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Poésie en prose
Louis : On the sunny side
 Publié le 04/11/14  -  9 commentaires  -  4522 caractères  -  129 lectures    Autres textes du même auteur

Sous l'inspiration d'un standard de jazz : "On the sunny side of the street".


On the sunny side



J’ai pris mon chapeau, enfilé mon manteau, laissé mes soucis sur le pas de la porte, et me suis dirigé on the sunny side, sur le côté ensoleillé de la route. J’ai chassé mon ombre et je marche de l’avant, mais à côté de mes pompes, sur la tête ; mes souliers qui ne veulent pas se prendre pour un chapeau s’en vont droit, du côté sombre, avancent en gris sur terres austères en grandes pompes ridicules, mais sans moi.
Moi, je grimpe aux arbres, je danse les matassins et trousse une sarabande ; du côté ensoleillé de la route, je suis équilibriste, funambule sur les bords des trottoirs, on the sunny side of the street, de ce côté de la route toujours en été, j’y suis, et je chantonne : « summertime, and the living is easy » ; et puis je bois toutes les liqueurs, j’avale tous les alcools, je descends toutes les rivières de tequila et les grands fleuves de mezcal, je rigole, je complimente toutes les femmes du côté ensoleillé de la vie, je les contemple, je les suis, oh ! pas comme une ombre, mais comme un amoureux transi qui aurait à leur dire comme tu es jolie, comme je suis impatient de ce moment qui nous rapprochera, de ce temps qui nous réunira.
« T’es pas clair » débagoulent les ombres, de l’autre côté de la route. Elles déblatèrent : « T’es pas net » avec leurs voix de tuba, et moi je joue de la clarinette, du côté ensoleillé de la route. Et je poursuis mon chemin, en fanfare, loin de mes pompes et en trompette, je cabriole, n’en fais qu’à ma tête, je ne joue pas les trouble-fête, je rehausse la joie, je fais une halte dans tous les bars, je chasse le cafard au fond des verres et des bouteilles de bière. Et dans mes cocktails gin tout fizz tonic, je ne mets pas l’ombre d’une amertume. Le soir, j’offre à boire un doux macadam à celles qui polissent le bitume. Je ris des ombres quand elles hurlent de l’autre côté de la rue : « Tu ne ressembles à rien ! Difforme dégingandé, marionnette déjetée, tu ne ressembles à rien ! » Je ne me ressemble pas, c’est vrai, je joue tous les rôles, tragédien déchaussé, à côté de ses pompes qui ont filé du côté noir de la chaussée, clown blanc à faire rire tous les déjantés, spécimen incontrôlé de caméléon protéiforme aux couleurs changeantes de la vie dans toutes les teintes du spectre solaire, qui n’est pas, c’est vrai, fantôme ultraviolet, apparition infrarouge, non, et chaque jour je bouge, je change de rayon, du rayon comique au rayon bêta, je rayonne sur le trottoir, du côté ensoleillé de la route.

Si tu me cries : « T’as rien à foutre dans mon monde, casse-toi et marche à l’ombre ! » moi, je me marre ; les écouteurs dans les oreilles, je suis branché Ella, je suis branché Billie, et je poursuis ma route du côté ensoleillé, où j’ai croisé Duke, où je ris avec Satchmo. Moi, je reste à l’adret, je n’irai pas à l’ubac, je ne traverserai pas. Je n’irai pas là où traînent les décombres de ma vie d’avant, non, non, non. Qu’elles répètent tant qu’elles voudront, les ombres en écho d’un blues du monde gros d’un cafard : « Eh, tu ne ressembles à rien ! Viens de not’ côté, on va te faire ton profil, on va te remettre en forme », moi je reste du bon côté de la route, je reste là où le soleil n’est jamais en déroute. Je chantonne :
Lorem ipsum, sum, sum, sum, dans des mots dits doux, dits doux, doux, désirs là, si doux, allez dis-le-nous donc, dis, comment va la vie, dis-nous, dis, chic on s’en va, chocs aventures, on s’en va, sic ipsum, sic, pas de vie en toc, j’observe le vol des coquecigrues, je m’en reviens à la saint-glinglin, hop, hop, hop, je soliloque, ad hoc, ad hoc, ad hoc.
Soleil solo, et si l’on chante avec moi, c’est en duo, en brio, brio, ensemble tous et tout le toutim, lassitude zéro direct sud, tout à fait à l’ouest, et passim, passim, brio brillant soleil, tout de go je me dis, je m’égosille : te vautre pas sur ton clic-clac, prends tes cliques et tes claques, va-t’en du côté ensoleillé de la route, de Pantin à Porto-Vecchio, brio, brio, de Tegucigalpa jusqu’à Valparaiso, ça chante en duo, duo, brio, brio, au soleil toujours et je fredonne, loin des ombres avec les trombones : et cætera, cætera, et hop et hop opera omnia, et hop.
J’ai dressé un rempart pour ne plus voir les ombres, un écran de lumière pour les laisser derrière, et je cours comme une panthère pour ne pas qu’elles me rattrapent, et si elles attaquent gueulant en mille échos, je suis félin, je m’échappe toujours, malin, toujours du même côté, le côté ensoleillé de la route.


