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Poésie néo-classique
Meleagre : À nos rêves
 Publié le 10/09/09  -  10 commentaires  -  1508 caractères  -  145 lectures    Autres textes du même auteur

Que deviennent nos rêves ?


À nos rêves



Nous allions, effarés et furtifs, nous frayant
Un chemin sinueux dans les hautes fougères,
Sous les ifs qui jetaient un hiver effrayant,
Dans les sentiers obscurs du morne cimetière.

Souvent nous frémissions au moindre mouvement
De l'herbe, au plus léger craquement, à l'éclat
Le plus furtif, craignant que des gardiens déments
Fassent, en nous trouvant, sonner pour nous le glas.

La mort rôdait ici. L'ombre semblait danser,
Comme si des esprits profitaient de la nuit
Pour sortir en secret de leurs caveaux creusés,
Et partager leurs pleurs, leurs peines, leurs ennuis.

Et les gardes guettaient, lugubres et hagards,
Interdisant l'accès de ces tristes endroits ;
On les voyait parfois tirer sans crier gare
Sur tout ce qui bougeait sans en avoir le droit.

Et pourtant nous voulions rendre un dernier hommage
À ce qui nous était cher et qui n'était plus,
À nos objets aimés, disparus avant l'âge,
Ce qu'on avait aimé, ce qui nous avait plu.

Nous creusions en silence, avec nos doigts meurtris
Un large trou à l'ombre obscure d'un cyprès,
Et nous y déposions, déjà pourris, flétris,
Nos vains espoirs péris, partis sans un apprêt.

Debout près du tombeau, comme près d'une grève,
Nous pleurions des torrents d'âpres larmes sans trêve
Comme verse la pluie un nuage qui crève
- Enfin nous inscrivions sur la stèle : « À nos rêves ».


 
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   brabant   
10/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour MELEAGRE,

Je vais m'y coller, pas facile de le faire le premier, votre texte est suffisamment long, il offre suffisamment de matière, et cependant je ne discerne pas:
"Que deviennent nos rêves?"
"A nos rêves"?...
Ce texte me semble bien réel, qui se termine par une "stèle".
Peut-être est-ce le constat qu'un jour, qu'une nuit, il faut faire le deuil de ses rêves: "..."A nos rêves".", que l'on vit en victime, ou bien en réprouvé, qu'il n'y a pas d'idéal, qu'il est fusillé.
Que votre texte est sombre! et pourtant il est bien écrit, campé sur sa métrique, solide, assis.
Votre symbolique des arbres "ifs/cyprès", des adjectifs "effarés/furtifs//lugubres/hagards" où les contraires se rejoignent, victimes et bourreaux, des noms "glas/grève" et des verbes ".../crève", est bien choisie.
Mais enfin qui sont ces "gardiens déments" ((équivalents des gardes rouges? du côté de chez Mao, ils ne se seraient peut-être pas gênés pour tirer)) qui n'ont pas le droit de tirer, que contiennent ces caveaux? des "objets ((des êtres?)) aimés, disparus avant l'âge", je tourne, je retourne votre texte, je le tords, je l'essore, je m'y étrangle et je m'y égare: suis-je dans un univers concentrationnaire,( "La colonie pénitentiaire"? Kafka), où l'on tuerait l'espoir, où la liberté de penser, d'agir, de créer, de rêver, ne serait qu'illusion, emprisonnée dans ce lieu symbolique, cimetière bien réel?
Alors, oui, pleurons "d'âpres larmes sans trêve/ Comme verse la pluie sur un nuage qui crève"
Mais si je m'y suis collé, vous m'avez quelque peu collé aussi.

   jaimme   
28/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
"Sous les ifs qui jetaient un hiver effrayant": le mot "effrayant" casse le côté poétique de la strophe, je trouve, et s'associe mal avec hiver.
Un peu curieux, quand même, ces gardes qui , sans en avoir le droit, tirent sur tout ce qui bouge. Ou bien c'est une image de ceux qui enterrent nos rêves et nous en interdisent l'accès, mais il manque alors quelques termes d'explication.
J'aime, en revanche:
"Et nous y déposions, déjà pourris, flétris,
Nos vains espoirs péris, partis sans un apprêt."

L'ensemble utilise trop de mots peu recherchés, de tournures un peu plate.
Le sujet, lui, est très intéressant.

Jaimme

   Astras   
10/9/2009
Ce poème a deux lignes, qui frappent si fort, qu'ils peuvent effacer tout le reste du texte:

"Comme verse la pluie un nuage qui crève
- Enfin nous inscrivions sur la stèle : « À nos rêves »."

L'utilisation des verbes, la sensation d'un espace, l'insolence de la métaphore... - toutes ces choses simples ont fusionné dans une idée poétique géniale. Quoi d'autre veut-on?

