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Poésie contemporaine
MajorTom : Du bout de son pied nu
 Publié le 03/03/17  -  16 commentaires  -  1614 caractères  -  229 lectures    Autres textes du même auteur

C'est en pensant à un tableau d'Édouard Manet que m'est venu le titre sur lequel j'ai imaginé cette passade.
Bonne lecture.
Amicalement
Didier


Du bout de son pied nu



Nous allions ce printemps
Sur une bicyclette
Cherchant une cachette
Aux yeux de nos parents.

Nous quittâmes la route
Aux abords d’un chemin,
Et je lui pris la main
Pour écarter ses doutes.

Arrivés à l’étang,
Elle posa l’ombrelle
D’une main fine et frêle
Gantée de satin blanc.

Elle ôta son chapeau
Assorti de rubans
Qui volèrent au vent
En léger écheveau.

Sa blonde chevelure
Effleurait ses épaules
À l’ombre d’un grand saule
Dans ce coin de verdure.

Ses étoffes bruissèrent ;
Je sentis un frisson
Et mon cœur fit un bond
Lorsque ses bas glissèrent.

Sur un mode ingénu,
Elle fit un rond dans l’eau
Au milieu des roseaux,
Du bout de son pied nu.

Sa robe retroussée
Offrait en impudeur,
Le spectacle enchanteur
De sa jambe galbée.

Je voyais le genou,
La cheville fine,
Leurs courbes divines
Comme autant de bijoux.

Puis, lassée de douceur,
Elle se laissa choir
Abandonnant au soir
Qui naissait, sa candeur.

Entre ses lèvres roses
Et le haut de ses seins,
Dansait ivre et coquin
Un diable virtuose.

Innocente beauté,
Complice enchanteresse,
Je rêvais de caresses
En mots inavoués.

Tout près d’elle et si loin,
De tant de volupté
Et de féminité,
Je ne fus que témoin.

Depuis j’en ai rêvé
Bien souvent, je l’avoue,
De cet étang si doux
Sous son pied dénudé.


 
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   papipoete   
6/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
Allons au bois à bicyclette ma mignonnette, et tout près les berges de l'étang nous feront une petite place ; et puis nos deux corps se diront << viens ! >>
Mais non, j'ai rêvé de la suite de la promenade, jusqu'à ce qu'un diablotin voletant " entre ses lèvres roses et le haut de ses seins ", me ramène sur terre ... et je le regardais faire, n'étais que témoin .
NB tout est frais dans ce poème où tout est délicieusement suranné, photographié par David Hamilton .
Cependant, la forme classique est ici boiteuse avec des rimes " singulier/pluriel "
et des vers inégaux : 26e 7 pieds
34e 5 pieds
35e 5 pieds
et au 21e vers, " bruissèrent " se dit je crois, en diérèse
mais j'aime le texte !
papipoète

   myndie   
12/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une jolie bluette que j’imagine plutôt en chansonnette. Associé à la longueur du récit, le choix de l’hexasyllabe donne un rythme vif et léger qui s’y prête tout à fait.

Etant donné le classement du texte en poésie classique, je me permets ces quelques remarques :
A deux reprises, vous rompez l’harmonie par une erreur de prosodie :
7ème strophe : « elle fit un rond de l’eau » (heptasyllabe)
9ème strophe : « la cheville fine
Leur courbe divine » (2 pentasyllabes, ou alors vous forcez la prononciation du ne final, ce qui me semble peu élégant)

Sur le fond (mais là c’est moins grave, c’est sans doute moi qui ai du mal à saisir ou qui ai l’imagination mal placée) j’avoue ne pas comprendre bien la signification des vers suivants, tout au moins à ce stade et compte tenu de la suite de l’histoire :

« Entre ses lèvres roses
Et le haut de ses seins,
Dansait ivre et coquin
Un diable virtuose. »

Il faudra que vous m’éclairiez…
Modérément séduite par votre poème, j’aime beaucoup néanmoins la joliesse nostalgique de la dernière strophe.

   silvieta   
15/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
"Classique" ou néo-classique de par le binôme "avoue"/"doux" ?

