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Poésie classique
pieralun : La clarté de ton rire [concours]
 Publié le 12/05/22  -  23 commentaires  -  1818 caractères  -  466 lectures    Autres textes du même auteur

Le temps d’aimer.


La clarté de ton rire [concours]



Ce texte est une participation au concours n°32 : Le temps dans tous ses états
(informations sur ce concours).





Je gis auprès de toi comme auprès d’une reine
Dont le corps las et long s’abandonne sans gêne,
Et les yeux soulignés d’un intense plaisir
Moquent de mon bas-ventre un reste de désir.


C’est à notre passé que j’emprunte ce songe,
À cette passion que le poids du mensonge
Emporta lentement dans le cours de l’oubli…

À son premier regard, ta bouche avait pâli.
Tu disais qu’il aimait la clarté de ton rire
Et que pour l’effacer rien ne pouvait suffire,
Ni la peur qui voilait l’aube de mes matins,
Ni de mes bras offerts la paume de mes mains.
Il avait dérobé les clés de tes mystères
Et moi j’ouvrais ma porte au bal des solitaires ;
Puis, à trop vous aimer, comme les amants font,
Son regard chaque jour te sembla moins profond.
Tu me revins ainsi que marche une insoumise,
Mais en décachetant ton bouton de chemise,
Je n’ai plus reconnu la rondeur de ton sein
Ni l’onde que j’aimais au creux de ton bassin ;
Et nous avons dormi. Je t’apportais des roses,
De notre amour fourbu nous tûmes toutes choses
Pour que viennent les mots qu’échangent deux amis.

Depuis que mon désir au fantasme est soumis,
Dans la faible lueur de nos brandons d’étoiles,
Si la nuit m’autorise à relever tes voiles,
Je ne vois qu’une forme aux contours effacés,
Aux flancs vagues et lourds, par les regrets lassés,
Et j’implore le Temps qui séquestre ton rire
De lui rendre l’éclat qui m’a fait te maudire.


 
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   Vero   
27/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir,

Que c'est beau !

J'aime l'ensemble de ces alexandrins habilement ciselés, j'aime la pudeur et la retenue employés pour évoquer le propos, j'aime la fluidité des vers qu'on croirait écrits sans difficultés tant ils paraissent (ainsi que les rimes) naturels, évidents.
Un écrit poétique à souhait, magnifique.

Que dire de plus? Que j'ai adoré.

Bravo.

Véro en EL

   GiL   
29/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je me suis laissé prendre dans les filets de cette composition d'un style digne des grands poètes du XVIIIe ou du début du XIXe. Des alexandrins sans faute, fluides, s’enchaînent au fil de phrases élégantes, précises, qui décrivent dans un vocabulaire simple et châtié le désenchantement d’une passion. Pas d’éclat dans le cours de cette fatale (més)aventure, pas de pathos dans la relation qui en est faite, mais on perçoit le profond bouleversement éprouvé par le narrateur et la dégradation de ses sentiments.

J’aime la construction en trois parties :
D’abord l’évocation d’un instant privilégié du bonheur qui régnait « avant », relaté dans un exergue de quatre vers (un petit bémol pour le quatrième vers que je trouve un peu incongru dans l’esprit général du poème) ; les trois vers qui suivent expliquent et dramatisent cet « avant ».
Ensuite une longue strophe qui raconte l’éloignement et le retour de la femme aimée et la transformation inévitable de leur relation.
Enfin, la dernière strophe s’attarde sur le regard et les sentiments du narrateur ; la chute conclut magnifiquement sur le fil directeur du poème :
Et j’implore le Temps qui séquestre ton rire
De lui rendre l’éclat qui m’a fait te maudire.

Il m’est difficile de choisir parmi tous ces vers que j’admire, mais je citerai :
Il avait dérobé les clés de tes mystères
Et moi j’ouvrais ma porte au bal des solitaires ;

Tu me revins ainsi que marche une insoumise,
Mais en décachetant ton bouton de chemise,
Je n’ai plus reconnu la rondeur de ton sein
(j’adore « décacheter » dans ce contexte)

De notre amour fourbu nous tûmes toutes choses
Pour que viennent les mots qu’échangent deux amis.

Bravo et merci.
GiL en EL

   Myo   
29/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une disposition particulière dont je ne vois pas l'intérêt, une erreur lors de l'envoi peut-être ? Les classiques quatrains me semblent plus adéquats. Mais l'auteur a peut-être voulu souligner les différentes étapes de la relation...dans ce cas pourquoi pas.

