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Poésie classique
Mona79 : Crépuscule
 Publié le 28/02/13  -  14 commentaires  -  731 caractères  -  416 lectures    Autres textes du même auteur

Au soir de la vie…


Crépuscule



Lorsque j’entends ton pas, que le désir allège,
Se glisser vers ma couche à l’instar d’un félin,
Je redoute l’instant du geste trop câlin
Qui trouble ma pensée ; hier, en raffolais-je ?

Mon corps, las de servir, attend le privilège
De l’âge du repos car voici son déclin :
La neige peut tomber sur mes cheveux de lin,
Au loin se sont enfuis romance et sortilège.

Si ta flamme trop vive excite ta rancœur,
De tes instincts sois maître et deviens ce vainqueur
Puisant dans notre amour la force du silence.

Au jardin de l’hiver fleurs et plaisirs sont morts,
Vers d’autres horizons, vois, mon âme s’élance,
Même si ton dépit suscite mes remords.


 
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   rosebud   
11/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Attention! Casse-gueule.
Il faut avoir une sacrée dose d'inspiration et de talent pour ne pas glisser vers le grotesque avec un pareil sujet. Ici, on reste à mi-chemin: assez loin pour ne pas en rire, trop près pour être un peu mélancolique.
Il y a à mon goût des dérapages incontrôlés comme le dernier tercet qui me semble un peu lyrique dans cette situation.
L'auteur a aussi un certain aplomb de donner des conseils de tempérance à son conjoint qui, je suppose, n'en demandait pas tant.

   LeopoldPartisan   
13/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici un texte vraiment intéressant qui met exactement le doigt sur cette sacrée différence entre les sexes de la race humaine.

C'est traité avec une extrême pudeur et une très fine psychologie. C’est une écriture limpide qui respire l’humanité dans son humilité et d’une bien belle empathie.

C'est aussi une source de questionnement que si la vie nous permet d'avancer en âge, nous serons tous amené à y plonger les lèvres.

Le philosophe cartésien ainsi que le chrétien dira que c'est l'esprit humain qui doit prédominer l'instinct. La physiologie nous dira juste le contraire. Le vieillissement sexuel de l'homme étant physiquement plus tardif que celui de la femme, dont la ménopause annihilera l'appétit sexuel finalement très lié à l'instinct de reproduction.

Le philosophe hédoniste dira que ce sont les 2 millénaires de morale judéo chrétienne qui ont justement créé chez l’humain cette différence, alors que par son intelligence l’humain pouvait enfin célébrer le plaisir en le dissociant de la physiologie de la reproduction des espèces animales dont nous sommes enfin parvenus à nous dissocier.
Pour m’avoir suscité cette réflexion merci

   macaron   
15/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Avec le temps, on ne s'aime plus...physiquement. Un constat joliment énoncé, sans pudeur, un peu froidement je trouve. Une poésie triste mais droite et sereine dans l'acceptation de la fin des plaisirs.

   leni   
1/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mona
voici un sujet très difficile La performance est réalisée sobrement dans le fond et dans la forme Je redoute l'instant...qui trouble ma pensée C'est la minute de vérité dite comme elle est ressentie Avec pudeur La neige peut tomber sur mes cheveux de lin Cette superbe image tient la tristesse à distance Ce sont les flocons des neiges d'antan Néanmoins on est loin de la romance Viens un conseil (un souhait)Puisant....la force du silence Et enfin un peu de culpabilisation Même si ton dépit..remords C'est un sonnet merveilleusement maitrisé j'aurai voulu lire le mot tendresse...
Bravo Mona Merci Amitiés Leni

