Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
MissNode : Oraison II
 Publié le 20/08/17  -  9 commentaires  -  971 caractères  -  213 lectures    Autres textes du même auteur

Poème publié il y a bien longtemps… version remaniée à partir des commentaires reçus en ce temps-là.


Oraison II




en cendres, la poussière
glisse dans l'ornière
dernière, l'abîme éternel
l'ultime abri maternel
de la mère Terre

pour toi, l'ami fraternel
souvent accueilli sous mon aile
mon âme en chagrin qui erre
s'est souvenue du mystère
des faveurs du Ciel

sous la voûte du prieuré
me voici encore à pleurer
le feu, les cendres, la poussière
de ton esprit fier
de tes gestes altiers

hallebardes d'ombres
les prêtres peaufinent
en cette aube leurs matines
l'écho des chants encombre
ma mémoire chagrine

encens, la poussière
tournoie aux rais de lumières
colorées de l'ange au vitrail
festoie sous la faux dernière
sur la croix, l'épouvantail

le latin agit comme un bain
saoule mes pensées tristes
les voix sont brumes du matin
venues murmurer que j'existe
et de cesser d'être un pantin


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   bipol   
20/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour,

voyant votre poésie sans

aucun commentaire depuis ce matin

je me suis arrêté et je l'ai lue

malgré que je ne sois pas le mieux placé

pour la commenter n'étant pas à la hauteur littéraire

je me permets de vous dire que j'ai beaucoup aimé

bien sûr je ne vous parlerai pas des règles

de la structure ni des références

je laisse cela à ceux qui peuvent se le permettre

je ne ferai pas non plus de comparaison avec votre premier jet

ne l'ayant pas lu

j'ai beaucoup aimé votre texte

et je serai heureux d'avoir votre niveau d'écriture

j'ai passé un bon moment en le lisant

quoique je préfère l'écriture plus contemporaine

ou plus directe

merci du partage

   placebo   
20/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne connais pas l'oraison, voici ce que j'en lis : "En liturgie, une oraison (du latin orare, prier) est une formule destinée à matérialiser la prière collective au cours d'une cérémonie religieuse. Elle peut se dire en conclusion à une antienne, une litanie, une incantation, une louange ou une hymne."

J'ai du mal à percevoir le rythme exact, 5-6-7-8 pieds, y a-t-il un ordre ?
"Encens, la poussière" reprend le premier vers mais le narrateur a changé au contact du deuil et envisage la vie différemment.

J'ai du mal avec ce vers "me voici encore à pleurer / le feu, les cendres, la poussière" qui reprend les mots clés du texte, sans qu'il ne m'apporte plus de compréhension. Parle-t-on d'une crémation ?

J'aime l'atmosphère du texte, les sons et le rythme ; je me demande à quoi ressemblait la première version.
Bonne continuation,
placebo

   PIZZICATO   
20/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je n'ai pas tout perçu dans ce texte ; j'ai pensé à une messe (en latin) à la mémoire de " l'ami fraternel " dont les cendres ont été répandues en terre (première strophe).

J'ai bien apprécié le tableau de l'avant dernière strophe.

   Damy   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"l'ultime abri maternel
de la mère Terre"
J'aime beaucoup cette référence à la mère quand, pour la plupart nous parlons dans ce cas-là du ciel et du Père qui , sur ce vers: "s'est souvenue du mystère
des faveurs du Ciel " reste un mystère sans référence (le mariage ou l'amour peut-être ? Si c'est cela, c'est beau, comparativement. C'est beau aussi s'il s’agit d'une simple amitié).
Après, je suis un peu perdu: les hallebardiers; "festoie sous la faux dernière
sur la croix, l'épouvantail". Il a fallu que je cherche sur Wiki que la faux est,dans la bible, le symbole de la mort. J'ai failli commettre un contre-sens grossier: j'ai vu aussi, sur épouvantail, le marteau (léninisme léonin réminiscent. Quel idiot !). Néanmoins, je ne comprends pas pourquoi la poussière (ou l'encens )"festoie", si ce n'est pour la rime avec "tournoie" ?
Et je suis vraiment déçu par le dernier quatrain et notamment le mot vulgaire "pantin": un autre mot pour ne pas annihiler la beauté allégorique du poème.

Sur le plan de la philosophie, je comprends que les rituels de l’Église n'arrivent pas à consoler. Pourtant, pourquoi demeurent-ils socialement si vivaces ?

Ce poème n'est pas si facile que cela à pénétrer et il m'a fallu plusieurs lectures attentives pour qu'il me livre ses secrets (si du moins, j'ai réussi à me mettre dans la confidence...).

Merci, MissNode, de m'avoir permis de ne pas rester dans la superficialité (un peu déplaisante je l'avoue) d'une seule lecture rapide.

Bien à vous,
Damy

   Robot   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur le fond, j'hésite entre deux vision. Une introspection dans une église ou une réflexion idéelle venue du monastère intérieur du narrateur.
Peut-être les deux ?