Au 11e vers, afin que l'alexandrin soit correct, je pense que l'auteur a voulu écrire " Ni la peur qui voilait ( et non violait )

Mis à part ce détail qui je l'espère sera corrigé avant publication, je trouve ce chemin d'amour déçu empreint d'une émotion touchante.
Quand s'effondre le rêve, faut-il partir ou rester, peut-on pardonner, si oui à quel prix? Celui de la passion ?

Une écriture souple, sans grande emphase mais qui touche simplement.

Bravo et merci du partage

   Cristale   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tristesse de qui fut abandonné pour d'autres bras que les siens.
Le repentir ne suffira pas à redonner cet élan vital qu'est celui de l'amour.
C'est trop tard, le temps a fait son oeuvre et les corps, et les coeurs, ne se reconnaissent plus.
On ne recolle pas les brisures d'un éden de cristal.

Perso j'aurais scindé la strophe relativement longue après le vers 9 de celle-ci.

Jolie poésie, d'une plume plutôt masculine et aguerrie, dont la dernière strophe est magnifique.

Bonne chance pour le concours.
Cristale
en E.L.

Edit : une relecture ce matin m'inspire une notation un peu plus conséquente en rapport avec la beauté et la qualité de cette écriture
et puis le classique c'est un peu mon rayon, sinon je passe mon chemin par respect pour l'auteur.

   Cyrill   
30/4/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Le temps d’aimer ne dure souvent qu’un temps hélas ! Cette composition est d’un romantisme exacerbé que j’adore, avec la dose qui me convient d’amours qui se croisent en passions ravageuse, en regrets, en désirs éteints et corps mal étreints.
Il y a une montée en tension, puis redescente au fil de la lecture. On a le souffle court puis on respire plus facilement tout en se désolant avec le narrateur que la flamme ne brûle plus. J’ai trouvé beaucoup de liant à ce poème, on suit le cours des idées et des choses sans mal.
« en décachetant ton bouton de chemise » entre autres, j’aime.
Très bel éclat de rire séquestré par le temps, un peu comme un éclat de rire du temps lui-même. Ce poème, très cinématographique avec son effet de flash-back, m’évoque avec un grand bonheur le fameux trio du film « Jules et Jim », et le rire de Jeanne Moreau, c’est loin d’être désagréable.
Bravo !

   Donaldo75   
30/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’aime beaucoup ce poème dès la partie en italique, le songe, qui lance ma lecture et la place dans une tonalité en accord avec le thème. Oui, c’est un concours à thème et il vaut mieux en respecter les contraintes mais pas à n’importe quel prix aurais-je tendance à penser. Ici, la poésie ne paie pas le prix fort de la contrainte ; il y a une forme presque théâtrale donnant dans le monologue seul devant un public attentif et sur une scène nue. A voix haute, ce poème tient la route également.

Bref, c’est réussi.
Bravo !

   AnnaPanizzi   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

La poésie classique, ce n'est pas mon rayon, je m'y ennuie souvent, mais il faut admettre que la votre est drôlement bien tournée ! Un peu grandiloquente, romantique, désuete par instant et même une ou deux maladresses (Ni de mes bras offerts la paume de mes mains.) qui n'entachent pas le souffle épique que vous avez voulu donner à votre élan amoureux. C'est assez réussi et plutôt consensuel ! Et je crois que vous avez toutes les chances de finir sur le podium, voire plus^^

Bonne chance !

Anna

   Cyrano   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème, sensible et intelligent. Des vers bien construits qui se lisent agréablement.
Il y a dans l'écriture une simplicité de ton et une forme de pudeur qui ne masquent cependant ni les regrets contenus, ni le chagrin étouffé, ni le fond de jalousie du dernier vers.
Merci
Cyrano

   Mintaka   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Le désir se meurtrit à la douleur qui glace et ne renaît pourtant quand elle disparaît."
Un excellent poème qui raconte bien celà.
Bravo

   Anje   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quand la passion s'éteint, les planches du théâtre ne résonnent plus pareil. Il aimait la clarté de ton rire, moi je n'avais pas su te le dire. Ces alexandrins fluides, clairs abritent les fantômes las de sentiments fanés. Et un morceau de temps perdu que l'on ne rattrape plus.