   socque   
28/2/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Sur le sujet, je n'ai pas grand-chose à dire à part qu'effectivement il me paraît casse-gueule ; je suis d'accord là-dessus avec rosebud : l'évocation de soucis conjuguaux "ménagers", prosaïques peut facilement glisser vers le grotesque, je pense.
Ici, à mon avis, l'écueil est évité, même si un pas qui se glisse vers une couche, je trouve cela un peu lourd. Ce qui me gêne, c'est ce "à l'instar" qui, selon moi, fait franchement cheville. Et puis la comparaison d'un pas avec un félin, cela me paraît bizarre. Trop direct ; je verrais la souplesse du pas se comparer à celle du félin, non le pas en lui-même avec l'animal.
Bon, mais même si je n'ai pas envie de rire en lisant ce poème, si je ne le trouve pas burlesque, il me paraît (et là encore je reprends un terme de rosebud) trop lyrique pour le sujet. Que le langage soit irréprochable pour éviter de tomber dans le scabreux, j'entends bien, mais faut-il vraiment recourir à des clichés tels par exemple la neige sur les cheveux de lin, la pensée troublée, la romance qui s'est enfuie ? Du coup, le "câlin" isolé fait figure incongrue dans le tableau, alors qu'avec d'autres ruptures de niveau de langage il aurait pu apporter de la fraîcheur à un poème qui pour moi souffre d'une certaine raideur, d'un solennel mal accordé au sujet.
Sinon, je trouve les rimes soignées et inventives ("allège"/"raffolais-je", c'est fun !), le rythme bon.

   Anonyme   
28/2/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Mona. C’est toujours pour moi un grand plaisir de lire ta poésie et ce sonnet ne déroge pas à la règle…

Que dire de la prosodie classique que tu manies toujours avec la même élégance ? Elle est parfaite !

Ce thème, les relations sexuelles au crépuscule de la vie, est fort bien traité…
Ici pas de jeunisme mais au contraire la vérité sans fard, les sentiments et ressentiments d’une femme qui sait de quoi elle parle ! Il fallait oser…
Peut-être que « l’instar du félin » du premier quatrain est un peu excessif mais, pour moi, la suite est tout à fait dans l’ordre des choses.
Beaucoup de réalisme mais aussi de pudeur, de belles images comme les cheveux de lin et pour clore le tout un magnifique tercet final.

C’est somme toute une période de l’existence que nous connaissons (ou connaitrons) tous quand bien même il est des âges où le sujet dérange alors que c’est tout simplement la vie…

Très sincèrement, je te remercie pour ce morceau de bravoure et bien que ça ne soit pas dans mes habitudes j'irai cette fois jusqu'à qualifier ce poème d'Exceptionnel…

Ton "Vieux" copain, Alex

   Marite   
28/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il est toujours bon d'écouter les voix de l'expérience en l'occurrence des aîné(e)s. Ce n'est pas dans l'air du temps je sais et pourtant ...
Rien d'obscur dans ces vers, tout est exprimé avec une grande sensibilité, de la délicatesse et, le plus important peut-être, une réelle franchise. C'est ce que j'apprécie tout particulièrement.

Pas vraiment de tristesse ou de désespoir dans ce sonnet et j'aime ce vers qui nous en donne l'explication :
" Vers d’autres horizons, vois, mon âme s’élance,"
Un "crépuscule" finalement serein et qu'il n'est pas donné à tout le monde de connaître.

   Miguel   
28/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Rancoeur, dépit... Il me semble que ce thème de la lassitude et du refus rejoint ici celui de l'incompréhension et de l'éloignement. J'y vois un drame, un état de dysharmonie oû les corps (donc les coeurs quoi qu'on dise) ne sont plus accordés. C'était difficile â traiter sans doute, et Mona ne s'en sort pas mal. Il reste cependant cette sorte de progression malaisée entre pudeur et lyrisme, où il faut bien dire les choses en images, les unes heureuses, les autres moins.
J'aurais préféré, à la fin du premier quatrain, un point d'exclamation au point d'interrogation. Pourquoi ce questionnement ? Il semble que cette dame se demande, à l'heure du bilan, si la chose lui a plu un jour. Je pense à ces vers de Brassens :
"Quatre-vingt quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant..."

