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Poésie libre
MissNeko : Tableau de maître
 Publié le 18/01/17  -  19 commentaires  -  1202 caractères  -  216 lectures    Autres textes du même auteur

Sur un taffetas de soie ocre,
un pinceau d’aquarelle…


Tableau de maître



Sur un taffetas de soie ocre,
un pinceau d’aquarelle
croque deux lunes rousses,
pour en faire des yeux.

Un crayon bien taillé
affûte le regard,
le cisèle en amande
douce.

Puis, d’un geste sûr et délicat,
y grave à l’eau-forte
une âme noble.

De la craie brune et chaude
s’estompe avec tendresse
sur la couleur saturée.

Des contours aux fusains
se dessinent en courbes élégantes
et dignes.

Un parfum enivrant manque alors à l’esquisse ;
de la terre de soleil,
de l’herbe mouillée,
des fleurs coupées,
un soupçon de miel
à la saveur ambrée.

Soudain,
le tableau s’anime,
se dévoile de tout son long,
renversant au passage
feutres, encres et Canson.

Il s’accapare l’ouvrage
– il est partout chez lui –
bâille et s’étire à l’envi.

La silhouette parfaite
épouse le chef-d’œuvre,
griffe et mordille tout ce qui fait saillie.

Ses prunelles se ferment sur les pensées du peintre.

Un léger miaulement invite la caresse
de l’artiste,
sur la toile de maître.


 
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   thea   
9/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup cette histoire de toile qui s'anime, je suis le peintre, je vois, je suis dedans, jusqu'à cette caresse finale !
Il reste à voir..j'aimerais...

Bravo et merci

   Sodapop   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème très libre, j'ai adoré!! le thème sort de l'ordinaire et quoi de plus naturel pour une artiste de la plume que de conter l'art du pinceau.
Un poème aux images riches qui nous fait vivre le travail de l'artiste comme s'il œuvrait devant nos yeux.
J'aime bien la façon dont tu as découpé ton poème, c'est très cohérent et ça rend la rythmique très juste.
Ca sort des sentiers battus de ce que tu as l'habitude d'écrire et l'alchimie fonctionne.
Bravo.

   PIZZICATO   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Deux lunes rousses " naissent et l'on perçoit bien l'évolution de ce tableau. De belles images qui m'incitent à penser que le maître façonne le tableau de son chat.
" Soudain,
le tableau s’anime,
se dévoile de tout son long,
renversant au passage
feutres, encres et Canson."

" Un léger miaulement invite la caresse
de l’artiste,
sur la toile de maître "

C'est du moins mon ressenti.

   Robot   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le thème du tableau qui s'anime, et vit sa propre destinée a déjà été traité mais ici l'originalité réside dans cette image du chat qui lui donne une poésie qui sort de l'ordinaire.

Quand je le relis, je préfère m'arrêter sur ce vers: "Ses prunelles se ferment sur les pensées du peintre" qui me paraît une conclusion plus poétique que les trois vers suivants.

   Hananke   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Comme déjà chez l'auteur, c'est le genre de poésie libérée
qui me parle et que j'aime bien.
Un brin de fantastique dans un pot de peinture et l'on voit
l'oeuvre s'animer.

   alvinabec   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MissNeko,

De ce poème je retiens la légèreté, la douceur et les couleurs à peine posées sur le papier réceptacle de cette esquisse en devenir.
Assez curieusement, la patte du félin paraît 'humaniser' la technique, le geste sûr du Maître et en ceci dérange une lecture trop linéaire.
A vous lire...

   papipoete   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour MissNeko,
Un simple pinceau et les divers accessoires et couleurs du peintre, créent sur un taffetas de soie, l'image d'un chat plus vrai que nature ! Ne manquent plus que les odeurs pour parfumer le décor .
Soudain, la toile bouge et l'échine féline se dresse dans un léger miaulement, pour le grand bonheur de l'artiste .
NB je ne sais si l'auteur imagine la scène en regardant son chat, ou bien comme Geppetto taillant un simple morceau de bois crée Pinocchio ?
Une poésie libre aux vers délicats, tels ceux de la première strophe, dont la ponctuation découpe sans heurt les belles images !

