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Poésie en prose
Meaban : Au calme d'un long siècle
 Publié le 02/01/13  -  5 commentaires  -  1358 caractères  -  123 lectures    Autres textes du même auteur

Un récent moyen âge...


Au calme d'un long siècle



Au terme de la rue, un escalier pentu
Les fenêtres ouvertes, sur l’octroi des bluettes, étrillent l’air immobile à l’ombre de saisons où les enfants s’abusent de rêves multicolores.

Une latence d’été, un chemin de vertiges, la rumeur des grands-mères à l’orée de leur antre
Le fiel d’une musique aux accents mélodiques, un air d’accordéon dessillant la torpeur

Un midi provincial au calme d’un long siècle, la vogue lancinante de ces trente glorieuses
Les filles sont à l’usine et leurs mères inquiètes, passe la fourgonnette de l’épicier bougon.

Ces guerres épuisantes laminant la tendresse, entrevues sur l’écran de télés arrogantes
Arrangées sur l’étal d’un vieux réparateur qui rivé sur la mire mâchonne des cigares

Un récent moyen âge, aux retraités décents accoutrés de bleusailles, veillant sur les jardins pour houspiller les gosses à l’affût de larcins

Une insouciance grêle à l’abri des quartiers.

Hameaux rabibochés sur le flanc des remblais
Les grandes découvertes

Là-bas couraient les voies parcourues de lorries
Encombrés de ferrailles

Noria d’industrie, le silence d’un ciel vide
Un cercueil amené

Un passé sourcilleux, engeance coloniale
Un ancêtre erratique

Il comptera les étoiles


 
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   rosebud   
11/12/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
D'assez belles images évocatrices:
- les enfants s'abusent de rêves multicolores
- le fiel d'une musique
- la vogue lancinante de ces trente glorieuses
- un vieux réparateur qui rivé sur la mire mâchonne des cigares

voire des fulgurances magnifiques - sans que je puisse analyser pourquoi ça fonctionne:
- un midi provincial au calme d'un long siècle
- les grandes découvertes (précisément là où cela est placé - ailleurs ça fonctionnait moins bien)
- il comptera les étoiles

Le sujet tel que traité me plaît énormément. Envisager de décrire le vingtième siècle (en tout cas sa deuxième moitié) en si peu de mots est en soi une gageure et il faut un certain culot pour s'y aventurer, mais le talent peut tout oser.

Malheureusement, le choix affirmé et systématique du rythme d'alexandrins qui ne s'assument pas m'est insupportable: ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta (et on reprend). C'est d'autant plus dommage que ces beaux instantanés auraient tant gagnés à être écrits de manière plus lâchée pour évoquer le temps qui coule doucement et sans heurt apparent.

   Anonyme   
13/12/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Je suis très gêné par la ponctuation anarchique qui ne facilite pas la lecture. Les fins de vers n'ont pas de virgules et je ne sais, du coup, comment ils s'articulent entre eux.
D'une façon générale je trouve le ton de cette poésie très emphatique ("étrillent l’air immobile", "un air d’accordéon dessillant la torpeur", "aux retraités décents accoutrés de bleusailles"). On sent une écriture forcée qui cherche tellement à faire poétique qu'elle en devient maladroite. Le vocabulaire est exagérément précieux.
Je pense que vous devriez revenir à quelque chose de plus naturel, de plus simple.

   Labrisse   
14/12/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je crois qu’il s’agit de la scène d’un enterrement (ou plutôt d’une vision du cortège funéraire par un des membres) ou l’auteur passe de plans en plans d’une manière très cinématographique. Ce cheminement est à tiroir car l’auteur y mêle des descriptions de sa vie et de ses expériences.

Le seul rapport que nous ayons à cet auteur est qu’il nous balance des photos sur la table, photos très parlantes, se recouvrant les unes après les autres dans les liens et la chronologie d’une histoire à nouer soi même.