   KIE   
1/3/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Alors là, bravo !
Difficile de tourner de bons vers à la fois classiques et qui tiennent la route du sens, plus difficile encore d’y mettre ce petit je ne sais quoi, ce rien qui vous fait frissonner l’âme.
La dure autant que froide réalité, la brutalité, de notre condition labile rapportée avec des mots soyeux, d’une douceur qui pourtant, car elle est presque impudique, sait ne rien cacher de la cruauté de notre destin.
Les deux premiers vers :
Le premier d’abord 4 / 2 , 4 / 2 suivi du second 3 / 3, 3 / 3 dont la mesure régulière en rupture avec celle du premier évoque le pas régulier du fauve, je le vois. Le fauve ? Oui, le désir animal, le félin, c’est le prédateur, le carnassier que seul guide son instinct. Avec les sonorités bien assorties : se glisser vers, on sent le mouvement souple jusqu’à la cible, la cible, c’est le « cou » de couche, et derrière l’éclatement du « ar » de instar qui évoque le grondement (guttural) de la bête qui va bondir.
Enfin, je le perçois de cette manière.
« Hier, en raffolais-je ? Excellent, à tous points de vue, notamment pour la rime.
Je vais compacter un peu, sinon ça va déborder.
En première lecture « La neige peut tomber sur mes cheveux de lin », m’a fait tiquer. Mon petit réorganisateur personnel se disant : « attends, il était teint comment, d’abord, ce lin ? » Mais y revenant, je me dis que le lin écru serait probablement dans les gris, je vérifie, du coup, ça colle. Certes, la neige fait un peu bateau, mais j’ai beau chercher, je ne trouve rien qui possède la qualité sonore de cette « neige ».
Une petite dose de sagesse stoïcienne distillée avec élégance pour le premier tercet.
Et le second ? Mièvre ? Sûrement pas, une délicatesse armée de tungstène. Je le dis comme je le sens ? Allez ! « Écoute, je te dis que j’ai des remords parce que je t’aime bien, mon petit gars, mais ta libido, tu te débrouilles avec, hein ? Je suis passé à autre chose, le mieux c’est que tu comprennes ». En arrière-plan, Aphrodite qui s’estompe dans le brouillard, Hécate a pris sa place.
Oui, c’est la triple déesse antique (la grande déesse). Les trois âges (comme ceux de la lune) : la fillette vierge, Artémis, Aphrodite la « femme », Hécate, la grand-mère. C’est pas interchangeable.
Ça, c’est juste un petit clin d’œil aux mythologues.
Alors de quoi-t-est-ce que ça parle ? Un truc mythologique, mon pote, on n’est pas dans l’actu, c’est de l’archétypal pur jus. Pas dans ton expérience individuelle qu’y faut chercher mais dans la mémoire de l’espèce. Eh oui ! La poétesse se l’est appropriée.
Le carcan du classique n’est pas venu à bout de l’élan de notre autrice. Elle a tout mis et mis même un peu plus. On n’a pas tout compris ? Tant mieux, c’est justement qu’il y a cet «  un peu plus ».
Impossible de noter autrement. Au-dessus d’exceptionnel, il y a parfait. Faut quand même pas exagérer.

   brabant   
1/3/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Mona,


Quand un corps ne veut pas comprendre que le corps de l'autre ne répond plus aux plaisirs de la chair, qui est muet ? Celui qui reste en appétit ou celle qui ne veut plus répondre ? Les jeux de l'amour ne sont-ils pas grotesques aux gens du dernier âge ? Ce qui me semble certain c'est que deux êtres qui s'aiment ne se voient pas vieillir parce qu'ils vieillissent ensemble.

L'un des deux semble ne plus vouloir jouer le jeu de l'amour charnel pour conserver cependant l'amour moral.
Et pourtant c'est le jeu de l'amour physique qui est le plus facile, c'est à ce jeu-là que l'on peut tricher.
L'autre amour ne peut pas être contrefait, et c'est bien celui-là qui est le plus difficile à faire durer, à perpétuer, à perdurer.

L'héroïne de ce poème - je ne confonds pas le personnage fictionnel et l'auteure, il y a toujours la nécessaire distanciation, le texte à relativiser par rapport au prétexte - semble avoir toujours eu besoin de "romance et sortilège", a-t-elle de tout temps sacrifié son corps pour atteindre à un idéal d'amour courtois malheureusement consommé ? Ah ! S'il n'y avait pas, disait je ne sais plus quel écrivain/poète (Jules Renard ? lol), cette encombrante sécrétion qui accompagne nos plus vibrants hommages !
On pourrait aimer comme des anges !...