   Eccar   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Miss,
Les liens entre le travail de l'artiste, les mots du poète, la réalité du sujet ou l'oeuvre peinte sont si ténus que l'ensemble fait un tableau fantastique d'une saveur exquise, d'une beauté absolue. "Exquise esquisse" avait dit Gainsbourg dans une de ses chansons, c'est un peu le sous-titre que l'on pourrait donner à ce tableau de maître. Et le maître, c'est vous, chère Miss, qui, avec ses outils du poète, les mots, a su faire oeuvre de peintre.
Du très beau travail, très original, très coloré, très harmonieux.
Je voyais apparaître une femme belle, et c'est un chat qui est né de votre plume. Deux apparences pour une même entité, aussi élégante et insaisissable.
Mille bravos pour ce poème d'un très grand niveau.
A vous relire avec bonheur.

   Michel64   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MissNeko et bravo,
Je me suis laissé enfermer dans votre aquarelle et j'ai beaucoup aimé l'ensemble. Très bonne idée cette peinture de chat qui d'un coup voit arriver le vrai, qui, iconoclaste s'étale dessus pour capter l'attention et les caresses. C'est comme cela que j'ai vu et apprécié votre poésie.
Au plaisir de vous relire.
Michel

   Francis   
18/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme une sculpture de Praxitèle s'évadant de sa gaine de marbre !
Le lecteur suit la réalisation de l'aquarelle : les yeux, le regard, les prunelles, contours et lignes... Il imagine les couleurs : l'ocre, lunes rousses, craies brunes, le fusain... L'arrivée de senteurs, de saveurs annonce le mot "soudain". Le chat s'évade du Canson sur lequel il était figé. Il bouge. Il vit ! Il devient le complice de son créateur. J'ai beaucoup aimé la magie de ce texte.

   Brume   
19/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour MissNeko

Votre plume est magique.
Vous avez mis dans votre tableau chaleur et sentiment.
Grâce et mouvement.
De plus vous l'embaumez de parfums agréables:
de la terre de soleil au soupçon de miel
Merci pour ce moment envoûtant que j'ai apprécié du début à la fin.

   Marite   
19/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Extraordinaire ! Dès la première strophe je me suis retrouvée dans l'atelier du Maître, face à la toile sur laquelle prend forme le portrait. Ce que j'ai tout particulièrement apprécié c'est la personnalisation du tableau qui
"...s’anime,
se dévoile de tout son long,
renversant au passage
feutres, encres et Canson.

Il s’accapare l’ouvrage
– il est partout chez lui –
bâille et s’étire à l’envi.
..."
Le seul titre évoquait pour moi un poème un peu figé, descriptif à outrance, un brin ennuyeux. Mais la progression dans la réalisation du peintre est si vivante et si originale que j'ai été séduite.

   Pouet   
19/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr MissNeko,

J'ai beaucoup apprécié ce texte empreint d'une belle poésie descriptive, très doux, très imagé. J'aime par exemple le "douce" juste après "amende", très joliment trouvé. Tout me plaît en fait, sauf peut-être les trois derniers vers, s'arrêter sur "Ses prunelles se ferment sur les pensées du peintre." me convient mieux et c'est ce que je fais. (même si je sais que le "miaulement" a sûrement son importance...)

Un bien beau travail en tout cas, bravo.

   FabDo   
20/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Encore une belle chose, et je me rends compte, moi qui découvre les lieux, qu'il n'y a que ça ici. Cette esquisse vit, douce et plein de fantaisie.

   Anonyme   
20/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime ici la mise en scène poétique et originale du caractère félin.
Ce coté "je fais ce que je veux, au moment où je le décide"
Et donc ici à travers l'idée de l'artiste cherchant à peindre son chat probablement couché (pour le moment).
Il y a ici une certaine angoisse de l'artiste que l'on ressent :
La recherche du vrai :
"Un parfum enivrant manque alors à l’esquisse ;
de la terre de soleil,
de l’herbe mouillée,
des fleurs coupées,
un soupçon de miel
à la saveur ambrée."

En quelque sorte : les affres de la création sabotées par les miaulements mielleux du chat en manque de caresses.

   DianeSrd   
24/1/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve que se dégage de ce poème une vraie sensualité.
L'envie me prend de sortir les pinceaux, les crayons, les fusains pour les voir s'animer devant moi et danser une ronde, prendre possession de la toile, du poème et du lecteur...
Merci à vous, pour cette leçon de peinture !

