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Poésie néo-classique
luciole : Le con qui rend
 Publié le 22/01/17  -  20 commentaires  -  686 caractères  -  524 lectures    Autres textes du même auteur

L'Eldorado au fond d'une bouteille. Merci à José de H.
Qui aime bien pastiche bien…


Le con qui rend



Dans un bol de Benco trempant un vieux cantal,
Fatigué de porter sa morne quarantaine,
De son taudis, le con, la démarche incertaine,
Partait à l’aube, ivre de spleen et de brutal.

Il allait donc subir le quotidien banal,
Le métro qui mugit sa plainte souterraine,
L’humeur des usagers rongés par la gangrène
De l’ennui prodigieux, insondable, abyssal.

Chaque soir, se prenant des bitures épiques,
Des alcools aux couleurs kaléidoscopiques
Enchantaient son chagrin d’un mirage doré.

Et, penché sur le bord d’une verte poubelle,
Il entendait monter un vomi désiré
Tout en décapsulant la canette nouvelle.


 
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   papipoete   
11/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
contemporain
" Fatigué de porter sa morne quarantaine ", le " con " entamait sa rude journée . Commençant par picoler, ensuite picoler, et finir par vomir avant de re picoler !
NB le sujet est propre à débat sur qui est le " con " ? traîne-savate intraitable, ou " pauvre con " sur lequel est tombée toute la misère du monde et ne veut plus se battre ?
Je ne vois pas d'obstacle à ce que votre poème soit classé en " néo-classique " .
papipoète

   TheDreamer   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un sujet qui n'est pas inintéressant à traiter. L'alcool et par extension tous les paradis artificiels sur lesquels plus d'un poète s'est penché.

J'entends encore dans mon esprit le premier vers qui ouvre les poèmes sur le vin dans les Fleurs du Mal :

"Un soir l'âme du vin chantait dans les bouteilles".

En effet, on ne peut s'empêcher de penser avec ce thème au corpus sur le vin de Charles Baudelaire au sein des "Tableaux Parisiens" des Fleurs du Mal : l'âme du vin, le vin des chiffonniers, le vin de l'assassin, le vin du solitaire et le vin des amants.

Ici, l'évocation est "cynique", sans concession, le sonnet décrit le besoin vital de boire pour oublier la petitesse et la mesquinerie du quotidien : "les bruits du métro", "l'humeur des usagers", "la gangrène de l'ennui...".

Quant à "l'hommage" rendu à José-Maria De Hérédia via son sonnet "Les conquérants" extrait des "Trophées", ce sonnet me semble (hormis le jeu de mots aléatoire du titre), très éloigné de son modèle.

   Hananke   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour

J'aime bien les pastiches mais toucher à J.M.d.H., n'était-ce pas
un pari perdu d'avance ?
Bien sûr, le talent de l'auteur fait que l'on retrouve par endroit
la patte du maître mais cela ne va pas plus loin, à cause, je pense,
du sujet choisi pour pasticher.
Malgré quelques belles tournures, ce texte ne me séduit pas
ou qu'à moitié mais et je me répète, la faute en vient au sujet choisi.
J'aurais apprécié un autre thème que ce con et bien que je ne craigne jamais les images crues, ce vers 13 me donne des nausées
mais n'est-ce pas le but recherché ?

   Francis   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup l'écriture et la construction de ce sonnet. Seul le dernier vers du premier quatrain mériterait (peut-être) d'être retravaillé. Dépendance ou besoin d'évasion, les paradis artificiels aux couleurs kaléidoscopiques plongent l'écorché vif en enfer où il retrouve des êtres hypersensibles incapables de supporter l'ennui abyssal, des êtres en souffrance. Je ne juge pas le con qui rend et qui a perdu toute dignité . J'aimerais seulement lui tendre la main, l'aider mais ce n'est pas facile de le sortir de ce qui est devenu une dépendance physiologique.

   Anonyme   
22/1/2017
Bonjour luciole... Les conquérants de José Maria de Heredia est l'un de mes poèmes préférés et vous comprendrez que je ne peux pas vraiment applaudir à votre Con qui rend.

