Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Chansons et Slams
pieralun : L'Abeille et le Bourdon
 Publié le 30/08/09  -  19 commentaires  -  2849 caractères  -  537 lectures    Autres textes du même auteur

Un texte léger qui débouche sur une petite morale. Il a été très agréable à écrire, j'espère qu'il le sera autant à lire.


L'Abeille et le Bourdon




Une petite abeille, ouvrière zélée,
Asservie par son nid aux massifs d'azalées,
Voletait d'arbres en fleurs et de fleurs en essaim,
De l'aube jusqu'au soir ; tel était son dessein.

Vaillante, elle livrait par n'importe quel temps
Dans la ruche, là-bas, la poudre de printemps,
Mais rien, ni les parfums, ni les vives couleurs
Ne pouvaient réchauffer les hivers dans son cœur.

Où était son bonheur ? Des premiers jours d'avril
Aux confins de l'automne, d'étamine en pistil,
Son ballet monotone occupait tous ses jours,
Et condamnait ses nuits au sommeil sans amour.

Un matin ressemblant à tout autre matin,
Un jour de plus pareil à son pâle destin,
Ébahie, elle vit quelques deux fleurs plus bas,
Un bourdon, assuré, qui s'en venait par là.

« Cette petite-là me semble travailleuse, »
Se dit-il en pensant à son nid sous la yeuse,
« Il n'en faudrait pas plus à un célibataire
Pour faire de son toit un aimable repaire. »

« N’avez-vous point assez, superbe demoiselle,
De ne jamais cesser de battre de vos ailes ?
Désirez-vous autant le bien de votre reine
Pour que coule son miel au prix de votre peine ?

Voyez ! Pas loin d'ici se dresse un joli bois,
Les arbres y sont touffus et abritent mon toit,
Un chêne centenaire a offert ses racines
Pour vous faire oublier un temps vos étamines ! »

Il n'en fallut pas plus pour qu'elle soit conquise.
Abandonnant ses grains de pollen à la brise,
Sans l'ombre d'un remord pour ses sœurs de saison,
S'en alla découvrir l'émoi et la maison.

En ce lieu, les senteurs émanaient des bruyères,
Les pigments quotidiens étaient ceux de la terre
Et, loin du roux pollen des fleurs de son parterre,
Chaque coin de ce nid grisait sous la poussière.

Il fut bien court le temps du tout premier amour,
Des mots, des billets doux et des plus beaux discours.
Serpillères, torchons, chiffons, balais et pelles
Eurent vite raison des espoirs de la belle.

Tristement un matin, fuyant l'ombre du bois,
Délaissant l'imposteur à son arbre et son toit,
Elle s'en retourna penaude vers ses sœurs,
Priant qu'on lui rendit son labeur et ses fleurs.

Au buisson d'azalées, une autre butineuse
Lui fit fort regretter sa fuite sous les yeuses,
Son vol était celui des meilleures abeilles,
Léger comme un ballet dans le premier soleil.

Ce monde était le sien ! Elle l'avait perdu !
Car la ruche, dès lors, lui était défendue.
On la vit implorer la reine en pure perte
Et partir où, dit-on, l'herbe est toujours plus verte !


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir pieralun et tout simplement, Bravo ! Ce texte coule comme du miel (liquide il va sans dire !), un véritable régal dominical ! Et de surcroît, tout en alexandrins de qualité... ce qui ne gâte rien ! J'ai eu l'impression de lire La Fontaine au meilleur de sa forme !
De plus tout ceci est très moral et pourrait aussi se résumer par :
Qui va à la chasse perd sa place !
J'ai redécouvert le mot yeuse, il est vrai rarement employé, et je t'en remercie.
Juste un petit détail : Le mâle de l'abeille est le faux bourdon, le bourdon formant une espèce voisine de l'abeille.
Bourdon, faux bourdon, peu importe car à mes yeux ce texte est une vraie réussite !

   jaimme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Charmant poème!
On s'y laisse emporter aisément.
J'ai juste (un peu) buté à deux endroits:
"Un matin ressemblant à tout autre matin"
et: "l'herbe est toujours plus verte", un peu facile pour une fin.
Au final, très agréable.
La morale: on est mieux à l'usine qu'à la maison, mais maintenant c'est trop tard il fallait prendre un congé pour formation!!

