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Poésie classique
LenineBosquet : Un flux, des flots
 Publié le 28/12/18  -  22 commentaires  -  632 caractères  -  424 lectures    Autres textes du même auteur

Mare nostrum.


Un flux, des flots



C'est un vent doux et chaud, propice à la baignade,
Qui souffle sur la mer placide comme un lac.
Les quelques clapotis que produit le ressac
Sont un chant de tendresse, un air de sérénade.

L'eau si tiède et suave enveloppe les corps
Chanceux de nager là sous ce soleil immense.
Le cadre est idéal pour vivre une romance :
On ne saurait trouver de plus jolis décors.

Au loin, sur l'horizon, un enfant fait la planche,
Ballotté par la vague emportant ses espoirs.
Il scrute les hauts-fonds avec ses grands yeux noirs
Ouverts sur le néant d'un continent étanche.


 
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   Anje   
4/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique.
La prosodie me semble ici très bien maîtrisée.
Le "si" de l'eau si tiède ne fait-il pas un peu cheville ? Bien que vieilli, j'aurais bien lu un mot comme tépide.
L'opposition entre ces baigneurs des deux côtés de la Méditerranée image de jolie façon les espoirs d'un enfant qui regarde vers un avenir interdit.
Anje en EL.

   Vincente   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La souplesse fluide de la plume place sans anicroche le décor dans les deux premières strophes.
La chute qui s'impose dans toute sa dureté, son réalisme, est pourtant dite à moindre mots, dans la délicatesse de ses métaphores ou de ses doubles sens inspirés :
"un enfant fait la planche", "Il scrute les hauts-fonds avec ses grands yeux noirs", " d'un continent étanche".
Quelle force se trouve dans ce final !
Le plan sous-jacent, qui exprime l’écœurement devant notre impuissance face à tant d'injustice, draine chaque ligne de ce très beau texte.

Edit : PS - je n'avais pas souligné ce que j'avais compris en EL, mais il s'agit pour moi dans la dernière strophe de l'enfant immigrant qui a été retrouvé noyé sur une plage il y a quelques temps.

   Miguel   
6/12/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
De beaux vers, mélodieux et rythmés, de belles évocations ; du moins dans les deux premières strophes, car dans la troisième, le charme cesse d'opérer (pour moi) et je ne comprends rien à cet enfant.

   lucilius   
9/12/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Une baignade méditerranéenne qui invite à la détente et, pourquoi pas, à la romance. Malgré le titre "Un flux, des flots", ça ne bouge pas beaucoup et l'ensemble manque de relief.
Une remarque dans la dernière strophe : si au loin, sur l'horizon, un enfant fait la planche (et non fait de la planche), cela veut dire qu'il nage sur le dos. Dès lors je vois mal comment il peut scruter les hauts-fonds avec ses grands yeux noirs ouverts sur le néant….
Certains me jugeront chipoteur sans doute mais moi juste en cohérence avec les mots que je lis.

   Donaldo75   
9/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce poème que j'ai trouvé paisible, pacifique, reposant. La forme classique fonctionne bien sur le lecteur, ici pour amener la sensation de flot, de flux, de ce qui rend la mer si reposante.

Bravo !

Merci pour le moment de paix.

   Anonyme   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Au-devant de quoi ne vont-ils pas pour tenter de gagner ces plages occidentales prometteuses et joyeuses sous l'été.
L'image de l'enfant inerte et ballotté par les flots, aux yeux grands ouverts sur les hauts-fonds est terrible.
.

   Hananke   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Un bien joli texte classique comme une carte postale de vacances.
J'aime bien la mer placide comme un lac.

J'ai juste un peu de mal avec le vers ultime que j'ai du mal
à assimiler.

Mais bon, l'ensemble est suffisamment joli et reposant
pour qu'on s'y attarde.