   Anonyme   
10/9/2009
Bonsoir Meleagre ! De ce texte sombre, je dois avouer ne pas comprendre le fond... Pour la forme (Classique) j'ai relevé plusieurs anomalies. Écrit en alexandrins, si tous ces vers semblent effectivement compter douze syllabes, certaines césures ne sont pas respectées (vers 1-6-7-18 ) +
Hiatus vers 22 ( trou à). Des détails qui gênent la lecture...
D'autre part, si certains quatrains (1 et 5) comportent une alternance de rimes féminines puis masculines, la majorité est essentiellement en rimes masculines et le dernier quatrain, uniquement en féminines.
Toutes ces petites remarques, faites dans un esprit de camaraderie, ne sont pas là pour contrarier l'auteur mais bien au contraire pour l'aider, lui et éventuellement quelques autres potentiellement intéressés. J'ose espérer qu'il le comprendra, comme je l'ai admis moi-même (parfois avec difficulté, c'est vrai !), il n'y a pas si longtemps... Amicalement. Alexandre

   Anonyme   
11/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte sombre qui compare les désillusions de la vie, à un cimetière. Je le qualifierais de néoclassique plutôt que classique, en raison des libertés prises sur les rimes (ce qui ne me gêne pas d'ailleurs).
J'aime assez le postulat de départ, mais je trouve le cimetière décrit un peu trop "terre-à-terre" ; certaines expressions me semblent un peu plates ou convenues ("la mort rôdait ici", "sur tout ce qui bougeait sans en avoir le droit", "ce qu'on avait aimé, ce qui nous avait plu" ...). Il y a aussi une répétition "aimés"/"aimé" sur deux vers consécutifs.
J'apprécie la fin, qui traduit bien la tristesse et le deuil de nos illusions passées ...

   Anonyme   
12/9/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

j'aime bien le rythme du poème, surtout au début, où l'on sent comme une urgence, cette sorte de transgression, ces gardiens armés qui rôdent... Seulement voilà, au fil de la lecture, ce sentiment d'urgence et de danger semble ne correspondre à rien. Dans les larmes versées pour nos rêves enfuis (ou enfouis), de la tristesse, de la nostalgie, de la mélancolie, du désespoir parfois aussi, mais quelle urgence, quel danger ? c'est ce qui m'a posé problème à la lecture de ton texte, je trouve qu'il y a un décalage entre les sentiments que tu évoques et ce qui les provoque.
Sinon, pour contredire un des commentateurs, "jaimme" bien l'idée d'un hiver effrayant moi, pourquoi devrait-il être toujours gentillet et cotonneux ?... lol
désolé pour cet aparté et bonne continuation à toi.

   Automnale   
20/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je découvre les mots de Méléagre. Et c'est une jolie découverte.

Je retiens l'image d'un chemin sinueux dans les hautes fougères, dans les sentiers obscurs d'un morne cimetière... Je ne manque pas de frémir au moindre mouvement de l'herbe... Et je sens bien les esprits qui profitent de la nuit...

A l'image de Méléagre, je me dis que nous avons souvent dû déposer nos vains espoirs au fond d'un large trou à l'ombre d'un cyprès... Hélas !

Et j'aime cette image "Debout près du tombeau comme près d'une grève", ainsi que la chute du poème consistant en l'inscription "A nos rêves" sur une stèle... (il doit y en avoir des stèles avec cette originale inscription !).

Est-ce à cause des hautes fougères, des ifs, des esprits dans la nuit, de la grève, me voilà dans la lande bretonne. Est-ce vraiment là-bas que Méléagre souhaitait emmener ses lecteurs ?

Méléagre, je lirai, avec plaisir, ta prochaine publication...

   Lapsus   
26/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est une ambiance de cauchemar qui est donnée ici.
Cauchemar ou allégorie, les deux probablement.

Les rêves sont morts depuis longtemps. Mais pour pouvoir y renoncer et mener deuil, il faut l'instant de l'adieu et la sépulture.
Mais même ce renoncement s'avère périlleux et parsemé d'embûches et de rencontres terrifiantes.
Non, ce n'est pas facile de renoncer à ses illusions perdues.
Certains ne s'en remettent jamais.

La composition est riche, intense, intriguante et noire.

   Chene   
26/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Ambiance amère qui me fait penser à une musique wagnérienne où l'on approche la démence au contact du décor du cimetière.
Nos rêves sont-ils des morts-vivants qu'il faille leur élever une stèle ? Dans mon imaginaire, ils seraient plutôt libres feux follets capables d'exister indéfiniment et infiniment.

Sujet intéressant plutôt bien traité, mais la forme choisie me laisse un peu sur ma faim côté rythme, images et musicalité.

Belle lecture

Chene

   Anonyme   
29/6/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est très sombre, c'est le moins que l'on puisse dire.

L'intrigue est bien menée, mots après mots, j'avance avec angoisse, tant je suis plongé dans cette ambiance dépeinte, rien ne nous est épargné. Mais je trouve que c'est à mon goût trop accentué, un peu trop long.

Je ne partage cette vision des choses, "A nos rêves", je ne crois qu'il faille ainsi leurs voir une fin aussi funeste. Rien n'est tout blanc, et surtout rien n'est tout noir. Mais à chacun son ressenti.

Avoir des rêves passés, des rêves présents et surtout des rêves à venir, cela nous rend plus vivant, surtout au fil du temps qui passe.


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