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Poésie contemporaine
NoraHault76 : Souviens-toi
 Publié le 08/10/26  -  3 commentaires  -  703 caractères  -  24 lectures    Autres textes du même auteur

« La bonté de l'âme est une force tranquille ; on peut tout lui demander, sauf de renoncer à elle-même. »
(George Sand, Correspondance)


Souviens-toi



Si tu crois, homme alpha, que tu peux être un roi
Méprisant d’un regard la parole perfide,
Souviens-toi : fragile est ma bonté, pas ma foi.

Si ma peau sous tes yeux devient alors livide,
Quand ton geste poli masque un ton bien moqueur,
Souviens-toi : fragile est ma bonté qui me guide.

Si ton orgueil blessé s'étouffe de rancœur,
Produisant le chaos au bistrot des infâmes,
Souviens-toi : fragile est ma bonté, pas mon cœur.

Si ton éclat s'exclame en haine puis en blâme
Pour rejeter sur moi ce si lourd fardeau,
Souviens-toi : fragile est ma bonté, pas mon âme.

On ne sculpte pas l’eau sous le coup d’un marteau.


 
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   Pussicat   
22/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une terza rima morale, avec un vers refrain changeant, sous forme d'avertissement, de sermon : fais gaffe, prends garde à toi ! j’ai eu l’impression d’être sous le coup d’une gifle à chaque vers - malgré le genre défini de la cible ;) (et puis je ne suis pas meneuse, ni moqueuse encore moins orgueilleuse), trèfle de plaisanterie...

"Méprisant d’un regard la parole perfide," / n’y aurait-il pas un paradoxe ici ? L’homme alpha ne mépriserait pas la parole perfide mais la porterait, non ?

La reprise de ma / me / ma / mon / finit pas lasser…
dans le deuxième tercet : « alors / bien » viennent compléter le rythme trop visiblement .

"Si ton éclat s'exclame en haine puis en blâme" / le choix « éclat » est-il judicieux ?

"On ne sculpte pas l’eau sous le coup d’un marteau." / ce derniers vers est magnifique, au pluriel peut-être ? sous les coups. Il renvoie à ces mots de Paulo Coelho :
« Ce n’est pas le marteau qui a rendu ces pierres si parfaites, mais l’eau, avec sa douceur, sa danse et sa chanson. Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter. » 

Commentaires en EL

   jf2   
8/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
L'idée est intéressante, une caricature du mâle alpha.

La forme est bien tenue avec des rimes riches.

Cependant je trouve le poème quelque peu inconsistant.

En suivant l'ordre du texte :

Méprisant d’un regard la parole perfide,
Ce vers semble être un contresens.

Fragile est ma bonté
Contresens par rapport au vers de George Sand :
« La bonté de l'âme est une force tranquille ; on peut tout lui demander, sauf de renoncer à elle-même. »
Que vous avez placé en exergue du texte

Les "Souviens toi" sont intéressants mais la deuxième partie de ces vers semble plus guidée par la rime que par un lien avec la strophe qui les contiennent.

Si ma peau sous tes yeux devient alors livide,
Pourquoi livide ? rime ?

Produisant le chaos au bistrot des infâmes,
Le pauvre mâle alpha devient infâme, n'est pas un peu trop caricatural ?

Pour rejeter sur moi ce si lourd fardeau,
De quel fardeau s'agit-il ?

La chute est bien trouvée et cohérente avec le texte.

En résumé, je dirais, une bonne idée exprimée de manière un peu trop caricatural à mon goût et surtout des problèmes de cohérence interne qui gâchent un peu la lecture.

Je me demande d'ailleurs si le choix d'une terza rima qui contraint beaucoup les rimes était bien judicieux, une forme plus libre aurait permis à l'auteur de mieux s'exprimer.

   Polza   
8/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
J’ai trouvé qu’il y avait un petit quelque chose de « If » (pas le conifère) dans votre poème.

Plus particulièrement dans le premier vers

« Si tu crois, homme alpha, que tu peux être un roi »

« Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, »

Les « si » (qui coupent du bois) entamant chaque tercet ont sûrement aidé à me faire penser à ce célèbre poème de Kipling !

Dans la construction (je dis les choses comme ça vient, pas forcément dans l’ordre), j’ai le sentiment que vous n’avez pas trouvé une rime avec « perfide et livide » qui vous aurait permis de tenir votre leitmotiv « Souviens-toi : fragile est ma bonté, pas… » d’où le changement soudain en « qui me guide » au lieu de « pas mon/ma »… ça me donne l’impression que vous avez « bidouillé » comme vous pouviez, cela crée une rupture qui m’a gêné !

« Si ma peau sous tes yeux devient alors livide,

Quand ton geste poli masque un ton bien moqueur, »

Je n’ai pas trouvé que le « alors » tombait sous le sens, un « soudain livide » m’aurait apparu plus logique…

« Si ton orgueil blessé s’étouffe de rancœur,

Produisant le chaos au bistrot des infâmes, »

« chaozobistro » peut-être la sonorité aurait pu être améliorée dans ce vers…

« Si ton éclat s’exclame en haine puis en blâme

Pour rejeter sur moi ce si lourd fardeau, »

Je pense qu’il s’agit d’une erreur de relecture de votre part, vous avez un vers de 11 syllabes…

« On ne sculpte pas l’eau sous le coup d’un marteau. »

J’ai beaucoup aimé cette chute métaphorique et poétique…

Dans l’ensemble, malgré les quelques imperfections (selon moi), j’ai plutôt bien aimé cette image d’une femme qui s’affirme, qui nous dit plus ou moins : « Sous mon sein la grenade »


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