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Poésie néo-classique
Phileau : Alcool
 Publié le 19/05/10  -  13 commentaires  -  1281 caractères  -  194 lectures    Autres textes du même auteur

Lorsque l'empire de l'alcool nous fait esclave.


Alcool



Au creux d’un océan où l’ombre transparente
D’un soleil si peureux dépareillait mon corps,
Je suivais d’un œil flou la vague ruisselante
Qui berçait mon esquif au rythme sans effort.

Sous le joug de la bise aux rames incertaines,
Je traversais sans doute un moment de frayeur,
Dans le clapotement des écumes trop vaines,
À l’aube d’un automne où claironnait ma peur.

Mes mains servaient de guide à ma voile peu sûre
Quand des orages forts avaient troublé ma nuit.
Mes planches prenaient l’eau par ma triste blessure,
Et même mon espoir avait claqué mon huis.

Des oiseaux associés avaient comblé les vides
Laissés par le présent comme obstacles divins.
Tous les becs acérés piquaient de mots acides
Mon éternel ego qui s’abreuvait de vins.

Quand l’horizon tournait, je chantais des louanges,
Dansant des pas de valse aux trois temps douloureux.
La barque chavirait sous le regard des anges
Qui riaient sous mon nez de voir mon corps houleux.

Bien après le naufrage, aux aigreurs alcooliques,
Je me suis réveillé dans un bruit de tambour.
La pluie avait pris part aux combats éthyliques
Et brouillait mon regard, en un vaste labour.


 
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   Anonyme   
28/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En terme plus triviaux, ça s'appelle une cuite... Et dans ce cas je doute que les planches ne prennent que l'eau. Ceci étant, le dernier quatrain rend (burp) bien compte de la situation.

   Anonyme   
9/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ! Dur combat que celui-là ! Pourquoi ce texte ne pourrait-il pas être présenté en Classique ? Les alexandrins sont bien tournés, les rimes masculines et féminines se succèdent logiquement, ni hiatus ni erreur qui me saute aux yeux...
Le sujet est intéressant et bien traité. Tout simplement, bravo !

   pieralun   
20/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon texte qui me fait forcément penser au " Bateau Ivre" de Baudelaire (Oups! Pardon.. de Rimbaud. Merci Vazipepe). Un style très fluide, des mots justes bien à leur place et des images sans concession. Seules les rimes peuvent poser un problème; la catégorie "classique" accepte t-elle les associations singulier-pluriel?
Non! Le grand dommage est la 2eme strophe dont le sens reste flou, le style grandiloquent du à un propos dépourvu de ligne franche, et finalement, elle ne résiste pas à une lecture qui l'exclut totalement: essayez vous verrez!
J'ai aimé le reste

   Anonyme   
19/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai beaucoup aimé le rapport mer/alcool.
Car oui, dans la mer (et son champ lexical) on peut trouver des résonances avec l'état d'ivresse et les états d'âmes qui accompagnent cet état.

Des passages vraiment intéressants :
"D’un soleil si peureux dépareillait mon corps,"
"rames incertaines"
"Mes mains servaient de guide à ma voile peu sûre"
"Mes planches prenaient l’eau par ma triste blessure,"
"Des oiseaux associés avaient comblé les vides"

alternent avec des passages plus convenus mais qui ne me gênent absolument pas.
Les passages cités plus haut étant bien distillés tout au long du poème, apportant à chaque fois une force, une vague (houleuse) de sens qui donne envie de poursuivre la lecture.

Ce qui m'interpelle toutefois, c'est la recherche d'un rythme soutenu qui ne correspondrait pas forcément à l'état d'ivresse, et des mouvements océaniques.

Peut-être une manière de s'accrocher.

   LeopoldPartisan   
14/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
pas convaincu à 100 % ni à 40°, c'est le taux minimum d'un bon pur malt...

Je m'explique, c'est presque trop écrit dans la sobriété. En tout les cas, cela ne tangue vraiment guère, cela ne prends guère les proportions d'un excès ni d'une souffrance réelle. L'après ivresse est lui même assez peu terrible, comme trop réfléchi.

Enfin qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse. Et là je crois bien que si nous avons vidé les mêmes flacons, nos breuvages en étaient fort différents.

P.S. je suis devenu vraiment tempérant depuis au moins 25 ans...

   Anonyme   
15/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour
Si l'on excepte le hiatus au premier vers, l'écriture de votre texte est tout à fait correcte. Les alexandrins sont bien balancés. Les rimes au rendez-vous.
Les images sont surprenantes
"l’ombre transparente D’un soleil si peureux"
"Sous le joug de la bise aux rames incertaines"
"Tous les becs acérés piquaient de mots acides
Mon éternel ego qui s’abreuvait de vins"
Elles sont à l'évidence à mettre au compte du délire alcoolique.

Le problème de ce texte, par ailleurs pas trop mal fichu, c'est qu'il fait irrésistiblement penser au Bateau Ivre de Rimbaud. Et qu'il ne supporte pas la comparaison.

   Anonyme   
19/5/2010
 a aimé ce texte 
Pas
Voilà l'exemple type d'une composition prisonnière de ses formules. Du coup bloquage complet de l'émotion qui peut en émaner...juste à mes humbles petits yeux. Pourtant je suis certain qu'il y a de la sincérité là dedans. Le titre"Alcool(s)" m'a attiré du fait de la référence à Apollinaire, mais je n'ai rien trouve ici des sucs espérés.