   Anonyme   
28/12/2018
L’auteur s’est limé les ongles pour écrire cette image d’Epinal. Le virage est raté mais l’attelage ne risque aucune écorchure dans cette ouate cotonneuse.

FrenchKiss
vraiment surpris avec des yeux tout ronds.

   domi   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des vers léchés et fluides, très sobres aussi, pour évoquer un drame très actuel.
Il m'a fallu néanmoins me pencher sur l'incipit "mare nostrum" pour le déceler (mais la poésie n'est-elle surtout l'art de l'évocation ?)...
La dernière strophe a un petit air de "dormeur du val", beaucoup de douceur pour exprimer l'horreur...
Il y a beaucoup de qualités ici.

   papipoete   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour LenineBosquet
Ici, la mer est tranquille, idéale pour la baignade ; tout incite à la détente, à ne songer à rien... Il y a même au loin, un enfant qui fait la planche, qui ne se lasse pas du décor ; il se laisse bercer comme si la mer était sa mère...
NB tour de force que d'écrire 12 vers, dont aucun n'évoque une tragédie, et pourtant en filigrane transparaît la mort de cet enfant, qui s'échoua sur une plage, les yeux à jamais clos !
Les alexandrins classiques n'ont pourtant pas revêtu d'habit noir, mais ils semblent bientôt tramer la fibre d'un linceul du " néant d'un continent étanche ".
Du grand art que cette toile déroulée jusqu'à notre regard éploré !
Je voudrais me souvenir que " d'autres regards " virent là une mascarade, d'un gamin posant pour une photo " scoop " ; j'en ai encore le coeur retourné !

   Annick   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me suis dit en lisant vos vers que cela ne ressemblait pas à vos thèmes favoris, plus torturés, d'emblée : le cadre est idéal...
Je me suis dit aussi : je sens qu'il nous attend plus loin, plus bas. La chute pourrait être terrible.
Si j'ai bien compris votre poème, la chute, en effet, est terrible.

Mare Nostrum, pour moi, doit faire référence à "une opération militaire et humanitaire menée par la Marina militare depuis le 15 octobre 2013. Lancée dans la foulée du drame de Lampédusa, elle vise à secourir en mer les immigrés clandestins."

Dans un cadre idéal, de pur bonheur pour les uns, le drame se joue à quelques milles pour les autres.

Pauvre enfant balloté par la vague :

"Il scrute les hauts-fonds avec ses grands yeux noirs
Ouverts sur le néant d'un continent étanche."

J'ai aimé la sobriété des mots mais il le fallait sans doute quand on parle de l'innommable. Pas la peine d'en rajouter, de dramatiser, en effet.

Le contraste entre le bonheur et le malheur (un flux, des flots) qui se côtoient, ignorant tout l'un de l'autre, est saisissant.

Voilà comment j'ai compris votre poème.

Merci.

   Pouet   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

je sors un peu de ma grotte, je n'avais pas commenté depuis longtemps, mais ce texte me donne donc envie de sortir de ma grotte.

Ce qui me frappe c'est la sobriété dans l'indicible, la délicatesse dans l'innommable.

Un saisissant contraste qui ne saurait laisser indifférent.

Oui, l'étanchéité de l'eau, la porosité des idéaux.

   Lulu   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LenineBosquet,

J'ai lu votre poème avec une grande curiosité en regard du titre, puis avec plaisir du fait d'une douceur certaine et musicale, jusqu'à cette triste fin qui se resserre sur le regard porté sur un personnage ; celui d'un enfant "Balloté par la vague emportant ses espoirs."

J'évoque une douceur certaine, oui. Il y a quelque chose de cet ordre dans les premiers vers avec ce "vent doux et chaud, propice à la baignade" ; "la mer placide comme un lac" ; puis, le "chant de tendresse, un air de sérénade."