 
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   David   
9/10/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Changer de casquette, l'expression n'apparait pas dans le poème, mais le"j'ai pris mon chapeau" du tout début me l'a chantonné un peu. C'est un drôle de symbole, comme avec "être à côté de ses pompes" et ça va parfois ensemble d'ailleurs, un état d'âme traduit par le couvre chef et les chaussures.

Le "Eh, tu ne ressembles à rien !" c'est encore un écho de ou des même métaphores j'ai l'impression. Alors qu'au début, la liberté se trouverait dans l'abandon des pompes et du couvre chef usuel, pour "grimper, danser, trousser... " et il y a tout un tas de verbe un peu comme ceux là qui m'illustrent ce qui se passe "à côté des pompes", le second va encore s'accentuer, la double "image de soi" à plat prend sa pente, c'est ma lecture du passage sur l'adret et l'ubac, et ça collerait avec la syntaxe qui devient répétitive, régressive même, mais dans le sens du retour aux sources, enfin, ce n'est pas de l'eau fraiche en l’occurrence.

bref, un poème qui fait ce qu'il dit, et au-delà des évocations de titres célèbres, j'ai lu une musique des images, de la syntaxe, quelque chose de poétique et de vraiment hors du vers, celui de la poésie plus commune, sans tomber non plus dans la "poésie de roman", la description de paysages ou de sentiments.

   socque   
4/11/2014
Ce qui me gêne dans ce texte, comme dans "Je fais rire" et "De la dernière pluie", c'est le recours qui me paraît facile à un narrateur "décalé" qui, fait exprès, se révèle en quelque sorte empreint de la sagesse supérieure du contemplatif simplet, celui à qui le monde s'ouvre quand les gens "raisonnables" ne savent pas voir sa beauté et plus généralement ne savent pas savourer la vie.

Alors, bon, c'est votre choix, rien à dire. Comme lectrice, je dois dire que je trouve la ficelle usée.
Je pense à "Mangeclous" d'Albert Cohen ; il y a bien pire comme référence, certes ! Le problème, c'est que chez Albert Cohen ce ton particulier accompagne une histoire, des personnages qui interagissent, qui vivent, qui nourrissent le texte. Chez vous, j'ai l'impression que le ton est le texte, que tout repose sur lui.
Et, à mon avis, cela ne suffit pas. C'est un peu (toujours à mon avis) comme si vous prépariez un plat avec comme unique ingrédient la cannelle : la cannelle est un accompagnement, elle ne nourrit pas à elle seule. Veuillez pardonner la caricature, c'est pour essayer de m'exprimer un peu plus clairement !

Je choisis de ne pas évaluer parce que, par ailleurs, votre texte me paraît fort bien écrit. Il est certain que mon agacement face à ce qui m'apparaît, sans doute à tort, comme un procédé et un refus de vous engager pleinement dans votre texte, m'empêcherait de donner une évaluation sereine.

   leni   
4/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjjour Louis
On choisit le côté qu'on veut Pour certains ce sera la tête à l'ombre
les pieds au soleil Ici c'est la vie qui choisit le soleil Une vie c'est plus qu'une sieste Ce texte déjanté a trouvé le ton il est agréable à lire et flirte à déraison je ne vais pas tout citer La finale; " j'ai dressé un rempart ..." est somptueuse Merci Monsieur Louis
Admiratif! Leni

   Anonyme   
4/11/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je n'apprécie pas le jazz donc la référence citée m'est totalement étrangère. Ce n'est pas pour autant que j'ai fui votre texte, l'abordant avec curiosité. Alors oui, d'emblée on ressent une musique sous-jacente, perceptible derrière chaque terme, tournure, expression. Je ne les relève pas car il y en beaucoup trop, en fait tout le texte est construit sur cette ambiance musicale amenée par des jeux de mots divers et variés. On sent d'ailleurs que vous vous êtes bien amusé ! Cet aspect là, je l'ai bien aimé et il me semble réussi.
Je suis par contre beaucoup moins emballé par le personnage, doux poète, perché dans les étoiles, qui fredonne benoitement sa ritournelle le long des routes. J'ai l'impression d'entendre un hippie en rupture de société, pétard au bec et fleurs dans les cheveux : « Peace and love mes frères ! » Mouais, un peu dépassé tout ça, non ?

   Anonyme   
4/11/2014
Salut Louis (comme Armstrong?)

