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Poésie classique
Mona79 : Les mortes-saisons
 Publié le 21/12/15  -  19 commentaires  -  1901 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur

Le temps qui fuit, le temps qu’il fait…


Les mortes-saisons



gggggggggggggggiAutomne

Le vent souffle et s’acharne en cinglantes bourrasques,
De lourds rideaux de pluie obscurcissent le jour,
Quelques chétives fleurs s’inquiètent du retour
Du gel ou de la neige aux visites fantasques.

Mais comment deviner, lorsque tôt vient la nuit,
Si demain sera beau, l’atmosphère clémente ?
Que réserve le ciel : la brume ou la tourmente ?
Nul augure ne sait quand le nuage fuit.

Tourbillonnent sans fin les feuilles craquelées,
Dont nos pieds fouleront les tapis bruissants :
Dans leur chant douloureux, ces longs cris frémissants,
C’est l’été qui se meurt en plaintes désolées.

Les joyeux gazouillis ont déserté l’azur,
L’hirondelle est partie emmenant sa couvée.
Au secret du pressoir fermente la cuvée :
La pomme devient cidre au parfum doux et sur.

Les bois se sont roussis aux rayons de septembre,
Leur couronne de flamme élève vers les cieux,
En ultime supplique et déchirants adieux,
Ses somptueux joyaux de rubis, d’or et d’ambre.

gggggggggggggggiHiver

Les bataillons de l’ombre ont affûté leurs armes,
De grands oiseaux frileux planent en croassant ;
La nature est vaincue. Arrête-toi, passant,
Une bise cruelle emportera tes larmes.

Solitaire, ton cœur semble au diapason,
Mais le buisson figé te contemple, impassible,
La mare a l’œil fermé par un gel inflexible,
Leur deuil est passager, le tien sans guérison.

Ta main tremble et s’agrippe à la souche tordue
Où le froid la transperce avec ses aiguillons.
L’automne est dépouillé de ses derniers haillons,
Ses violons sont morts, leur âme s’est perdue.

ggggggggggggggggggi*


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Vincendix   
30/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Je suis admiratif, tout est superbe, tout est excellent !

Cette description de l’automne à travers des quatrains harmonieux est un tableau en trois dimensions avec les couleurs essentielles et des touches de sensibilité. Aucun mot « parasite », aucun mot « alambiqué » qui gâcheraient le paysage.

Cette arrière-saison n’est pas une morte-saison sous votre plume, elle bruisse, elle respire, elle chante, elle vit…

Quant à l’hiver, cette communion de la nature avec l’humain est sublime…

Merci de nous offrir un tel cadeau de Noël, je pense qu’il sera sous le sapin à la date habituelle.

   Cristale   
1/12/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une jolie plume affirmée à laquelle je n'adresserai que des éloges tant je suis ravie de lire d'aussi jolies choses.
J'aime la déclinaison des saisons, de l'automne joliment vêtu à l'hiver dénudé.
Une poésie classique qui respecte parfaitement la prosodie en laissant les images s'exprimer librement, fluides, colorées, romantiques, respectueuses, ce qui ne peut que me réjouir.
Que la nature et les saisons sont belles sous votre plume !

   Anonyme   
5/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour artiste inconnu ! Je suis conquis par votre poème quand bien même le sujet est récurrent depuis que la poésie existe.
Je n'ai relevé aucune entorse à la prosodie classique et me suis délecté en découvrant l'ensemble du texte et particulièrement certains quatrains dont celui-ci, mon préféré :

Les bois se sont roussis aux rayons de septembre,
Leur couronne de flamme élève vers les cieux,
En ultime supplique et déchirants adieux,
Ses somptueux joyaux de rubis, d’or et d’ambre.

Ca me fait penser à José Maria de Heredia, mon auteur poétique de référence.

Que dire de plus si ce n'est que vous avez écrit un somptueux poème ! Merci pour cette lecture dont je ne suis pas arrivé à identifier l'auteur parmi mes connaissances !

   papipoete   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
un florilège d'alexandrins pour évoquer deux saisons, où peu à peu le froid engourdit la flore, la faune et les coeurs.
"Le vent souffle et s'acharne...c'est l'été qui se meurt...au secret du pressoir fermente la cuvée".
L'automne s'installe violemment, alors que tranquillement "la pomme devient cidre".
<>; tu pleurs, mais aux frimas la nature aussi! Je sais, ses arbres et ses fleurs renaîtront au printemps, alors que pour toi, jamais ta joie ne reviendra.
Comme j'aimerais écrire ainsi, ces beaux vers, peindre ces images, émouvoir le lecteur...
Que l'écriture classique est un art, quand elle crée de telles merveilles!
L'avant-dernier vers ( automne dépouillé) fera 13 pieds avec le "e" du féminin.
Edit le 21 12 , il n'y a pas de faute!

