Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
papipoete : Fin de vie
 Publié le 12/09/21  -  18 commentaires  -  1372 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur

Au bord de la route, dans un pré…


Fin de vie



À quoi ressemblait ce décor
quand naquit ce vénérable saule ?
Graine germée d’un chaton,
ou bouture plantée
par un paysan ?
Pour croître au moins durant cent ans…

Il put, frêle arbrisseau,
frémir sous les sabots
de chevaux comtois
ou d’imposants taureaux,

voir passer
les hordes aux casques à pointes
« vert-de-gris ».

Connaître l’invincible armada
d’engins mécaniques
broyant sous leurs chenilles
la moindre vie ?

Chanceux, sain et sauf
prendre son essor
se hisser
vers le ciel.

Sous son ombre,
des animaux s’abritèrent
grattant leur cuir
à son écorce craquelée.




Respectable,
son tronc éventré
par les assauts du temps,
du chancre et autres ennemis,
n‘est plus qu’une crevasse noirâtre ;
une pauvre cuirasse
aux branches trop lourdes
pourfendue par le glaive
du grand âge.

Une folle bourrasque
a malmené l’infirme au feuillage blanc,
et l’a fait vaciller.
Depuis une semaine
il retient à l’envers sa ramure
sur ses moignons mutilés.

Ce matin
non loin des barbelés
les bras du vieux saule
ont lâché.

Il gît,
au ras du pré
son feuillage blanc
mêlé à l’herbe verte.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   dom1   
27/8/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle envolée espiègle qui évalue à sa façon, belle façon, une existence, qui, comme toutes les existences, prend fin lorsque le moment en est venu. Bel écrit, beau moment de lecture...

   Corto   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le sort de "ce vénérable saule" attire l'attention. Le mystère que gardent les arbres dont on ne connait pas l'histoire est bien décrite. Ce poème pourrait être inspiré d'un tableau.

On ne peut s'empêcher de penser qu'un arbre devrait avoir un destin éternel tellement il nous impressionne, nous protège, nous séduit.

Il peut aussi avoir une valeur symbolique importante comme dans ces familles où l'on plante un arbre à la naissance d'un nouvel enfant.

Ainsi l'histoire de ce saule nous est inconnue, arbre qui nous inspire un retour vers le passé, fut-il compliqué ou violent. Elle provoque intérêt et réflexion.

Salut à toi arbre qui "gît, au ras du pré".
Un texte qui se laisse relire avec plaisir et sûrement nostalgie.

Corto en EL.

Edit du 12.09 pour suppression de remarque devenue inutile.

   Lebarde   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour papipoete

Vous voilà engagé dans le registre du libre dans lequel vous excellez.
Mais en confidence savez vous que dans la catégorie classique vous n’étiez pas mal non plus.

Ce qui ne change pas ce sont les sujets traités toujours proches de la nature et de la vie où s’exprime toujours votre sensibilité touchante.

Ici c’est l’histoire d’un saule qui depuis sa naissance a connu toutes les vicissitudes de sa longue existence pour la terminer tristement sous l'assaut d’une bourrasque dans l’herbe tendre d’un pré.
Image que je prends comme le signe d’un renouveau naturel auquel la pourriture de ses branches participera.
Le cycle immuable de la vie en somme.

Je n’ai pas la compétence pour juger de la forme mais la lecture du poème est plaisante et fluide.
Avec de beaux vers, de belles rimes, des strophes bien équilibrées cette élégante poésie aurait eu aussi « de la gueule ». Mais…vous délaissez le classique c’est dommage.
Je sais pourtant l’apprécier dans l’état.
Merci
Lebarde

   Annick   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On aimerait lire sur les feuilles de cet arbre vénérable comme dans un livre ouvert ce qu'il a vu, senti, ressenti... La petite et la grande Histoire.
Ce saule personnifié semble avoir vécu ce que vivent les humains. Il est comme notre trisaïeul que nous voudrions interroger sur sa vie passée, pour retrouver nos "racines".

La deuxième partie décrit l'agonie et la mort du vieux saule.

Métaphores et personnifications insufflent à cette déchéance une certaine grandeur et nous rappellent notre propre destinée.

