Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
luciole : La loge
 Publié le 28/09/17  -  23 commentaires  -  713 caractères  -  342 lectures    Autres textes du même auteur

L'ennui est une douleur, et la plus minutieuse des douleurs.
Christian Bobin


La loge



Dans le salon où flotte un parfum d’encaustique,
De tristesse gluante et de chagrin poisseux,
Un vieux clown fatigué pleure pareil à ceux
Que Rouault charbonnait d’un fusain pathétique.

On perçoit faiblement d’une comtoise antique
Le pas mal assuré, chancelant et boiteux ;
Sur le tapis se gratte un chat eczémateux ;
Dans un pot agonise un ficus rachitique.

Tout est calme. Tout dort. Oiseau pris à la glu,
Le temps est immobile, amidonné, perclus.
Une bûche sans bruit se consume dans l’âtre.

La concierge, debout derrière ses carreaux,
D’un œil désenchanté regarde les barreaux
Que dresse dans la cour la pluie opiniâtre.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Donaldo75   
7/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Voici un sonnet classique, avec deux quatrains à rimes embrassées et deux tercets en rimes CCD EED.

Il est bien tourné, amenant directement une atmosphère figée, une ambiance intemporelle, mises en avant par l'usage des mots et adjectifs "encaustique", "tristesse gluante", "chagrin poisseux" et "vieux clown fatigué". Le premier quatrain pose bien le décor général. Le second quatrain en rajoute une couche.

Les deux tercets insistent sur le non mouvement, une forme visuelle de désespoir, avec un champ lexical concentré sur cet immobilisme.

C'est une nature morte, ce poème, entre vieille photographie volontairement jaunie, et tableau désespérant. Il est, à cet égard, réellement réussi. Bravo !

   socque   
8/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Eh bien, voilà de l'ambiance glauque à souhait ! J'aime beaucoup l'image du temps en
Oiseau pris à la glu
Le vers suivant est hélas redondant à mes yeux, dans sa structure. Je comprends que vous n'avez pas pu ou pas voulu introduire une nouvelle idée quant à la nature du temps, mais trois adjectifs dont le champ sémantique est proche (amidonné donc immobile, ce qui va bien avec perclus), pour moi ça fait trop.
De même, la tristesse est gluante et le chagrin poisseux, on se roule dans la redite, non ? De même pour le sixième vers : mal assuré et chancelant, c'est pôreil mîm' soze, à mes yeux.

Bon dernier tercet à mon avis, qui clôt sans fanfare, avec élégance. "Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle", quoi.

En conclusion, je dirai que selon moi l'ambiance est efficacement campée, de manière convaincante (quoiqu'un poil misérabiliste à mon goût, entre le chat plein d'eczéma et le ficus en train de crever), mais que les redites empoissent.

   Louison   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai pensé à "Chez la mère à Titi" de Renaud.
J'aime assez:

On perçoit faiblement d’une comtoise antique
Le pas mal assuré, chancelant et boiteux ;

J'aime moins:
La concierge, debout derrière ses carreaux,
D’un œil désenchanté regarde les barreaux
Que dresse dans la cour la pluie opiniâtre.

edit: après re-lecture je mets la petite flèche vers le haut.

La scène est bien rendue, c'est le mot opiniâtre que je trouve désagréable à l'oreille, bien qu'il donne une idée précise de cette pluie insistante.

   LenineBosquet   
11/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Je trouve l'ambiance morose très bien rendue dans ce sonnet, cela me fait penser à du Simenon, un bon Maigret bien tristounet. Tout y est : la pluie, le chat miteux, la vieille horloge, même le feu dans la cheminée renvoi à un temps où l'on pouvait encore en faire dans un immeuble (ici la loge de la concierge).
Je regrette néanmoins la répétition de "gluante" vers 2 et "glu" vers 9.
Je suppose qu'il faut prononcer "opi-ni-âtre" au dernier vers pour avoir son alexandrin, je vous avoue que je ne m'y ferais sans doute jamais.
Une bonne lecture pour ma part, l'atmosphère sombre et désuète est bien amenée.
Merci

   papipoete   
14/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
néo-classique
Un vieil appartement, loge où la concierge attend, égrène les heures sans que rien ne se passe ; ah si, il pleut ... dehors !
NB une photo sépia de cet intérieur triste à mourir, avec des instantanés tels qu'à la seconde strophe !
les 12e et 13e vers sont bien trouvés !
Bien que le dernier vers soit juste, je n'aime pas la diérèse de o/pi/ni/atre
papipoète

   luciole   
3/10/2017
Commentaire modéré

   Alexandre   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour luciole... Il faut arriver au tercet final pour enfin comprendre la raison du titre, La loge, et pour ma part j'aime beaucoup ce cheminement tout comme j'ai apprécié...
Oiseau pris à la glu,
Le temps est immobile.

