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Poésie contemporaine
luciole : Le vieux bourg
 Publié le 05/08/16  -  14 commentaires  -  903 caractères  -  334 lectures    Autres textes du même auteur

Un poème inspiré par une suite d'illustrations expressionnistes.


Le vieux bourg



Comme un voleur sortant d’un bouge
Vois, le crépuscule est tombé.
Il te serre entre ses mains rouges,
Vieux bourg qui te meurs, étranglé.

Vois, tes réverbères phtisiques
Allongent leurs pâles clartés
Sur tes sales trottoirs obliques
Où l’on vend de la volupté.

Afin de suivre avec aisance
Le galop sourd des médisances,
Tes noires maisons indiscrètes
Jusqu’aux pavés penchent la tête.

Ô vieux bourg des sombres dimanches,
Des communiants en aubes blanches
Et des mariages décevants
Et des muets enterrements,

Entends-tu les heures que sonne
Ta vieille cloche enchifrenée ?
Sa voix plaintive et monotone
Chante la fuite des années.

Vieux bourg las que l’on abandonne
Pour gagner l’oubli du néant,
Entends comme l’Ennui résonne,
Marteau sur l’enclume du temps.


 
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   papipoete   
19/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
contemporain
Le vieux bourg se laisse aller, soupire ; il n'y a guère que ses réverbères qui résistent, veillant sur lui, éclairant ses trottoirs où se vend encore la volupté . Les maisons aux fenêtres désertes semblent se pencher sur la rue, et tendre l'oreille ...
Même le clocher a le bourdon, et sa cloche bat de l'aile ; le vieux bourg se vide, se meurt peu à peu .
Mélancolie traîne des pieds dans cette photo sépia, avec la 5e strophe que je préfère, et m'enrichis d'un mot nouveau ( enchifrenée )

   Raoul   
26/7/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime beaucoup le sujet abordé, cette période de bois encrés et de linogravure, cette époque terrifiante peuplée d'ombres démesurées mais je ne trouve pas que la forme en "octo" soit la plus pertinente pour faire passer ses grincements, ses outrances…
De même, les rimes en "onne" donnent un côté Vehaerenne (social certes) mais un peu passé et distancié alors que dans l'expressionnisme, on est en pleine concrétion humaine, je ne retrouve pas cette uppercut là.
On n'est pas dans la plainte mais dans "Le cri".
J'apprécie pourtant le travail sur les contrastes et les couleurs (symboles justes et à propos) sur les angles d'attaque, les focus que la facture, hélas, amenuise.
Pour moi, ce poème n'est pas assez strident.

   Anonyme   
5/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Étonnamment l'atmosphère inquiète en même temps qu'elle rassure. J'aime ce regard nuancé qui serpente dans ce vieux bourg morne et monotone. Vos images personnifiées me parlent.
Merci pour cette traversée poétique.

   MissNeko   
5/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle traversée poétique à travers ce vieux bourg poussiéreux à la fois nostalgique et inquiétant.
A la lecture, on s imagine aisément ce vieux bourg. Personnellement, j ai vu un vieux bourg londonien de l époque victorienne

   PIZZICATO   
5/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien
L'ambiance est nostalgique certes , mais il est bien décrit ce ''vieux bourg " quand " le crépuscule est tombé ".

" tes réverbères phtisiques
Allongent leurs pâles clartés " l'image me gêne un peu mais utile à la desription de ces réverbères.

" Afin de suivre avec aisance
Le galop sourd des médisances,
Tes noires maisons indiscrètes
Jusqu’aux pavés penchent la tête. " original.

   Anonyme   
5/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour luciole ! Et bien j'ai beaucoup aimé ce vieux bourg, sa vieille cloche enchifrenée ( jolie trouvaille !) et l'ambiance générale que dégage ce poème.

Un bémol, j'aurais évité le "Et" qui commence ce vers :
Et des mariages décevants... car la diérèse de ma-ri- a- ges me semble suffisante pour ce qui est de la métrique et quasiment lu ainsi par une grande majorité.

Par contre je suis séduit par...

Sa voix plaintive et monotone
Chante la fuite des années.

... ou encore :

Entends comme l’Ennui résonne,
Marteau sur l’enclume du temps.

Le genre de poésie simple et touchante que j'aime découvrir au détour des sentiers parfois si tortueux d'Oniris...

Bravo et merci de m'avoir offert une lecture qui me sied à merveille.

   Vincendix   
5/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le décor est planté, des réverbères étiques allongeant leur pâle clarté, des trottoirs on l’on vend de la volupté, des maisons qui pendent leur tête jusqu’aux pavés…Mais pourquoi sont-elles indiscrètes ?

Je vois la vieille église avec ses fidèles du dimanche, ses communiants, ses mariages (pas tous décevants j’espère) et ses obsèques…
Les deux derniers quatrains sont excellents et c’est un rayon de soleil qui illumine le vieux bourg.

