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Poésie contemporaine
Luz : Un bout de toile blanche
 Publié le 28/09/15  -  10 commentaires  -  1452 caractères  -  108 lectures    Autres textes du même auteur

À mon oncle, mort au camp de Mauthausen à vingt-deux ans.


Un bout de toile blanche



La nuit semblait verser des filets de sang noir
Dans la petite source alimentant la mare.
Quand la lune ronde traversait un nuage
Les genêts s’effaçaient à l’entrée du pacage.

De grands feux éclairaient la lande du moulin.
Paul entendit le bruit des avions vers les pins,
Les cris rauques au loin, les claquements de l’air
Et les parachutes qui s’affalaient à terre.

Il fallait rechercher, vite, les conteneurs
– Munitions, grenades et fusils mitrailleurs –
Les transporter là-haut dans l’épaisse forêt,
Avant l’aube couvrant le silence des prés.

Vint novembre et sa neige éparpillée, légère,
Volant fine et blanche, sous les pâles lumières
De ce bal clandestin dans la ferme isolée.
Il y avait du vin et aussi à manger.

Des maquisards étaient descendus de leurs camps,
L’accordéon chantait la bruyère et le vent.
Paul regardait rire le visage d’Irène,
Belle de vie, de joie, dansant à perdre haleine.

Belle pour lui, d’amour, devant les flammes rousses,
Belle qui lui offrait, ses mains, ses lèvres douces.
Mais les cris, les fusils vinrent les séparer,
Et jeter les hommes dans les camions bâchés.

Un bout de parachute oublié dans sa veste
L’a condamné à mort dans un enfer de l’Est.
Les gardiens l’ont tué devant les barbelés,
Son sang rouge a coulé sur la neige étoilée.


 
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   bipol   
7/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des maquisards étaient descendus de leurs camps,
L’accordéon chantait la bruyère et le vent.
Paul regardait rire le visage d’Irène,
Belle de vie, de joie, dansant à perdre haleine.

et

Un bout de parachute oublié dans sa veste
L’a condamné à mort dans un enfer de l’Est.
Les gardiens l’ont tué devant les barbelés,
Son sang rouge a coulé sur la neige étoilée.

bonjour

c'est vraiment

un bel hommage

que vous rendez à votre oncle

tombé au champ d'honneur

votre texte est vraiment très fort

et on se croirait revenus à cette époque

avec de belles images

j'ai beaucoup aimé

   emilia   
28/9/2015
Un hommage très réceptif à ce jeune oncle déporté à 22 ans ! Dès le premier vers, la description annonce le drame qui va se jouer et le cadre de l’action est planté comme pour un film noir que l’on voit se dérouler de nuit, sous la lune ronde avec cette atmosphère visuelle et auditive qui implique immédiatement le lecteur et le replace dans le contexte de l’époque : le bruit des avions, les cris, les claquements de l’air et le courage de ces jeunes gens chargés d’assurer la résistance sans ménager leurs efforts, mais en continuant malgré tout de vivre leur jeunesse en s’amusant, en organisant un bal clandestin autour d’un bon repas, leurs visages rieurs et plein de vie, de joie, à la rencontre de l’amour au mépris du danger… Puis, de nouveau, des cris, mais, cette fois, avec des fusils, le terrible verdict de la condamnation à mort et son exécution dans ce vers de chute très fort en émotion, non sans rappeler celui très célèbre de Rimbaud et son « Dormeur du Val » : « Son sang rouge a coulé sur la neige étoilée… », le prix d’une jeunesse sacrifiée à travers ce contraste si symbolique de ce sang rouge sur la neige blanche qui annonce le froid de la mort et de façon sous-jacente la brûlure de la souffrance endurée à laquelle nous compatissons rétrospectivement en remerciant l’auteur pour ce partage si sensible…

   Francis   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Comme mon père, cet oncle avait choisi le chemin de la liberté. Comme Sophie Scholl (la petite rose blanche), Henri Fertet et bien d'autres, ces jeunes combattaient un adversaire qui les privait de liberté et semait une idéologie basée sur la haine et le racisme. C'est un bel hommage que vous rendez à cet oncle. Ce texte exprime la vie, l'amour avant d'aborder la déportation et la mort.

   Anonyme   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Vous avez réussi, sur un thème des plus sensibles, à rendre un très bel hommage à votre oncle tombé si jeune, à cause de la folie des hommes. Votre poème est versé d'images glauques et sublimes à la fois - criantes de vérité - jusqu'au deux derniers vers, d'une force inouïe.

Un grand bravo,

Wall-E

   Vincendix   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un sujet difficile traité avec réalisme, les risques encourus par les maquisards, souvent jeunes et sans grande expérience étaient énormes. Ils le savaient mais leur volonté de combattre l'ennemi était plus forte que la raison.
Un bel hommage à un héros.

   Pieds-enVERS   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir !

Un très beau texte où l'hommage à ce résistant ne peut que toucher le lecteur de plus je suppose que ce n'est pas un sujet facile à traiter ! Belle écriture

Les descriptions sont magnifiques ..je pourrai citer
"
Vint novembre et sa neige éparpillée, légère,
Volant fine et blanche, sous les pâles lumières
De ce bal clandestin dans la ferme isolée.
Il y avait du vin et aussi à manger." entres autres

Quand au dernier quatrain " c'est un concentré d'émotion" !

Merci

   Astras   
28/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Belle description, belle écriture!

La dissonance entre les "jolies images" et le sujet est dérangeante, mais elle fait partie du récit sur la mort prématurée et injuste d'un proche pendant la guerre.

Ce qui me manque personnellement, c'est plutôt l'opinion de l'auteur sur ce que le choix de vie de ce résistant signifie. Peut-être, c'était aussi voulu...

   Nilina   
2/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Votre poésie et votre hommage sont très beaux. C'est vraiment bien écrit, fluide et à la fois très fort en émotions. Vous avez tout mis dans ce poème jusqu'à évoquer votre tante( je crois...) et grâce vous j'imagine le déroulement de ce qu'il a vécu.

   Marie-Ange   
26/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
De ce texte il n'y a pas à en faire un long discours, ce serait un blabla inutile, les mots sont très évocateurs, je reste toujours interdite devant l'émotion que me procure l'évocation de cette période qui me semble si "indescriptible". Vous avez su trouver des mots qui résonnent sans en faire de trop comme je l'ai lu parfois.

C'est sans doute pour cela que votre texte poignant a retenu vraiment toute mon attention.

J'ai aimé ce moment de pause qu'offrent les strophes cinq et six.

   Anonyme   
27/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Je lis tardivement ce poème que vous évoquez par ailleurs dans un commentaire.
L'écriture est belle et tout me va dans cette évocation du courage de nos ainés !
Merci de l'avoir si joliment exprimé.


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