La forme de cette tendre poésie champêtre qui dit les émois de l'adolescence est maîtrisée. Les rimes plutôt riches, les quatrains, les hexamètres, lui confèrent sa plaisante légèreté.

Sans être jamais ennuyeux tel quel le poème aurait pu s'économiser les avant-dernières strophes qui n'apportent rien de plus, au contraire. Puisque fascination quasi fétichiste envers le pied il y a remonter "aux lèvres" ainsi qu'au haut des "seins"
était-il de mise ? A l'inverse, la dernière strophe évocatrice de nostalgie reste indispensable pour clore le joli poème.

A quelle époque se situe cette scène ? certainement pas de nos jours...
"bicyclette" et "ombrelle" ! mon esprit pointilleux-iste a déclenché une sonnette d'alarme. La jeune fille, qui ne se prénomme sans doute pas Paulette, se rend à l'étang à bicyclette, à moins qu'elle ne soit juchée sur celle de son camarade. XXIe ou XXe siècle dirions-nous, mais la voici affublée de gants très comme il faut , d'un chapeau ( probable canotier ), d'une robe qui lui découvre à peine les chevilles et d'une ombrelle. XIXe siècle, assurément ?

Et moi de me plonger dans les documentations. Manet est décédé à la fin des années 1880. Il ne dédaignait pas les nus et les scènes corsées et n'a guère peint de jeunes filles en fleurs, moins que Renoir. J'en ai aperçu quelques unes cependant encloses dans "le balcon" et "le chemin de fer" (peintures des années 60..1860, s'entend...)
Inventée au début du XIXe siècle, la bicyclette ne s'est démocratisée qu'au début du XXe siècle. Un tableau représente déjà des cyclistes juchés en masse, lors d'une partie de campagne, sur de drôles de tricycles, mais c'était en 1887...

Nous pourrons imaginer, paix aux mannes de Manet, que la scène inspirée par son tableau des années 1860 se déroule aux alentours des années 1880...
Ouf, nous aurons évité l'anachronisme, mais de justesse.

La fascination du narrateur envers le pied et la jambe de la jeune fille me semble très crédible. Les longues robes rendaient alors très érotiques les jambes et les pieds à découvert.

Une réussite poétique certes , mais dont la juste place au sein de son cadre temporel m'aura donné du fil à retordre.

   Robot   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème auxquels les hexasyllabes donnent un charme particulier même si parfois la règle classique n'est pas respectée.
Ce texte tout en impressions et images m'a fait penser au "baigneuses" ou "au déjeuner sur l'herbe".
Un moment de fraicheur apprécié.

   PIZZICATO   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'allusion à Manet nous permet d'emblée de pénétrer dans ce décor empli de fraîcheur voire candeur.
' Sur un mode ingénu,
Elle fit un rond dans l’eau
Au milieu des roseaux,
Du bout de son pied nu. " un joli tableau.

'' Sa robe retroussée
Offrait en impudeur,
Le spectacle enchanteur
De sa jambe galbée. '' c'est délicieux et cela fait sourire
à norte éoque.

   Anonyme   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MajorTom,

Je dois vous avertir que vous arrivez dans une véritable pétaudière. En ce début Mars souffle ici un vent libertin des plus revigorants. Après la marée montante de Myndie (Rêvé pour toi), voilà qu’un apprenti onirien nous donne une autre belle leçon. Bientôt on ne pourra réciter nos poèmes qu’à l’amicale du Cap d’Agde.

Passons sur les rêveries pastorales du faux ingénu, pour aller directement au sublime :

« Entre ses lèvres roses
Et le haut de ses seins,
Dansait ivre et coquin
Un diable virtuose. »

Je suis heureux que la cravate de notaire soit enfin autorisée. Merci d’avoir décadenassé ce corset pudibond pour y glisser votre accessoire vestimentaire et païen. Ça ouvre des perspectives.

Innocente beauté, innocente beauté… Elle a quand même le préliminaire sautillant et cadencé. Et vous, vous vous souvenez de l’étang. Ah ces poètes.