Manquerais-je d'humour ? Peut-être ! Si je reconnais volontiers que certains de vos vers sont plutôt bien ficelés,(Le métro qui mugit sa plainte souterraine), l'ensemble me hérisse tout de même le poil.
Ce n'est certes qu'un pastiche et je n'irai pas jusqu'à y voir un crime de lèse-majesté mais ce con dans son vomi n'aura pas mes faveurs.
En attendant votre prochaine production...

   leni   
22/1/2017
excusez-moi Luciole
Même en faisant un effort je ne suis pas entré dans votre jeu
Salut cordial Leni

   LenineBosquet   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour!
Je dois dire en premier lieu que je n'ai aucune culture poétique, j'ignore tout des grands auteurs et ne connaissait pas José de Heredia et son sonnet "Les conquérants".
Donc ma première lecture s'est faite sans cette référence, et bien que j'ai aimé le style, le vocabulaire, la prosodie etc... j'étais gêné par ce qualificatif de "con", car je voyais une pauvre âme alcoolisée que j'ai plutôt envie d'aider que de traiter de con.
Ensuite j'ai lu donc "les conquérants" de J M d H, et votre pastiche est vraiment bien fait. Chaque vers est ciselé en référence à ce poème, c'est du bel ouvrage. J'applaudis le travail, mais je ne suis pas plus touché par le fond que ça.
Merci.

   Annick   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce c... a quelques circonstances atténuantes quant à sa c----rie, à peine évoquée d'ailleurs, à part, "ivre de spleen et de brutal" qu'il subit surtout, insufflée par cet environnement bien particulier :

"Dans un bol de Benco trempant un vieux cantal,
Fatigué de porter sa morne quarantaine,
De son taudis, le con, la démarche incertaine,
Partait à l’aube, ivre de spleen et de brutal.

Il allait donc subir le quotidien banal,
Le métro qui mugit sa plainte souterraine,
L’humeur des usagers rongés par la gangrène
De l’ennui prodigieux, insondable, abyssal."

Une victime, somme toute, et on comprend mieux le processus qui l'a conduit à cette impasse, ce cercle vicieux de la c----rie et "des bitures épiques" où il trouve consolation et oubli.

Une bien belle écriture et un sale portrait tout à fait réussi.

Un sonnet poétique : c'est fou où la poésie peut se nicher :

"Et, penché sur le bord d’une verte poubelle,
Il entendait monter un vomi désiré
Tout en décapsulant la canette nouvelle."

Ce dernier tercet semble à la fois une ouverture et un enfermement. "Le con qui rend," n'est-il pas "un conquérant" raté ?

   Robot   
22/1/2017
Le pastiche est un art difficile. Vous vous y êtes attaqué et c'est méritoire, mais je ne pense pas que l'exercice soit pleinement réussi.
A l'exception du second quatrain qui me paraît plus poétique que l'ensemble, je n'ai pas vraiment adhéré.
Je retiens deux vers qui ressortent assez plaisants:
Des alcools aux couleurs kaléidoscopiques (très visuel)
Il entendait monter un vomi désiré (même si l'image est poissarde elle est marquante.)

Je ne suis pas sûr que le sonnet soit bien adapté à ce genre de parodie qui pêche par manque de subtilité pour mon goût.
Je pense qu'une création plus personnelle sur le thème aurait mieux convenu.