Seul le "o-pi-ni-âtre" final me chagrine un peu quoique le mot par lui-même ne soit pas anachronique dans cette ambiance tristounette d'une pluie qui n'en finit pas... je vous l'accorde !

Bref, j'ai aimé m'atmosphère qui se dégage de ce sonnet qui doit son classement en néo à bien peu de choses, glu et perclus si j'ai bien compris !

Bravo et merci !

Edit... Je n'avais pas vu le corrigé et ne m'étais d'ailleurs pas formalisé concernant gluante et glu mais c'est mieux ainsi.

   Francois   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sonnet très bien écrit, aux rimes riches et originales, vocabulaire soigné (je ne savais pas qu'une comtoise est une horloge à balancier...)
Peut-être un peu trop d'adjectifs, notamment à la rime ? Le vers 10 en comporte 3.

L'atmosphère de tristesse et d'ennui est particulièrement bien rendue.

Le second tercet est superbe :

"La concierge, debout derrière ses carreaux,
D’un œil désenchanté regarde les barreaux
Que dresse dans la cour la pluie opiniâtre."

(... même si Baudelaire a également comparé la pluie qui tombe à des barreaux, mais de façon différente)

Merci pour ce partage.

   Hananke   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Dommage pour le perclus et la glu qui empêchent une parution classique.
Mais l'ensemble demeure un très bon texte d'où l'on sort imprégné
par cet ennui que l'auteur nous décrit si bien.
J'aime bien le "pas mal assuré" d'une comtoise antique.
Pauvre chat et le ficus rachitique.

C'est criant de vérité.

Bravo

   TheDreamer   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Votre poème me fait penser à un poème que j'ai publié ici par l'ambiance qui s'en dégage : "Après-midi".

Dans le premier quatrain vous évoquez un "vieux clown fatigué". Qui est-il ? Que fait-il ici ? L'image que vous nous offrez rapprochant cet homme et les dessins de Georges Rouault est jolie. Et, l'on y perçoit connaissant son œuvre toute la tristesse qui émane de la scène.

Le 2nd quatrain s'ouvre sur l'image :

"On perçoit faiblement d’une comtoise antique
Le pas mal assuré, chancelant et boiteux ;"

qui vient rehausser la sensation d'abandon et de mélancolie.

Rien ne vient ici illuminer par sa présence un décor irrémédiablement sombre puisque voici pour clore le 2nd quatrain :

"Sur le tapis se gratte un chat eczémateux ;
Dans un pot agonise un ficus rachitique".

Le temps s'est arrêté et la réalité est figée. Et, le monde extérieur depuis cette prison est observée par une femme. Celle du vieux clown fatigué ?

   Anonyme   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Deux ou trois broutilles pour commencer :
- au vers 3, j'aurais ajouté une virgule après "pleure"
- au vers 2 du second quatrain, il y a un probable effet d’insistance souhaité par l'auteur mais qui, pour moi, fait assez remplissage, "mal assuré", "chancelant", "boiteux" étant extrêmement proches au niveau du sens.
- dommage pour la rime, uniquement pour l'oreille, "glu/perclus" ; mais je sais que l'auteur ne s'embarrasse pas toujours avec ces petits détails-là, et sans doute a-t-il raison.

Après ces menues réflexions qui ne sont point des critiques, je salue ce très beau sonnet, si réfléchi, si dense, et très correctement rimé. Un "sonnet d'atmosphère", dit l'auteur, et c'est bien une atmosphère pesante, figée, qu'il a rendue ici.

Ce second tercet, et l'image finale, relèvent de la poésie la plus pure.

A.