Sur la composition, je trouve que le contemporain va bien à ce texte.

Sur la rédaction, on se laisse prendre par ces mots qui nous plongent dans une sorte de contemplation. Sans forcément avoir une croyance, il y a des endroits qui transportent. Ici, c'est un lieu de culte, ce pourrait être un cimetière, un paysage, une nuit étoilée, tout ce qui peut inciter à la réflexion sur ce que nous sommes.

Un texte dont j'ai apprécié la lecture. Surtout les vers qui expriment les sentiments du narrateur comme ceux ci:

"l'écho des chants encombre
ma mémoire chagrine

le latin agit comme un bain
saoule mes pensées tristes"

   MissNode   
21/8/2017

   papipoete   
21/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour MissNode,
Ce récit me ramène au temps où, enfant de chœur je servais le curé à la chasuble noire, revêtue pour célébrer un enterrement .
Je regardais les gens pleurer, les femmes sous leur voile éplorées, regardant partir leur aimé . Cela sentait bon l'encens, et le curé lisait son oraison funèbre à laquelle on ne comprenait rien ; mais quand en latin le prêtre chantait, nous étions heureux de lui répondre car nous savions la messe par coeur et la cérémonie ne nous semblait pas triste, à part les gens qui pleuraient, les femmes sous leur voile surtout !
NB l'auteure évoque l'ultime ornière dans laquelle son cher ami est tombé, n'en sortira plus ; et comme l'assemblée dans la grande nef, elle prie se souvenant " du mystère des faveurs du Ciel " .
J'aime bien certaines phrases telle " les prêtres peaufinent en cette aube leurs matines " ; le " latin agit comme un bain " , si vrai pour moi enfant, il apaisait l'atmosphère alors que la faux venait de sévir ...

   jfmoods   
24/8/2017
Ce poème de forme libre est composé de 6 quintils dont la longueur de vers oscille entre 5, 6, 7 et 8 pieds.

Comme l'annonce son titre ("Oraison II"), ce texte a pour thème la traversée d'une cérémonie funèbre.

I) Douleur et recueillement

Les trois premières strophes rendent compte de l'état d'esprit premier de la poétesse. Une personne chère (image de la famille d'adoption : "l'ami fraternel / souvent accueilli sous mon aile") vient de disparaître (périphrases désignant la mort : "l'abîme éternel", "l'ornière dernière", périphrase désignant la tombe : "l'ultime abri maternel de la mère Terre", images prémonitoires de la décomposition du corps : "cendres", "poussière"). Cette perte, douloureuse (métonymie : "mon âme en chagrin qui erre", présentatif agrémenté d'un adverbe : "me voici encore à pleurer"), ravive le souvenir d'une personnalité aimée ("ton esprit fier", "tes gestes altiers"). La dureté de l'épreuve réactive la foi perdue ("s'est souvenue du mystère / des faveurs du Ciel").

II) Révolte et apaisement

La suite du cérémonial, trop bien huilée (image de l'artiste mettant la dernière main à son oeuvre : "les prêtres peaufinent / ... leurs matines"), est d'abord vécue par la poétesse comme une agression à la fois visuelle et sonore, comme une intrusion insupportable hypothéquant la poursuite sereine du recueillement (métaphore : "hallebardes d'ombres", verbe à connotation péjorative : "l'écho des chants encombre ma mémoire chagrine"). Un ballet de clarté semble alors réchauffer la perspective ("tournoie aux rais de lumières / colorées de l'ange au vitrail", "festoie sous la faux dernière"), mais l'image du Christ crucifié renvoie à l'effroi de la mort (métaphore : "l'épouvantail"). Cependant, les sens, en éveil (goût : "le latin... / saoule", ouïe : "venues murmurer"), et même poussés jusqu'à la synésthésie ("les voix sont brumes du matin"), donnent accès à cette paix intérieure qui permet de surmonter la passivité impuissante de la peine (forme infinitive : "cesser d'être un pantin") pour s'affirmer à nouveau dans le monde ("j'existe").

Merci pour ce partage !

   Queribus   
28/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Tout d'abord, en ce qui concerne la forme, votre écrit donne l'impression d'un poème à rimes régulières plus ou moins suivies (vers de 5, 7 ou 8 syllabes); peut-être aurait-il mieux valu choisir la forme fixe mais c'est votre choix (tout à fait respectable). L'ensemble toutefois est cohérent.
En ce qui concerne le fonds, vous présentez une oraison funèbre avec une suite de quintils qui s'enchainent harmonieusement et logiquement; le vocabulaire et les mots choisis me semblent très soignés, très imagés et empreints d'une grande poésie parfois presque à la limite de la préciosité.
Le tout se lit agréablement, le poème n'étant pas trop long et habilement structuré et mérite une appréciation tout à fait honorable (à mon humble avis évidemment).

Bien à vous.


Oniris Copyright © 2007-2018