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Poésie libre
OiseauLyre : Au commencement
 Publié le 27/02/16  -  7 commentaires  -  2408 caractères  -  163 lectures    Autres textes du même auteur

J'ai aimé mythifier la genèse de ma poésie.


Au commencement



Le soleil était une bête gisante égorgée parmi un troupeau de milliers
ainsi venait la nuit
ambiguë attirée par la longue plainte du coucher

il venait de poignarder ce soleil et s'apprêtait à se confesser

je l'attendais depuis l'aube
comme un braconnier
mon glaive était l'impatience de ma jeunesse

et il se traîna dans la nuit avide
ses mains tachées de crépuscule brillaient de culpabilité
il se mit à débattre avec les brises qui venaient à lui tenta même de s'expliquer
mais sa voix se perdait au milieu des pleureuses
il se rappela comment il voulait déborder le jour
dérober quelques instants la mélancolie aux soleils mourants sentir frissonner son bras assassin
il aspirait à dévoiler l'horizon
alors il se rendit
en haut de grandes cimes sur le bord de petites mers
se glissa
caché par les plis du jour
et frappa

il venait de pénétrer au-delà de la lassitude du matin

je me faufile
la nuit est grande et dure en gros morceaux
au bout d'une fissure se trouve peut-être demain ou peut-être autre chose
il n'y a ici que la mer et la nuit
le jour dissous dans l'eau bouillante les relents phosphorescents et turquoise de nos errances
je songe
je songe aux rêves qui se balancent sous l'œil balafré de cette nuit
aux aubes carnivores
à mes heures que je parierai chez un voleur de volcans
je songe
mon inquiétude irresponsable est devenue mon ombre mais qu'importe
je recherche la loyauté du vent
je ferai appel à sa sagesse à son bonheur de poète
car les orages qui gronderont rimeront avec mes vers
et maintenant que j'erre
au milieu de ces nuits malfamées
accroché à mes vaisseaux de papier
je le ferai parler
je grifferai son mouvement et son harmonie
il s'arrêtera pour insulter mes mots

il s'est mis à évoquer des lieux où il n'était jamais allé
les aubes grelottantes des mers septentrionales
les étoiles anthracite des nuits idolâtres de myrtilles
les soleils topazes
les seins trop visibles de lunes mystificatrices
la tarentule séculaire des bribes
les crachats verdâtres d'un coucher grossier
joyeusement
dans un vacarme en bouteille d'océans de carton et de continents de sel

et un souffle vint à lui.


 
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   Mauron   
13/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quelle fougue! Vous avez bien fait, très bien fait de "mythifier" ce d'où vient votre poésie. Dommage que ces deux "frères ennemis" qui vous habitent et que vous décrivez si magnifiquement, ne dialoguent ou ne se rencontrent pas davantage, du moins pour s'affronter... Je vous conseille d'aller lire ou relire Michaux qui sait si bien "mythifier" les forces obscures qui l'habitent. La poésie d'ailleurs, c'est cela, donner à voir par des images ce qui serait resté abstrait sans elle. Néanmoins, ces deux personnages non seulement ne se rencontrent pas vraiment, mais ils restent eux-mêmes trop abstraits, le lecteur ne les voit pas assez, ils restent trop des "clichés"...

Des bonheurs d'écriture et des images très justes et très personnelles. "il venait de pénétrer au-delà de la lassitude du matin" par exemple.

J'aime aussi votre jeu sur les temps, cette irrégularité parfois qui vient donner du jeu aux événements. Ce passage au présent et au passé composé, auquel succède le passé simple final.

   Anonyme   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,
J'ai apprécié la lecture de votre poème et surtout la seconde partie qui commence ainsi :
'je me faufile
la nuit est grande et dure en gros morceaux', seconde partie où en quelque sorte vous entrez en jeu (je).
Le début du poème m'apparait un peu plus confus dans les images.
Votre façon de personnifier les choses pour interroger le monde plutôt que d'en débattre est intéressante.
En attendant de vous lire à nouveau.