Contrairement à l'auteur des paroles du célébrissime « On the sunny side on the street », tu ne fais pas dans la brachylogie.
Du jazz plein la tête tu te lâches et laisses aller ta plume (ou ton dictaphone)
A côté de tes pompes, Tragédien déchaussé, clown blanc, caméléon protéiforme, tu rayonnes sur le trottoir ensoleillé.

Au passage, tu adresses un petit clin d'oeil à Renaud
« T’as rien à foutre dans mon monde, casse-toi et marche à l’ombre ! »

Et tu lorem ipsumises un texte aléatoire à base d'onomatopées, du scat façon Satchmo.

Merci Louis, nous arpentons le même trottoir.

   Robot   
4/11/2014
 Franchement, j'ai beaucoup aimé ce texte, mais il fallait avoir envie d'y entrer dans ce mur trop peu aéré.
Un découpage, quelques espaces, des renvois, une composition pour lui donner un rythme jazz ou ragtime me l'aurait rendu plus abordable et plus sympathique.
Composé comme il l'est il donne une impression sombre qui ne s'accorde pas avec la légèreté dansante pleine d'humour et de lumière que je ressens dans le texte et le sujet.
La prose n'est pas qu'un alignement mais aussi un "chant" visuel.
***************arbres
************aux
******grimpe
***je
Moi
Cela aurait eu de la gueule non ?
Et puis quelques notes en fin de texte pour éviter au lecteur de quitter le poème pour aller chercher les références auraient été bienvenues.

   PIZZICATO   
4/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Louis
Comme il rayonne le soleil du côté de ce texte !!
On te suit dans cette escapade d'un optimisme envoûtant. On y rencontre ces inoubliables musicos, chanteurs, chanteuses qui ont fait rayonner ce bon vieux middle-Jazz. De plus on fait la bringue !
Et on se fout de ceux qui veulent rester à l'ombre...
Allez, j'embarque mon piano et je te donne rendez-vous à La Nouvelle Orléans pour chanter le " St Louis' blues " en clin d'oeil à Satchmo.

   Pussicat   
26/12/2014
Bonsoir Louis,

Alors, j'ai aimé et j'ai pas aimé, c'est mon côté jazz, mon côté pas de côté.
Ce que j'ai aimé c'est l'écriture mais, et j'y reviendrais, avec des bémols, en musique... (!)... et puis le thème, mais là ça pêche à la ligne, à la virgule, à la ponctuation et j'arrête les compliments... la ponctuation, elle ne va pas, ça ne glisse pas, ça ne roule pas, ça ne musicalise pas... Pourquoi toutes ces virgules, ces points dans un texte sur le jazz... et ce BLOC ! ouch ! faut se le faire...
Moi j'aurais bien vu de l'air dans ce texte, de l'air écriture, du phrasé vu, lu plutôt. Depuis "J’ai pris mon chapeau, enfilé mon manteau," ... une déclinaison aérée forme/fond.
Pourquoi tant de ponctuations... le phrasé jazz peut-être que vous vouliez rendre, mais le problème est que sans aération, le souffle se perd, et les notes, et les touches...

La seconde partie est confuse et je ne l'apprécie pas. L'interpellation, et puis vous avez raté le coche du scat : "Lorem ipsum, sum, sum, sum...", vous auriez pu vous éclater et nous offrir un plaisir d'écriture, et c'est juste pas possible ! en jazz !!!
Et puis tout se délite, l'écriture n'est aussi soutenue que dans la première partie...
"Soleil solo, et.../...et hop et hop opera omnia, et hop." j'accroche pas.
Et puis la fin, j'aime pas... la vie est une pute, elle court après ses petits pour les bouffer un point c'est tout, la musique adoucie nos plaies, les lèche, les cicatrise parfois, mais lucide, nous serons toujours du côté sombre sinon, pourquoi écouter de la musique, pourquoi écrire de la musique.

Le texte manque d'air, trop de ponctuations, trop coincé.
J'ai tout de même pris du plaisir à vous lire... pi ba di ba dim ba dim ba ba ba ba.. ba ba... ba bi da bi doum bi doum ba da bi da bi doum bi dou bi dou dou douuuuuuuuuuuuu dou bi dou ba dam bi dam..... bi dam.... bi bi bi bi bi bi bi bidou bidou bidam badam dam bam... stop ! nulle, vous êtes nulle... suivante,

A bientôt de vous lire

   jfmoods   
4/3/2015
Les chaussures sont peut-être l'élément vestimentaire qui marque avec le plus d'évidence la différence fondamentale entre le civilisé et l'indigène, entre le blasé chronique et celui qui sait encore faire resplendir les mille facettes de l'enchantement.

Puisses-tu garder encore longtemps en toi cette part de rêve infiniment précieuse, Louis !


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