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Chansons et Slams
Robertus : Dehors et Dedans
 Publié le 09/10/26  -  4 commentaires  -  2615 caractères  -  45 lectures    Autres textes du même auteur

Slam qui parle de l'addiction aux écrans.


Dehors et Dedans



Ils t'ont frappé trop fort et trop souvent
Elles t'ont dit des mots
Qui n'en sortiront pas de ton âme avant longtemps

Et tu n'as pas le recul suffisant
Le recul suffisant

Tu veux disparaître
Ne plus apparaître
Ne plus être







Tu baisses les armes contre Dehors
Dehors c'est trop froid
Dehors c'est trop fort
Pour toi

Dehors
Il n'y a que de la haine

Pour toi
Derrière la porte c'est l'escadron des menaces humaines
Des poumons gonflés de venin
Des doigts crispés rassemblés en poings







Tu cherches quelque chose pour faire écran
Tu cherches quelque chose qui console vraiment

Pour bien faire tu prends les deux

La console et l'écran

Le cœur en position fœtale
Tu cherches où rebrancher le cordon ombilical
Tu retournes dans le ventre d'une mère
Digitale

Derrière les parois de pixels
Dans le liquide informatique
Tu n'entends plus les bruits de ce monde cruel

Alors tu crois bien faire
En restant Dedans
Bien plus longtemps que nécessaire
Bien plus longtemps que nécessaire







Tu dresses devant toi
Des mondes rectangulaires
La réalité ne te suffit pas
Elle ne fait plus l'affaire
Elle est trop rapide
Trop dure
Trop chère
Elle sent le pétrole distillé
Le goudron étalé sous les Hommes
La réalité
Elle a un gros trou dans sa couche d'ozone
Elle écrase les plus fragiles
Elle oublie qu'on a tous été façonnés
Dans la même argile
Elle a des inégalités raciales
Des bruits de machines infernales
Qui font fuir les animaux
Elle a des montagnes de plastique dans ses eaux








Tu cherches quelque chose pour faire écran
Tu cherches quelque chose qui console vraiment

Pour bien faire tu prends les deux

La console et l'écran

Le cœur en position fœtale
Tu cherches où rebrancher le cordon ombilical
Tu retournes dans le ventre d'une mère
Digitale

Derrière les parois de pixels
Dans le liquide informatique
Tu n'entends plus les bruits de ce monde cruel

Alors tu crois bien faire
En restant Dedans
Bien plus longtemps que nécessaire
Bien plus longtemps que nécessaire
Bien plus longtemps que nécessaire
Bien plus longtemps que nécessaire…


 
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   Pussicat   
26/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
le texte :
ils / elles : je suis dans l’ambiguïté
« Qui n'en sortiront pas de ton âme avant longtemps »
la construction demande des lectures

« Et tu n'as pas le recul suffisant
Le recul suffisant »
j’aime assez la répétition, que je pratique aussi ; ce qui me ressemble est lisible
maintenant l’exergue a révélé, trop, rha !

« Dehors
Il n'y a que de la haine »
j’aime ce vers que j’aurais accentué dans sa violence

le dehors c’est l’agression du réel
le dedans c’est l’intimé ravagée/reconstruite par la virtuel

« Pour toi
Derrière la porte c'est l'escadrons des menaces humaines
Des poumons gonflés de venin
Des doigts crispés rassemblés en poings »
dommage, l’explicite gâche, basta les fautes ça se corrige

Je m’arrête ici, la suite est une dénonciation de… un jeu de mots tente de me raccrocher : « Tu cherche quelque chose qui console vraiment

Pour bien faire tu prends les deux

La console et l'écran »

C’est un slam, d’accord, mais l’écriture peut elle dépasser la forme ?

Forme
j’ai cherché la mise en page, ces trouées dans l’espace, puis je me suis dit : dehors, dedans, hors texte, il y a quelque chose dans cet espace, dans ce blanc
je le pratique dans certains de mes textes, je peux comprendre

Pourquoi ne pas avoir rédigé le texte en prose, très peu de poésie, d’envolées, d’éclats qui vient frapper, choquer… c’est un slam.

