Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Chansons et Slams
Mauron : Marseille
 Publié le 11/05/16  -  11 commentaires  -  1954 caractères  -  179 lectures    Autres textes du même auteur

Cette chanson montre la relation très ambivalente que j'entretiens avec "ma" ville d'origine.


Marseille



Marseille tu t’en fous
De toi, de tout.
J’ai connu
Que le désir est triste dans tes rues
Hantées de femmes aux jambes nues
Et la première qui m’ait dit que j’avais de beaux yeux
Était une putain.

Ma prof de clavecin
Avait hérité d’un château de son mari rabbin
Elle y jouait à l’orgue le soir
Quand elle avait le cafard…
Marseille tu t’en fous
Tu es dans ta Gineste Far-West
Où des motards brûlent au vent
Du Nord
Leurs gaz d’échappement.

C’était dans le vallon de la Panouze
Qu’elle jouait ma prof de clavecin
À se faire à l’orgue des partouzes
À se faire exploser les seins
Dresser les reins sur les claviers
De son plein-jeu, de son plein gré
Par d’autres dieux que son mari rabbin
Si vieux, si mort, si oublié.

Marseille tu t’en fous
De tous ces Marseillais,
De tous ces gens de peu
Entre tes murs épais.
Rappelle-toi pourtant Marseille ces gens-là
Silencieux, qui parlent peu, ne parlent pas.

Les ombres qui errent entre tes murs
Et trafiquent de l’or blanc, de l’or brun, de la mort
Ils ont la bite triste comme ton ciel bleu,
Comme ta mer, amère et sèche, qui râpe un peu,
Qui sent le sperme et sent le vieux
Et dans les rues de l’Opéra
Les putes, non, ne chantent pas,
Ne chantent plus,
Tout est si morne aux avenues.

Marseille tu t’en fous.
Il est fini le temps béni
Où cette prof de clavecin
Cette infirmière de mes riens
Aimait à se cambrer les seins
À se faire exploser les reins
Par d’autres dieux que son mari rabbin,
Tout se monnaye à coup de trique, à coup de fric
Dans l’ombre bleue des palais vieux.

Marseille tu t’en fous
De tous ces Marseillais,
De tous ces gens de peu entre tes murs épais.

Rappelle-toi pourtant Marseille ces gens-là !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ce poème, au delà de ses qualités techniques, ne me parle absolument pas, car il traite d'un sujet, à mes yeux trop précis.

Je ne suis allé à Marseille qu'une fois dans ma vie (et on s'en moque), aussi les lieux listés et le ressenti qui est associé n'a aucune signification pour moi. Je ne sais pas où sait et je ne peux pas en gouter (ou en critiquer) la vision proposée.

Sinon je ne suis pas trop fan de l'utilisation de la langue qui est faite, relativement argotique, proche, je trouve de Léo Ferré. Il manque d'images plus fortes, plus "imagées" (désolé pour ce pléonasme). Tout est trop descriptif, brut, à mon goût.

Voilà mon opinion, mais elle ne vaut que ce qu'elle vaut.

   Pimpette   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce n'est pas un texte qui me met à l'aise mais quel talent!

On la renifle cette grande ville, elle et ses habitants, et ses histoires glauques...

Il y a de temps en temps,ici, des textes qui me révulsent mais dont je flaire l'excellence de son auteur!


je comprends pourquoi Mauron a besoin de vivre près d'une montagne...pour épurer ses petits poumons!

   Robot   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'ai un faible pour ce texte un peu - je t'aime moi non plus - à l'égard de cette ville.
Pas trop goûté "l'infirmière de mes riens" Ce vers est un peu un intrus .
Mais globalement apprécié. Sur la technique chanson je ne suis pas un connaisseur mais ce texte permet de découvrir une ville sous un aspect original, probable que le narrateur a vécu dans cette ville pour en parler de manière si particulière.

   funambule   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Sans doute que si l'on ôte l'aspect emblématique de la ville en elle même (qui s'en fout d'ailleurs), l'essai est transposable, délocalisable. Le "c'était mieux avant" d'ordinaire me laisse assez froid, j'y vois la somme des nostalgies individuelles qui ne manquent pas de se renouveler à chaque génération. Sauf qu'ici, il y a une vraie force, une réelle âpreté qui utilise jusqu'à la maladresse pour imprimer cette urgence désenchantée. Slam ? Sans doute au sens premier, à déclamer hors tout accompagnement musical, ce serait dénaturer. Un texte fort, entre ses deux piliers temporels, entre l'envie et le dégout, le jugement et le constat, entre la vie qui nous dépose un jour avec nos souvenirs et toutes ses promesses qu'elle n'a pas tenues... qui la rendent presque plus belle.

Et le vent sur le vieux port soufflera aussi ces mots...

   Ramana   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Étant très peu allé à Marseille, je n'en connais que le savon... qui en fait ne vient pas de Marseille ! Alors, cette ville, je m'en fous, je m'en lave les mains et le reste aussi.
Et si vraiment les putes n'y chantent plus, on comprend que les marseillais aient "la bite triste", sur le vieux porc.
Bof ! Les villes, Marseille ou les autres, ça va un temps, puis il faut s'en éloigner ; elles n'offrent que des fruits artificiels, nous remplissent de futilité, nous éloignent de nous-mêmes en brimant tous nos sens. Et ceci ne va pas en s'atténuant, avec la branchitude et l'électronitude.
J'aime le rythme des vers, les propos qui reviennent autour de la prof de clavecin, des putes, et qui oscillent entre l'humain, le vénal, des souvenirs sans doute un peu magnifiés et le présent.

   Anonyme   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sans pathos, sans nostalgie, sans état d'âme mais la relation objective des époques traversées par cette ville.
Un langage direct, sans hypocrisie ; simplement " Rappelle-toi pourtant Marseille ces gens-là ! "
De toute manière la ville "s'en fout".

