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Poésie en prose
Alcirion : Éclat d’anathème
 Publié le 21/01/17  -  7 commentaires  -  2559 caractères  -  111 lectures    Autres textes du même auteur

Et moi qui ne rêve jamais !


Éclat d’anathème



La familiarité de la métempsycose m’étonnera toujours.
Mais j’ai fini par en prendre mon parti.
Cauchemar donc.

Comme à l’accoutumée, l’irruption me prit de surprise, me propulsa par mégarde aux abords d’un corridor inédit. Comme ma fièvre augmentait, le sang s’en vint me battre aux tempes, les troubles s’accentuaient, progressant de gouffres en crevasses, et ballottaient ma terreur au milieu de lacs de lave enflammés, incandescents,
Qui vomissaient des soufres atroces
Et pullulaient comme peste en hiver.

Lorsque je n’entendis plus que les hurlements muets de ma propre peur, je sus que l’épilogue bien connu se profilait, j’allais reprendre forme…

Je ne vis d’abord que la poussière, la poussière qui tournoyait aux sabots des chevaux rapides, gonflait en un puissant vortex, et avec l’aide magique d’une lumière exaltée, tramait dans l’aube nouvelle un augure néfaste, qui glaça d’effroi les bruyants barbares, quand ils comprirent de quoi il retournait.

Car une forme ancienne surgissait des ténèbres, un visage épuré mangeait l’horizon, remplissait l’azur troublé. Il était tendre comme l’innocence mais pourtant effrayant comme une aurore de novembre.

La première des femmes, la maîtresse des tourments, la faiseuse du désert, la sorcière des sables, qui chasse les âmes des guerriers perdus, depuis que l’homme est l’homme, depuis qu’il est une mémoire, se tenait devant eux.

Ses tresses insolentes répandaient de noirs nuages, sans pour autant offusquer le soleil naissant, qui soupira d’extase et d’envie à son apparition. D’abord murmure cristallin, le timbre de la femme illusion s’affirma puissamment, vint à déchirer le silence. Et c’était là un chant inouï, un chant sublime à faire s’effondrer toutes les forteresses, une symphonie véritable, un enchantement absolu des sens et de l’âme.

Un déferlement de vérité pure et ancienne.

Trois jours et trois nuits, les hommes perdus pleurèrent de joie, mais aussi de dépit, de ne pouvoir saisir entre leurs mains la réalité du songe, de ne pouvoir conserver un vestige de la beauté.

Et au matin du quatrième jour, ils se jetèrent à genoux et offrirent leur conscience.

Mais la dame du désert ne se souciait guère de les voir avouer leurs crimes ou expier leurs fautes.

Elle les tua un par un, pour œuvre de justice, pour qu’ils n’aillent point commettre de nouveaux carnages, épargnant seulement celui-là, qui promit de prendre sa beauté pour étendard.


 
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   Brume   
8/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Comme dans un rêve il n'y a pas d'explication sur la présence d'un lieu et des personnages, et sur l'origine de la situation.

Je ne vais donc pas pouvoir commenter le fond de manière constructive, j'aime son mysticisme. La description de la maîtresse des tourments est sublimée par de superbes images, symbole de la Justice. Et la présence du narrateur, victime de métempsycose, en simple observateur nous illustre ce monde folklorique.
Pour le narrateur c'est un cauchemar, mais le songe vacille entre l'ombre et la lumière.

Sur la forme certaines conjonctions auraient pu être évitées, exemple:

"Cauchemar donc." - Je ne comprend pas la présence de "donc". Je pense que cette phrase n'est pas très utile, un peu explicative, l'incipit donne déjà une piste; aux lecteurs d'interpréter si cela est un rêve ou un cauchemar.

Idem la répétition de "comme" dans cette phrase:

"Comme à l’accoutumée, l’irruption me prit de surprise, me propulsa par mégarde aux abords d’un corridor inédit. Comme ma fièvre augmentait, le sang s’en vint me battre aux tempes, les troubles s’accentuaient,..."