Commentaire EL

   LeChevalier   
9/10/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Le texte a bien la forme d'une chanson, avec les répétitions (dont les rimes) que la musique nécessite. Je n'ai aucune idée de comment cela peut être chanté réellement, mais sans doute une mélodie qui alterne des passages lents et mélancoliques avec des explosions plus radicales, peut-être des passages sans chant aussi… Moi, je ne peux commenter que le texte.

En général, je n'apprécie pas les textes à la deuxième personne du singulier car je les trouve autoritaires et trop didactiques. Pourtant, leurs apparitions périodiques sur le site me font penser qu'il existe, peut-être, une mode de ce type d'écriture ; ceci me pousse à être moins critique. N'empêche que j'aurais aimé qu'il y eût des passages à la 1ère personne du pluriel, par exemple, pour que le je paraisse s'interroger sur lui-même, plutôt que de seulement analyser ce pauvre tu.

D'un point de vue narratif, je trouve le texte clair. On comprend l' « histoire », si j'ose dire : avec sa situation initiale, son élément perturbateur etc. Au début, l'écriture est naïve, comme il convient à un texte de chanson, mais l'alignement « disparaître/ne plus apparaître » me semble quand même excessif dans cette naïveté. En revanche, j'ai aimé les jolis jeux de mots dans « quelque chose pour faire écran » et « quelque chose qui console » !

Le groupe qui commence avec « le cœur en position fœtale » me plaît bien, la triple rime y produit un effet intéressant, c'est qu'on s'enfonce de plus en plus.

Par contre, j'ai beaucoup moins aimé le bloc qui commence avec « tu dresses devant toi ». C'est qu'on y évoque un tas de sujets qui remplissent journaux et émissions, je trouve que cela distrait, pour ne pas dire que cela ennuie.

Puisqu'il paraît légitime de critiquer la mise en page aussi, je trouve que le nombre de lignes sautées entre les blocs (8 si j'ai bien compté) est inutilement grand. Je suis curieux de savoir comment ce nombre a été choisi : il y a peut-être un raisonnement qui est plus intéressant que son aboutissement.

Ce n'est pas le commentaire le mieux organisé que j'aie jamais publié, mais j'espère que l'auteur, lui-même commentateur paresseux, me pardonnera. Dans l'ensemble, j'ai bien aimé, bien que je trouve des faiblesses importantes, par endroit, dans ce texte de chanson.

   Provencao   
9/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robertus,

Dans ces Dehors et Dedans, l’écho poétique ajuste une fonction double puisqu’elle est à la fois une allégorie de la forme mais surtout un graffiti des pouvoirs de la création qui émoustille le regard du poète.

Faire émerger dans la fulguration de " Dehors et Dedans "tel est à mon sens le dessein du poète.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   jf2   
9/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une chanson vigoureuse et accrocheuse sans être violente.

La structure est parfaite pour être mise en musique avec refrain et couplets.

Je verrais bien la chanter en RAP, ce serait du meilleur effet.

J’ai beaucoup aimé le refrain avec les images du fœtus.

Quelques reproches, à mon sens :

Le doublon stylistique du troisième vers est difficile à lire même pour une chanson.

J’aime moins les vers :

La réalité
Elle a un gros trou dans sa couche d'ozone
Elle écrase les plus fragiles
Elle oublie qu'on a tous été façonnés
Dans la même argile
Elle a des inégalités raciales
Des bruits de machines infernales
Qui font fuir les animaux
Elle a des montagnes de plastique dans ses eaux

Qui font un peu complainte socialo-écologique ajoutée pour être dans l’air du temps, quelque chose de plus original m’aurait plus satisfait

Mais quand même, pourquoi avoir donné le nom de l’assassin dès la première ligne ?


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