   PIZZICATO   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une atmosphère " poisseuse " et lourde fort bien traduite par des images éloquentes. " Le temps est immobile, amidonné, perclus. "

Un dernier tercet très réussi, avec la pluie qui " dresse les barreaux " ; et la " loge "devient une prison...

   Robot   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
L'ensemble est très évocateur, il y a un "milieu" que la versification fait ressentir. Je ne sais pas si on trouve encore des loges de ce genre aujourd'hui, en tout cas le poème fait revivre des choses que j'ai connu.
Par contre, je trouve dommage de terminer ce sonnet sur la dièrèse de o pi ni â tre. Je trouve que ça laisse sur une impression phonique pas trop agréable.

   Cristale   
28/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...ici plus rien n'a d'envie, d'ailleurs plus rien n'a de vie. L'ennui, où même le désespoir n'a pas sa place tant le quotidien ressemble à un trou noir sur cette toile.
.
Ah! ce parfum d'encaustique qui traîne dans son sillage les odeurs sinistre d'un quotidien blafard ! Celui de ma Bretagne n'est que douce fragrance comparé à celui-ci (clin d'oeil perso).

"tristesse gluante" "chagrin poisseux" "clown fatigué pleure"
la vieille comtoise, le pauvre chat, la plante misérable...
"oiseau pris à la glu" le "temps...perclus" "oeil désenchanté" "pluie opiniâtre" (c'est joli pluie opiniâtre).


L'auteur aurait essayé de me donner le "cafard" il ne s'y serait pas mieux pris avec ce poème. Brrrr....seule ce vers me réchauffe un peu :

"Une bûche sans bruit se consume dans l’âtre"

J'ai vu que vous aviez fait quelques modifications et que vous notiez le trop d'adjectifs à la rimes du deuxième quatrain, c'est bien mais ce n'était pas si grave car chaque écho comptait un nombre de syllabes différent :" antique (2)- rachitique (3)" idem pour "boiteux et eczémateux". Evidemment en classique j'aurais fait la grimace pour le manque de variété ainsi que pour "carreaux-barreaux" du deuxième tercet. Là je me tourne, je pleure et je revient avec le sourire parce que quand même je m'en voudrais de faire ma difficile devant une atmosphère si bien décrite.

Elle ne doit pas rire tous les jours la concierge figée sur ce tableau.
Rouault serait encore de ce monde, il aurait pu s'en inspirer et lui donner la place de son vieux clown.

La tristesse et l'ennui se font élégance et sensibilité sous votre plume Luciole.

Bravo !

Cristale

   Michel64   
29/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé ce poème avec sa description réussie de cet intérieur où règne une torpeur palpable. Souligné par la pendule, le temps s'étire, interminable.
Cette atmosphère figée dans un ennui encore exacerbé par la pluie est très bien rendue par ces vers impeccables.
Seul le dernier mot, "opiniâtre" m'a été un peu moins coulant à l'oreille.

Merci pour ce bon moment.

Michel

   Vincendix   
29/9/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Une scène figée qui me semble d’un autre âge, du temps des concierges « enlogées ».
Autrement c’est bien écrit, à part « la bûche sans bruit », mais l’écriture n’est pas le seul critère d’appréciation et je ne suis pas séduit par un tel sujet trop désuet à mon goût.
Vincent

   Bidis   
29/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup d'atmosphère dans ce sonnet. Et pourquoi lit-on, si ce n'est entre autres pour éprouver une autre atmosphère que celle dans laquelle on baigne ? Donc merci et bravo !

   Curwwod   
29/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une atmosphère à la Balzac ou à la Maupassant créée de main de maître avec un choix de vocabulaire et d'images qui génère ce sentiment d'immobilité, de lassitude, d'usure, d'ennui qui vous prend à la gorge. Certes les concierges, espèce en voie de disparition, n'étaient pas trop bien loties, mais je ne souhaite à personne de prendre pension dans votre loge.

   fugu   
6/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien aimé le tableau dont l'ambiance me rappelle certains poèmes de Baudelaire.
Même la bûche qui est censée apporter un peu de lumière et de chaleur semble ici suffoquer.
Sinistre à souhait.
Un poème automnal en quelque sorte.

   jfmoods   
30/9/2017
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et croisées, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Ce commentaire tient compte des modifications apportées après coup par le poète ("collant à la place de "gluant" au vers 2, "Un géranium se meurt dans un pot en plastique" à la place de "Dans un pot agonise un ficus rachitique" au vers 8).

