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Poésie en prose
Mona79 : Grand Nord
 Publié le 07/09/13  -  8 commentaires  -  1738 caractères  -  144 lectures    Autres textes du même auteur

Je n'y suis jamais allée, mais c'est ainsi que je le vois.


Grand Nord





Contre le sifflement du vent, la peur se conjugue avec les spectres de la nuit. Nuit hantée du pays aux mortes-eaux ceinturé par les massifs de ses icebergs. Où le sol calfeutre sa vie, fruit de glace et de neige. Où le silence sidéral se heurte aux courbes épousées par le fracas du sang qui bat, aux tempes du bonnet fourré.

Guet-apens des coureurs de forêts, froidure polaire au-dessous de l'Arctique, là où le loup et le lynx se retiennent de périr entre les mâchoires du froid nocturne. Longues traques pour fourrures d'hermine, porcelaine dans le regard des chiens rivés à la course des traîneaux.

Quelques aborigènes piègent l'attente : regards aux cils givrés, suspendus au trou d'eau où s'enfouit le gibier. Qui dira la fracture de l'hiver aux doigts ankylosés crispés sur le harpon ?

Terre hostile, balayée, crevassée par le tranchant de la bise aux rasoirs. Aux arbres raidis, les brusques sursauts du vent brisent le pur et dur cristal de lustres vénitiens. Froidures âpres et belles ! Grand Nord, songe endormi dans l’espoir d'une chaleur éteinte, où la mort se glisse nue entre les draps blancs de la neige… Sous le blizzard glacé, on doit céder le pas au tremblement de vivre.

Dans son igloo de solitude, l'homme essaie de réchauffer son ombre dans les décombres de sa fatigue. L'huile de phoque luit sur sa peau, tandis que l'aurore boréale, aux confins du ciel bas, se pose sur la terre comme un flambeau funèbre. Il pénètre alors dans une longue nuit magique figée dans l'étreinte de son rêve.

Mais toujours le froid monte sa garde, sentinelle obstinée, gardienne d'un scintillant royaume éblouissant l'œil humain, statue de glace et de lumière.


 
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   troupi   
23/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a tellement de belles images dans ce texte que je trouve vraiment dommage de ne l'avoir pas présenté en poésie libre.
Un peu de travail, une présentation plus verticale auraient à mon sens amélioré le poème, ou plus précisément apporté une dimension poétique supplémentaire.
Reste néanmoins un beau texte je me demande ce que vous auriez pu écrire de mieux si vous étiez un jour allée la-bas.

   leni   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mona
Une description riche en images qui restent longtemps sur la rétine:Le tranchant de la bise aux rasoirs....cristal de lustres vénitiens..tremblement de vivre...réchauffer son ombre dans...J'aime beaucoup Pourquoi pas en vers ?Merci Mona Salut cordial Leni

   Robot   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La poésie en prose est à mon avis l'une des formes les plus ardue de la poésie. J'ai toujours quelque difficulté à y entrer je dois l'avouer. Pour moi ce texte, remarquable pourtant, est plus un récit descriptif qu'un poème. Me référant aux commentaires précédent, peut être que construit en vers il m'apparaîtrait comme une poésie libre. Avec un découpage venant renforcer les images qui, noyées dans la prose, s'en trouve affaiblies. Donc, même si à mes yeux ce n'est pas un poème, il reste un beau texte, une belle photographie.

   Anonyme   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai l'impression que vous êtes beaucoup moins à l'aise en prose qu'en poésie classique. Autant vous faites preuve d'adresse et de subtilité dans la forme académique, autant ici la liberté d'expression vous fait perdre vos moyens pour aboutir à quelque chose d'assez insipide.
Globalement, vous ressassez toutes les visions éculées que l'on peut avoir du Grand Nord. Des «massifs de ses icebergs» aux «aurores boréales» tout y passe ! Une accumulation d'images formatées pour brochures touristiques.
Cette ambiance romantique est de plus totalement surannée. Il y a belle lurette que les inuits ont troqué leurs traineaux contre des motos à neige et vous n'en verrez plus beaucoup s'enduire d'« huile de phoque » et se cailler dans des « igloos de solitude ».

