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Poésie contemporaine
newman : Vision
 Publié le 20/06/14  -  11 commentaires  -  2287 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur

Poésie allégorique.


Vision



Des outils pour les voiles au fond des pépites
Et des chariots remplis par une effervescence
Des ombres incongrues aux flammes qui crépitent
Dans un jardin conquis par son arborescence

La roulette russe qui a loupé sa mise
Sur la table marbrée dans un recoin de bouge
Avec des lettres de noblesse mal apprises
Quand ses concitoyens lèvent le Livre Rouge

Des espoirs en allés visiter des comètes
Dans un espace océan et ses lueurs de nuit
Au paradoxe éteint qui cherche une planète
Dans le lien de ses cordes la fleur au fusil

Un chien de basse-cour qui se prend pour Einstein
Sous l'éclair de la rampe quand il pleure aux abois
Et se mathématise à éponger sa peine
Assis sur du fumier comme un trône de roi

Le vent de la coupole a débranché les arbres
Dans la forêt mythique en quatre-vingt-dix-neuf
Quelque part ou ailleurs c'est un panier de crabes
Repliés eux-mêmes comme un poussin dans l'œuf

La mer a voyagé dans le creux de ses lames
Quand ce rafiot au loin nous joue une sirène
Pour séduire le cœur laminé de ces femmes
Agenouillées en pleurs sur un mât de misaine

À Paname les fleurs se lèvent des trottoirs
Sous le ciment pavé de la butte Montmartre
À la une publique un grand journal du soir
Peut distraire au matin quelques statues d'albâtre

Cette horloge du temps qui scrute ses aiguilles
Pour un vieux languissant dans un lit de hasard
Qui attend tendrement son dernier jour de quille
Une larme de sang collée au teint blafard

Ces passants de la rue qu'ils ne mendiassent plus
C'est pour plus tard peut-être en l'an soixante mille
Quand la pluie suintera des perles inconnues
D'une pure beauté sur la gorge des filles

Nous mettrons de la laine aux sabots des chevaux
Des œillères de cuir à ces chasseurs d'oiseaux
Un parfum aquatique aux ailes des bateaux
Des rubans de satin aux glaives des bourreaux

Quand le vent couchera son dernier champ de blé
Quand la lune rouge ne battra plus les cils
Quand le soleil ardent ne sera plus doré
On pourra s'échapper le cul sur une autre île.



 
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   Anonyme   
20/6/2014
C'est un véritable feu d'artifice votre poème.
Ça part dans tous les sens dans l'obscurité.
J'ai ici l'impression que les vers sont interchangeables et qu'ils pourraient être combinés d'une strophe à l'autre. Ça ne changerait de toute façon rien à ma compréhension.
Le gros problème étant qu'il n'y a aucun fil conducteur.

Soyons sérieux un moment : " le vent de la coupole a débranché tous les arbres" ???
Ex parmi tant d'autre.
Je dois être trop terre à terre.

Edit : Je me rends compte que je vous avais laissé un commentaire totalement à coté de la plaque et j'en suis désolé. C'est tout simplement dû à une lecture très superficielle de ma part.

   myndie   
7/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a dans ce texte un cheminement particulier, une sensibilité finement exprimée par l'observation de tous ces espaces traversés.

C'est une poésie d'atmosphère plutôt qu'une poésie de confidence, qui parle à l'intellect avant de parler aux sens. J'ai été agréablement surprise de ressentir d'abord un plaisir cérébral, de me sentir capturée par les mots, et puis d'être saisie par la force poétique qui traverse le poème dans son ensemble. (Notamment cette strophe
« Cette horloge du temps qui scrute ses aiguilles
Pour un vieux languissant dans un lit de hasard
Qui attend tendrement son dernier jour de quille
Une larme de sang collée au teint blafard"
que je trouve particulièrement riche).