Comme l'indique le titre ("La loge") et le précise le vers 12 ("La concierge"), l'endroit évoqué ici est celui à partir duquel la gardienne d'immeuble effectue son travail.

Le poète considère d'abord la pièce dans sa globalité ("le salon"), s'attardant ensuite sur quelques éléments du décor ("Un vieux clown fatigué", "la comtoise", "le tapis", "Un géranium", "une bûche... dans l'âtre", "les carreaux") avant de projeter son regard vers le dehors ("la cour").

Tous les éléments décrits ont en commun qu'ils abritent une forme de vie particulièrement moribonde ("pleure", "Le pas mal assuré, chancelant et boiteux", "un chat eczémateux", "se meurt dans un pot en plastique", "sans bruit se consume", "les barreaux / Que dresse... la pluie").

La perspective est encore alourdie par un certain nombre de procédés (zeugma à rythme ternaire : "un parfum d’encaustique, / De tristesse collante et de chagrin poisseux", personnification : "Oiseau pris à la glu, / Le temps", gradation hyperbolique : "immobile, amidonné, perclus", métonymie : "d'un oeil désenchanté", diérèse : "opiniâtre").

Merci pour ce partage !

   Damy   
1/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup beaucoup aimé (je préfère le géranium au ficus) l'émotion que vous nous faites partager sur l'ennui par l'ambiance d'un décor intérieur qui peut paraître ordinaire et que pourtant tout anime: le clown triste, comme le pas chancelant de la comtoise ou le silence de l'âtre...
C'est curieux, mais au delà de l'ennui, je ressens aussi une émotion paisible de calme intérieur, comme si l'auteur se sentait en harmonie choisie avec son décor.
La pluie aidant, cher alibi
de la paresse
je me repose, au cagibi
plus rien ne presse.

Merci, Luciole, pour mes "et moi".

   Ioledane   
5/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel excellent tableau ! La pesanteur et l'immobilité sont transcrites à merveille dans ce beau sonnet, classique à un chouia près.
Rien n'est épargné à cette pauvre concierge, chez qui les 5 sens sont piégés : l'odeur, le toucher, la vue, l'ouïe - ah tiens il manque le goût, mais on se doute qu'il doit être à l'avenant du reste.
Je plains le chat et le ficus ! Même le temps semble malheureux, englué dans ce lieu sinistre. Finalement, la seule vie semble venir de la bûche, et encore, à peine ose-t-elle se consumer.
Bref, c'est appuyé et sans doute caricatural, mais d'évidence c'est voulu - et je salue la performance !

   Soulyne   
19/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous avez le talent d'instiller une ambiance suggestive à l'esprit de votre lecteur !
Je sors de ce poème imprégnée de l'aura des lieux décrits, dont le décor résonne en moi au travers d'images, de sensations et d'odeurs.
En cela, je trouve votre poème profondément sensitif. On se figure aisément cette loge vieillie comme sur une photographie en sépia avec cette ancienne horloge et ce clown poussiéreux au gré des odeurs d'encaustique et de la vue des plantes qui se meurent.
Il y a quelque chose de malsain, d'un peu glauque et de profondément triste et monotone.
J'y vois comme un tableau de nature morte, une vision assez naturaliste de ces lieux incarnés par un décor parlant qui est là comme pour nous raconter une histoire, rendre un climat.
Je trouve votre poème quasi classique très réussi et agréable à lire.
Cordialement.

   Goelette   
12/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La "tristesse gluante" de cet intérieur désuet saisit le lecteur d'emblée et elle ne le quitte plus, aussi "opiniâtre" (belle diérèse) que "la pluie" finale.

Belle écriture où tout concourt à créer du "pathétique" remarquablement exprimé dans le deuxième quatrain en particulier.

Après un premier tercet plus paisible que triste, on retombe fans une atmosphère "désenchantée"
Ainsi habilement tout se referme sur l'ennui de cette femme.


Oniris Copyright © 2007-2017