   Lylah   
27/2/2016
Bonjour,

Désolée mais je n'ai pas vraiment accroché malgré plusieurs lectures.
L'emploi du passé simple, du présent, de l'imparfait, du futur m'ont un peu perdue.
J'avoue n'avoir pas bien saisi de quoi il s'agissait malgré la phrase de présentation.
Qui est "il ", qui est "je" ?
Et certaines images m'ont semblé peu claires ou peu harmonieuses comme :
"Le soleil était une bête gisante égorgée parmi un troupeau de milliers"
"la tarentule séculaire des bribes
les crachats verdâtres d'un coucher grossier "
"mon glaive était l'impatience de ma jeunesse"


En revanche, j'ai bien aimé :

"ses mains tachées de crépuscule"
"dérober quelques instants la mélancolie aux soleils mourants "
"accroché à mes vaisseaux de papier"
"les étoiles anthracite des nuits idolâtres de myrtilles"

   Pussicat   
27/2/2016
Quel lyrisme OiseauLyre ! Quelles envolées lyriques ! Votre poème m'a embarquée, vers quoi, ça je ne le sais pas mais je n'y suis pas restée insensible. Quelques critiques peut-être...

Je regrette le manque de rejet(s) sur quelques vers ( comme votre texte s'abstient de toutes ponctuations ), j'ai eu du mal à vous suivre parfois, comme ici :
"il se mit à débattre avec les brises qui venaient à lui / tenta même de s'expliquer"
"dérober quelques instants la mélancolie aux soleils mourants / sentir frissonner son bras assassin"

et d'autres sont peut-être inutiles comme :
"alors il se rendit
en haut de grandes cimes sur le bord de petites mers"

Une belle première partie avec cette entame magnifique :
"Le soleil était une bête gisante égorgée parmi un troupeau de milliers
ainsi venait la nuit
ambiguë attirée par la longue plainte du coucher" : j'aime !

Le changement de temps, passé simple, imparfait, présent, peut dérouter le lecteur, et j'avoue l'avoir été. Pas simple de suivre le fil de cette création poétique...
je ne sais pas pourquoi, votre texte a résonné en moi de cette façon, comme un fil attaché à deux ensembles et qui vibre... alors parfois il n'est pas utile de chercher le pourquoi du comment.

Une question : "le jour dissous dans l'eau bouillante les relents..."
comment lire "dissous" ? N'y a t-il pas faute ? Ne faudrait-il pas écrire : "le jour dissout..." ?

J'ai aimé,
à bientôt de vous lire,

   Anonyme   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème plutôt mystique sur les origines de l'Univers, entre jour et nuit. Au commencement était le ciel, donc. Il y eut certainement un soleil (une étoile), puis deux, et ainsi de suite...

Derrière tout ça se cache une conscience ("et un souffle vint à lui")...

Voilà un poème propice à la réflexion...

Les images sont sublimes.

Wall-E

   emilia   
27/2/2016
Un souffle indéniablement poétique d’une imagination fertile, mais que le lecteur peine à suivre ; je m’interroge aussi sur ce « il » « aux bras assassins » qui poignarde le soleil face au « je » braconnier, à l’impatiente jeunesse, qui aspire à rechercher « la loyauté du vent » pour « faire appel à sa sagesse à son bonheur de poète »… dans une volonté d’affrontement (griffer/insulter) et de confrontation duelle…

   Pouet   
1/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai trouvé une certaine force à ce poème, du souffle.

Parfois de belles images comme par exemple "ses mains tâchées de crépuscule brillaient de culpabilité" ou "aux aubes carnivores", "les soleils topaze" "la nuit est grande et dure en gros morceaux"... D'autres encore...

Quelques passages moins forts à mon goût et des répétitions plus ou moins gênantes: "soleil", "nuit", "aube" etc etc...

Si ce texte avait écrit d'un jet je ne serais pas étonné.

Pour ma part, cela fonctionne, une belle capacité d'évocation.

On ressent le plaisir de l'auteur à avoir écrit cela et du coup le lecteur que je suis en prend aussi.


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