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Poésie libre
Luz : La corne de l’éclair
 Publié le 07/07/21  -  9 commentaires  -  800 caractères  -  135 lectures    Autres textes du même auteur

Un orage se forme.


La corne de l’éclair



Un nuage s’élève à l’horizon des seigles lourds –
lente spirale dévorant les braises du ciel.

Ses flancs sont scarifiés
par les lames courbes du vent de glace,
des cheveux bleu de nuit s’ébouriffent
au bord d’une trouée d’argent.

Le grand chêne frémit
sous une pesanteur de silence imparfait ;
ses feuilles,
doucement effleurées par la chaleur du pré,
murmurent
comme une source en son berceau d’herbes couchées.

Les oiseaux ne chantent pas ni ne volent ;
seuls deux papillons jaunes, plus légers que leurs ailes,
batifolent au pied de l’arbre.

Anxieuse attente
aux premiers souffles ascendants de l’air,
avant l’arc brisé,
la corne de l’éclair qui tranchera l’écorce.


 
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   ANIMAL   
25/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y a quelque chose de pesant dans ce poème, une lourdeur qui retranscrit bien cette atmosphère d'avant l'orage.

Néanmoins le premier vers me paraît bloquer le texte dès le début et casser ainsi tout l'effet de mouvement du second vers. Je les verrais plutôt inversés afin de rendre vivante cette sensation de menace latente :

"En lente spirale dévorant les braises du ciel
Un nuage s’élève à l’horizon des seigles lourds."

Cette présentation clarifierait également le sujet de "Ses flancs" que j'ai cru être tout d'abord la spirale. Là, c'est forcément le nuage.

La suite du poème est bien menée, on sent cette ambiance étrange et menaçante qui fait vibrer l'air. De belles formules :

"Ses flancs sont scarifiés
par les lames courbes du vent de glace,"

"Le grand chêne frémit
sous une pesanteur de silence imparfait"

Une approche intéressante mais pour moi la lecture n'est pas assez fluide.

   Lebarde   
28/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Beaucoup de métaphores et d’images originales, parfois surprenantes créent une atmosphère douce, reposante et à coup sûr très poétique à l’approche de l’orage annoncé et du vacarme prévisible à venir.
La forme libre qui autorise toutes les libertés prosodiques n’altère pas la qualité d’ensemble du poème.
Chacun connaît ma préférence pour le classique mais je sais aussi apprécier la versification libre de qualité comme ici!!

En EL
Lebarde

   socque   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le grand chêne frémit
sous une pesanteur de silence imparfait ;
Pour ces deux vers que je trouve très justes dans la description, surtout le silence imparfait, je commente. Mais fallait-il préciser que le chêne est grand ? Le mot "chêne" en soi, dans une description champêtre naturaliste, me paraît porter suffisamment de prestance... Le qualifier, à mes yeux, l'affaiblit.

C'est en gros ce que je reprocherai à votre poème : aucune ellipse dans l'expression. La catégorie onirienne de "Poésie libre" où vous le soumettez vous permet justement de jouer, par exemple, des passages à la ligne pour signaler telle ou telle nuance grammaticale ; vous pourriez vous affranchir de plusieurs mots-outils, me semble-t-il. En l'état, j'ai le sentiment que vous avez écrit non des vers libres mais de la prose qui va à la ligne, et que cela entrave en l'occurrence la force d'expression, intellectualise par trop la description.

Autre exemple :
Les oiseaux ne chantent pas ni ne volent ;
Je suis persuadée qu'il y aurait moyen d'exprimer la même idée avec plus de force, de faire mieux sentir l'accablement des oiseaux, quitte à bousculer un peu la grammaire... J'aime bien, juste après, les papillons plus légers que leurs ailes, l'insolite de l'image réveille.

En conclusion, je trouve que vos mots forment par moments une espèce de gangue qui entrave l'essor expressif, et que c'est dommage parce qu'il y a de l'idée.

   papipoete   
7/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Luz
Attention, ça va barder ! Sa Majesté Orage est annoncée... même les gros nuages attroupés là-haut semblent se dire " y' a peu-être assez d'eau en bas " ?
De la plus petite tige jusqu'au très vieux chêne, on tremble en attendant le lever de rideau...
NB l'atmosphère du ciel qui va nous tomber sur la tête, est ici bien rendue, depuis les bruits en passant par les scarifications dans le flanc des nuages ; et ce grand arbre qui semble rassurer plus petits que lui " ça va aller ! ne vous inquiétez pas ! "
un bémol pour le 3e vers ( j'aurais préféré : " ses flancs scarifiés par les lames courbes.... " )
mais voilà encore un récit tiré à quatre épingles, de notre auteur naturaliste !

