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Poésie en prose
MissNode : Sieste au tilleul
 Publié le 09/07/15  -  8 commentaires  -  1588 caractères  -  133 lectures    Autres textes du même auteur

Dans le tilleul, il y a des hélices qui ressemblent aux cornettes que portent les lutines.


Sieste au tilleul



Les boucles blondes des lutines nous font peur, car nous n’y échapperons pas : la vigueur des accroche-cœurs, quand ils soulèvent les cornettes, finit toujours par faire tinter tous les grelots dévoilés.
Alors, les ossements blancs des lutins entrent en action, pour attraper le son des clochettes et le faire grandir en l’enroulant autour du bassin d’étain.
Les accroche-cœurs résonnent depuis la coupe du bassin et c’est le son rond qui déclenche la peur.

Nous avons beau demeurer cois et droits devant la danse des lutines, nous savons bien que la transe commence. Nous avons peur parce qu’elle est toujours là par surprise et qu’on ne sait jamais où elle nous emmène.

Pendant ce temps, dans le jardin, la vibration du son monte, le bassin s’emplit, les ondes chatouillent les bords de la coupe, la vasque déborde, le rire éclate en éclaboussant les impatients fleuris sur le gravier. Leurs couleurs frétillent d’être rafraîchies. Le soleil faisait taches sur elles d’avoir percé le feuillage.

Autour de la vasque le jardin trompe les apparences de l’immobilité. Depuis le hamac sous le tilleul, nous voyons bien les mille bêtises des piafs sous les feuilles et les fourmillements des hôtes des fleurs.
Dans le tilleul, il y a des hélices qui ressemblent aux cornettes que portent les lutines. Elles cachent des petites fleurs blondes. Pendant la sieste, les yeux sont restés ouverts sur les fleurs blondes du tilleul, tandis qu’un mage murmurait leur nom à l’oreille : ce sont des accroche-cœurs.


Juin 2000


 
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   bipol   
16/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans le tilleul, il y a des hélices qui ressemblent aux cornettes que portent les lutines. Elles cachent des petites fleurs blondes. Pendant la sieste, les yeux sont restés ouverts sur les fleurs blondes du tilleul, tandis qu’un mage murmurait leur nom à l’oreille : ce sont des accroche-cœurs.

conte fantastique

les lutins et les lutines font la fête

pendant la sieste

et toute une petite pièce de théâtre

ou un dessin animé se met en action

pour la plus grande joie du lecteur

j'ai beaucoup aimé votre texte

   Robot   
9/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une promenade étrange dans un jardin "extraordinaire". Je l'imagine vu comme à travers la somnolence d'une sieste. Un bémol, je n'aime pas trop le "il y a" dans la phrase qui débute la partie finale. Pourquoi ne pas écrire: Dans le tilleul des hélices ressemblent...
Mais j'ai apprécié cette prose et sa poésie un peu onirique.

   placebo   
9/7/2015
La répétition des éléments mystérieux induit l'effet d'une transe, forme et fond se rejoignent :)

J'ai relu, pas emporté par les mots. Je trouve ce genre de texte difficile, il y a peu de mots, un certain équilibre, dur de rompre, d'ajouter, de laisser l'espace de respirer et d'imaginer où l'auteur veut nous emmener.

Peut-être, maintenant que je suis imprégné du vocabulaire, que je serai emporté dans une prochaine lecture, la transe pourra commencer :)

Bonne continuation,
placebo

   Anonyme   
10/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour MissNode

Il y a de la magie dans l’air sous votre arbre…c’est très frais comme texte, et comme situation aussi. Et c’est aussi un peu étonnant, détonnant même, comme une espièglerie, à cause des lutines sans doute.
Et pourtant, si c’est un beau moment, il n’est pas exempt de gravité puisqu’il relate le contact possible avec ce qu’on ne voit généralement, ni ne sent, et qui peut effrayer, comme d'assister à un sabbat diurne.

Un souvenir me revient : un jour que je péchais à la ligne, un petit poisson ayant sauté hors de l’eau, le temps que j’oriente mon regard sur l’endroit du « floc ! », je vis un oiseau assez petit s’envoler depuis le centre des cercles concentriques provoqués par le saut du poisson.
Je n’ai jamais cru que le poisson s’était transformé en oiseau, mais je garde en mémoire le goût un peu magique de ce moment. Faut dire que la rivière était belle, et la journée aussi, et qu’en plus ça mordait… ;o)

Cordialement

C.

   PIZZICATO   
10/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dans le creux douillet du hamac, une torpeur qui laisse l'imagination créer un monde fantastique.
" Nous avons beau demeurer cois et droits devant la danse des lutines, nous savons bien que la transe commence "
" Autour de la vasque le jardin trompe les apparences de l’immobilité " j'aime cette image.

   MissNode   
12/7/2015

   wancyrs   
13/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
salut Missnode !

Je dois t'avouer que mon imagination allait chercher dans mille endroits cachés le sens de ton texte, et si je n'ai pas mis un commentaire tout de suite, c'était pour en élaborer un qui ne soit pas trop loin de la plaque ; une chance, car j'aurais été bien loin du sens que tu donnes à ton texte. Mais bon ! ça fait partie du jeu d'extrapoler un peu hein !? Je peux te dire quand même que j'ai aimé la féérie qui découle des images que tu as su créer par tes expressions, même que j'en ai profité pour googleler le mot tilleul, et les informations que j'ai eu ont enrichis d'une coche de plus mes connaissances.

Merci et à bientôt !

   jfmoods   
18/7/2015
Je propose l'ajout de deux virgules...

« Autour de la vasque, le jardin »
«  Depuis le hamac, sous le tilleul, nous voyons »

Favorisée par le vague endormissement suggéré par le titre (« Sieste »), une fantasmagorie s'ébauche, fruit d'une analogie (« des hélices qui ressemblent aux cornettes que portent les lutines »). Il n'en faut pas plus pour que le monde d'ici-bas bascule en un instant. Dans quoi, au fait ? Dans le merveilleux, dans un imaginaire apparemment planifié, sécurisé. Cependant, une inquiétude s'impose, suggérant un glissement insensible vers le fantastique (« nous font peur, car nous n'y échapperons pas », « ossements », « Nous avons peur »). En effet, l'endormissement occupe un statut ambigu, se situant à mi-chemin entre la veille et le sommeil, quelque part entre la maîtrise et le lâcher prise. Un ballet prend alors forme et les sens, affolés, déboussolés, rendent compte de ce vertige. L'ouïe, en particulier, impose sa large palette de perceptions (hyperbole : « tinter tous les accroche-coeurs », « le son des clochettes », « résonnent », « le son rond », « la vibration du son monte », « le rire éclate »), tandis que les éléments du décor, comme dans une exaltation baroque, enflent soudain la perspective jusqu'au point de saturation (gradation hyperbolique : « le bassin s'emplit, les ondes chatouillent les bords de la coupe, la vasque déborde », personnification : « les couleurs frétillent », hyperbole : « les mille bêtises des piafs », métaphore : « les fourmillements des hôtes des fleurs »). Si l'analogie est réactivée en fin de texte, c'est pour mettre en parallèle la situation habituelle, décrite dans la première partie, et la volonté, clairement affichée ici, de ne pas favoriser l'enclenchement de la fantasmagorie (« les yeux sont restés ouverts »), mais bien de tenter d'en saisir l'indicible secret (« un mage murmurait leur nom à l'oreille »).

Merci pour ce partage !


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