Un poème à tiroirs que j'ai lu plusieurs fois avant de me dire qu'il y a finalement différentes façons de l'appréhender. Avec ses indéniables qualités d'écriture, je lui trouve aussi un air de chanson « rive gauche ». Et je pourrais tout aussi aisément le regarder comme un tableau abstrait. De l'art abstrait qui nous souffle des visions que l'on pressent terribles.

Deux bémols cependant:les maladroits « mandiassent » et le dernier vers qui "cassent" l'élégance de tout le reste.

   Anonyme   
20/6/2014
Bonjour newman

J'ai l'impression de découvrir un premier jet inédit de Léo Ferré

Rédigé en dodécasyllabes insoucieux de la césure et de la règle de d'élision des (e) muets, il peut d'ailleurs se fredonner sur plusieurs de ses mélodies.
Par exemple sur celle de "Les Poètes"

On y retrouve des expressions qui lui sont familières comme "un lit de hasard"
dans une des plus belles strophes de ce poème

"Cette horloge du temps qui scrute ses aiguilles
Pour un vieux languissant dans un lit de hasard
Qui attend tendrement son dernier jour de quille
Une larme de sang collée au teint blafard"

On y trouve des accents soixante-huitards,

"Le Livre Rouge,

À Paname les fleurs se lèvent des trottoirs
Sous le ciment pavé de la butte Montmartre,

Nous mettrons de la laine aux sabots des chevaux
Des œillères de cuir à ces chasseurs d'oiseaux
Un parfum aquatique aux ailes des bateaux
Des rubans de satin aux glaives des bourreaux"

Mais ces accents sont souvent déanchantés

"Des espoirs en allés visiter des comètes
Dans un espace océan et ses lueurs de nuit
Au paradoxe éteint qui cherche une planète
Dans le lien de ses cordes la fleur au fusil"

Merci Newman, j'ai passé du bon temps sur votre long poème et j'en passerai encore car il a un comme un petit goût de revenez-y

   Anonyme   
20/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Newman.
Je suis enchantée par la lecture de votre poème. D'abord la musicalité est très belle et puis grande adepte de la métaphore, je n'ai aucune difficulté à transformer vos mots en images.
Bien sûr, votre poème mérite plusieurs lectures attentives et c'est vraiment un cadeau que vous nous faites là.
Merci beaucoup.

   troupi   
20/6/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour.

Ce n'est certes pas à la première lecture qu'on risque de tirer toute la quintessence d'un tel texte.
Si l'auteur m'affirmait qu'il ne connait pas Léo Ferré je serais franchement surpris tant l'influence de cet auteur me semble présente.
Un com dit que ça part dans tous les sens, ce n'est pas faux à la première lecture, mais ce constat est aussi vrai pour les textes de Ferré et participe de cette influence que je trouve.
Je pense néanmoins que l'auteur pourrait nous présenter un fil conducteur.
A ma troisième lecture je suis de plus en plus séduit, intéressé,
C'est excellent. Nombre de métaphores nous emportent et rien de plus agréable que de se laisser embarquer dans ce voyage.

   Anonyme   
20/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Newman,

Chaque strophe est d'une beauté, de belles images et une lecture mélodieuse. Au départ j'étais un peu perplexe que les strophes n'aient pas de fil conducteur. Mais en réfléchissant pourquoi ces 11 strophes raconteraient qu'une seule histoire, ce n'est pas obligé.
Un poème surprenant.

   margueritec   
21/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le poème porte bien son titre, mais je n'ai pas été entraînée dans cette vision ? Que me manque-t-il ? Peut-être pas assez de surprise dans les alliances de mots malgré " ombres incongrues" et le "paradoxe éteint".