L'héroïne ici ne donne pas trop du côté de l'instinct, le corps semble avoir été là pour le "servir" ; je vois un rejet de la partie animale de la chose amoureuse [le Général ne disait-il pas quand il était saisi d'un besoin impérieux : "Yvonne, je sens que la bête va parler !" :)]. Tout le vocabulaire l'indique : "félin/instinct", le questionnement lui-même : "... hier, en raffolais-je ?". Il me semble que l'âge soit l'occasion d'échapper enfin au cuissage, passage obligé, finalement obligé et (peut-être) sans réelle magie. Je me souviens encore d'Alexandra David Neel qui disait (elle-aussi :D) à son mari fraîchement épousé et qu'elle voyait nu pour la première fois (le soir de ses noces) : "Ah ! Comme vous seriez beau mon ami, s'il n'y avait pas cette horrible chose entre vos jambes !". Il n'est pas nécessaire de préciser que les rapports charnels de cette dernière furent rares et consentis comme des cadeaux, tout au moins en ce qui concerne les mâles :))

Le constat dans ce sonnet est donc sans appel : le monsieur, content ou non, peut aller se faire voir, même si le dépit de l'héroïne suscite quelques remords... A l'aube du grand âge c'est elle désormais qui s'arroge le droit de barrer. Elle ne jouera plus aux petites morts maintenant que se profile la grande ! Elle ne craint plus le feulement du félin ! Qu'il se débrouille pour maîtriser ses (bas) instincts, qu'il s'occupe enfin - lui-aussi - d' "amour".

Du tigre je ne vois plus qu'une fourrure étalée en descente de lit et passablement mitée aux crocs usés, il me prend soudain l'envie de prendre son parti et de plaider sa cause, de dire alors : "Un peu de charité chrétienne Madame. S'il vous plaît, adoucissez son crépuscule ! Fût-ce au prix du vôtre...", ce "Crépuscule" qui est ici une manière élégante d'opposer une "Fin de non-recevoir" 'hé ! 'hé ! ;) :))) :D lol

:))) ))) ))) )))


Beaucoup aimé cette neige sur des cheveux de lin... mais le lin ça ne fait que douze ans de convolage... Allez ! au boulot au boulot au boulot lol :D :D :D

   Tankipass   
4/3/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé ce sonnet; des rimes embrassées à la fois tendres et presque sordides, un coté réalité brutale dépeinte avec acceptation et lassitude.
Le dernier vers fait retomber les choses, il est banal et sans image et contraste beaucoup avec:

" Vers d’autres horizons, vois, mon âme s’élance,"

Je ne sais pas si c'est parce qu'il fallait finir ou si c'est parce que, justement, cette triste banalité empêche l'âme de s'élancer...

   Mona79   
4/3/2013

   Laroche   
7/3/2013
La tragédie qu'exhale cet incroyable sonnet tient sans doute moins à l'exhortation, impossible à entendre, de l'épouse à l'époux, celle de maîtriser ses élans, qu'à l'évocation de ce qu'a été, en d'autres temps, la vie amoureuse de la femme: un service rendu (v 4 et 5).
Ce qu'on est bien forcé de lire ici, ce n'est pas le crépuscule, c'est l'aveu d'une servitude. A quelques minutes du début de ce 8 mars, journée annuelle des femmes, je songe à la chanson de Jean Ferrat composée pour le film de René Allio La vieille dame indigne, et j'en viens à souhaiter pour une femme trop longtemps assujettie à la seule libido d'un mari, plus que les miettes de bonheur arrachées par Berthe (admirable Sylvie, dans le film).
Je songe aussi, à ce film allemand, 7è ciel, qui lui, met en scène l'antithèse du discours contenu dans ce sonnet élégiaque: l'appétit de sexe d'une sexagénaire demeuré intact...

   Anonyme   
10/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
jolie description du declinement de l amour,un temp ou les corp s eloignent chaque jour comme la flamme qui s eteint peu a peu


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