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Poésie classique
Ioledane : Les yuccas [Sélection GL]
 Publié le 06/09/13  -  19 commentaires  -  1026 caractères  -  365 lectures    Autres textes du même auteur


Les yuccas [Sélection GL]



Nous nous tenons là, cacochymes,
Regardant pousser les yuccas,
Lassés des lentes pantomimes
Qui meublent nos jours sans fracas.

Un écran aux couleurs criantes
Déverse son inanité
Sur nos cervelles vacillantes
En carence d’utilité.

Nous remâchons nos certitudes
Au fil de soupers doux-amers ;
Tout un camaïeu d’hébétudes
Pour oublier des êtres chers.

Dans cette fade geôle blanche,
Demain se fond en aujourd’hui ;
Chaque jour est un long dimanche,
Chaque soir est un sombre ennui.

Parfois se dessine un sourire
Intrus dans l’antre des reclus ;
J’aimerais tant pouvoir l’écrire,
Mais ma main ne m’obéit plus…

Les jours s’entassent et s’assemblent
En un magma sans intérêt ;
Nuit après nuit les heures tremblent
Jusqu’à l’intemporel arrêt.

Nous nous en irons, anonymes,
Un par un, tristes reliquats
Dépeuplant d’un sommeil sans rimes
La Résidence des Yuccas.


 
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   socque   
15/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ouf ! C'est très dur... Cela sonne vrai, aussi, je trouve, et ces vers d'une grande tristesse, amers, se déroulent implacables avec une espèce de sérénité, celle du désespoir.

Les mots sont simples et forts, l'ensemble très expressif à mon avis. Une mention pour les vers
"Les jours s’entassent et s’assemblent
En un magma sans intérêt"
que je trouve très bien équilibrés, bien évocateurs de ce qu'ils décrivent, la lourdeur des jours. Ils sont un peu difficiles à prononcer, s'empâtent dans la bouche... chapeau. La "fade geôle blanche" me parle aussi.

   Hananke   
21/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un seul mot : bravo !

Moi qui connait bien les maisons de retraite pour y avoir laisser
pas mal de mon temps( en visite) le poème rend parfaitement cette
non-existence.
Les images qui fleurissent ont un parfum de vérité :

Cette fade geôle blanche,
Chaque jour est un long dimanche
Chaque soir est un sombre ennui

etc ...

Un léger plus dans la ponctuation n'aurait pas nui à l'ensemble.

   troupi   
23/8/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En voilà un de poème qui donne envie de vieillir ! ! Malheureusement il s'agit du portrait d'une réalité décrite certes sans concessions mais à coup sûr bien observée.
Mes connaissances en classique ne me permettent pas de parler de la forme pourtant je ne serais pas surpris qu'il s'agisse là du travail d'un des meilleurs d'Oniris.
Bon sur ce je m'en vais vite chercher un poème un peu plus joyeux.

   Pimpette   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est trèstrès bon!
Un beau sujet qui me touche direct!
Des mots simples, forts, limpides...
Une poésie toute naturelle qui ne cherche pas à 'faire' poétique...

C'est bizarre pour moi qui ne partage pas du tout cette attitude du grand âge mais il y a tant de talent ici que je ne résiste pas!

   Arielle   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pas un mot plus haut que l'autre, aucun envol pathétique et pourtant quelle justesse, quelle acuité dans ces images simplissimes et sans fard !
"Nous remâchons nos certitudes
Au fil de soupers doux-amers ;
Tout un camaïeu d’hébétudes
Pour oublier des êtres chers."
Une lucidité pudique et digne qui fait froid dans le dos et qui dégage plus d'émotion, à mon sens, que tous les apitoiements du monde.
J'avais déjà beaucoup aimé votre "éveil urbain", je vais guetter avec impatience vos prochaines publications.

   Anonyme   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Iolédane,

Magnifique poème, qui est l’antithèse du récent poème de Pimpette (Autant le dire…). Ici la vie nous a abandonné et chaque instant est un fardeau à porter jusqu’au point de non retour.
Le lexique est précis (pantomimes, hébétudes, soupers doux-amers, geôle blanche, etc…) et contribue à créer ce climat de fin du monde immobile.

Bravo pour :
- « Chaque jour est un long dimanche,
Chaque soir est un sombre ennui. »
Où j’ai le sentiment de retrouver mon vieil ami Baudelaire.

Des mots simples, des idées claires, des métaphores originales : tout ce que j’aime.
Pour moi, le meilleur de vos textes à ce jour.

Cordialement
Ludi

   leni   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ioledane
C'est inexorable et triste On devient transparent ou translucide dans des vers qui répondent comme un écho à leur lecture

Nous remâchons nos certitudes
Au fil de soupers doux-amers ;
Tout un camaïeu d’hébétudes
Pour oublier des êtres chers.

Chaque jour est un long dimanche,
Chaque soir est un sombre ennui.

Tout ceci respire le vécu Sans pathos Avec une sérénité résignée
Merci pour ce bel écrit
leni

   Anonyme   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ioledane.
Une description sans concessions des fins de vie dans ces "résidences" qui sont sensées nous aider à parcourir la dernière ligne droite sans déranger notre entourage.
Par rapport à ce que je connais de ces lieux, vous avez tapé juste.
Vous avez choisi de donner la parole à un résident (ou une résidente) et ça renforce un peu plus cette vérité que bien souvent on ne veut pas voir de l'extérieur.
La forme est parfaite et ces octosyllabiques m'ont fait penser aux petits pas des pensionnaires que je croisais à une certaine époque...

Sans flagornerie aucune c'est l'un des textes qui m'a le plus touché depuis un certain temps sur Oniris comme ailleurs et je vous en remercie.

