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Poésie contemporaine
Mokhtar : La danseuse du Bolchoï [Sélection GL]
 Publié le 29/08/18  -  16 commentaires  -  3190 caractères  -  154 lectures    Autres textes du même auteur

"Danser, c'est lutter contre tout ce qui retient, tout ce qui enfonce, tout ce qui pèse et alourdit, c'est découvrir avec son corps l'essence, l'âme de la vie, c'est entrer en contact physique avec la liberté." (Jean-Louis Barrault)


La danseuse du Bolchoï [Sélection GL]







Dès que les ballerines se sont resserrées,
Rayonnante et légère elle a fait son entrée,
À petits pas menus telle une tourterelle,
Et le corps de ballet n’a plus d’yeux que pour elle.

Elle est tout équilibre et son geste est parfait,
Sa maîtrise technique en rien ne transparaît,
Son invisible effort semble facilité,
Sa danse est poésie et son art liberté.

Quand ses longs bras nacrés accrochent la musique
Elle ennoblit la note en grâces oniriques
Et le génie du maître offre à sa gestuelle
Le souffle des grands airs qui animent ses ailes.

De sa gracile main fléchie sur le poignet
Comme fleur assoiffée sur sa tige, inclinée,
Elle décrit l’espace en déliant les doigts,
Tels ceux du maestro dirigeant le hautbois.

Puis pour son grand jeté, elle s’est élancée,
Et dans son grand écart un instant s’est figée,
En arrêt sur image, en suspens dans les airs
Comme une libellule en son art éphémère.

Et les bras en couronne arrondis sur la tête,
Sur sa jambe raidie vrille sa pirouette,
Se lançant en toupie de vitesse éperdue,
En un parfait aplomb sur sa pointe tendue.

De deux doigts sur les reins le danseur l’a tenue,
Soutenant son essor pour monter vers les nues,
Et l’étoile envolée tutoie le firmament,
Puis effleurant le sol se pose doucement.

Le grand violon pleure et l’oiseau va mourir,
Comme larme elle fond pour son dernier soupir,
Écartelée au sol quand l’orchestre s’est tu,
Reine du mouvement qui se fige en statue.

Après le grand final les bravos ont fusé,
Les yeux brillants de joie le public s’est levé,
Vers le bord du plateau gracieuse elle avance,
Et s’ouvrant en corolle offre sa révérence.

Anonyme et fourbue, blottie sous la fourrure,
Dans les rues de Moscou Tanya presse l’allure.
Dès l’aube il lui faudra remettre le collant,
Et se meurtrir le corps car la barre l’attend.


 
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   Vanessa   
11/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
Décrire un ballet et transmettre l'émotion visuelle au lecteur est un exercice extrêmement difficile.
Votre poème est bien écrit mais je crois qu'il me manque dans vos mots, l'émotion ressentie par le narrateur.
J'aime la fin où vous appuyez sur le fait que pour arriver à un tel niveau technique de la danse, c'est en coulisses un travail colossal et beaucoup de souffrance.
Merci.

   Anje   
11/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte qui ne manque pas de charme. Néanmoins, je l'ai trouvé un peu trop saccadé comme arrêté à chaque fin de vers. Il me semble que plus de fluidité aurait mieux représenté la légèreté de la ballerine. D'autre part, les alternances passé/présent ont compliqué ma lecture.
C'est mon premier sentiment lors de mon passage en espace lecture qui vint un peu perturber le plaisir.

   papipoete   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
contemporain
Dès qu'elle parait sur scène, toutes les ballerines s'écartent, et n'ont plus d'yeux que pour elle, l'étoile du Bolchoï !
Et l'auteur ( qui est sûrement danseur ) , de sa plume/pinceau nous trace le portrait de cette bellissime, que la grâce habite ! Tout n'est que beauté, que légèreté et chaque vers du poète est ligne harmonieuse, pour évoquer la fille du Bolchoï !
NB chaque strophe est brillantissime, et j'essaie de choisir une gemme particulière ..." quand ses longs bras nacrés accrochent la musique " ou encore " de deux doigts sur les reins le danseur l'a tenue " .
La strophe finale est si touchante, et merveilleuse à la fois !
J'ai adoré suivre " l'étoile du Bolchoï " !papipoète

   Damy   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Excusez-moi, Mokhtar, mais je n'ai pas été très emballé par ce ballet du Bolchoï.
Le poème me parait trop descriptif et je n'ai pas du tout senti les émotions que la ballerine pouvait faire éprouver au spectateur que vous êtes qui restez dans l'admiration de la prouesse technique. Il y a bien ce vers: "Sa danse est poésie et son art liberté". Mais j'ai vainement cherché l'une et l'autre.