Notre Poète est un vrai taiseux loquace ! Quel oxymore alors ! Il a quelque chose d’important à nous dire et il apporte beaucoup de sens aux silences entre les mots.
Justement, quelques uns, rares viennent accentuer le mystère et inciter notre curiosité… Je n’ai pas peur de dire que je n’emploie pas dessiller [(séparer ses paupières en ouvrant les yeux) dont les sonorités mouillées et aigues sont très jolies] toutes les cinq minutes, donc cet auteur possède ou de la culture (c’est pas mal) ou une force réelle de travail (c’est excellemment mieux) en tous cas il écrit bien pour le plaisir d’un lectorat ce qui est une noble mission. De plus ce dessillement est en parallèle de l’accordéon, du domaine plissant lui aussi … ce genre de métaphore est beau de mon point de vue.

Dans les images jetées sur la table nous avons : la rumeur des grands-mères à l’orée de leur antre, Hameaux rabibochés sur le flanc des remblais, des douzains en prose dont le rebondissement est très réussi,

Les enfants s'abusent etc. cet auteur s'a(m)use avec...de l'audace.

Et aussi : Là-bas couraient les voies parcourues de lorries
Encombrés de ferrailles… Ce distique wagonne fort bien au bruit de boogie-woogie d’une friche industrielle écrasée d’abandon et d’inhumanité.

Bon il y aurait tant de temps à passer … quand même « ces hameaux rabibochés sur le flanc des remblais » c’est très « gourmand » cette écriture…

Artistiquement cette pièce est très bonne … ce poème est un beau poème.

Amitiés,

Labrisse.

   Artexflow   
2/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Meaban,

Merci pour cette très agréable lecture et cette très délicate écriture.
J'aime quand un poème est fait de soie.

Quelques petites choses ont dérangé, soit ma lecture rythmique, soit mon imaginaire, mais rarement grandement. Entre autres :

la rumeur des grands-mères à l’orée de leur antre image un peu froide
passe la fourgonnette de l’épicier bougon. bougon m'a tué le rythme
Arrangées sur l’étal d’un vieux réparateur qui rivé sur la mire mâchonne des cigares idem, problème de rythme. C'est pas forcément vous d'ailleurs hein, je dis juste c'qui m'est arrivé !
Il comptera les étoiles j'ai pas trop adhéré à votre fin.

En revanche, il y a des splendeurs, en particulier ce magnifique Un midi provincial au calme d’un long siècle, le chemin de vertiges ou encore Une insouciance grêle à l’abri des quartiers.

Franchement j'ai été globalement très emballé, bravo donc et merci :)

   brabant   
2/1/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Meaban,


J'avais lu et commenté ton texte en E L , ayant de plus reconnu, un peu ta patte et aussi le thème maintenant bien connu des lecteurs d'Oniris que tu te plais à développer. Comme j'avais laissé sous-entendre que le texte était de toi en spécifiant ".ea.an", le com n'a pu être retenu. Je n'ai ainsi pas pu être reconnu en tant que pseudo-devin successfull :) lol C'est tout hein ! Maintenant je sais ! J'l'f'rai plus !

Je n'aime pas recommencer un com déjà élaboré. En gros j'avais insisté sur la disposition typographique :
- une première partie avec des vers (très) longs évoquant une époque en général, pas si lointaine (je vais revenir sur ce point).
- une seconde partie avec des vers courts zoomant sur le paysage minier et son "esprit".

J'avais donc insisté sur le fait que les "Trente Glorieuses" n'étaient pas si loin dans le temps linéaire pour être qualifiées de "Moyen Age", fût-il récent. Pas de chômage, une certaine prospérité pour qui avait deux mains et même une certaine forme de rêve. Mais cette observation était mineure par rapport à tout le bien que je pensais et pense toujours de ton texte, ainsi que de la "Saga" que tu es en train de construire :)

Bravo à toi !

p s :
- je crois aussi que "Moyen Age" est peut-être trop trop connoté obscurantisme. Bon c'est peut-être voulu de ta part.
- La disposition du texte en potence est-elle faite pour rappeler un équipement, une structure (un certain type de chevalet ?) miniers ?

:)))


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