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Poésie libre
madawaza : Pendu [Sélection GL]
 Publié le 10/08/17  -  8 commentaires  -  1300 caractères  -  117 lectures    Autres textes du même auteur

Poésie.


Pendu [Sélection GL]



Le corps se balance
Et les branches frissonnent ;
Le pendu se déhanche
Et regarde les feuilles.
Malgré son innocence,
En ce beau soir d’automne,
Ce qui chantait dimanche
Lui racontait son deuil.
Pendu
Depuis trois mois déjà
Pendu
Et il le restera.

L’hiver fut très rude,
Il n’est que voir son corps ;
Plus de chair au visage,
Les corbeaux avaient faim.
Mais ce n’est qu’habitude,
Il a vu pire encore
Quand les gens du village
Riaient de voir ses mains.
Pendu
Depuis six mois déjà
Pendu
Un jour il tombera.

Et puis le printemps
Est venu réveiller
La terre et les oiseaux,
La sève qui jaillit.
Ses yeux restent béants
Mais il entend chanter,
Ses mains sont en lambeaux
Mais il retient la vie.
Pendu
Depuis neuf mois déjà
Pendu
Mais il ne s’ennuie pas.

Il connaît sa fin,
Les chaleurs se rapprochent ;
Sa chair le fuit déjà
Et la terre l’exhorte.
D’un effort enfantin,
Des vertèbres il s’accroche
Mais il ne tiendra pas
La vie est la plus forte.
Pendu
Depuis un an déjà
Pendu
Il faut partir là-bas.


 
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   papipoete   
21/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
Le pendu n'en finit pas de s'accrocher à sa branche, et les saisons passent, le pendu ne veut disparaître, mais il faudra bien un jour que de sa branche, il tombe ...
NB le poète très observateur regarde le supplicié se transformer au fil du temps qui passe, les corbeaux aidant à la besogne, et ce cadavre terrifiant au bout de sa corde, devient presque " sympathique " après un an de suspension ...
les hexasyllabes me semblent sans faute ;
papipoète

   Marite   
26/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Cela fait au moins cinq ou six fois que je lis ce poème. Je ne saurais expliquer ce qui me fait y revenir. Peut-être la partie finale de chaque strophe qui, comme le refrain d'une complainte, revient, lancinante et pourquoi pas ... attirante, un peu comme le chant des sirènes.
Pour répondre à ma curiosité, l'auteur pourra-t-il nous dire quelle est cette forme poétique classique ?

   Grange   
27/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Commenté en EL

Je me sens incapable d'entrer dans ce thème. Billie Holiday m'a trop marqué avec "Strange fruit" qui sur le même thème dit l'horreur avec toute la beauté et le charme de la poésie.

Ici c'est un peu faible mais ce n'est que mon avis.

J'aime un peu

   leni   
10/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
A MADA
Voilà une inspiration inattendue Pa du tout dirait VILLON On peut suivre
l'évolution du pendu Un jour il va décrocher Pour l'instant il balance
Etrange Bien écrit
Ce n'est pas ma tasse de thé
Mon salut cordial LENI

   bipol   
10/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Mada

plus qu'une complainte

déjà une chanson

tout y est

mais également un bon poème

les images extraordinaires

m'ont transpercé

j'ai adoré

   letho   
10/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Madawasa

écrire sur ce sujet avec poésie n'est certainement pas facile, et pourtant, moi aussi, je l'entendais comme une chanson, parce-que vous nous rendez ce pendu sympathique dans la façon nonchalante qu'il a d' égrener le temps...un peu comme s'il tenait salon et conversation philosophique sur la fuite des saisons tout en buvant sa tasse de thé

Enfin, c'est l'impression qu'il me donne , peut-être grâce à votre écriture précise et sans tapage..."le corps se balance", il "regarde les feuilles", "les corbeaux avaient faim", "les gens du village riaient"..voilà l'hiver puis revient le printemps...tout est si"normal", si "habituel", là , tout autour du pendu, que les souffrances qu'il a endurées ne me choquent plus.
Plus même, vous me le rendez vivant...
ça, c'est de l' Art !

   jfmoods   
10/8/2017
Ce poème est composé de quatre douzains construits sur le même modèle. Le vers 1 est un pentasyllabe, les vers 9 et 11 sont des dissyllabes, les vers 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 12 sont des hexasyllabes. Dans chaque strophe, le vers 1 rime avec le vers 5, le vers 2 avec le vers 6, le vers 3 avec le vers 7, le vers 4 avec le vers 8, le vers 10 avec le vers 12, le vers 11 reprend le vers 9. Les rimes sont suffisantes et pauvres, majoritairement féminines.

La ronde des saisons ("ce beau soir d'automne", "L'hiver", "Le printemps", "Les chaleurs"), épousant la litanie lancinante du temps humain ("Depuis trois mois déjà", "Depuis six mois déjà", "Depuis neuf mois déjà", "Depuis un an déjà"), alimente la fantasmagorie de la mort, d'une mort qui, par sa verticalité ("Le pendu"), au-delà des outrages infligés ("Plus de chair au visage", "ses yeux restent béants", "ses mains sont en lambeaux"), donne encore l'illusion de la vie (verbes de mouvement : "Le corps se balance", "se déhanche", "il retient", "D’un effort enfantin, / Des vertèbres il s’accroche", verbes de perception : "regarde les feuilles", "Il a vu pire encore", "Ce qui chantait dimanche / lui racontait son deuil", "Quand les gens du village / Riaient de voir ses mains", "il entend chanter", expression d'un état d'âme : "il ne s'ennuie pas", vision anticipative : "Il connaît sa fin"). L'image de la chute, par conséquent de l'horizontalité à venir de la tombe, du repos, gagne peu à peu le poème (futur : "il tombera", personnification : "la terre l'exhorte", superlatif : "la vie est la plus forte", modalisation : "Il faut partir là-bas").

Reste ouverte la question centrale, celle qui obsède le poème. Quelles ont été les circonstances de cette mort ? Seuls les vers 5 à 8 semblent en mesure d'en dessiner les contours... On pense forcément à la guerre et à son cortège d'ignominies.

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Madawaza,

Le titre et l'aperçu visuel m'ont aussitôt mise en face de la ballade de pendu de Villon.
Alors bien sûr, ce n'est pas , à mes yeux, un bon point, puisque j'aime cette ballade et que vous preniez le risque de souffrir de la comparaison.
Cependant, je reconnais que je me suis hâtée de finir ce poème, pour plusieurs raisons :
- On est toujours mal à l'aise face à l'image de la douleur de l'autre
- On se sent pris au piège du voyeurisme indélicat que civilisé on tente de repousser met qui revient au galop.
- On se dit (ok, JE me dis) c'est une métaphore. sauf que pour la voir, qu'elle me saute au yeux, il me faut regarder encore ce pendu.

J'ai lu et relu, oui, j'ai apprivoisé ma peur et les préjugés.

Alors hypersensibilité occasionnelle ce matin, j'ai vu que le pendu me parlait et me disait, lisez mieux, je suis un pendu volontaire, vivant moqué.
Une poésie réussie, pour moi, elle m'a fait réagir.


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