   Hananke   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Deux très belles saisons mises en poésies, mais personnellement
je préfère largement l'hiver avec quelques vers vraiment magnifiques :

La mare a l’œil fermé par un gel inflexible,
Leur deuil est passager, le tien sans guérison. Entre autres.

L'automne fait plus convenu et surtout un peu énumération,
il y a moins de lien entre les vers.

Même si ce n'est guère d'actualité, nous avons un temps printanier
depuis début décembre, les écrits restent beaux.

Mais il faudra peut-être que les auteurs, dans le futur, revoient
leur classique sur les saisons. A part les feuilles qui continuent
de tomber, le reste se perd dans le réchauffement climatique.

Les bois ne roussissent plus depuis longtemps aux rayons de septembre mais plutôt novembre.

   Anonyme   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Cette lecture est un enchantement.
En poésie. ...quand m'est offert tant de beauté, j'en perds mes mots.
Et c'est bien ainsi.
:-)

   Ramana   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même si le sujet des saisons est largement rebattu, le lecteur n'en est pas saturé lorsque l'élégance des vers y ajoute une grâce inédite, et c'est ici le cas.
La seule question que je me pose concerne ce passant énigmatique, qui passe bien rapidement un jour d'hivers, et dont le deuil est "sans guérison" alors que sûrement le printemps, lui, reviendra. Peut-être est-ce parce qu'il est "solitaire", et que cette solitude est un drame pour lui ?
Bravo pour votre maîtrise de la prosodie classique dont l'aspect technique reste au service de l'esthétique d'ensemble, et non le contraire.

   leni   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mona 79
C'est limpide imagé sonore écrit sans effort semble t il Et pourtant
pour fignoler un texte de la sorte il faut avoir apprivoisé sa plume discrètement Il me plait de citer:

Que réserve le ciel : la brume ou la tourmente ?

L’hirondelle est partie emmenant sa couvée.

Ses violons sont morts, leur âme s’est perdue.

Merci pour ce moment privilégié et Salut cordial à TOI Leni

   Francis   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La plume montre avec talent l'influence des mortes-saisons sur le cœur de l'homme : "solitaire, ton cœur semble au diapason". Elle est aussi pinceau pour les impressions visuelles :"de grands oiseaux frileux planent en croassant" , les couleurs : roussis, or, ambre. Tous les sens sont évoqués : tapis bruissants, transperce avec ses aiguillons, au parfum doux et sur... Merci pour ce partage.

   Robot   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est la démonstration que même descriptif une poésie peut contenir des sentiments qui touchent le lecteur. Ton texte m'a apporté beaucoup de plaisir de lire car il permet de "voir", c'est à dire de suivre ton regard avec intensité.

   Lulu   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Mona,

je suis moi-même admirative devant le spectacle que vous nous donnez à voir de la nature. Il suffit de regarder par la fenêtre, de sortir un peu, et on s'y retrouve.

Je n'aime guère l'automne et l'hiver en Franche-Comté, où je vis, tant il y fait froid, mais sous votre plume, je réapprends à voir l'essentiel de ces "mortes-saisons" si chères aux poètes.

Dans votre poème, j'ai aussi beaucoup aimé que vous interpelliez le lecteur au travers du "passant" dans la seconde partie, puis du "solitaire" en lequel on peut se reconnaître, que l'on soit solitaire ou non.

J'ai aussi bien aimé que la nature puisse être vivante : elle contemple l'autre... C'est une belle idée.

   Anonyme   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beau, plaisant, touchant, du Verlaine dans le ton et le style, des saisons prenantes avec vous! C'est très bien écrit, il y a du rythme, de la mélodie. Bravo!

   Anonyme   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Difficile de faire mieux pour décrire ces saisons lentes et langoureuses que sont l'automne et l'hiver. Toutefois un vers m'a un peu heurté à la première lecture, et même un peu à la seconde : "Ses somptueux joyaux de rubis, d’or et d’ambre." C'est la césure entre les deux hémistiches qui ne me paraît pas vraiment harmonieuse. Je pense qu'une virgule après "joyaux" aurait été plus adaptée en scindant véritablement les hémistiches en deux. Ce n'est qu'un ressenti purement personnel qui n'enlève rien à la qualité du poème. De plus, j'avoue être pour le moment incapable d'écrire avec autant de technicité, donc je suis certainement mal placé pour établir ce genre de commentaire. J'ai quand même voulu ici exprimer ce ressenti afin d'obtenir une réponse à cette petite interrogation qui me turlupine ici, à savoir si j'ai tort et si, finalement, le vers est impécable d'un point de vue technique, ce qui me permettra d'avancer dans la compréhension de ce style de prosodie très difficilement atteignable, du moins en ce qui me concerne.

