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Poésie néo-classique
pieralun : Pensées des vivants
 Publié le 20/01/22  -  10 commentaires  -  1546 caractères  -  211 lectures    Autres textes du même auteur

Une vie après la mort ?


Pensées des vivants



Le cercueil, lentement, fut glissé sous la pierre ;
La rosée humectait l’éclat des marbres lourds ;
Les stèles semblaient dire au prêtre : « Ta prière
Déchire le silence, or nos défunts sont sourds. »

Et parmi les chagrins de ces pâles dimanches,
Les gens dont le regard semblait moins malheureux,
Alors même qu’un mort reposait sous les planches,
Pensaient que leur défunt flottait là, tout près d’eux.

Une amante, plus bas, les doigts dans la pelouse,
Caressait-elle l’herbe afin de s’apaiser,
Ou des perles de l’aube était-elle jalouse
Quand l’esprit qu’elle pleure en aurait le baiser ?

Et lui, les yeux perdus, bien loin des sépultures,
Demandait-il au vent, à la pluie, aux forêts,
Cherchait-il dans les cieux les adresses futures
De ceux dont l’enveloppe allait sous les cyprès ?

Étoile que l’on voit, mer de gaz et de flammes,
Ton pouls scintille-t-il en l’éther des humains ?
Prestigieux vestige, es-tu gardien des âmes
Dont l’écho languirait dans ces temples romains ?

Qu’il soit dans un cercueil ou dans l’urne de marbre,
Qu’il ait choisi la flamme ou le travail des vers,
Qu’il croie à tous les dieux, aux racines de l’arbre,
L’Homme est-il un rouage utile à l’Univers ?

Ou s’il n’est que le fruit d’un hasard d’émergence,
Venu pour engendrer, et vieillir, et mourir,
Il y a peu d’espoir qu’une Toute-puissance,
De son humble trépas, lui laisse un souvenir.


 
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   papipoete   
6/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
Un cercueil aux allées du cimetière s'est avancé, on porte en terre un corps qui ne voit plus rien, les visages éplorés ; qui n'entend plus rien, ces chagrins ces cris de douleur !
Son âme voit-elle, entend-elle, parle-t-elle à la glaise aux fleurs champêtres ? Cet homme s'en va... se souviendra-t-on de lui ?
NB un poème dont le thème m'évoque l'idée que j'avais, de faire parler le défunt... avant, pendant et après son inhumation. S'il aima, s'il haït, s'il sourit devant toute cette animation autour de sa dépouille ?
Un enterrement bien ordinaire, où toutes les scènes se répètent immuablement qu'on enterre un gentil ou un méchant !
On sourit par moment, quand la stèle semble dire " il n'entend plus rien ! " et l'on rosit à la vue de cette amante, semblant demander faveur pour son défunt ami...
je vois des alexandrins au classique sans faute !
les 3e et 4e strophes sont mes préférées !
papipoète

   socque   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des vers solennels, bien balancés, qui servent dignement à mon avis le sujet éternel du poème. Vraiment de la belle ouvrage, un propos clair, des moments d'émotion qui permettent à l'ensemble d'éviter l'écueil de la sécheresse philosophique. Je pense notamment à
Ou des perles de l’aube était-elle jalouse
Quand l’esprit qu’elle pleure en aurait le baiser ?
Jolie pensée !

Les rimes ne m'ont pas tellement marquée ; je dirais qu'elles servent le propos sans esbroufe, plutôt une bonne chose. Un tantinet ternes peut-être par moments (je pense à lourds/sourds), mais le sujet n'appelle guère aux feux d'artifice !

EDIT : Commentaire rédigé en Espace Lecture, repris ce jour pour corriger une erreur de grammaire.

   Miguel   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien le questionnement fondamental de ce texte, mais je comprends mal le dernier vers : un souvenir de son trépas ? Ou il n'y a rien près la mort, et donc pas de souvenir, ou il y a Dieu, et alors on aura vite oublié le trépas terrestre. La question universelle est posée ici à travers les différents personnages évoqués, chacun dans son affect. L'image du cercueil, qui est une sorte de réification du mort, pèse sur cette atmosphère inquiète. Ce poème empreint de gravité a une dimension à la fois philosophique et spiritualiste. Il pose la seule question valable.
Il faut écrire "scintille-t-il" : l'apostrophe remplace une lettre élidée ; ici, le "t" est purement euphonique.

   Cristale   
12/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
De belles lignes philosophiques empreintes de poésie dont l’écriture murmure agréablement à mon esprit et à mon oreille.
Le regard extérieur observe, imagine les pensées des ombres proches et/ou distantes qui accompagnent le défunt, l’imagination divague sur des considérations philosophiques qui me plaisent beaucoup :

« Qu’il soit dans un cercueil ou dans l’urne de marbre,
Qu’il ait choisi la flamme ou le travail des vers,
Qu’il croie à tous les Dieux, au racines de l’arbre,
L’Homme est-il un rouage utile à l’Univers? »

De ce poème attachant je mets sous cadre les trois derniers quatrains, ceux dont le discours questionnent l’Ether et la finalité de l’existence. La transition, du quatrième au cinquième quatrain, est excellente, l’on glisse en douceur du supposé cheminement mental d’un hôte de la cérémonie funeste aux questionnements métaphysiques du (de la) narrateur (narratrice).