Le choix de découper ce poème est ce qui me gêne. J'ai d'ailleurs un peu cherché la rime en écho à "oubli" avant de la retrouver derrière un interligne. Je préfère la strophe classique (en tercet, quatrain, quintil, sizain...) mais c'est personnel.

Le vocabulaire parfois un peu trivial (le bal des solitaires, les flancs vagues et lourds) est bien entouré de belles formules comme cette clé des mystères ou les brandons d'étoiles.

Mes vers préférés, hormis le treizième, qui me semblent résumer l'ensemble :

Je gis auprès de toi comme auprès d'une reine
Dont le corps las et long s'abandonne sans gêne,
Et les yeux soulignés d'un intense plaisir
Moquent de mon bas-ventre un reste de désir.

C'est à notre passé que j'emprunte ce songe,
A cette passion que le poids du mensonge
Emporta lentement dans le cours de l'oubli...
A son premier regard, ta bouche avait pâli.

Et j'implore le Temps qui séquestre ton rire
De lui rendre l'éclat qui m'a fait le maudire.

Une très belle œuvre que j'applaudis en souhaitant que la passion d'écrire habite longtemps son auteur.

   papipoete   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour
" la femme qui est dans mon lit, n'a plus 20 ans depuis longtemps " et je n'ai même plus le bonheur d'être invité à le regarder, le désirer, le toucher... Alors que nous fûmes si ardents amants, il ne nous reste que l'amitié, et encore... je maudis le temps qui t'a rendue ainsi !
NB se souvenir d'un regard, d'un rire, de sourires et de ces folies d'avant... pour continuer à vivre ensemble sans se haïr !
Dans ce poème ouvrant " la porte au bal des solitaires ", tout est poésie même pour dire ce que le héros ne voit plus, comme dans la dernière strophe !
Lire de tels vers paralyse ma plume, elle tremble comme si elle devait passer une audition, sûre qu'elle est d'être renvoyée dans ses pénates...
Chapeau bas à l'auteur ( e ) pour qui, la forme classique coule comme l'eau claire...

   Polza   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Les histoires d’amour finissent mal en général !
À la fin de ma lecture, je me suis dit : c’est net, précis et sans bavure, ça fait mouche.
Les deux derniers vers viennent clore ce poème de façon magistrale à mon sens.
Je n’ai pas tellement de mots pour commenter tant c’est fluide, poétique, mélancolique, parfaitement maitrisé…

Pour dire deux ou trois choses quand même, j’aurais peut-être apprécié un découpage différent du poème dans son ensemble, la partie centrale est assez dense, une coupure aurait été la bienvenue pour ma part.

« Puis, à trop vous aimer, comme les amants font, Son regard chaque jour te sembla moins profond. » Peut-être aurais-je aimé un verbe pronominal à la place d’aimer, ce qui supprimerait la « pseudorépétition aimer/amant ». Un verbe qui décrirait de façon intense ce qu’est la passion entre deux amants, j’ai trouvé « trop vous aimer » un peu sage à mon goût même si je comprends l’idée.

« Mais en détachant ton bouton de chemise, Je n’ai plus reconnu la rondeur de ton sein » Vous allez surement me trouver trop pointilleux, mais j’ai eu du mal à m’imaginer qu’en détachant un bouton de chemise, on ne voyait qu’un seul sein apparaître. C’est surement possible pourtant, selon la manière dont est détaché le bouton et l’angle de vue, mais j’ai fait un infime blocage sur ce passage, peut-être voulais-je voir deux seins par affection particulière pour cet endroit de l’anatomie féminine, je le concède aisément !

Je dis a aimé passionnément quoi qu’il en soit, car c’est l’un des poèmes qui m’a le plus impressionné durant ce concours qui n’est pas encore terminé !

   Lebarde   
14/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce superbe poème classique ne m'a pas été offert en EL, mais maintenant que je le découvre je m'empresse de m'enthousiasmer.

Tout a déjà été dit, pourtant j'y ajoute mon grain sel.

Une histoire, somme toute assez banale, mais tellement bien racontée; celle d'un couple passionnel que le narrateur (parce qu'il s'agit presqu'à coup sûr d'un homme) garde en songe, qui, "emporté lentement dans le cours de l'oubli" s'interrompt: elle en a trouvé un autre plus à son goût:

"Tu disais qu’il aimait la clarté de ton rire
Et que pour l’effacer rien ne pouvait suffire,
Ni la peur qui voilait l’aube de mes matins,
Ni de mes bras offerts la paume de mes mains.
Il avait dérobé les clés de tes mystères"

laissant le narrateur "au bal des solitaires ". ( belle trouvaille!)