Merci à vous,

Wall-E

   Curwwod   
21/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des couleurs chatoyantes, une atmosphère mélancolique, frileuse, contemplative qui vêt la nature des somptueux habits des fins de saisons. Atmosphère qui met en phase l'état d"âme du poète qui s'imprègne de cette mélancolie et brosse un tableau de la nature qui est avant tout la transcription de son sentiment intime.
une écriture impeccable, un rythme évocateur, de très belles images.
J'ai un peu tiqué sur la rime azur/sur, mais c'est sans importance. Ce poème est magnifique.
Merci Mona.

   Anonyme   
22/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Mona79,

Un très beau solstice d'hiver nous est présenté avec ces deux poèmes.
J'ai particulièrement aimé le premier, L"automne". Moins attirée par le classique, j'ai souvent du mal à trouver mon compte d'émotions dans ces vers où, s'il sont réussis et c'est le cas ici, pas un mot ne dépasse, dépare l'ensemble.
Alors, et c'est particulièrement vrai ici, je salue le travail d'écriture (et/ou la Grâce ?) qui permet au lecteur de cheminer en cet Automne de manière très, très harmonieuse.
Pour l'hiver, et c'est tout à fait personnel, je regrette un peu que "le passant, le deuil," soit cités en toute lettre, ce qui me semble un peu trop attendu. tandis que l'écriture là aussi est très très belle.

   jamesbebeart   
22/12/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Mona,

Je reviens sur ce texte qui m'avait bien plu, en soulignant l'écriture impeccable et la profondeur du propos. Thématique qui m'a fait penser irrésistiblement à la poésie lyrique d'Anna de Noailles sur la nature. Ce texte est une réussite incontestable. Bravo à toi !
JB

   jfmoods   
22/12/2015
Comme l'indiquent suffisamment le titre et l'entête (double sens : « temps », glissement assonantique : « fuit », « fait »), ce qui se déploie ici, devant le lecteur, en deux opus de cinq et trois quatrains, est un classique paysage état d'âme épousant, avec le cycle métaphorique des saisons, l'avancée en l'âge et le dépérissement progressif du coeur.

Si l'automne de la vie, encore auréolé de sensations vives (toucher : « fouleront », ouïe : « chant », « gazouillis », goût : « pomme », odorat : « fermente », « parfum », vue : « roussis », « flamme », « de rubis, d'or et d'ambre »), autorise, au-delà de la conscience aiguë du passage du temps (recours au présentatif : « C'est l'été qui se meurt »), des questions ouvertes sur l'avenir (« ... comment deviner... ? », « Que réserve... ? »), l'hiver, lui, glace toute perspective (champ lexical : « frileux », « bise »,« figé », « gel », « tremble », « froid », « aiguillons »). Le constat, sans appel (passif présent : « la nature est vaincue »), met en perspective la fugacité de l'existence humaine (parallélisme avec coupe à l'hémistiche : « Leur deuil est passager, le tien sans guérison »). Au fil des deux poèmes, cinq diérèses appuient tantôt sur l'éblouissement, tantôt sur les tourments de la vie (« nuage », « bruissants », « somptueux », « diapason », « violons »).

Une telle évocation fait forcément penser aux quatre derniers lieder de Richard Strauss dont Elisabeth Schwarzkopf restera sans doute, pour moi, la plus bouleversante interprète...

https://www.youtube.com/watch?v=Cs0vSC9DUhU&list=RDCs0vSC9DUhU&index=1

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Tout le long du poème, une double lecture - encouragée par l'indication mise en exergue - vieillesse et solitude de l'être humain / nature désolée et en déclin ; couple imprégné d'une grande inquiétude, s'installe dans l'esprit du lecteur, guidé par de belles références qui se prêtent judicieusement à ce point de vue :

"Mais comment deviner, lorsque tôt vient la nuit,
Si demain sera beau, l’atmosphère clémente ?
Que réserve le ciel : la brume ou la tourmente ?
Nul augure ne sait quand le nuage fuit.

Tourbillonnent sans fin les feuilles craquelées,
Dont nos pieds fouleront les tapis bruissants :
Dans leur chant douloureux, ces longs cris frémissants,
C’est l’été qui se meurt en plaintes désolées."

Le poème est d'une bonne composition, la rime honnête ; peut-être la ponctuation serait-elle à revoir par endroits.

On passe un bon moment à vous lire.

A.

   Arielle   
24/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Deux beaux tableaux classiques des dernières saisons de l'année qui nous amènent par une subtile métaphore à la conclusion d'une vie.

Si je trouve à l'automne beaucoup d'élégance, ses "somptueux joyaux" me touchent infiniment moins que les "bataillons de l'ombre" qui envahissent les ciels d'hiver.
La cruauté des deuils auxquels on n'échappe pas est évoquée ici avec beaucoup d'émotion et de dignité.
On a envie de prendre dans la sienne cette "main (qui) tremble et s’agrippe à la souche tordue"


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