   Proseuse   
4/2/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MissNeko,

Je suis un peu embarrassée à faire ici un commentaire, je suis mitigée quant au fond, qui nous entraîne à l' élaboration d' un tableau , est-ce parce que les images sont trop «  aquarellées » pour moi qui aime la vigueur des couleurs, la force du trait et un voyage vers l' abstraction, mais du coup, ce poème ne me touche que moyennement , la représentation que vous suggérez aux lecteurs ne m' emballe pas , ( question de goût pictural certainement!) alors, certes la forme est tout à fait bien abordée, et l' idée très intéressante, mais puisque les mots sont là pour amener un visuel et créer un tableau , alors, l' image est trop figurative et doucereuse pour moi , n' y voyez pas là, bien sûr, une critique objective … elle est tout sauf cela !:-) pour conclure , j' aime bien le poème, mais pas vraiment … la peinture ! J' espère que vous ne m' en voudrez pas trop !
( j' évalue avec tout de même un bien+, parce que le poème est bon et ce n' est pas de la faute de l' auteur si je suis plus sensible à l' art abstrait !! ):-))
Merci pour ce partage et à vous relire bientôt

   Anonyme   
5/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je n'avais pas vu arriver la fin ! Pas mal du tout !
Je me demandais où vous vouliez en venir et je voyais l'artiste en train de faire naître une œuvre de ses mains alors qu'elle naissait de son imagination !
C'est une belle leçon que vous donnez là. Bravo !

En revanche j'ai tiqué sur l'image de l'eau-forte, plus exactement sur la manière dont cette image arrive:

Un crayon bien taillé [...] d’un geste sûr et délicat, y grave à l’eau-forte...

Un crayon ne peut en aucun cas graver une eau-forte qui vous le savez se taille au burin et se grave à l'acide... c'est mon seul reproche, cette petite entorse qui m'a rebuté.

Mais j'aime beaucoup tout de même pour l'effet de surprise final !

   jfmoods   
16/2/2017
Les connecteurs logiques ("Puis", "alors", "Soudain") signalent, de son ébauche à sa réalisation, les étapes marquantes d'un travail de création artistique qui se décline en quatre parties.

La première partie (vers 1 à 19) esquisse un portrait, s'attardant d'abord sur le visage ("deux lunes rousses", "des yeux", "le regard", "une âme noble") avant se pencher sur le reste du corps ("des contours", "courbes élégantes et dignes"). Le soin particulier accordé au travail (complément de manière : "d’un geste sûr et délicat") est souligné autant par la variété des ustensiles suggérés ("pinceau d'aquarelle", "crayon", "craie", "fusains") que par l'assimilation des techniques (le dessin : "croque", la sculpture : "affûte", "cisèle" et "l'eau-forte").

Étape clé, la seconde partie (vers 20 à 25) visera à insuffler de la vie, de la sensualité à une forme encore en devenir (odorat : "parfum", "des fleurs coupées", le toucher : "de la terre de soleil", "l'herbe mouillée", le goût : "un soupçon de miel / à la saveur ambrée").

La troisième partie (vers 26 à 36), à travers un jeu filé de verbes pronominaux ("s'anime", "se dévoile", "s'accapare", "s'étire"), verra l'espace de la toile s'agrandir démesurément (complément de manière : "de tout son long", participe présent : "renversant", groupe verbal : "s'étire à l'envi", hyperboles : "partout chez lui", "tout ce qui fait saillie") du souffle transmis à l'ensemble des spectateurs par le travail prodigieusement inspiré du peintre (groupes nominaux à visée excessivement laudative : "la silhouette parfaite", "le chef-d'oeuvre").

La quatrième partie, par écho antithétique avec le début du poème ("un pinceau d’aquarelle / croque deux lunes rousses, / pour en faire des yeux" / "Ses prunelles se ferment / sur les pensées du peintre"), invite le lecteur à dépasser l'évidence de la représentation picturale pour interroger le mystère qui l'entoure (image subliminale du chat : "léger miaulement", "la caresse"). Le lecteur ne peut s'empêcher, à ce stade de la réflexion, de penser à "La Joconde" de Léonard de Vinci. Qui était, en définitive, Mona Lisa ? Et que cache ce sourire énigmatique ?

Merci pour ce partage !


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