Seule cette strophe me semble avoir de l'élan:

"Quand ses longs bras nacrés accrochent la musique
Elle ennoblit la note en grâces oniriques
Et le génie du maître offre à sa gestuelle
Le souffle des grands airs qui animent ses ailes".

Désolé pour cette fois.

   emilia   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une magnifique illustration de la grâce d’une ballerine que le narrateur nous conte avec poésie… ; par ses mots choisis, le spectacle s’anime sous nos yeux éblouis pour rendre tangible le mariage du corps et de la musique, dans la quête du geste parfait, tantôt « tourterelle » et tantôt « libellule, une « étoile envolée » qui « monte vers les nues… », jusqu’au salut final où « fleur inclinée », « s’ouvrant en corolle », reine de la légèreté, « elle offre sa révérence et se fige en statue… »
Si le mot « grand » apparaît trois fois, il ne fait que souligner l’admiration de l’auteur pour ce grand Art !
Curieusement, votre poème pourrait apporter, au niveau artistique, une réponse à la question posée en forum sur le thème du dogme et de la liberté… Quelles ne sont pas les contraintes rigoureuses de la danse classique pour laquelle entre en vocation toute jeune ballerine appliquée à dépasser les limites du corps dans des exercices rigides et répétitifs qui seront l’enjeu de la perfection obtenue : un corps meurtri et martyrisé dont la souffrance assumée et dépassée conduit à une forme d’ascèse et, paradoxalement, permet d’atteindre (en lien avec l'exergue proposée) la liberté de l’aisance physique et spirituelle… Encore bravo et merci à vous pour ce partage…

   PIZZICATO   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Qu'elle soit du Bolchoï ou d'un autre opéra, une danseuse étoile est toujours un ravissement pour les yeux lorsqu'elle évolue.

Vous nous décrivez sa gestuelle avec précision.
Des images, dont j'ai trouvé qu'elles sont parfois un peu trop orientées vers la technique ; elles n'ont pas engendré, chez moi, une émotion sensible.

Mais ce texte reste de bonne facture.

   Vincendix   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mokhtar,
Ces vers sont expressifs, un bon travail d’écriture, j’arrive à imaginer la danseuse étoile dans ses superbes envolées, jusqu’à la mort du cygne.
La conclusion est amère mais probablement réelle, quand le rideau tombe, Tanya redevient une jeune femme « ordinaire » en proie aux soucis quotidiens, les danseuses du Bolchoï, même étoiles, ne doivent pas avoir une « vie de château ».
Vincent

   koko   
30/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Si la rime suivie sied au pas lourd du héros antique ou du bandit de grand chemin, on l'aurait préférée croisée pour le pied gracieux de la Danseuse. On pourra y regretter aussi les trop nombreuses occurrences du son "é" ( dans un vers sur quatre ). Bref, on aurait aimé plus de légèreté, de richesse et de diversité dans la rime dont la qualité très moyenne nuit à celle de l'ensemble.
Comme lui nuit l'alternance des temps présent et passé, l'utilisation de celui-ci ne se justifiant justement que pour succomber au chant de la sirène ( la rime en "é" ).
La mesure, au contraire, tient la distance sans faiblir. Mais son rythme impeccable peine à dissimuler une prosodie raccommodée pour les artifices dont on vient de parler.

Le Sujet fait l'objet d'une description méthodique dans la pratique de son art que vous transcrivez en parvenant tant bien que mal à nous en restituer à la fois la rigueur et la poésie.
Et c'est là aussi que réside la réussite partielle de cette pièce dont la lecture peut rester agréable jusqu'au bout... si on ne va pas chercher "la petite bête" dans les coins.

   LenineBosquet   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Mokhtar,
Bon, votre poème ne m'a vraiment pas emballé.
Les rimes plates déjà que j'ai trouvé... aplatissantes, alors que le sujet réclame le contraire, la légèreté et l'envol et les nombreuses inversions aussi qui, pour moi, alourdissent encore un peu plus le texte.
On est certes en contemporain mais j'avoue que la non-alternance rime féminine / rime masculine plus les nombreuses rimes en "é", " elle" ont fini de creuser le trou de ma lecture...
Une prochaine fois sûrement, peut-être du côté nouvelles ?

   Robot   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte qui exploite bien le thème. La description de cet art et une belle démonstration. Mais alors quel dommage d'avoir bloqué l'élan de cette danseuse par une ponctuation anarchique. Les virgules en fin de presque tous les vers sont un frein pour une véritable envolée.

   Anonyme   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
je le trouve un peu plus centré sur les détails du déroulement d'un ballet. c'est un travail pas facile et qui démande deux fois plus de concentration, pour parvénir à offrir aux lecteurs et les beaux mots et les vivantes émotions.
félicitation quand même pour le courage de se jeter à l'aventure dans un univers perplexe.

jerusalem
merçi

   jfmoods   
30/8/2018
Ce poème est composé de 10 quatrains en alexandrins à rimes suivies, suffisantes et pauvres, avec glissement assonantique au vers 14.

