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Poésie libre
Luz : Entre deux soleils
 Publié le 01/10/22  -  14 commentaires  -  553 caractères  -  218 lectures    Autres textes du même auteur


Entre deux soleils



La bise gifle les genévriers
entre deux soleils.
Il marche de plus en plus vite
à mesure que s’élève le chant de la rivière.

Sa main tremble au bord de l’eau, non de vieillesse,
mais d’un cœur qui bat et rebat l’enfance,
la fébrile impatience
vers la truite.

Son fil s’incurve, tranche le ciel de grésil,
il pêche dans la luisance des sources âpres
qui l’ont choisi.

Au faîte de son âge,
ce sont les mêmes rives,
la vie éblouissante en miracles d’eaux vives.


 
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   Eskisse   
18/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème qui s'écoule entre l'espace et le temps, aussi limpide que les eaux vives .
L'entame est percutante avec ses deux soleils. J'aime l'évocation de cette harmonie de ce vieil homme avec la nature perceptible dans : "le chant de la rivière" ( comme un appel) ,les "sources âpres qui l'ont choisi", ( quand la nature vous fait devenir l'élu) et "tranche le ciel de grésil".
Le final vous éclabousse de lumière et de fraîcheur.
Des mots simples, choisis avec précaution, pour un effet très réussi.

   socque   
23/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce vers :
il pêche dans la luisance des sources âpres
(le mot « luisance ») me paraît en décalage dans le propos et le ton général de cette évocation lumineuse d'une activité de nature, simple et, malgré le matériel, instinctive.
Dans la même idée de sophistication à mes yeux importune, le dernier vers me dérange car il apporte, me semble-t-il, une hauteur de vue, une considération spirituelle. Que la vie soit éblouissante en miracles d'eaux vives, je ne dis pas, que le pêcheur le ressente ainsi, certes, mais je ne pense pas qu'il l'exprimerait intérieurement de la sorte et suis persuadée que cela doit être possible de convoyer cette même idée de miracle élémental en se basant sur la pure sensation, comme vous faites avec les deux premiers vers que j'adore.

Je trouve que vous avez bien fait de ne pas débuter chaque vers par une majuscule, cela donne de la souplesse, de l'humilité au propos. Me dis-je.

   Donaldo75   
24/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J’aime déjà beaucoup le titre de ce poème ; il y a du pictural dans ce titre et la suite - c'est à dire le texte lui-même - va dans ce sens. La puissance évocatrice du libre est bien utilisée, les images va et viennent bon train et le dernier tercet nous emmène plus loin dans le thème. C’est franchement réussi, tonal, un tableau court mais efficace.

Bravo !

   Anonyme   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour;

Une poésie à la fois courte, élégante et efficace. On est avec ce vieux pêcheur au bord de sa rivière, rien de manque au décor. Bravo !

Merci pour la lecture gratuite et le temps que vous avez passé dessus


Anna

   papipoete   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Luz
Il marche de plus en plus vite, comme pour rejoindre ce fameux coin, que lui seul connait depuis son enfance... là où se terrent les plus belles truites. Et bientôt posté, d'un coup sec il ferre la belle de la rivière comme aux plus beaux jours de sa jeunesse...
NB qui n'a pas pêché la truite, ne peut comprendre cette fébrilité, la même à chaque fois, quand la canne entre les mains on lance ce défi au carnassier !
La seconde strophe est si vraie !
Et songer que je remontais le cours de l'eau, en cuissarde ne m'empêchant pas de glisser malgré les talons ferrés ; et lancer sans relâche ma cuiller là-bas devant cette souche...
Aujourd'hui je me sers toujours d'une canne, mais pour autre chose...
Cette seconde strophe est mon passage préféré..

   assagui   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Ayant pratiqué longtemps la pêche et ce depuis mon enfance, votre texte me touche profondément.
Les mots de votre poème se déposent sur la toile semblables aux mouches artificielles que savent lover les pêcheurs au dessus de leur tête, avec grande délicatesse et beaucoup de maitrise .
Je connais cette excitation lorsque la rivière vous appelle, que l'on soit pêcheur ou non, pour tenter de voir ces splendides poissons.
J'ai connu ces tremblements à l'instant de la touche où notre cœur s'enflamme ou même simplement à l'instant de la voir, Dame truite.
J'ai rencontré aussi l'aube et ses brumes et les instants de crépuscule où nous prenons conscience que notre vie n'est pour le moins qu'une éphémère surgissant du sombre pour l'instant d'après retourner à jamais dans l'ombre!
Il n'est point question ici de pêcheur viandard mais de communion avec celle qui a enfanté notre humanité.
L'émotion n'a jamais de ride.
MERCI à vous

   pieralun   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

Beaucoup de vivacité, de mouvement, de lumière, de transparence dans ce retour aux sources.
Souvent, réitérer le passé se traduit par un acte triste: L’Enfance de Barbara
Ici, tout ce que j’ai évoqué précédemment, apportent désir, entrain, joie dans un poème gai et très émouvant.
Donc poétique

   plumette   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je retrouve avec grand plaisir une des spécialités du narrateur : la pêche à la truite!

et en peu de mots, voici un tableau sensible où un paysage se mêle aux sentiments.

j'ai beaucoup aimé

"d'un coeur qui bat et rebat l'enfance"

ainsi que la dernière strophe

mais j'ai beaucoup aimé le tout, ce fameux dosage dont vous avez le secret!