Et puis, il faut le dire, depuis quelques jours Oniris diffuse surtout de la poésie « libre » ou en prose et comme je ne suis pas fan de ces genres, la lecture d’un tel poème me réjouit.

   jfmoods   
5/8/2016
En lisant et relisant ton poème, j'ai repensé à cet aphorisme de Char :

"Il y a deux âges pour le poète : l'âge durant lequel la poésie, à tous égards, le maltraite et celui où elle se laisse follement embrasser. Mais aucun n'est entièrement défini. Et le second n’est pas souverain."

Je dirais qu'à cette aune tu te tiens plutôt du côté du bonheur.

L'apostrophe est vigoureuse. Les allégories et personnifications font mouche. Le passage des rimes croisées aux rimes plates, au coeur du poème, permet de maintenir au plus haut l'attention du lecteur. Le rejet (vers 1-2) est efficace. Il en va de même pour les enjambements de la seconde strophe. J'aime aussi la double occurrence de "Vois" (strophe 1 et 2) et de "Entends" (strophe 5 et 6). L'écho en est agréable.

Les deux "Et" m'apparaissent indispensables, surtout parce qu'ils mettent en évidence la réactivation permanente des deux carburants principaux de la rumeur...

C'est, d'abord, le mariage, qui alimente les commérages sur la tromperie de l'un par l'autre, sur l'adultère et, plus généralement, sur toutes les péripéties de la vie d'un couple, d'une famille. L'adjectif "décevants" est assez explicite ici.

C'est, ensuite, la mort, qui alimente les commérages sur l'état de santé plus ou moins précaire des uns ou des autres. L'adjectif "muets" signale une pause de la rumeur, mais on imagine alors ce qui se passe dans la tête de ceux qui participent à la cérémonie funèbre... et qui reprendront la parole après.

Le double jeu de l'apostrophe et de la personnification ramène le lecteur à l'idée d'un individu au corps maladif ("enchifrenée"), contaminé par une maladie infectieuse et contagieuse chronique ("phtisiques"), voué à une mort lente ("la fuite des années") et sans mémoire ("l'oubli du néant"). La fonction des deux anaphores ("Vois" x 2, "Entends" x 2) est peut-être de susciter un retour sur soi, une réaction. Plus probablement, ces deux anaphores mettent en évidence la constatation purement clinique d'un état de fait. Cependant, peut-il en aller différemment lorsqu'on vit dans cette splendide autarcie, comme... les uns sur les autres ?

La rumeur ne peut véritablement cesser... que par la mort du village lui-même.

Merci pour ce partage !

   Johannes   
6/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce texte à l'écriture maîtrisée et plein d'imagination.
La suite des images contribue à créer une ambiance mélancolique de déclin irrémédiable.
Si certains ont regretté que l'écriture de ce texte ne soit pas franchement expressionniste, contrairement à ce que pouvait laisser penser la présentation, pour ma part au contraire je m'en félicite.
Mais évidemment, des goûts et des couleurs...
Merci pour ce poème qui m'a fait un grand plaisir.

   emilia   
7/8/2016
Une belle illustration d’un vieux bourg esquissé par ses contours (ses maisons qui sont noires, ses trottoirs qui sont sales, ses réverbères pâles…) et son atmosphère plutôt sombre, à l’instar des sombres dimanches (tristes souvenirs), d’une vieille cloche « enchifrenée » égrenant sa litanie désabusée vouée à l’abandon, à l’oubli, à l’Ennui avec un E majuscule, au summum de la désolation, entre médisances et mariages décevants pour ce bourg las et personnifié que la narratrice interpelle : « Vois, Entends…, en soulignant l’expression d’un état d’âme en résonance, comme hanté par cette fuite inéluctable qui conduit au néant… ; merci à vous pour ce partage…

   Anonyme   
1/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Pareil . Des dispositions évidentes mais cette carence de technique !
Pourtant avec un peu d'efforts, vous textes seraient superbes.
Notez qu'ils sont (les deux que j'ai pu lire) déjà très beaux.

   Anonyme   
8/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Oui, il y a de vieux bourgs qui filent le bourdon, avec leurs sons de cloches pour les enterrements, que l'on confond avec ceux des mariages et des baptêmes, tellement cela sonne monotone.
On arrive parfaitement à visualiser ce bourg, et à se dire..."Tiens, je connais..."

   Proseuse   
14/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ha! ce vieux bourg vu par une luciole est tout à fait crédible !
On sent dans votre poème, le poids de l' histoire de ce vieux bourg s' étouffer dans la nostalgie et se caler dans le passé inévitable !
de très belles images et un beau moment de lecture , merci Luciole

   Beaufond   
22/9/2016
Je trouve regrettable cette chute qui ne me semble pas assez forte, parce que j'ai aimé ce poème. Le bizarre agencement des rimes n'aidera pas le poème à pénétrer les mémoires dans son entièreté, mais il y a la couleur, l'ambiance, le ton, et le poème paraît le fruit d'une vision, et cela nous manque terriblement sur Oniris. Et si ce n'est pas un poème répondant parfaitement à mon goût, si c'est un art qui ne me transporte pas pleinement, eh bien, au moins, c'est de l'art !


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