   Cat   
21/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Newman,

Un très beau poème à lire et relire pour s’imprégner de toutes les métaphores, de toute la beauté des visions qu’il livre strophe après strophe, image après image…

Merci du voyage.
A vous relire

Cat
Partie visiter les comètes de l’espoir

   RB   
21/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Newman,

Assez d'accord avec les commentaires qui précèdent. Ferré, l'usage du subjonctif (accentuation pour créer un effet péjoratif ?) et ce cul qui traîne à la fin. Pas nécessaire, selon moi, dans cette balade d'images et de mots qui bouleversent, agacent un peu parfois, suggèrent le dégoût, l'excès mais qui fascinent et qui, tout en étant absurdes, noirs, cruels,... ne sont pas désepérés. Vous m'emmenez depuis quelques semaines dans ce texte grâce à l'E.L. et j'y découvre chaque jour une nouvelle lecture, je veux dire des nouvelles voies d'évocation en moi. Merci de ces portes entrouvertes.

   Anonyme   
21/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Newman,

Ce texte me semble d’un hermétisme un poil prétentieux, dont le premier vers donne le ton :
« Des outils pour les voiles au fond des pépites »

Une autre pépite :
«Au paradoxe éteint qui cherche une planète
Dans le lien de ses cordes la fleur au fusil »

Un alignement de visions ne suffit pas à créer un thème. Je n’ai pas compris ce que l’auteur voulait me dire. Je reste sur une totale incohérence des métaphores utilisées. Je ne comprends pas, par exemple, la métaphore des arbres en 99, du panier de crabes et du poussin dans l’œuf. Pas compris non plus l’histoire de la sirène qui voudrait séduire des femmes de marins qui ont péri en mer. Calypso qui drague Pénélope ? Quelle est la symbolique d’une femme qui se laisse séduire par une sirène ?? Je sais qu’on a fait des progrès en termes de séduction, mais l’image me paraît ici totalement trouble, morbide, et inadaptée. Je me demande si l’auteur n’a pas voulu dire « réconforter les femmes » plutôt que « séduire les femmes ».

Entre les mines d’or (enfin, je crois), La Révolution russe d’Octobre ?, La noblesse de Nicolas II ?, le livre rouge de Mao ?, le chien d’Einstein ?, la coupole de l’Académie ?, les femmes de marins, les pavés de Mai 68, les mendiants, etc…, je ressors avec le mal de mer, complètement brassé par des vagues de quinze mètres. J’aime bien les devinettes, mais quand le problème est bien posé.

Je note certaines maladresses comme le pléonasme :
« Qui attend tendrement son dernier jour de quille »

Ou le verbe « suinter » rendu transitif :
« Quand la pluie suintera des perles inconnues »

Ou la répétition : « lames / laminé »

Ou encore un vers particulièrement ronflant pour dire si peu :
« Un parfum aquatique aux ailes des bateaux »
Difficile en effet de trouver plus banal qu’un « parfum aquatique » quand on est sur un bateau.

Et encore, des rimes qui n’en sont pas : mille / filles.

Au total, un lexique qui me paraît souvent approximatif pour exprimer ce qu’il veut dire.
J’essaie de ne pas penser à ce que vient faire un imparfait du subjonctif dans cette galère (mendiassent).

Et pour finir :
« On pourra s'échapper le cul sur une autre île. »
Enfin un peu d’air.

Ludi
Le cul par terre

   Arielle   
21/6/2014
 a aimé ce texte 
Pas
Aurais-je sous les yeux une allégorie de la fin de ce monde ? C'est ce que semble me dire le dernier quatrain mais quel bazar dans cette apocalypse !
Je veux bien que le narrateur soit une espèce de visionnaire à qui rien n'échappe mais j'ai beaucoup de mal à suivre son regard et à mettre dans le même panier les crabes et les poussins sans parler de tout le reste.

Sans me prendre pour Einstein je dois avoir quelque chose du chien de basse-cour qui ne parvient pas à voir plus haut que sa truffe.
Je suis vraiment désolée mais je n'ai pas été impressionnée du tout par ce méli-mélo,
très mélo d'ailleurs"le cœur laminé de ces femmes
Agenouillées en pleurs sur un mât de misaine"
J'ai mal pour elles !

Dommage, j'aimais bien "Cette horloge du temps qui scrute ses aiguilles" mais c'est un peu peu pour me convaincre !


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