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Chansons et Slams
Naxos : Fuir
 Publié le 16/01/08  -  5 commentaires  -  3633 caractères  -  40 lectures    Autres textes du même auteur

Je ne pense qu’à fuir,
Je ne rêve que de fuir.


Fuir



Je ne pense qu’à fuir
Je ne rêve que de fuir
Fuir ! Fuir d’un bout à l’autre de l’Europe.
Fuir d’un bout à l’autre de la Sibérie.
Fuir d’un bout à l’autre du monde.
D’Orient en Occident ,
D’Occident en Orient.

Sans savoir pourquoi,
Sans savoir qui,
Mouvement ininterrompu dans ma tête,
Tourbillon perpétuel dans mon coeur,
Survivant avec exigence dès mes origines
Poursuivi jusque dans un ultime essoufflement,
Depuis aussi longtemps qu’il m’en souvienne
Sans trêve ni merci,
Pulsion incontrôlable et incontrôlée,
Je n’ai vraiment qu’une envie viscérale…
Fuir !

Chevillée par cette addiction
Éternellement dépendante à mon indépendance
Emportée par cette envie éperdue de fuir
Rythme effréné qui s’est emparé de moi depuis l’enfance.
En train, en avion, en bateau, en auto, en marchant.
Sans que je sache ni ne comprenne jamais vraiment
Ce qui a déclenché ce « fuir »…

Parfois je crois qu’une pause va avoir lieu, une trêve !
Me poser, m’enraciner, m’apprivoiser…
Pouvoir reprendre un peu mon souffle…
Illusoire attente, sitôt amorcée, sitôt déçue.
La course reprend de plus belle,
Dans la souffrance souvent dans la douleur,
Sans savoir ni comprendre ce qui me motive, ce qui me régit.
Du pourquoi et du comment des choses, je ne sais rien…
Toujours en équilibre instable, en désir de partir
Ailleurs, indéfini, autre part, lieu rêvé de l’inconnu
D’être l’inconnue, la déracinée en terre étrangère…
Naviguer avec aisance dans un no man’s land perpétuel…
Surtout de moins en moins d’attaches,
Des bagages réduits à leur plus simple expression,
Perdre dans cette errance toutes mes souffrances.
Personne à ce jour n’a su me retenir, même pas moi-même

Fuir est un état rassurant, et non une action voire une réaction
Fuir, c’est toujours recommencer et ainsi tout oublier
De ce qui fut avant, de ce vide parfois si angoissant
Fuir pour m’anéantir, m’engloutir, disparaître
Peut-être une perspective de renaissance
Et aussi un sentiment de puissance par rapport à ma propre vie…
Défaite, perdue, éperdue, disloquée, insaisissable,
Indifférente, absente, étrangère aux choses matérielles
Étrangère à moi-même…
Peurs liées à l’instant vécu, au bonheur provisoire,
À l’éphémère de tout ce qui m’entoure
À l’éternelle imprécision du futur et des douleurs contingentes.
Vivre entre deux avions, deux trains, dans l’entre-deux
C’est l’espoir absolu de survivre, de revivre
Je ne rêve que de fuir…

Il faudra pourtant bien un de ces matins
Affronter cette manifestation primale de mon cerveau crocodilien,
Tenter d’extirper ce mal sans nom qui depuis la nuit des temps me ronge
Faire un état des lieux
Décontextualiser pour recontextualiser
Tenter de comprendre la fébrilité persistante
La gorge nouée, l’estomac serré, l’esprit toujours en partance,
Désir de me dissoudre dans l’air, de devenir une plume légère au vent
Regard toujours nostalgique sur les grands oiseaux migrateurs
Cœur étreint d’inquiétude de les voir s’éloigner pour mieux disparaître
Vouloir les accompagner, survoler le monde, la vie depuis toute cette hauteur
Me laisser à jamais guider par mon seul instinct originel
Peut-être volonté insidieuse, vénéneuse de ne pas être moi,
Rêve absolu et permanent d’impermanence et de transparence…

Je ne rêve que de fuir…


 
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   Absolue   
17/1/2008
Je me retrouve dans ton texte. Ce sentiment de n'être nulle part à la bonne place...J'aurais plutôt placé ce texte dans la catégorie prose mais ce n'est que mon avis... Sinon, les sentiments sont très bien exprimés, intenses. Merci pour ce moment!

   Lariviere   
18/1/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très joli poème...

La longueur "homérique" en fait aussi l'originalité. C'est bien.

Les phrases sont bien écrites. Le rythme haletant de cette fuite, de ce besoin d'évasion est présent des les premiers vers...
Ce rythme, tu le maitrise pour nous le mener à son zénith puis pour ensuite, le laisser retomber intelligement et le reprendre à nouveau de plus belle. Bravo !...

Ce poème qui me suggère un état apatride, très "juif errant", passant de l'universel au singulier, me touche particulièrement.

Le ton très réaliste, ne fait jamais exposé, ce qui me semble être une performance dans ton poème.

Je pense que c'est justement réussi parce que tu manie bien tes mots, ta phonétique et ton rythme, le tout restant dans le domaine de la poésie et non dans celui de la philosophie...

Pourtant ton texte donne à réfléchir.

Vraiment, j'ai apprécié.

Merci pour cette "fuite" en avant...

   Ephemere   
11/2/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour, à l'inverse je ne l'ai pas ressenti comme une poésie. A part la fin, il y a peu de mots qui font rêver, voler les oiseaux mêmes migrateurs.
Des mots trop crus, banals "envie viscérale"...
Je ne juge pas le texte mais le poème.
FMR

   Anonyme   
26/8/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est tout simplement magnifique et ça traduit parfaitement la réalité de ceux qui souffrent de la "la maladie de fuir". En ce sens ce poème est un aussi un témoignage aussi précieux que rare.

   Anonyme   
10/6/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Cela commençait très bien, des mots courts, fluides, et puis brusquement un flot intense de mots répétitifs d'une situation qui exprime ce besoin de "fuir'. Il en est bien trop fait, cela à la longue devient ennuyeux, un peu rébarbatif. Cela n'a rien d'un slam, ni d'une chanson, et ce n'est surtout pas poétique.

Avec des phrases plus courtes, plus structurées, plus mélodiques, plus poétiques, je pense que le texte aurait été plus riche, plus intéressant, car il est exprimé ici un malaise profond qui devient obsédant.

Je trouve, pour ma part, que vous n'avez pas eu tout à fait la bonne manière de faire, c'est bien plus un écrit parlé, une analyse sur ce phénomène qui vous tenaille. Vous n'avez pas réussi à faire partager votre ressenti.


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