   Lariviere   
7/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai été complètement conquis par ce prémices de l'orage...

Le style et le propos, le ton et l'expression sont tellement surréaliste qu'on s'y croirait...

"Le grand chêne frémit
sous une pesanteur de silence imparfait" 

vu les vers qui suivent pour la rythmique et pour le minimalisme qui taperait bien à ce moment je supprimerais l'adjectif "imparfait"....

"Les oiseaux ne chantent pas ni ne volent ;
seuls deux papillons jaunes, plus légers que leurs ailes,
batifolent au pied de l’arbre.

Anxieuse attente
aux premiers souffles ascendants de l’air,
avant l’arc brisé,
la corne de l’éclair qui tranchera l’écorce."

L'infiniment petit (les papillons) en parallèle à l'infiniment grand, l'orage, sont une très bonne sensation...

La strophe de fin est parfaite, on sent vraiment la lourdeur de l'orage avant que le tout ne s'incise dans un grand maelstrom naturel...

Merci pour la lecture et bonne continuation !

   Ligs   
8/7/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Luz,

un orage se forme...
Je m'attendais à un texte qui dévoile la tension, palpable un peu partout... quelques mots tentent de la dire, mais l'ensemble ne m'a pas emporté en ce sens... c'est trop joli, trop doux, à mon sens. La métaphore des cheveux bleu de nuit (très poétique en soi), l'adjectif imparfait pour qualifier le silence, l'adverbe doucement, et puis tant d'autres mots : effleurées, murmurent, le berceau (qui évoque un bébé endormi), la négation du chant des oiseaux, la légèreté des papillons qui batifolent...

Tout cela contredit l'exergue, la lourdeur annoncée dans le premier vers et "l'anxieuse attente" évoquée dans la dernière strophe... j'attendais quelque chose de beaucoup plus lourd, plus inquiétant...

Je suis peut-être passé à côté du sens du poème ?

Désolé, pour cette fois je n'ai pas adhéré, malgré les qualités poétiques du texte...

Ligs

   Pouet   
9/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut,

une fort belle description de la "préparation" d'un orage.

Tout me semble très juste, le lecteur ressent bien cette "électricité dans l'air"... Grande "justesse" de l'ambiance donc.

Particulièrement goûté à

"des cheveux bleu de nuit s'ebouriffent
au bord d'une trouée d'argent"

Et surtout *les papillons plus légers que leurs ailes*, cette image, cette idée de la "légèreté indépendante", apesanteur de la beauté, évanescence de l'instant me semblant coller au plus près de ce qu'on peut nommer parfois, dans un moment d'égarement bucolique et pourtant salvateur, "Poésie". D'autant plus opportun que cela tranche avec la lourdeur (dans le sens temps lourd) de l'ensemble.

Beaucoup aimé.

   Lulu   
10/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Luz,

J'ai bien aimé le titre de ce poème. Il a le mérite d'avoir été inventé par toi.

J'ai buté sur '' des seigles lourds ''. Je n'ai pas compris.

J'ai bien aimé la seconde strophe pour les couleurs, le froid après l'annonce de l'orage. Très bien, vraiment.

La 3ème strophe m'a aussi bien plu pour le rythme.

Cependant, si j'ai bien aimé la suite, j'ai peu aimé l'image donnée sur les papillons, notamment là : '' plus légers que leurs ailes '' Ça me semble forcé, peu clair d'emblée.

Dernier vers superbe !

Merci pour ce partage.

   Donaldo75   
12/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

J’aime beaucoup ce poème ; sa force métaphorique correspond à ce que j’aime lire en poésie et le thème rajoute de la couleur à l’ensemble. La scène m’apparait – en tant que lecteur, elle sort presque de la page que je suis en train de lire, un peu comme dans un rêve au gout de film d’animation où un tableau prendrait forme – et s’impose à mes yeux, alimente mon désir d’onirisme. Pour moi, la poésie seule arrive à ce résultat, encore plus que la musique. Et c’est avec ce dernier art que je compare souvent les poèmes que je lis, alors bravo de chez bravo et donne encore à mes yeux faméliques de telles poésies.


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