Mais j'ai trouvé peu harmonieuse l'allitération en [k] "Les quelques clapotis que produit le ressac" ; je trouve qu'elle s'oppose aux images que vous souhaitez évoquer avec "la mer placide" ou le "chant de tendresse" et l'"air de sérénade". Cela, d'autant que les sonorités des [k] sont déjà présentes dans le vers précédent "Qui souffle" ; "un lac".

Concernant cette allitération, je n'enlèverais que le mot "quelques" qui alourdit vraiment le vers, je crois… Mais c'est là un sentiment personnel, et si subjectif. A vous de voir.

Dans l'ensemble, j'ai vraiment beaucoup aimé ce poème qui nous berce vraiment dans un calme plaisant au point de nous donner envie de nous rapprocher de la mer ensoleillée : "un vent doux et chaud"...

Ensuite, les deux derniers vers, et surtout le dernier nous bousculent pour nous réveiller, nous faire sortir d'un simple rêve d'escapade.

Le lexique me plaît beaucoup "Il scrute les hauts-fonds avec ses grands yeux noirs / Ouverts sur le néant d'un continent étanche." Et la portée de ces mots me laisse songeuse. Emue, bien sûr, mais surtout touchée qu'on puisse voir les choses avec un tel réalisme poétique, sans chercher à culpabiliser. Cette finesse me semble d'autant plus percutante.

A vous relire.

   PIZZICATO   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un pradoxe saisissant entre ces " jolis décors ", " la mer placide comme un lac ", " cadre idéal pour vivre une romance " et l'enfant qui fait la planche - sur le ventre -, mort...

Allusion, je pense, à cet enfant de migrants trouvé mort sur une plage.

Un fait horrible, rappelé avec sobriété.

   Zorino   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour LenineBosquet,

N'étant pas poète dans l’âme comme certains, et n'ayant pas les outils requis pour percevoir certaines formes poétiques que quelques commentateurs relèvent parfois avec brio, ce que j'aime avant tout dans la poésie, c'est lorsque dès la première lecture, j'en comprends le sens sans avoir pour autant à me torturer l'esprit (je l'avoue, j'ai un côté cagnard que je m'efforce à cultiver au quotidien). Ici, je suis dans mon élément, si je puis dire. Un poème qui coule comme l'eau d'une rivière, avec une maitrise et une musicalité qui ne peuvent qu'enchanter ma passion pour cet art (la musique).

Les 11 premiers vers m'ont apporté une grande sérénité, où vous me tenez par la main à travers ces paysages de cocagne et où la passion amoureuse bat son plein. Bref, l’éden. Puis arrive le douzième et dernier vers qui vient briser net le rêve dans lequel je m'étais blotti. Celui-ci laisse entendre, ou plutôt ME laisse entendre (peut-être ai-je suivi une fausse route. Ce ne serait pas la première fois) qu'au loin, au risque de sa vie, un enfant est sur le point de s’exiler de son pays natal pour rejoindre un monde meilleur. Le néant d'un continent étanche, comme vous l'avez nommé.

J'ai beaucoup apprécié ce contraste. Votre poème laisse à réfléchir. D'un côté ceux qui choisissent une destination afin d'y passer du bon temps, et de l'autre l'autochtone qui souhaite quitter cette même destination (sa terre donc) pour des raisons que l'on peut aisément imaginer.
Merci pour ce beau partage

ÉDIT : bon, après avoir lu quelques commentaires, il me semble que je me suis planté. Apparemment vous faites allusion à Aylan Kurdi, cet enfant kurde mort sur la plage il y a de cela quelques années. Au moins je vous aurais prévenu que parfois je faisais fausse route. Il est vrai qu'en relisant le dernier quatrain, ça tombe sous le sens. Une deuxième lecture m'aurait été nécessaire.

   Robot   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'apprécie le travail de mise en forme classique de cette poésie. J'aime beaucoup la sérénité qui se dégage de cette lecture apaisante jusqu'au moment presqu'arrêté ou l'on pourrait s'accrocher au bonheur de cette simple vision alors qu'elle se termine sur cet aspect glaçant d'un enfant plongé vers l'abime.