Le dernier quatrain est très proche de mon propre penser, mieux écrit que je n’aurais su le faire.

Beau poème, excellent récit, des vers de qualité, me voici comblée.

Cristale
heureuse d’avoir reçu ce poème en E.L. et hâte d’en connaître l’auteur-e.

   Mintaka   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème bien construit, qui se lit agréablement en déroulant ces vers harmonieux.
Le sujet est à la fois éculé et éternel. Je vais osé dire que j'aurais espéré un final différent; histoire de sortir un peu ou du néant ou de Dieu ?
J'ai apprécié toutefois votre travail de versification bien accompli.
Merci Pieralun

   Marite   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que de questions posées dans ce poème bien agréable à lire. Mais ce sont des questions qui effleurent chacun de nous lorsque les circonstances de la vie nous rappellent à notre condition éphémère sur terre. Les trois premiers quatrains nous invitent à partager l'atmosphère si particulière régnant lors de la funèbre cérémonie puis, les vers élargissent progressivement notre vision en imaginant le "voyage" de cet esprit qui a rejoint l'immensité. Tout cela sans aucune angoisse, seulement une démarche facilitée par la qualité des mots choisis ainsi que le rythme paisible des alexandrins.

   Myo   
21/1/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Entre ombre et lumière, entre terre et ciel, entre silence et murmure, une ambiance intime et généreuse à la fois.
Un regard sur ce mystère de la nature humaine qui laisse libre court à toutes les croyances et approches de ce moment si riche de vie qu'est celui de la mort.
Un poème d'une grande perfection technique et d'une profondeur troublante et touchante.

Des mots que je ressens avec beaucoup de force.

Un grand bravo.

   widjet   
6/4/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Que ce soit en poésie ou en prose, j’avoue ne pas être trop client des questions semées dans les textes.
Je comprends bien que le sujet sur l’après trépas mais aussi de façon plus vaste de notre place dans ce monde contient son lot d’interrogations, j’ai toujours trouvé le procédé un peu…. infantilisant.
J’ai aimé premier et l’avant dernier quatrains, déploré quelques redites (marbre, défunt…) ou des sonorités moins gracieuses à l’oreille (« alors même qu’un »).
Mais cela reste plaisant, comme toujours avec Pieralun.

W

   Polza   
17/4/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Si j’ai apprécié ce poème existentiel (sa musicalité particulièrement), quelques passages m’ont néanmoins interpellé.

Le premier vers notamment avec ce cercueil lentement glissé sous la pierre.
J’ai eu du mal à m’imaginer la scène dans le sens où la pierre n’a pas encore recouvert le cercueil à mon sens, je me suis dit que le cercueil ne pouvait pas glisser sous la pierre puisqu’elle n’était pas encore mise. (mais peut-être ai-je mal compris l’idée). Du coup, j’aurais préféré que ce soit la pierre qui dissimule petit à petit le cercueil, cela aurait renforcé la notion de disparition d’une personne que l’on ne verra jamais plus.

J’ai aimé : « Ta prière… Déchire le silence, or nos défunts sont sourds. » qui amène une touche de légèreté et d’humour malgré la situation qui ne s’y prête pas forcément.

Dans le cinquième vers : « Et parmi les chagrins de ces pâles dimanches, », si j’entends que ces pâles dimanches rime avec planches, j’ai toutefois eu du mal à m’imaginer des funérailles un dimanche. Bien que cela soit techniquement possible, il faut que plusieurs conditions soient réunies, notamment une dérogation préfectorale. Au singulier, j’aurais pu penser qu’il s’agissait justement d’un cas exceptionnel, mais « de ces pâles dimanches » m’a laissé penser (peut-être à tort) qu’il y avait assez souvent des enterrements ce jour-là.

Dans le dernier quatrain, plutôt qu’une supposition, j’aurais préféré poursuivre ma lecture par une interrogation : « Ou s’il n’est que le fruit d’un hasard d’émergence » devenant une question clairement posée qui impliquerait seulement que soit légèrement modifié : « Il y a peu d’espoir qu’une Toute-puissance, » et : « De son humble trépas, lui laisse un souvenir. » deviendrait également une interrogative, ce qui en tant que lecteur m’offrirait écho avec le questionnement de base : « Une vie après la mort ? »

Mais loin de moi l’idée de vouloir vous faire modifier ce que vous avez voulu dire, je vous dis juste ce que moi j’aurais peut-être aimé lire…
Encore une fois, j’ai beaucoup apprécié l’ensemble, au plaisir de vous lire de nouveau.

   ericboxfrog   
20/4/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Merveilleusement pessimiste et hautement rimée, peut-être manque-t-elle d'un peu plus d'hermétisme. Mais elle est cependant prodigieusement écrite avec des connaissances d'un niveau très poussé. On sent que l'auteur est doté d'une capacité intellectuelle qui dépasse le commun des mortels. Lui, qu'il reste vivant, assez longtemps encore, c'est ce que je lui souhaite. J'aimerais découvrir d'autres poésies du même cru, mais beaucoup plus alléchante, légère et agréable. Celle-ci est lourde, lugubre, avec juste ce qu'il faut de poétique. Ce n'est pas le genre de poésie que je recherche.

Félicitations.
ericboxfrog


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