   Vasistas   
1/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On ressent bien l'émotion du pêcheur, mais je vois surtout le pouvoir de vie ou de mort qu'il a sur la truite!
elle est un peu sa compagne de jeu durant toute sa vie, ça coule de source.
J'ai trouvé ce poème très beau, sensible.
J'aime la force et l'humilité que nous transmet la rivière et finalement sa lumière.
Mystère mystique, à lire à voix haute au rythme de l'eau ;-)
Merci

   Lotier   
2/10/2022
Faut-il aimer la pêche pour aimer le poème ? Je ne sais pas. Mais je ressens cet appel élémentaire « Il marche de plus en plus vite
à mesure que s’élève le chant de la rivière. », primordial. Les rivières chantent encore, et m'enchantent.
J'associe davantage à cet élément la poésie très simple de Félix Leclerc, par exemple (La drave) ; très simple dans le vocabulaire. Un poème de cette eau devrait davantage… couler. Or certaines expressions me font perdre le fil : « bat et rebat », «luisance des sources », « en miracles d'eau…».
Sinon, je suis plutôt du côté des poissons.

   Yannblev   
4/10/2022
Bonjour Luz,

C’est certain, il n’est besoin que de peu de mots pourvu qu’ils soient justes, sensibles et pénétrants, pour évoquer cette jouissance particulière du pêcheur précis et discret qui dès le petit jour se mêle à la nature ou plutôt vient faire corps avec elle, ses soleils, ses cours d’eau et tous les reflets qui vont avec.
Vous pignochez fort justement l’émotion rare qui baigne souvent cette communion.

Merci pour cet halieutisme poétique.

   senglar   
6/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,


C'est très joli ça, une tranche d'éternité où enfance et maturité se superposent et se confondent. Un instantané, polaroïd surexposé étoilé d'un noir et blanc argentique incisif sur le fondu de couleurs que le temps ne gommera pas. Une passion, une philosophie, une manière de Carpe Diem aux âges mêlés. Un chef d'oeuvre de spatialité intemporelle tamponné au sceau mirifique d'une poésie impressionniste.

Mazette !

   jfmoods   
11/10/2022
"La bise gifle les genévriers / entre deux soleils."

Plusieurs éléments soulignent le caractère oppressant de cette première phrase. La personnification traduit l'expression d'une violence infligée. Des allitérations (j, f/v, r) et une assonance (i) amplifient cette perception. Le lecteur ne peut s'empêcher d'associer les deux soleils à l'aube et au crépuscule de la vie. Le propos résonne ainsi comme une douloureuse réflexion. Vivre, c'est vieillir. Vivre, c'est subir les affres du temps.

"Il marche de plus en plus vite / à mesure que s’élève le chant de la rivière."

La seconde phrase ouvre alors le paysage état d'âme du poème. Une personnification fixe l'émerveillement, une cristallisation qui explique l'empressement du personnage.

"Sa main tremble au bord de l’eau, non de vieillesse, / mais d’un cœur qui bat et rebat l’enfance, / la fébrile impatience / vers la truite."

Le jeu des métonymies fixe la profondeur d'une relation au temps vécu et au lieu désiré, atteste la richesse d'un passé ancien sans cesse reconvoqué. Le saisissant raccourci qui clôt la phrase met en exergue cette urgence vitale qui vous pousse à renouveler l'expérience.

"Son fil s’incurve, tranche le ciel de grésil, / il pêche dans la luisance des sources âpres / qui l’ont choisi."

Voici à présent le personnage tout entier plongé dans cette activité fétiche qui le détourne de la pensée de sa propre finitude. Il entre dans la transparence du temps vécu, se voit couronné, souverain d'un royaume lumineux.

"Au faîte de son âge, / ce sont les mêmes rives, / la vie éblouissante en miracles d’eaux vives."

Ainsi la rivière offre-t-elle à l'homme-enfant ce rempart à l'usure et à la décrépitude : un cadre idyllique et comblant, les strates d'un bonheur inentamable.

Merci pour ce partage !

   hersen   
11/10/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tu cristallises dans ce poème l'essence de ce qui a été ton écriture, en tout cas celle que je connais ici, entre tes haikus et tes poèmes.
Il y a les mots justes, ceux pour dire la vie éblouissante en miracles d'eaux vives.

merci pour la lecture !


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