Ludi
accessoiriste notarial

   Anonyme   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
Je retrouve ici un peu trop de cette atmosphère très particulière empruntée à Victor Hugo dans son "Je ne pensais pas à Rose" avec quelque élégance je dois bien le dire, mais sans véritable créativité par rapport au modèle.

Vous admettrez que la parenté est ici un peu trop visible et ne mérite pas vraiment d'émouvoir l'auditoire à bon compte.

Je cite à titre documentaire le poème de Hugo :

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: " Après ? "

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.


Tout est dit je pense.

   Eccar   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
C'est vrai qu'il y a un air de ressemblance étrange entre votre texte et celui de Hugo présenté par Grange, un poème que j'avais déjà lu et apprécié.
Mais il est difficile de tout connaître, et de ne pas tomber dans les pas d'un autre passant, même prestigieux.
Dans votre poème, j'ai aimé
"Entre ses lèvres roses
Et le haut de ses seins,
Dansait ivre et coquin
Un diable virtuose." et
"De tant de volupté
Et de féminité,
Je ne fus que témoin." et bien sûr, le dernier quatrain.
Le début me semble un peu fade, longuet, certains passages sont sans doute de trop comme le tout premier.
Je crois que certaines fois, on peut exposer le tableau poétique sans se perdre dans des détails trop terre à terre, aller à l'essentiel sans gâcher l'émotion.
C'est, néanmoins, un joli moment du printemps de la vie que vous proposez là.
Hugo est passé par là comme d'autres avant lui sont passés; dans cette foule d'auteurs ou d'autres amoureux qui n'ont laissé aucune trace, chacun a sans doute rêvé sur ces berges à sa manière d'une belle ou moins belle façon; parmi eux, vous ne déméritez pas.

   Proseuse   
3/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MajorTom,

Votre poème a ce "petit charme désuet" ( sans rien y mettre de péjoratif ) que l' on retrouve bien chez certains peintres impressionnistes ( Manet, Renoir... ) et en cela vos mots sont très justes et l' ambiance très bien rendue
Vous avez fait, ici, un poème tout à fait personnel , avec sensibilité et délicatesse ... plein de jolis p'tits coups de pinceaux !
merci et à vous relire bientôt

   HadrienM   
4/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème très intéressant. Tu maîtrises parfaitement l'art du récit poétique et arrives bien à nous faire imaginer la tension érotique, au moins poétique, de ce moment.

Poésie charmante, sans prétention. Vouloir aimer l'autre ; vouloir sa chair, près du "printemps" chaud et agréable. Tendresse d'une jeunesse ("cherchant une cachette / aux yeux de nos parents") et premières expériences.

Le récit adroit de l'élégance, du désir latent. De l'admiration de l'être féminin. J'y ai senti une tonalité courtoise (la littérature médiévale : l'amour courtois ; le chevalier épris de sa dame). L'être féminin est dans cette poésie sublimé.

L'écriture est visuelle. Quel bel éloge de la "féminité" (toujours dans la voix d'un jeune homme).

Une belle pièce poétique. Trop rare.

Bien à toi,

   jfmoods   
4/3/2017
Ce poème est composé de quatorze quatrains en hexasyllabes, à rimes embrassées, pauvres, suffisantes et riches, majoritairement masculines.

Je suis toujours gêné aux entournures par les mises en apposition où le participe passé ne s'accorde pas à son sujet (vers 9 et 10 : "Arrivés à l’étang, / Elle posa l’ombrelle"). Est-il d'ailleurs bien nécessaire de préciser à nouveau qu'il y a deux personnages ?

"Arrivés à l’étang, / Elle posa l’ombrelle" -> Arrivée à l’étang, / Elle posa l’ombrelle

Au neuvième quatrain, les vers 2 et 3 n'ont que 5 syllabes. Je suggère cette alternative...

"Je voyais le genou, / La cheville fine, / Leurs courbes divines / Comme autant de bijoux." -> Je voyais le genou, / Une cheville fine, / Quelques courbes divines / Comme autant de bijoux.