Puis, les passions amoureuses finissant par s'estomper:
"Son regard chaque jour te sembla moins profond",

et comme la pomponnette du boulanger,

"Tu me revins ainsi que marche une insoumise,".......

"Mais en décachetant ton bouton de chemise,
Je n’ai plus reconnu la rondeur de ton sein"..

Le ressort était cassé!

Et les amants fougueux d'antan, après l’interruption, malgré toutes leurs tentatives amoureuses pour rallumer "des brandons d'étoiles" n'ont pu échanger que des mots d'amis.
La fin de l'histoire est touchante.

L'écriture est fluide, simple et magnifiquement poétique dans le ton, mais pourquoi donc ce découpage, "gênant" pour moi, des strophes dont l'intérêt QUI se justifie probablement dans la tête de l'auteur, ne m'a pas sauté aux yeux.

La course au podium est bien engagée, avec cette émouvante et délicate poésie classique.

Bravo et bonne chance pour la suite.

Lebarde admiratif.

Ed: je suis revenu pour un »qui qui « était resté dans mon encrier.

   Vincente   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Autant j'ai trouvé attendrissant le dénuement émotionnel auxquels l'intention se voue, autant j'ai trouvé une raideur dans l'expression, particulièrement dans la grande avant-dernière strophe, comme si la sincérité était affectée par un verbe un peu besogneux.

C'est bien cette dichotomie qui me gêne ici, entre la sincérité indéniable et la sensation d'une expression très maîtrisée mais non authentique.

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé cette strophe :
"C’est à notre passé que j’emprunte ce songe,
À cette passion que le poids du mensonge
Emporta lentement dans le cours de l’oubli…
"

De même la déclaration de ce vers : "Et j’implore le Temps qui séquestre ton rire"

Ce qui m'a gêné se trouve aussi parsemé par quelques inclusions peu amènes vu le champ poétique évoqué :
"Moquent de mon bas-ventre un reste de désir.". Pas très "affriolant" cette expression "bas-ventre".
"Je n’ai plus reconnu la rondeur de ton sein / Ni l’onde que j’aimais au creux de ton bassin ;". Ce "bassin" est ici bien prosaïque, on est là dans un lexique médical bien peu sensuel ; pas étonnant qu'avec cette vision le narrateur ne soit pas désirant…

   inconnu1   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour,

je suis emporté par la musicalité, la fluidité avec laquelle les vers s'enchaînent sans qu'à aucun moment ni le sens, ni le son n'achoppent. C'est un travail de pro et si cela semble très simple quand on le lit, cela a demandé sans doute des jours et des nuits de travail. Donc pour tout cela, pour la technique, la musicalité et l'émotion, quelqu'un qui sait le labeur pour arriver à un tel résultat ne peut dire qu'un grand bravo.

Je mettrais seulement un petit bémol sur le bas ventre bien peu poétique

Bien à vous

   Miguel   
12/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hormis le vers quatre, assez vulgaire et qui ternit un peu l'éclat de ce chef d'oeuvre (il contrevient à la règle de bienséance si chère aux classiques), je trouve le tout admirable de classicisme, mais dans ce que ce dernier a d'intemporel, d'éternel. "Le classicisme est un romantisme maîtrisé", écrit Gide. Comme ne pas lui donner raison devant ces vers si finement ciselés, cette beauté marmoréenne, et exprimant pourtant tous les frémissements possibles de la chair ? Le souffle est lyrique et puissant, la tonalité élégiaque (mais pourquoi ce vers 4 !) exprime à merveille et la douleur passée d'une amère expérience, et la douloureuse surprise des constations du retour, et l'impossible résignation du coeur qui garde sa jeunesse. La chute est digne de Racine.