   Robot   
6/9/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Sombre mais tellement réaliste de certaines situations (pas toutes - Il y a aussi de belles vieillesses) Mais votre texte est d'une force telle qu'on y voit l'inexorable solitude de ces lieux trop souvent empreints de tristesse. J'espère, j'implore que ce ne soit pas votre vécu.

"Sur nos cervelles vacillantes
En carence d’utilité."

ET VOTRE 4ème QUATRAIN: Superbement imagé et parlant.
"Dans cette fade geôle blanche,
Demain se fond en aujourd’hui
Chaque jour est un long dimanche,
Chaque soir est un sombre ennui."

Ce texte, c'est une perle noire... mais une perle poétique.

   Mona79   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout est si bien exprimé que l'on ressent l'émotion dans chaque vers. Et les yuccas qui poussent très lentement (soit dit en passant) n'en pensent pas moins ! Un peu hésité sur "le sommeil sans rimes" mais pourquoi pas ? Merci.

   Miguel   
7/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Les chants désespérés sont les chants les plus beaux" : voilà un texte qui donne raison à Musset. Chaque strophe est saisissante dans son évocation, d'un réalisme désespérant. Ioledane, je vous dis bravo mais je ne vous dis pas merci : ce tableau de ce qui nous attend ne relève pas mon moral.

   Ioledane   
9/9/2013

   Anonyme   
9/9/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Ce n'est même plus une vie végétale qui est dépeinte ici, c'est déjà une vie minérale.
J'apprécie que ce sujet très contemporain soit traité, avec un lexique et une syntaxe actuels, dans une forme classique.
J'avais écrit, naguère, un texte qui se rapproche du vôtre, tant au niveau du fond que de la forme.

   aldenor   
11/9/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai bien aimé ce poème ; vous trouvez les mots justes pour dire la vieillesse. L’image des yuccas qu’on regarde pousser est très évocatrice.
Ceci dit, le fond manque quelque peu de surprises. C’est la vieillesse telle qu’on l’imagine. Pourtant il doit persister une lueur de vie. Ne serait-ce qu’aux yeux du poète ! C’est peut-être ce que vous cherchez à exprimer avec « Parfois se dessine un sourire... ». Malheureusement j’ai un problème de compréhension avec cette strophe : « J’aimerais tant pouvoir l’écrire, »; écrire quoi ? Le sourire qui se dessine ?

   Damy   
4/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je n'ai rien de bien plus intelligent ou sensible à rajouter à mes prédécesseurs, si ce n'est que je nous suis vu, nous les cyberêtres survivant devant le nôtre:
"Un écran aux couleurs criantes
Déverse son inanité
Sur nos cervelles vacillantes
En carence d’utilité."

Belle émotion, en tout cas.
Damy

   Beaufond   
22/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème qui profite pleinement du rythme de l'octosyllabe et qui propose des rimes variées et sonores ; belle reprise, à la dernière strophe, des rimes en "imes/cas" du premier quatrain, reprise du plus bel effet et qui plonge le poème dans une fatale monotonie ; une belle maîtrise de la musique et des variations du vers, qui suffit à une lecture agréable ; tout cela en un poème, voilà qui est précieux en notre siècle, mais je ne trouve pas en ces vers la flamme des grands poèmes, ni le magma en fusion qui promet de riches cristaux : j'ai l'impression d'un poème qui se laisse posséder et qui propose un tableau réaliste, loin du cher idéal, assez peu visuel, mais qui jouit d'une musicalité exemplaire.

   Michel64   
16/11/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau texte que je découvre au hasard de mes fouilles dans Oniris et qui a bien mérité les nombreux éloges reçus.

Cet univers si désespérant que l'on voit lorsque l'on rentre dans une maison de retraite est ici décrit de façon si poétique, si sensible.

"Chaque jour est un long dimanche,
Chaque soir est un sombre ennui."

Bravo Ioledane

   jfmoods   
13/1/2015
Le jeu des déictiques (indices personnels : « nous », « J' », « nos », « ma », indices spatio-temporels : là », « Demain », « aujourd'hui », indices de monstration : « cette ») définit le cadre clôturé de la narration.

De nombreux procédés contribuent à la réussite de ce poème, parmi lesquels...

- quelques métaphores (« geôle blanche », « camaïeu d'hébétudes », « antre des reclus », « l'intemporel arrêt ») marquent l'aspect carcéral des existences décrites
- deux verbes à connotation péjorative (« meublent », « déverse ») entérinent leur peu de consistance
- l'ajout des sens propre et figuré (« remâchons ») double, en quelque sorte, l'étirement du temps
- la gradation (« Chaque jour », « chaque soir », « nuit après nuit ») matérialise l'absence d'horizon d'attente
- une série d'adjectifs qualificatifs péjoratifs (« lentes », « fade », « long », « sombre », « tristes ») atteste du sentiment de vacuité
- les personnifications (« les jours s'entassent et s'assemblent », « les heures tremblent ») accréditent la perte progressive de toute forme d'identité
- la gradation anaphorique (« sans fracas », « sans intérêt », « sans rimes ») fixe la radicalité du cloisonnement
- le passage à la majuscule (« yuccas », « Yuccas ») met en évidence la disparition de l'humain au profit exclusif du végétal
- l'inversion du sujet (« se dessine un sourire ») met en relief l'éclat subreptice d'une présence chaleureuse
- le marqueur d'intensité (« j'aimerais tant ») et la négation catégorique (« ne... plus ») définissent l'impuissance totale de l'individu à disposer d'une liberté minimale

Merci pour ce partage !

   luciole   
23/5/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Je trouve ce poème marquant, fort, juste. Je n'ai pas grand chose d'autre à dire, les mots claquent.
Merci.


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