Il me plait de rêver que quelqu'un pourrait sauver quelques branches de la décomposition pour les transformer en boîte à secrets et pour y ranger des poèmes....
En l'occurrence, celui-ci, en hommage à la nature qui nous ressemble.

Merci papipoete pour ce beau poème.

   Luz   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour papipoete,

C’est une bien belle poésie sur la vie et la mort d’un arbre ; le destin également de chacun d’entre nous, né de hasard, traversant les aléas de l’existence : guerres, accidents ou maladie, pour finir usé au bord d’un champ.
J’aime beaucoup :
"une pauvre cuirasse
aux branches trop lourdes
pourfendue par le glaive
du grand âge".
Souvent, au milieu des prés, se dresse un arbre solitaire qui a forcément une histoire particulière. Parfois, le propriétaire le laisse se dessécher, ne le coupant pas ; une sorte de relique, un ami, un nid de souvenirs…
Merci.

Luz

   Vincendix   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Papipoete,
Un texte que j'aurais préféré plus classique mais il exprime bien la fin de vie de ce saule centenaire, un bel âge pour cette espèce.
Il a été témoin de tellement d'évènements, heureux et malheureux mais il n'a pas résisté à l'assaut du vent, de l'humidité et d'autres atteintes. C'est ce qui nous attend, un jour ou l'autre...
Vincent

   AlexisGarcia   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour papipoète,
Ce texte est agréable à lire, c'est indéniable. Mais j'y vois peu d'originalité. Je suis surtout très déçu par la promesse non tenue du titre. J'attendais un texte fort sur la condition humaine, je découvre une composition maîtrisée certes, mais sur la condition végétale ! Les hommes ne sont présents (hormis le paysan, il est vrai) que comme agresseurs. La métaphore guerrière de la "cuirasse" et du "glaive" m'a un peu surpris, mais Lamartine en use dans Jocelyn, alors...

   Myo   
12/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Papipoete

Dans sa réflexion, le narrateur exprime presque de l'empathie pour le vieil arbre qui, après avoir affronter bien des tempêtes et vu tant d'années s'écouler, doit vivre son dernier combat.

Sans doute une forme d'anthropomorphisme.

Voilà un écrit libre qui correspond à ce que j'attends de cette catégorie.
La lecture est aisée, d'une belle rythmique qui ne coupe pas l'élan.

J'aime beaucoup " ..pourfendue par le glaive du grand âge..."

Merci du partage
Bravo

Myo

   Cristale   
13/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour papipoète,

C'est fou comme votre plume libre et bien "élevée" glisse son encre sur les pleins et déliés du script des manuscrits d'antan avec ce naturel qui porte votre signature.

Ce poème est un tableau buccolique et dramatique : avant, après.
Et le saule a vécu ce que vivent les arbres depuis la nuit des temps : être, et ne plus être, sous le regard ému et affectueux de notre poète.

Merci pour cette tendre lecture.
Cristale

   Provencao   
14/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poésie, bel ami papipoete...

J'ai beaucoup aimé ce matin...où l'on réalise que l'existence de ce vénérable saule demeure, à son insu, en lien proche avec cette possibilité qui est sienne de ne plus être respectable, en cette folle bourrasque dont il s'enfonce et à laquelle il sera fauché.


Une finitude. Un destin tracé d'avance.. mêlé à l'herbe verte ...une fin de vie respectueuse rendue possible par votre donation d'une signature recevant cette individualisation "d'une graine germée d'un chaton..."

Merci.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   emilia   
13/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce saule, « vénérable », si proche de l’humain, parvenu à un âge « respectable », après avoir subi « les assauts du temps », n’est plus que l’ombre de lui-même, « pauvre cuirasse / d’infirme au feuillage blanc », qui finit par « vaciller », aux « moignons mutilés » comme un dernier rescapé de la grande guerre, et qui, dans un dernier effort de survie « retient sa ramure à l’envers » avant de « lâcher »prise, tel un condamné, « non loin des barbelés » où, son destin accompli, « il gît au ras du pré » retournant à la terre dont il est né, se mêlant à nouveau à elle, en présage d’un nouveau cycle de vie, augure d’une prochaine renaissance et perpétuation « d’une nouvelle graine prenant son essor… » ; merci à vous Papipoète de souligner de façon sensible, à la fois dans sa fragilité et dans sa grandeur, ce lien si fort entre la vie humaine et celle de la nature, au point de se confondre dans ce récit allégorique bienvenu…

   inconnu1   
13/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pauvre saule fauché par la tempête. Personnellement, j'y vois une métaphore sur la condition humaine et peut être pas seulement sur la condition végétale. Qui est ce saule? Vous en sentez vous proche? Vous nous direz