   Vilmon   
13/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Bravo pour les alexandrins et la manière d’exprimer le sujet.
J’ai eu l’impression que c’est un amour basé que sur le physique et le charnel. Je ne sais pas, j’aurais cru que poème classique aurait été plus dans la veine du romantique et du vertueux. Mais j’ai bien apprécié la lecture et j’ai senti le regret à la fin. Pas le même que celui du personnage, j’ai un petit regret que tous n’était qu’un amour physique.
Très bien, bravo !
Vilmon

   Queribus   
13/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai trouvé une perfection dans l'écriture et la prosodie plutôt rares de nos jours; même en bien cherchant difficile d'y trouver la moindre faute. La disposition des vers et des paragraphes pourra en "choquer" certains mais sans doute est-ce voulu par l'auteur; personnellement, ça ne me gêne pas. le texte se comprend dès la première lecture malgré son langage recherché. Que dire sur le fonds (la femme qui est dans mon lit n'a plus vingt ans depuis longtemps comme disait un confrère); le tout est traité de façon personnelle et originale et on sent du "métier" dans votre style d'écriture. Donc encore une fois bravo et à très bientôt j'espère.

Bien à vous.

   sellig31   
13/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je lis régulièrement les œuvres publiées ici. Je n'ose jamais me permettre la moindre critique car je sais bien que je ne pourrais pas même égaler le plus médiocre des textes; mais là, oh mais là...!
J'abandonne toute pudeur et j'affronte mon sentiment d'imposture.
Ce texte a tout: une idée générale excellente, la beauté de chacun des vers, la précision de chacun des mots, l'exactitude de toutes ponctuations. Alors, on lit comme, assoiffé, on boit de l'eau fraîche; tout est fluide, naturel, exquis.
Et puis en seulement quelques lignes seulement l'auteur nous plonge dans ce qui est l'essence de la vie: l'amour, la nostalgie, la mélancolie, le pardon, les cicatrices, la mort;
Et les larmes. Mes larmes; pas de tristesse, mais d'émotion comme parfois devant quelques œuvres d'art.

   Ornicar   
14/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour à vous,

Je n'irai pas par quatre chemins.
J'ai trouvé votre poésie réellement magnifique, intelligente et sensible. Elle distille une petite musique délicate et mélancolique. Un savant mélange et d'équilibre entre l'esprit et l'émotion.Et le tout sans artifice le moindre : le vocabulaire choisi tout en étant précis est juste et simple, les vers remarquablement fluides et coulés, les rimes variées.
Tout paraît naturel, comme allant de soi. De là à penser qu'il en fut de même pour l'écriture...
Bref, pour moi qui suis béotien, tout est presque parfait.

Sur le fond, l'histoire est des plus banales et des plus universelles aussi. Un adultère ? Non, ce serait trop simple et trop trivial car il y a adultère et adultère. Ici c'est bien l'histoire d'une passion amoureuse qui naît et qui met fin à une précédente relation. Que peut un mari ( dont la dame connaît les défauts ) face à un amant ( paré, lui, de toutes les qualités ? )
Puis la passion, s'en va, ( sans doute aussi brutalement qu'elle est née ) et la dame s'en revient ( Je ne peux m'empêcher de penser à "La femme du boulanger" avec Raimu )
Est-ce la victoire du mari pour autant ? Une victoire à la Pyrrhus, alors !- tant elle porte en elle le goût amer d'une ( étrange) défaite.
Défaite pour tous les protagonistes et défaite de l'amour. Suit alors le calme mais lucide désenchatement car il n'y a pas de solution, pas d'alternative. A cet égard les deux derniers vers résument avec force cette trajédie du couple reconstitué et de la condition humaine.

J' envie l'aisance de votre plume et j'ose pourtant maintenant critiquer votre texte. Oh ! Je vous rassure. Quelques broutilles tout au plus. Revue de détails :

- la plus importante à mes yeux : l'aspect visuel de votre texte.
Je crois deviner les raisons du découpage que vous avez adopté : coller aux étapes du scénario comme dans un film. Mais nous ne sommes pas au cinéma, même si la poésie est friande d'images mentales. Pour ma part, j'aurai opté pour un découpage en quatrains. Les derniers vers, le cruel constat, auraient formé un très beau distique en guise de chute.

- vers 13 " il avait dérobé les clefs de tes mystères" :
J'aurai mieux vu "la clef" au singulier. En français le pluriel affaiblit la portée des mots qu'il touche. Pour en revenir au sujet, les amours sont bien peu de choses comparées à l'amour.
D'ailleurs, je ne vous apprend rien. Un peu plus loin vous évoquez bien un bouton de chemise autrement plus classe que plusieurs.