PS: d'autant que mon vrai nom se cache dans ce poème (non, Jphil, ce n'est pas "serpillères", pff!)

Jaimme

   Anonyme   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

une lecture plaisante, qui n'appelle pas beaucoup de commentaires en fait.
Je trouve juste que la transition entre la description de l'abeille et les pensées du bourdon strophe 5 est un peu maladroite (j'aurais plutôt vu un "se dit celui-ci" que "se dit-il" mais ça t'aurait obligé à retravailler le vers...)
La morale est un peu convenue, je l'aurais souhaitée plus audacieuse, mais c'est ton choix d'auteur, donc je n'ai rien à y redire.
Je regrette tout de même que ton texte serve de prétexte à notre ami Jaimme pour parler encore de lui (quel égocentrisme quand même), mais tu n'y es pour rien...
Bonne continuation.

   Anonyme   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour pieralun
Je déteste, vraiment je déteste... ce sort injuste et cette morale, dieu que je la déteste !!!
Mais si l'herbe est plus verte chez le voisin ! et heureusement qu'elle l'est car autrement jamais Colomb n'aurait découvert l'Amérique ! Adieu Magellan, Cook, Bougainville et consorts.
C'est injuste pour cette pauvre abeille, vraiment injuste et ça me révolte ! Alors quoi ? Il faut rester tapie dans sa ruche, aller et venir, tristement, jusqu'à la fin des fins ? Elle a pas eu de chance, c'est tout... pauvre petite abeille.
(Je me permets ce petit caprice parce que sinon, je n'aurais rien à dire que... ce que dit la note)

   FABIO   
30/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
SUPER BOULOT
On devrait la faire apprendre a toutes les petites filles de ce2
rien n'a interrompu ma lecture, un style fluide et une fable digne des plus célèbres.
C'est frais et ça change des poésies d'amour monotones.
Mais dis moi donc, qu elle morale en tires tu ?
et chapeau pour les rimes, elle bourdonnent dans ma tête comme ton abeille. SALUT ET A PLUS

   Automnale   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai adoré ce texte ! Il est charmant, de toute beauté et original.

Je me suis arrêtée, en particulier, sur le nid dans des massifs d'azalées... J'ai été touchée par : "Rien ne pouvait réchauffer les hivers dans son coeur...". J'ai souri en imaginant : "Un bourdon, assuré, qui s'en venait par là...". Et je me suis instruite en regardant, dans le dictionnaire, la signification de la "yeuse".

Pauvre petite abeille ! Il y avait, à son retour (comme la Pomponnette !), une autre butineuse dans le buisson d'azalées !

Pierralun, je dis "bravo" ! Et, naturellement, j'en redemande ! Mais je me pose la question : où est-elle, ce soir, cette petite abeille ?

P.S. - Dès lors que l'histoire m'a enchantée, il fallait, quand même, que je déniche deux petites fautes, l'une à remords et l'autre à serpillières... Mais c'est sans doute moi qui risque d'avoir du remords après avoir osé signaler ce genre de détail... Quant à la serpillière, dès lors que tu ne dois jamais la passer, tu ne penseras donc jamais à moi !! Hélas !!

   Anonyme   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bravo, très réussi.

Très Lafontaine, j'aime beaucoup. Le premier mot qui me vient à l'esprit est charmant, puis vient toute une autre série d'adjectifs tout aussi flatteur.

Merci à l'auteur pour ce doux moment.

   Anonyme   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pieralun. J'ai vraiment adoré cette fable ! attendrissante à souhait et si fraîche !

   Klafooty   
31/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Moralité :
L'abeille pourrait illustrer l'expression "avoir le bourdon". C'est-à-dire "être déprimé(e)".
Jeu de mot qui se prête bien à la fin de cette histoire.

   Melenea   
1/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai lu d'un bout à l'autre, et même si la chute semble convenue, elle clôture très bien cette fable intemporelle. Qui n'a jamais voulu voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs. C'est bien ainsi que l'on se construit aussi, à tomber et apprendre à se relever.

J'ai également redécouvert la "yeuse"...

Bref du plaisir à la lecture, comme une chanson qui résonne encore ensuite.

   lotus   
2/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je dis bravo!! Quelle petite merveille ce texte, plein de fraîcheur, de légèreté de musicalité, de poésie...

Tout a été dit sur cette histoire qui ne donne vraiment pas "le bourdon".