Bien à vous

   embellie   
16/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Les arbres naissent, vivent et meurent, comme nous.
Il est naturel de comparer leur destin au nôtre, et vous le faites avec un grand talent, en retraçant les principaux événements marquants de nos vies d'humains dont ce saule a été témoin.
Merci pour ce très beau poème.

   Proseuse   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Papipoète,
Ha, comment faire pour ne pas voir dans tes mots un parallèle entre ce tout petit frêle saule qui pousse autant qu'il peut pour grandir et l'espièglerie d'un petit garnement qui apprend pas loin du saule à devenir grand garçon! Bien sûr tu nous parles du saule, des péripéties de sa vie d'arbre, de ce qui a pu le faire frémir, trembler, résister, croître, abriter ou cacher cette petite faune et flore qui était à sa portée et puis ce frêle saule est devenu bien grand puis bien vieux aussi et fatigué au point qu'une bourrasque lui offre le « repos » dans une verte prairie ! Le chemin de vie de l'arbre et de l'Homme ne sont pas si dissociable en fait !
Je te remercie beaucoup Papipoète pour ce poème que je trouve émouvant et très touchant!
j'aime beaucoup

   saintsorlin   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Papipoète,
votre écriture m'embarque dans cette vie de saule qui de ses chatons renaîtra j'en suis sûre. Vous réglez vos comptes avec la bêtise des hommes qui aiment détruire. Les époques passent et la vie s'éteint. Bonne continuation

   Donaldo75   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir papipoète,

J'ai beaucoup aimé ce poème que je redécouvre à chaque lecture. La première partie me semble empreinte de philosophie, ce qui va bien avec la poésie libre je trouve quand elle reste libérée et pas trop didactique. La deuxième partie développe plus de poésie et moins de réflexion instantanée, du moins dans ma lecture et c'est un avis purement personnel, ce qui rend le libre plus proche de la poésie en prose, un genre que j'apprécie particulièrement et qui me semble ardu et exigeant. Bref, cette poésie a conquis mes neurones nocturnes et je t'en remercie.

   Cyrill   
22/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour papipoete,

Un peu tard je reviens sur votre poème, qui a su m'émouvoir.
Ça m'arrive souvent de rêver au sujet d'arbres que je contemple régulièrement dans mes pérégrinations. Pour moi ce sont deux châtaigniers, centenaires au bas mot.
On divague sur leur histoire, on note les changements.
La construction de votre poème est en cela idéale, pour ma lecture.
Entre questions et supputations, jusqu'à la description de cette 'Fin de vie', vous parvenez à faire vivre, ou revivre ce saule mourant, et à communiquer votre tristesse au lecteur que je suis.
C'est très délicat, très réussi, une composition libre qui exploite bien les règles du genre.
Merci.

   Cat   
26/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est merveilleux de pouvoir s'émerveiller d'une « graine germée d'un chaton qui fit naître le vénérable saule ». Il faut être doté d'une bonne dose de bienveillance et de sensibilité pour en arriver là. Ce poème en donne toute la mesure.

Et si c'est toujours triste de voir un grand feuillu qui s'éteint, ton saule, Papipoète, a été témoin de tant de choses, qu'il peut reposer en paix là où il a rejoint la lignée entière de ses aïeux.

Au passage, je trouve que le libre va très bien à ta plume. Avec lui, tu réussis à t'affranchir d'une afféterie trop affichée dans les rimes obligées du Classique pur et dur.

À te lire encore. Merci pour ce bon moment de lecture.


Cat


Oniris Copyright © 2007-2020