La réussite du texte repose, pour partie, sur un jeu d'assonances (é/è) et d'allitérations (t/d).

Le spectacle en lui-même occupe 9 strophes, de l'apparition de la danseuse (vers 2 : "Rayonnante et légère elle a fait son entrée") à son apothéose (vers 35-36 : "Vers le bord du plateau gracieuse elle avance, / Et s’ouvrant en corolle offre sa révérence").

L'image de la légèreté innerve le texte (comparaisons : "telle une tourterelle", "Comme une libellule", "Comme fleur assoiffée sur sa tige", animalisation : "Le souffle des grands airs qui animent ses ailes", "en suspens dans les airs", "son essor pour monter vers les nues", "l’étoile envolée tutoie le firmament"). Créature enchanteresse, la danseuse s'envole, abandonnant les contingences terrestres.

Le poète, admiratif (métaphores : "Sa danse est poésie et son art liberté"), sensible aux qualités exceptionnelles de l'artiste (hyperbole : "Elle est tout équilibre", adjectif qualificatif : "son geste est parfait", image du naturel : "Sa maîtrise technique en rien ne transparaît"), rapporte chaque étape d'une chorégraphie pleine de grâce (métonymies : "ses longs bras nacrés accrochent la musique", "sa gracile main fléchie sur le poignet", "les bras en couronne arrondis sur la tête", "sa jambe raidie vrille sa pirouette", "sa pointe tendue", "De deux doigts sur les reins le danseur l’a tenue", figures obligées : "son grand jeté", "son grand écart", "Se lançant en toupie de vitesse éperdue", antithèse : "Reine du mouvement qui se fige en statue") où le mouvement sublime à chaque instant la musique ("Elle ennoblit la note en grâces oniriques", "le génie du maître offre à sa gestuelle / Le souffle", "Elle décrit l’espace en déliant les doigts, / Tels ceux du maestro dirigeant le hautbois").

Au fil du dernier quatrain se dessine le portrait, touchant, que laissait présager le premier hémistiche du vers 7 ("Son invisible effort") : celui d'une femme d'une volonté inflexible (jeu antithétique : "fourbue / Tanya presse l’allure") qui a tout sacrifié à sa passion (modalisation : "Dès l’aube il lui faudra remettre le collant, / Et se meurtrir le corps car la barre l’attend").

Merci pour ce partage !

   Miguel   
30/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ces vers aériens sont un plaisir ; ces longs bras nacrés qui accrochent la musique, cette image de la libellule, on y est, on croit même entendre ce cher Tchaikovsky. C'est de toute beauté. Mais la danseuse acquiert plus de présence encore, quand elle sort de sa prestation et, identifiée par son joli prénom russe, est évoquée dans son humanité, dans ses efforts, dans sa solitude et dans sa souffrance d'étoile. Que de sacrifices pour parvenir à l'excellence ! Et on pense au vers d'Aragon : "Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare". Bravo et bravo.

   INGOA   
30/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
je ne connais pas grand chose aux étoiles du Bolchoï à part quelques symphonies musicales les accompagnant.
Je suis un peu déçue par les termes que vous employez pour les mettre en valeur, comme par exemple : sa maîtrise technique en rien ne transparait ou encore elle est tout équilibre et son geste est parfait.

J'ai l'impression d'un regard lointain, presque détaché, sur cette danseuse qui semble pourtant culminer dans son art.

   Hananke   
31/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

Bien que cette danseuse soit très aérienne, j'ai déjà lu mieux de vous
question écriture poétique.
Beaucoup trop de en fleurissent dans les quatrains;
Quelques répétitions également : grand jeté, grand écart.

Non, je pense que pour une fois, ce texte aurait mérité d'être raccourci.
Pour moi, votre écriture poétique s'est perdue dans les détails.

Quelques beaux vers, toutefois :

Et le corps de ballet n’a plus d’yeux que pour elle.
Le souffle des grands airs qui animent ses ailes.
Reine du mouvement qui se fige en statue.

Au final, un bon texte mais qui mériterait, à mon avis,
d'être émondé.

   Willis   
31/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La prestation de la ballerine est décrite... avec grâce. Je n'ai pas lu, j'ai assisté au spectacle.
Il serait trop long d'expliquer mon ressenti sur chacun des quatrains.
Le cheminement, dans une parfaite chronologie, la description détaillée des mouvements et de l'atmosphère, le lyrisme sans emphase et ce dernier quatrain qui relativise la facilité de l'expression artistique. Superbe.


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