- vers 14 "Et moi j'ouvrais ma porte au bal des solitaires" :
Ici, le possessif me gêne un peu. Pourquoi pas "la"porte ?
Je pense même que pour plus de simplicité et ateindre davantage d'émotion, j'aurai supprimé le "et" en début de vers et aurais tourné ce vers ( si j'avais eu votre inspiration ! ) comme ceci :
"Moi, je tenais la porte au bal des solitaires"

- vers 16 " Son regard chaque jour te sembla moins profond"
Là, ce n'est pas avec la forme que je suis en désaccord mais avec le fond : cette passion est née brutalement; il me semble donc logique qu'elle s'en aille tout aussi brutalement à la faveur d'un infime détail qui brise le tableau idyllique. J'aurais plutôt écrit :
" Son regard un beau jour te sembla moins profond".

- vers 23 " Pour que viennent les mots qu'échangent deux amis"
Ici, c'est le "pour" qui me dérange. Je m'explique. Ce mot est pour moi un vrai "tue-l'amour" en poésie, parce que dès qu'il est prononcé, il en dit tout de suite beaucoup trop. Parce qu'il veut expliquer, il nous éloigne définitivement de la poésie. L'évocation est poétique, l'explication n'est que prosaïque.
Pas besoin de vouloir expliquer à cet endroit. Le lecteur comprend très bien que les choses ne sont plus comme avant tant le propos qui précède est lair, parfaitement limpide.
J'aurais donc écrit : " Et sont venus les mots qu'échangent deux amis".
Avec l'idée de rester dans le domaine du simple constat, sans pathos, pour atteindre à davantage d'émotion. Ce que vous réussissez parfaitement par ailleurs.

Un dernier point. Plusieurs commentaires affectent de ne pas apprécier ce "bas ventre"au vers 4. J'avoue, quant à moi, qu'il apporte juste ce qu'il faut de crudité nécessaire à toute passion amoureuse et charnelle. Sans compter qu'il m'a fait sourire en mon for intérieur.

Mention spéciale également pour ce délicieux " décachetant "qui m'a beaucoup plu, évoquant à la fois les lettres d'amour qui n'existe plus de nos jour et le bruit du papier bristol ou gauffré quand il est déchiré par la lame. Bref, une trouvaille pétrie de sensualité.

Voilà, cher poète, c'est a peu près tout pour moi, même si c'est beaucoup trop long. Quand j'aime et que l'enthousiasme m'anime, je ne sais pas faire court !

   Ascar   
16/5/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai vraiment passé un très beau moment de lecture. Ce texte évoque avec pudeur et dignité les états d’âmes du narrateur face à l’infidélité de sa femme. Il met en avant toute la difficulté de retrouver une confiance mutuelle quand le contrat initial a été rompu unilatéralement.
Il montre également comment le temps transforme le « neuf » en « ancien » et vient modifier, parfois, notre intérêt vis vis du sujet de cette usure.
Les deux derniers vers sont magnifiques. Pour moi, c’est le meilleur texte de ce concours

Bravo

   Davide   
16/5/2022
Bonjour,

Ce poème me laisse, après plusieurs lectures, une drôle d’impression. Je ne sais si c’est à cause de la valse des pronoms (« je », « tu », « il », « nous » et « vous ») qui m’a fait trébucher à plusieurs reprises, d’un incipit un peu trop cérémonieux, d’une syntaxe confuse par endroits (avec notamment des inversions, mais c’est propre au style classique :)), d’une écriture manquant de brillant/d’incision ou d’un manque global de polissage, mais j’ai eu bien du mal – je n’ai d’ailleurs même pas réussi – à entrer dans l’histoire et à me laisser toucher par cette élégie amoureuse.

Néanmoins, pour finir sur une note positive, j’ai bien apprécié certains passages, pris isolément, comme « la clarté de ton rire » évidemment, la deuxième strophe et les derniers vers de chacune des troisième et quatrième strophes. Pas assez pour m’émouvoir vraiment, mais c’est déjà ça…

   StephTask   
17/5/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Dès le songe de la première strophe, le ton est donné. Ces alexandrins sont subtils et vraiment beaux. On y trouve un mélange de colère et de mélancolie. Derrière cette forme classique, le thème de la tromperie ou de la trahison est traité à la fois avec pudeur et avec une large palette de nuances.
C’est vraiment fort. Impossible de ne pas être touché.
Merci :-)


Oniris Copyright © 2007-2022