Plus précisément, j'ai noté des détails qui m'ont heurté :
«  Où le sol calfeutre sa vie, fruit de glace et de neige »
Fruit ramène à un environnement moins hostile.
« Quelques aborigènes piègent l'attente »
Inévitablement on pense à l'Australie, l'antithèse, vous en conviendrez, d'un monde de neige et de glace.
« porcelaine dans le regard des chiens / cristal de lustres vénitiens »
Que d'emphases, n'en feriez-vous pas un peu trop ?

Vraiment, sur ce coup là, je pense que vous vous êtes fourvoyé mais ce n'est que l'humble avis de moi tout seul, of course.

   Anonyme   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mona,

J'avais deux handicaps en attaquant ce texte : la prose, et la nature. Je ne suis fan ni de l'une ni de l'autre en poésie.
Evacuons tout de suite la question de la " Nature ". Ce qui me la rend supportable, c'est d'abord qu'il s'agit d'une nature en mouvement, rythmée d'une poésie créative, mais c'est surtout la "chair" que tu lui fournis :
- " Guet-apens des coureurs de forêts - Quelques aborigènes piègent l'attente - Dans son igloo de solitude, l'homme essaie de réchauffer son ombre " . Oui, j'ai besoin que l'homme soit présent dans la nature. et là je suis comblé.

Concernant la question de la prose, c'est particulièrement sur un texte de cette qualité que je me rends compte que j'y suis le plus allergique. Je trouve que la prose affecte le poème d'un certain maniérisme, alors que la versification le transfigure en poésie pure. Alors, pardonne-moi de l'avoir lu à ma façon, sans suivre tes intentions. :

" Contre le sifflement du vent,
la peur se conjugue
avec les spectres de la nuit.
Nuit hantée du pays aux mortes-eaux
ceinturé par les massifs de ses icebergs.
Où le sol calfeutre sa vie,
fruit de glace et de neige.
Où le silence sidéral se heurte
aux courbes épousées
par le fracas du sang qui bat,
aux tempes du bonnet fourré. "

Il serait intéressant d'avoir d'autres avis de lecteurs, mais aussi ton explication sur ce choix.
Pour le reste, une nature embellie par un style brillant, comme toujours. Si tu le permets, je vais le réciter à tous ceux qui me barbent avec leurs souvenirs de vacances.

Cordialement
Ludi

   Anonyme   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mona... Cette carte postale aurait pu être écrite par Paul-Emile Victor dans les années 50 mais avait-il le don que tu possèdes, celui de l'écriture ? C'est dans l'esprit de cette époque que j'ai lu ce Grand Nord tel que tu l'imagines car je crains qu'aujourd'hui on n'en soit plus là...
Un détail m'a, dans un premier temps, surpris : l'emploi d'aborigène qui fait songer à l'Australie à condition de commencer par un A majuscule, ce qui n'est pas le cas ici...
A travers ce texte, j'ai visité ces régions si chères à Jack London et ça m'a rappelé Croc Blanc et l'Appel de la forêt...
Je ne reviendrai pas sur certaines très belles images déjà citées mais je les ai appréciées à leur juste valeur... Merci pour cette balade hors des sentiers battus mais aussi hors de notre temps...

   Mona79   
14/9/2013

   Lulu   
25/4/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De magnifiques images parsèment ce texte. Je ne m'attendais pas à une aurore boréale, mais nous y avons droit... Super. On s'y croirait. Ces mots reposent-ils sur du vécu ? Relèvent-ils de la simple imagination ? Dans les deux cas, ce texte fonctionne. On se retrouve plongés dans le Grand Nord avec sa froidure.

Je ne suis pas en manque de froid ; je préfère le printemps..., mais j'ai beaucoup aimé me promener dans les parages de ce Grand Nord le temps d'une lecture que j'ai trouvée bien dense.


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