J'aurais plutôt supprimé le second "comme" et fait un retour à la ligne:

"Ma fièvre augmentait, le sang s’en vint me battre aux tempes, les troubles s’accentuaient,... "

Simple proposition bien sûr.

Mis à part ces 2 petits bémols, cela ne m'a pas gâchée le plaisir de ma lecture.

   PIZZICATO   
21/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Cauchemar donc. " Oui, c'est plus le fait d'un cauchemar qu'une réflexion sur la métempsychose.
Un cauchemar d'ailleurs dont la relation est servie par de fort belles images.
Sans avoir pu saisir véritablement son sens profond, je trouve ce tableau fascinant.

" effrayant comme une aurore de novembre " existe t-il une seule aurore qui soit effrayante ? Alors que chacune d'elles annonce la naissance d'un nouveau jour...

   luciole   
21/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une sorte de « haschich lit­té­raire », dont une seule cuillère met le feu à l’ima­gi­na­tion, et fait sou­dain surgir et dis­pa­raî­tre des mondes.
Je fais mien ce commentaire d'Albert Samain à propos des "vies imaginaires" de Marcel Schwob.
Du rêve, en effet.
Bravo.

   Robot   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai hésité longtemps sur ce texte un peu énigmatique. Surtout gêné par certaines fautes de construction comme:
" l’irruption me prit de surprise." - par surprise -
"La première des femmes, la maîtresse des tourments, la faiseuse du désert, la sorcière des sables, qui chasse les âmes des guerriers perdus, depuis que l’homme est l’homme, depuis qu’il est une mémoire, se tenait devant eux."
Phrase trop longue : le sujet, -la première des femmes- est trop éloigné de son verbe -se tenait-
Il aurait fallu inverser:
, la première des femmes se tenait devant eux; maîtresse des tourments, faiseuse du désert, sorcière des sables qui chasse les âmes des guerriers perdus depuis que l’homme est l’homme, depuis qu’il est une mémoire.

Mais, je trouve de la poésie dans ce qui semble être la relation d'une imagerie onirique et fantastique.

   Jano   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Première réaction, je ne trouve pas dans ces lignes une véritable essence poétique. On dirait davantage un court extrait de texte. La poésie en prose est un exercice délicat qui ne me semble pas atteint ici. Tu me sembles trop dans la description, la narration, et pas assez dans la sublimation du réel, sa retranscription subjective.

Deuxième remarque, tu as vraiment un style bien à toi que je qualifierais de gothique, je ne vois pas d'autres mots. Le vocabulaire employé, les images sombres et grandioses, cette dramaturgie sous-jacente à chacune de tes oeuvres.
Alors, surtout ne le prend pas mal, mais j'y vois comme une espèce d'immaturité, dans le sens où c'est un univers qui fascine quand on est jeune. Attirance morbide spécifique à un âge.

Je pense que tu devrais dépasser ce stade, maintenant, et aller vers quelque chose de plus apaisé. Tu en as largement les moyens !
Tu l'auras compris, cette poésie ne suscite guère d'échos en moi.

   Sodapop   
22/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que dire à part bravo, à part respect. L'exercice de la prose poétique est quelques choses de complexe, car il faut vraiment être dans un véritable état de composition, un état un peu second, du début jusqu'à la fin.
Tu réussi ici parfaitement la chose, on est réellement transporté dans un monde irréel, dont tu es le seul à avoir les clés.
Quelle source de possibilités et de perspectives pour le lecteur, c'est du pain béni. Tu as un monde, un style bien à toi qui oeuvre dans la noirceur, l'irréel un peu glauque et sombre. J'adore ton monde cher Alcirion, plus je te lis et plus je tombe dans dans l'addiction! ;-) A te relire très vite!

   Alcirion   
23/1/2017


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