J'ai l'impression que pour ces mises en forme "classiques" n'importe quel sujet peut faire l'affaire et être juste prétexte à construction.

Je ne comprends pas le projet dans cette manière de s'imposer des carcans, j'essaie mais n'arrive pas à me sortir d'un concept très anecdotique des choses. "océan ", "huis","esquif", "horizon", "ange", "soleil" ffff ...comme tout cela est courru !

Non, bcp trop de maniérisme qui déssert le propos. Ici - de surcroit-c'est le maniérisme d'un maniérisme dont il s'agit. Un anachronisme, également, qui m'empeche me mettre "à l'écoute" dès les premières syllabes.

Je trouve aussi que ce poème n'a pas de fin car le dernier quatrain n'apporte pas une synthése ou une "conclusion ouverte" par rapport à ce qui est narré (et seulement narré hélas) plus haut.

Dsl, tant pis pour moi.

   Arielle   
20/5/2010
Je suis très partagée au sujet de ce poème.
Le beau classicisme de la forme, la pureté et l'originalité de certaines images qui évoquent très bien l'ébriété forceraient mon admiration si cette perfection du poème n'était pas aussi sa plus grande faiblesse.
Cela sonne un peu trop lisse pour sentir vraiment les vapeurs d'alcool ou alors elles se sont évanouies depuis longtemps !
Le vocabulaire, lui-même, me paraît un peu trop recherché (esquif, huis, éternel ego)
Tout est parfaitement construit, léché et ne me semble pas, de ce fait, coller au sujet de manière convaincante. Pour moi, il manque l'émotion et c'est pourquoi je m'abstiendrai de mettre une appréciation.

   Chene   
20/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Phileau

Sur la forme, rien ou presque à redire : sa facture néo-classique est bonne, les rimes sont satisfaisantes.

Sur l'expression poétique et son lien avec le thème du poème. Si je salue l'approche parallèle entre le mouvement de l'océan et l'état éthylique, je ne suis pas convaincu que l'expression bien sage du poème soit la plus adaptée au thème. J'attendais un peu plus de vagues, de roulis, de tangage et de tempête... En somme plus de dérapages verbaux et d'éructations langagières.

Mon ressenti est donc très mitigé au final. Déçu même que la qualité d'écriture ne soit pas à la hauteur : ce n'est pas parce que sur les bouteilles d'alcool il est écrit "à consommer avec modération" que l'écriture ne peut pas se permettre quelques abus... ;)

Chene

   Damy   
22/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Sur le forme, comme Alexandre, je ne vois pas pourquoi ce poème ne figure pas dans la catégorie classique. En tout cas, si néoclassique il est, il en est si proche qu'il me ravit.

Plus qu'une vraie cuite, j'y vois plutôt l'ivresse d'un désespoir profond d'une vieillesse inexorable comme une houle.

Le style (néo-) classique convient alors parfaitement.

Et la gueule de bois réveille nos consciences à travers le brouillard.

   thea   
22/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
plaisir de lire

le texte est bien écrit oui, il pourrait figurer en classique
mais je trouve qu'en néo classique il est bien
et personnellement je ne vois dans ce texte que beaucoup de désespoir
l'état éthylique une façon pudique de le dissimuler..

une belle écriture

   brabant   
30/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Phileau,
Cette cuite me semble surtout une cuite à l'eau de mer, ballotée, et la gueule de bois, une gueule de bois flotté. On sait qu'elles sont artistiques...
Le bon marin est un marin qui perd pied sur le plancher des vaches, car il croit que c'est la terre qui houle, alors que sa démarche, sur la mer aérienne, sur l'immobilité est devenue balourde.
Un bon marin n'est jamais autant saoul que lorsqu'il est à jeun, et vice versa. Merci à ce poème d'en faire la démonstration. Sans tambour ni tempête !
Mais non sans grain...
C'est nous "les gars de la narine", dixit Dutronc.
Etes-vous breton, Phileau, pour mêler de la sorte, et la terre, et la mer... et l'éther ! Pour avoir les chapeaux ronds les bretons n'en ont pas moins l'esprit carré derrière le bec assuré.
Cette cuite finalement n'est qu'un oiseau volage. Chouette ! Une mouette !
Cependant je cherche des yeux l'albatros, il s'est cassé la pipe sur le plancher des vaches. L'histrion fait rire mais il n'est pas un esclave.
Nous restent les fous puisqu'il n'y a plus de rois. Allons du côté de Bassan pour chavirer du haut de la falaise.
Merci cependant de nous convier à ce voyage trop raisonné pour être déraisonnable. Cette cuite est d'abord un oiseau de passage. Trop sage.

D'indubitables qualités d'écriture.
Sinon éthyliques.

C'est un compliment.

   Anonyme   
30/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une métaphore filée avec art, des formules savoureuses, des images fort bien tournées ... J'aurais juste aimé que le titre aussi soit métaphorique, ou ambigu, pour ne pas dévoiler dès l'abord la thématique du poème.

Une belle poésie néoclassique, comme j'aime à en lire. Merci !


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