   jfmoods   
22/1/2017
Le poète me pardonnera cette rectification : ce sonnet (en alexandrins, à rimes embrassées, suivies et croisées, riches ou suffisantes, majoritairement féminines) est moins un pastiche (un "à la manière de..." en forme d'hommage) qu'une parodie (le passage du sublime au trivial constituant l'élément fondateur du texte). L'auteur, au demeurant peu enclin aux débordements lyriques, se livre ici à un déboulonnage en règle du topos héroïque. Il s'appuie gaillardement sur le réalisme le plus plat ("un bol de Benco", "un vieux Cantal", "la canette"), un registre de langue qui n'a rien d'épique ("taudis", "le con", "bitures", "poubelle", "vomi"), le glissement du pluriel porteur d'idéal au singulier désabusé (titre à glissement assonantique du sonnet, pronoms personnels : "Ils" / "Il", adjectif qualificatif avec décalage impromptu dans le vers : "ivres" / "ivre"). Quelques figures de style contribuent à alourdir encore, s'il en était besoin, une perspective résolument bâchée (personnifications : "Le métro qui mugit sa plainte souterraine", "Des alcools... / Enchantaient son chagrin", métaphore : "la gangrène de l'ennui", gradation hyperbolique : " l’ennui prodigieux, insondable, abyssal"). La conservation de quatre rimes ("brutal", "épiques", "doré", "nouvelle" / "nouvelles") et de quelques jalons particulièrement marquants du sonnet initial (participes passés : "Fatigué de porter", "penché", complément de temps : "Chaque soir", glissement inopiné du verbe de perception : "regardaient monter" / "entendait monter") permet d'avoir toujours à l'esprit le jeu d'intertextualité.

Merci pour ce partage !

   PIZZICATO   
22/1/2017
Bonjour Luciole
Par goût personnel, le pastiche ne m'a jamais vraiment séduit, mis à part si c'est d'un humour à un autre.
Ici ce n'est pas le cas ; et le dernier tercet m'a quasiment rebuté en pensant à l'original.

Les "blanches caravelles " deviennent des poubelles, les " étoiles nouvelles " laissent place à un dégueuli suivi d'une canette nouvelle.

Franchement, non !

   Anonyme   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Le césure à l'hémistiche dans le quatrième vers de la première strophe est incorrecte, à cause du "e" de "ivre" non élidé.

Qu'il s'agisse du fond ou de la forme, je n'ai pas été convaincu par ce texte que je juge sans intérêt. Pourquoi employer le terme de "con" pour décrire quelqu'un qui boit ? Personnellement je ne bois pas d'alcool. Ce n'est pas le sujet, vous en conviendrez, pourtant je ne trouve pas que celui qui boit soit obligatoirement un con, parce qu'il peut le faire pour dix mille raisons...

Un bol de Benco dans un sonnet, non mais !

Wall-E

   archibald   
23/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Rien que le titre, ça donne envie. Un portrait dans lequel je me suis reconnu mais qui, je le crains, ne trouvera pas sa place dans ta salle du musée d’Orsay.
J’aime ce décalage entre le classicisme de la forme et la vulgarité du sujet. On peut penser au “sonnet du trou du cul” de Rimbaud, ou mieux : au recueil “Hombres” de Verlaine, jubilatoire.
C’est vrai que traiter de con ce malheureux personnage n’est guère miséricordieux. C’est vrai aussi que ce “e” muet à l’hémistiche du quatrième vers a dû faire tressaillir Hérédia dans son sépulcre. Mais j’apprécie l’absence de compromission : tu as proposé ce texte sans t'attendre à récolter des plumes sur ce coup là, bien que ta technique et ton talent pourraient t’en constituer des édredons.

   Charivari   
23/1/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Désolé, je n'ai pas du tout aimé, et ce pour trois raisons:
1. Je n'aime pas trop cet appellatif de "con". C'est trop tranchant et expéditif. En l'occurrence, ici le con est juste un alcoolique, une victime qui mène une vie misérable
2. Je n'ai pas compris le rapport entre l'objet parodié (les conquérants de JM de Hérédia) et le pastiche. : du coup la raison d'être du texte m'échappe complètement
3. "ivre de spleen et de brutal", "dans un bol de benco", je ne trouve pas les vers très judicieux, quant au côté "poubelles - vomi", je trouve ça plutôt vulgos, à vrai dire.

Désolé...

   Anonyme   
23/1/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Votre Crépuscule était une aube, cette parodie votre crépuscule :)

Je le dis en toute amitié, je trouve ce texte à la limite du "hors-jeu" et je n'y vois pas un pastiche mais une parodie assez vilaine !

A la limite, pourquoi ne pas opter pour un texte très court qui traiterait du sujet mais là franchement, s'appuyer sur Hérédia pour cette sotie me semble presque une injure au poète.

Je déteste ce texte vous l'aurez compris.