J'ai butiné chaque mot et j'en redemande!

   Meleagre   
25/9/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est une fable bucolique assez charmante, bien construite, qui amène bien vers une morale, même si celle-ci est un peu simple. La description de l'abeille et de ses tâches éveillent l'intérêt du lecteur ; la description du bois et de la demeure du bourdon offrent de savoureuses délices.
Mais je regrette quelques longueurs, notamment lors de la rencontre et du dialogue entre l'abeille et le bourdon, et lors du retour manqué vers les autres abeilles.
Juste une petite question : le dernier vers, "Et partir où, dit-on, l'herbe est toujours plus verte ", indique bien la mort de l'abeille ?

   shanne   
27/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
très agréable à lire, oui. Pour moi, ce bourdon, c'est le diable qui peut venir nous séduire tous à un moment de notre vie. Alors, prudence...

   NICOLE   
3/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Mince, une fable de La Fontaine !
Je n'en avais plus lues depuis que j'ai dù m'installer dans l'age adulte, alors j'ai trouvé ça très rafraichissant.
Je salue également le travail, que je devine minutieux et précis.
Merci pour cette lecture.

   Anonyme   
25/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Pieralun, je me rends compte que j'avais manqué cette jolie fable, que je trouve excellente : chantante, légère, amusante et sans prétention ... une lecture rafraîchissante ! J'ai particulièrement savouré la chute, joliment formulée dans le dernier vers.

   Wencreeft   
13/4/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour pieralun,
Félicitations ! D'ordinaire j'ai tendance à délaisser les textes un peu longs, mais je me félicite de ne pas être passé à côté de celui-ci !
Le style est excellent, des vers impéccables, prosodie parfaite, un vocabulaire riche et une très belle plume. La compréhension se fait naturellement sans effort, et le tout reste très poétique. Un grand soulagmenent, que je vois certains textes très "poétiques" qui me sont totalement hermétiques.
L'histoire est jolie, la morale évidente. On en viendrait presque à avoir de la pitié pour cette abeille penaude !
Un vers que je n'ai guère apprécié :
"De l'aube jusqu'au soir ; tel était son dessein."

En revanche, des vers que je trouve très réussis :
"Son ballet monotone occupait tous ses jours,
Et condamnait ses nuits au sommeil sans amour."

"Désirez-vous autant le bien de votre reine
Pour que coule son miel au prix de votre peine ?"

"Elle s'en retourna penaude vers ses sœurs,
Priant qu'on lui rendit son labeur et ses fleurs."

Bref, vraiment que du bonheur. Bravo pour cette superbe prestation, j'en redemande !

   Lunastrelle   
3/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une morale bien agréable, de même que le texte qui m'a fait sourire de bout en bout. Il reprend pas mal de clichés tout en les rendant neufs je trouve (comme la femme avec son balai et sa serpillière!)
J'ai un peu couaqué à certains passages, comme ici:

"Ébahie, elle vit quelques deux fleurs plus bas,": j'aime pas trop la formulation "quelques deux".

"Tristement un matin, fuyant l'ombre du bois,
Délaissant l'imposteur à son arbre et son toit,": un peu trop de "ent" pour moi, cela alourdit plus que nécessaire le texte...

Voilà, autrement je relirai ce texte avec plaisir!

   Chiffon   
23/5/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Un grand merci cette fable très réussie. Et au-delà de l'histoire légère et morale, il y a aussi un poète très efficace : j'ai adoré la poudre de printemps, les sœurs de saisons, pigments quotidiens, etc.
Je regrette la répétition des mots étamines ou yeuses, qu'on repère trop facilement, ainsi que de celle de l'expression "il n'en faudrait pas plus/ il n'en fallu pas plus".
Je suis aussi un peu déçu par la coupure nette dans la métaphore : les mots doux et les serpillières dénotent trop.
Mais j'émets ces quelques critiques simplement parce qu'on touche au presque-parfait, c'est une petite frustration dans un contexte de très haut niveau qui les fait émerger.
Dans l'ensemble, ce texte est tout simplement exceptionnel.

   leni   
5/1/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
c'est pure beauté rythmique en diaporama d'images cet écrit flirte
avec la perfection je l'ai relu pour m'en convaincreJe salue ce travail du poète d'un gand coup de chapeau leni


Oniris Copyright © 2007-2019