Les deux premières strophes introduisent le cadre bucolique de l'évocation ("ce printemps", "un chemin"). La séance d'effeuillage peut alors doucement s'égrener ("posa", "ôta", "ses bas glissèrent", "Sa robe retroussée", " Abandonnant... / sa candeur"). La métaphore, assortie d'une diérèse ("un diable virtuose"), désigne la bouche gourmande du poète en action sur une zone bien délimitée.

L'écho des vers 28 et 56 ("Du bout de son pied nu", "Sous son pied dénudé") signale le véritable point d'appui d'un fantasme né de la contemplation d'une toile de maître (entête : "C'est en pensant à un tableau d'Édouard Manet que m'est venu le titre sur lequel j'ai imaginé cette passade.", paradoxe : "Tout près d’elle et si loin", locution restrictive : "Je ne fus que témoin.").

Merci pour ce partage !

   archibald   
4/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’ai moi-z-aussi immédiatement pensé au poème d’Hugo en lisant ces vers. Mais de là à crier au plagiat et à le sanctionner d’une appréciation courroucée, c’est excessif. De toute façon, le cas a été suffisamment débattu en forum. L’auteur déclare avoir ignoré le poème mentionné par Grange et je le crois volontiers. Je lui suggère même “Sarah la baigneuse”, des “Odes et ballades”.
Sinon, le poème est assez charmant mais cela manque quand même un peu de classicisme à mon goût. Outre la métrique, une alternance des rimes masculines et féminines serait bien venue.

   Lulu   
5/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MajorTom,

Pour ma part, j'ai beaucoup aimé parcourir ce texte et ce tableau que vous avez su faire vivre. Le mètre court me plaît beaucoup. Cela donne un rythme qui fait vrai et donne un bel entrain qui sied bien aux propos.

C'est tout plein d'élégance, et pourtant, les mots sont tout simples. Cela va de pair, ici et c'est un atout. J'apprécie beaucoup, en effet, cette forme que je trouve délicate.

Les temps verbaux m'ont séduite - faire un vrai récit avec l'imparfait et le passé simple renforce l'instant décrit, même s'il est révolu, ancré, déjà, dans le souvenir.

Tous mes encouragements pour la suite.

   Queribus   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour MajorTom,

J'ai bien aimé le côté délicieusement rétro de votre texte léger et sautillant avec des vers courts bien adaptés au récit. On note cependant, ça et là, quelques légères fautes de prosodie déjà citées et qui pourraient être facilement corrigées. L'ensemble fait penser au XIX me siècle(Victor Hugo et Manet) mais aussi à Yves Montand. Le texte est peut-être un peu long mais se laisse lire volontiers dans un agréable moment de fraîcheur bien nécessaire par ces temps incertains. En espérant avoir bientôt le plaisir de lire un autre de vos écrits de la même veine.

Bien à vous.

   Michel64   
6/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Charmant tableau, évoquant celui de Manet, c'est vrai.

Dommage que le rythme de six pieds par vers soit cassé au neuvième quatrain :

"Je voyais le genou,
La cheville fine,
Leurs courbes divines
Comme autant de bijoux."

pourquoi pas, pour garder le rythme en ne changeant (presque) rien :

"Je voyais le genou,
La cheville si fine,
Et leurs courbes divines
Comme autant de bijoux."

Mais l'ensemble m'a beaucoup plu.

Merci pour ce partage

   Anonyme   
22/3/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
En humble débutante Onirisienne que je suis, je me permets ce premier commentaire pour souligner, indépendamment des "irrégularités métriques" mentionnées plus haut, l'exquisité du poème du point de vue des impressions. De manière très personnelle, ton poème a le don de me plonger dans une agréable rêverie. Effectivement, le côté désuet, accompagné de cette touche de printemps (où l'on imagine une légère brise sur le lac et la douceur de l'herbe à ses abords) est tout bonnement délicieux. On retrouve la douceur des jours d'antan dans une espièglerie adorable. La balade en vélo et les étoffes légères, la sensualité de la jambe; ton poème n'est que plaisir et élégance. Merci!


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