   Cristale   
23/1/2017
Bonjour Luciole,
Découvrir ce trimètre épique datant de l'ère romantique vaut la peine que je m'arrête sur votre texte et que mon oreille se prête à son prétexte.
"Partait à l’aube, ivre de spleen et de brutal."
4/4/4, avec une élision correcte entre les deux premières mesures.
Un vers qui relève l'ensemble de la forme.
Hérédia est allé plus loin dans le trimètre où la deuxième mesure enjambe la césure.

Je préfère ignorer la parodie pour m'en tenir à ces seules lignes sous mes yeux ; peut-être un pastiche de la vie ce pauvre type drogué à l'alcool, qui, conscient de son état, doit faire montre d'auto-dérision et se traiter lui-même de "con".
Vos tableaux sont décidément noirs à dessein.. mais, parfois, quelques lueurs émotionnelles, d'autres romantiques, inavouées en adoucissent le trait.
Celui-ci se veut choquant mais il cache une réalité que la société réprime : l'alcoolisme, dont le misérable personnage, fictif ou réel, de votre texte est victime, est une maladie difficile mais qui se soigne.

Bien cordialement,
Cristale

   silvieta   
23/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Eh bé ! avec un titre aussi racoleur
Ce poème ne devrait pas manquer de lecteurs.

Un côté rigolard, oui, puisque la progression narrative
s'efforce de coller au titre et y parvient magistralement. Le "con" est
baptisé dès la première strophe et l'apothéose
finale "rend" tout ce qu'elle a dans les tripes.

Sinon parce que ça colle au titre on ne comprend pas trop quand même pourquoi ce brave type dont la vie faite de métro-boulot-dodo n'est certainement pas un jardin de roses est traité de con.

A part ça, le pastiche est réussi avec son style majestueux et la facture du sonnet est impeccable avec tout ce qu'il faut comme quatrains et tercets et de très belles rimes. Le pouvoir évocateur des images a l'effet décapant d'une bouteille entière d'Ajax non dilué.

Ce poème me révulse, mais je dis quand même : "chapeau bas, l'artiste".

   MissNeko   
24/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir

C est bien glauque ! Le portrait de ce "con" vous ficherez presque le cafard.
Pourquoi "con" ? Je n ai pas compris pourquoi l'avoir ainsi nommé. Je vois plutôt un homme seu et dépressif qui a raté sa vie et plonge dans la bouteille pour oublier.
Le titre n est pas très engageant pour un poeme ! Il faut avouer que le vomi n est pas très vendeur !
Excepté cela, on trouve un texte très réaliste voire dérangeant sur un triste quotidien metro/boulot/dodo auquel on pourrait ajouter alcoolo!
J ai bien aimé :
"Le métro qui mugit sa plainte souterraine" le métro est ici personnifié.

   Anonyme   
29/1/2017
"Dans un bol de Benco trempant un vieux cantal,"
Là ça envoie du bois.
Je ne connaissais pas "Les conquérants" de Heredia (que par ailleurs je ne connais que de nom) mais peu importe j'aime assez bien l'ensemble de ce poème. Pas forcément ce titre au jeu de mot douteux.
Autrement je ne suis pas convaincu que ce "con" le soit vraiment. Juste un accidenté de la vie quoi (qui peut-être se trouve con, mais vu de l'extérieur ça sonne comme un jugement).
"verte poubelle" " canette nouvelle", je n'aime pas trop ces inversions pour faire la rime d'autant plus que d'habitude vous savez éviter ce genre de passe-passe sans problème.
Bon assez mitigé du coup.

   Recanatese   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luciole.
J'ai beaucoup aimé votre texte, notamment le décalage entre la forme classique et la modernité du propos. Le réalisme parfois un peu cru me ferait presque penser à un Zola des temps modernes qui se serait mis à écrire en alexandrins.
Quant au mot "con" tant décrié dans certains commentaires, il ne me semble pas refléter une marque de dédain à l'égard de votre personnage. Celui-ci est plutôt, à mon avis, catalogué comme tel par ces "usagers rongés par la gangrène" qui ont besoin de juger l'autre pour se sentir exister.
Merci pour cet agréable moment de lecture!
Recanatese


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