un épisode de la vie animalière.

   Provencao   
11/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

"Le ciel s’est dévêtu de son obscur manteau,
De longues ombres vont courir sur le plateau –
Plus haut que le Mont-Blanc, plus haut que le Caucase –
Où les premiers rayons d’une lumière rase
Transforment tout buisson en spectre menaçant :
Tout semble vivre et tout vous guette, et tout ressent."

Beau ciel presqu'identique à une toile peinte avec une sublime observation et une délicate palette colorée.


Au plaisir de vous lire,
Cordialement


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