   Louison   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne suis pas experte en poésie, je dirais même que je n'y connais rien, mais il y a la musique des mots, la beauté de ce moment qui semble si doux, puis peut-être que ce n'est pas ce monde idyllique qui est décrit, mais un monde terrible, celui où des enfants fuient un pays qui n'est plus là pour les protéger, et tentent de rejoindre un pays où ils mettent dans d'espoir...

Merci pour ce beau moment de lecture.

   Francois   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup les deux premiers quatrains, bien ecrits, remplis d'une douce quiétude. On imagine sans mal cette mer tiède qui vous ouvre les bras...
Le dernier quatrain vient bousculer tout cela, avec cet enfant noyé. S'agit-il d'un migrant ? C'est sobre et pudique.
Beau et terrible vers final !

   STEPHANIE90   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé malgré le classicisme sage de cette poésie, l'audace de la culbute comparatrice, qui, au dixième vers m'emporte d'un flux au cœur des flots, pour une chute, inattendue, et glaçante...

   jfmoods   
28/12/2018
Ce poème est composé de 3 quatrains en alexandrins à rimes embrassées, suffisantes et riches, exclusivement consonantiques, féminines et masculines s'encadrant tour à tour.

L'entête ("Mare nostrum") met en évidence la toile de fond à l'évocation : la mer Méditerranée.

Le titre du poème ("Un flux, des flots") pointe le contraste dont le texte est porteur.

Les marqueurs spatiaux ("là sous ce soleil immense" / "Au loin, sur l'horizon") accréditent la cassure qui s'établit entre les 8 premiers vers et les 4 derniers.

Au fil des deux premières strophes, c'est un paradis qui s'offre, enchanteur, hospitalier (rime signifiante : "baignade", "sérénade", comparaison : "la mer placide comme un lac", ouïe : "clapotis", "un chant de tendresse", toucher : "un vent doux et chaud", "si tiède et suave", image de la protection bienveillante : "enveloppe les corps", adjectifs qualificatifs : "chanceux", "idéal", superlatif : "On ne saurait trouver de plus jolis décors"). L'allitération en k, obstinée, agressive, des vers 2 et 3 (8 occurrences), tend cependant à rompre ce charme facile, comme si le poète se mettait à distance du paysage carte postale qu'il décrit.

En contrepoint, sur l'autre rive (périphrase désignant une Afrique abandonnée à elle-même : "un continent étanche"), une tout autre réalité s'impose : celle de la misère, celle du migrant que des passeurs cupides et sans scrupules envoient à une mort certaine sur un bateau poubelle (antithèse suggérant le naufrage : "nager" / "un enfant fait la planche", images annonçant une inexorable noyade : "Ballotté par la vague emportant ses espoirs.", "Il scrute les hauts-fonds", "ses grands yeux noirs / Ouverts sur le néant").

Dans un contexte comme celui-ci, on pense au roman "Eldorado" de Laurent Gaudé.

Merci pour ce partage !

   Corto   
28/12/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Discutable. C'est ainsi que je perçois ce poème: Pas pour la forme bien maîtrisée mais sur le fond.
J'ai vraiment du mal avec ce mélange des genres entre les baigneurs si heureux de leur sort dans une eau si douce, et le retour à la réalité du monde où un enfant fuyant le malheur se noie dans cette même eau si "propice à la baignade".
Le poète peut tout se permettre sans doute mais personnellement je préfère ne pas jouer sur de tels antagonismes mélangeant bonheur insouciant et drame jusqu'à la mort.
Une morale poétique qui bien sûr n'engage que moi.

   Ioledane   
29/12/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte fort dans sa simplicité, qui commence de manière anodine, pour s'achever sur un drame présenté ici sans pathos, mais avec d'autant plus de force.
Je ne peux pas dire que cet écrit m'ait réellement transportée, mais le contraste fait mouche.


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