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Poésie libre
MissNode : Paradis pour elle
 Publié le 24/09/20  -  5 commentaires  -  1310 caractères  -  102 lectures    Autres textes du même auteur

En référence au (vieux) film "Paradis pour tous" avec notamment P. Dewaere, dont le propos est, dans mon souvenir, de démontrer que dans un monde parfait... on s'ennuie ferme !


Paradis pour elle



Elle allait
de jardins d'enfance
en songes de jeune fille
ancrée dans ce passé
aux brumes prometteuses
devenues lumières au présent

Un jour ont atterri ses rêves
sur son plancher des vaches
son ras des pâquerettes
son quotidien
Ses rêves d'écriture devant la baie vitrée
de craquement du plancher sous ses pas
de ronronnement du poêle
des carreaux rouges du sol
de la glycine ridée sur la tonnelle
de la baignoire devant les roses pompons

La boucle se bouclait
l'inaccessible horizon d'antan
avançait aujourd'hui sous ses pas
Des décennies à savourer ce pays
goûter les aubes, respirer les nuits
gratter la terre
l'arpenter en lentes balades
habiter la maisonnette

Les années de plénitude passaient
l'horizon vint à manquer
son existence prit le goût d'aboutie
elle pouvait la croire achevée
vidée de but vidée d'élan
une princesse dans son hameau doré
en circuit fermé
baignant dans le bonheur solitaire
de l'écriture, la reliure,
la nature
Les amis rares
en sont-ils témoins ?
Que savent-ils de la peur de l'intimité
qui l'enferme dans son célibat ?
Que savent-ils de l'impossible rencontre ?


 
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   papipoete   
24/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour MissNode
" je suis libre comme l'air " disait-elle à ceux qui la voyaient bien seule !
" chez moi, personne ne me donne d'ordre ou me critique " arguait-elle à ses couples formés qui s'étonnaient de son coeur non pris...
Le temps passa, jours, mois années et la voilà maintenant derrière ses carreaux, ses lunettes où se mire l'ombre de celui qui ne brisa jamais cette intimité ; le secret du corps de cette femme, qui n'osa jamais céder à un autre regard que celui du miroir...
NB " dis-moi Céline...n'as-tu jamais songé à te marier ? ", chantait-on de concert avec Hugues Aufray ; la peur, la trouille simplement de dénuder son corps et son âme à celui qu'elle voyait dans ses rêves de jeune-fille.
Tout au long du poème, la vie s'écoule dans le bonheur...mais tout seul, à qui montrer les splendeurs des champs ? l'éclat des fleurs au jardin ? un poème écrit que nul ne lira jamais...
la dernière strophe en dit long sur ces célibataires " malgré eux " ; à qui l'on put tendre la main, ouvrir notre coeur ?
une fausse douceur nous enveloppe durant bien des lignes, et puis boum ! ça fait mal...

   Mokhtar   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une vie qui se consume lentement, inexorablement, à petit feu, sans la flamme qui jaillit, transcende et éblouit.

Solitude voulue ? par peur ou misanthropie ? Parfois aussi la disgrâce physique, les complexes ou des séquelles de l’enfance…

Ici l’on sent la recherche des petits bonheurs matériels, des petits conforts, des petites satisfactions…rien que du petit. Et la vie qui passe, au rythme lent et inexorable de la pendule qui dit oui qui dit non.
Les rêves de l’enfance ? Une vie « sur le plancher des vaches, au ras des pâquerettes » (superbe) pour la « princesse » recluse.

Ce texte est très bien construit, de style soigné, bien travaillé. Récit d’une vie morne, d’arrangements avec la solitude, qui n’a jamais pris son essor (« vidée de but, vidée d’élan). Les mots sont bien choisis (circuit fermé, ronronnement…).

Du beau travail. Bravo et merci.

   Pouet   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

un poème qu'on ressent très personnel, ce n'est peut être qu'une impression, mais on pense naviguer sur une mer d'intimité en écume de sentiments.

C'est une vie.

D'espoirs, d'aspirations, de réussites et d'impossibilités.

J'ai trouvé fort touchant ce texte dont tout un chacun pourra s'emparer de sa "vérité".

Bravo.

   Vincente   
25/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce qui se raconte est touchant dans son humble manière de retracer un parcours de vie. Depuis l'enfance sage puisant dans le passé, les rêves de jeune fille espérant l'avenir luminescent, est venu très vite "l'atterrissage"dans la routine et puis déjà cette "boucle bouclée" (un pléonasme qui réaffirme justement l'emprise cyclique).

La paix rêvée devenue paysage des "années de plénitude" et puis "l'horizon (qui) vint à manquer" (image bien inspirée). Le re-fermement/renfermement qui s'ensuit tient lieu de vie diminuée alors même que l'accomplissement envisagé semblait atteint.
Il y a une déconvenue qui engendre une tristesse car l'impasse semble incontournable… pourtant une voie continue à entretenir la "princesse dans son hameau doré" en lui offrant ce "bonheur solitaire dans l'écriture…la nature".

Les deux vers les plus poignants se trouvent sous forme d'interrogation, invitation à l'autre encore… si évanescent, dans les derniers pas avant la fin avouée de la poésie, ceux qui sont aussi les derniers temps de vie du narrateur :

" Que savent-ils de la peur de l'intimité
qui l'enferme dans son célibat ?
"

J'y lis aussi une peur de sa propre intimité, comme une peur du soi devenu, de celui qui nous échappe alors qu'il nous constituait.

"L'impossible rencontre" présente une ambivalence, dont chaque pan peut justifier le questionnement évoqué. Rencontre de l'autre dans l'épanouissement, une sorte d'équilibre entre le souhait d'être et l'accomplissement qui s'opère, mais aussi rencontre avec sa propre finitude, l'impossible saisissement de ce que sera sa mort en elle-même.

Le poème est chargé d'un lourd fardeau. À la fois regard rétrospectif, épanchement, appréciation d'un dénouement a priori satisfaisant, tentative de rapprochement presque mort-née et la fin comme dernière solution sous forme de contre-réalisation ou pis-aller.

J'ai été très sensible à cette poésie-confidence. La manière dont le narrateur se rend corps et âme au texte pousse à l'empathie.

Ce qui m'a laissé un peu de côté s'avoue dans le phrasé construit en vers libres mais dont je n'ai senti les apports bénéfiques de cette forme ; en tant que poème versifié, je l'ai trouvé plutôt pauvre, très parleur. Pourquoi ne pas avoir préféré l'écrire en prose tout simplement ? Il y aurait été plus à sa place, direct comme une confidence peut l'être de l'un à l'autre sans filtre, et lecteur aurait pu s'en emparer sans devoir se départir de la forme qui ici était plutôt un handicap pour un thème et traitement comme ceux-ci.
Je pense que quitte à écrire en vers, donc avec un lot de contraintes, même si en "libre" elles sont assouplies, il faut qu'elles donnent une ouverture et une entrée particulières au sujet en proposition.

   MissNode   
3/10/2020


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