Un texte fort intéressant pour un compositeur, si ce n'est pas déjà fait.

   Anonyme   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Mauron,

Je n'ai pas retrouvé dans ce texte ce qui fait le charme et la réputation de Marseille : la canebière, le vieux port, les calanques, les quartiers nord, le soleil de provence, etc. Il manque cette saveur particulière à la ville qui m'aurait permis de me projeter pleinement dans ce défilé de rues et de gens, dans cet univers cosmopolite haut en couleur, parmi les queues de poisson et les klaxons, la bouillabaisse et je-ne-sais-quoi... Je ne vois pas ce que vient faire ce "mari rabbin" (évoqué à plusieurs reprises) dans ce contexte, pas plus que cette "bite triste" et les "partouzes" et le sperme". Je n'accroche pas du tout avec le mot "Panouze", et la formule "Gineste Far-West".

Quant au fameux "Marseille tu t'en fous"... Reste à savoir pourquoi...

Bien à vous,

Wall-E

   Pouet   
12/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bjr Mauron,


Je n'ai jamais mis les pieds à Marseille alors je ne sais pas si la mer sent vraiment le "sperme et le vieux" et si c'est le cas je préfère pas savoir en fait.. Je plaisante bien sûr, je suppose que ce sont des images.. Mais bon, ça ne m'a pas trop parlé.

"J’ai connu
Que le désir est triste dans tes rues", j'ai trouvé étrange syntaxiquement cette formulation.

Sinon votre texte est très axé sur le sexe, c'est un parti pris. La prof de clavecin et son mari rabbin... Ben franchement, ça ne m'a pas transcendé. Vous faites peut-être allusion à des souvenirs personnels du coup normal que je ne m'y retrouve pas.

Un manque "d'universalité" pour moi dans votre poème, c'est pour moi son principal défaut.

J'aime bien ce passage toutefois:

"Les ombres qui errent entre tes murs
Et trafiquent de l’or blanc, de l’or brun, de la mort
Ils ont la bite triste comme ton ciel bleu,
Comme ta mer, amère et sèche, qui râpe un peu,
Qui sent le sperme et sent le vieux
Et dans les rues de l’Opéra
Les putes, non, ne chantent pas,
Ne chantent plus,
Tout est si morne aux avenues."

Je trouve que dans ce passage justement on ressent bien une atmosphère urbaine et je peux m' y retrouver. (même si cette histoire de mer qui sent le sperme... Bof bof)

"Rappelle-toi pourtant Marseille ces gens-là
Silencieux, qui parlent peu, ne parlent pas."

Dans mon idée - certainement fausse comme la plupart des généralités- les marseillais ont plutôt tendance à être gouailleurs et bavards, j'ai donc été surpris par le passage cité ci-dessus.

Dans l'ensemble je reste un peu mitigé.

Cordialement.

   Anonyme   
13/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Sur la forme le vers suivant : "Que le désir est triste dans tes rues" pourrait être allégé en " Le désir triste dans tes rues"
éventuellement enlever 'Et' dans "Et la première…"
peut-être aussi ôter 'était une putain' parce qu’on le devine un peu avec les femmes aux jambes nues.

Ensuite je ne vois pas toujours bien de quoi vous parlez.

Après, sur le professeur de musique…ben, avec son mari rabbin moribond et sa soif de vivre..c’est un sacré folklore. Avec ce qu’on dit des Marseillais, va savoir si c’est ben vrai tout ça ; o)

La bite triste et les putes aussi…ma foi, une bite sentimentale en effet, ça ne peut pas vraiment rigoler.

À relire ce poème ce qui me gêne c’est le mélange de Marseille, la ville, et des Marseillais, avec l’histoire de l’apprenti musicien, son éducation sentimentale…etc.
J’ai l’impression qu’on passe du coq à l’âne.
Donc globalement je n’apprécie pas trop, il y a trop de choses qui me semblent hétérogènes dans cette peinture. Ça pourrait faire plusieurs poèmes.

Cela dit en chanson ça peut le faire très bien. Et il y a de bonnes parties, pour moi, où je ne ressens pas cet excès global comme :

"Les ombres qui errent entre tes murs
Et trafiquent de l’or blanc, de l’or brun, de la mort
Ils ont la bite triste comme ton ciel bleu,
Comme ta mer, amère et sèche, qui râpe un peu,
Qui sent le sperme et sent le vieux
Et dans les rues de l’Opéra
Les putes, non, ne chantent pas,
Ne chantent plus,
Tout est si morne aux avenues."

Là c'est la Ville.

Peut-être réserver la prof de clavecin pour autre chose et ne garder que la ville, ce serait pas mal, vite plus dense.

À vous relire.

   Chicopn34   
13/5/2016
Commentaire modéré

   bolderire   
15/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème "coup de trique", sur un Marseille un peu glauque, moi j'aime bien!
M'a fait penser à "ces gens là" de Brel.

   Kodiak   
16/5/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Alors bon c'est un style qui n'est pas trop ma tasse de thé, je dois l'avouer d'emblée, donc mon avis est déjà biaisé, mais si j'essaie de faire abstraction de mes goûts personnels, je dois reconnaître qu'il y a "quelque chose" dans ce texte. L'auteur y a mis un peu de ses tripes, à moins que ce ne soit de son sperme (oups, sorry j'ai pas pu m'empêcher) et ça ne m'a pas laissé tout à fait indifférent.

Ceci dit, ça ne me donne pas du tout envie d'aller à Marseille, mais ce n'est pas le but non plus, je crois...

Un texte pour un slam ou un rap plutôt que pour une chanson, j'imagine, non ?


Oniris Copyright © 2007-2022