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Poésie contemporaine
Quidonc : Fugue maussade
 Publié le 19/01/22  -  7 commentaires  -  1369 caractères  -  106 lectures    Autres textes du même auteur


Fugue maussade



Aux détails des ombres sultanes,
Habillé les pieds sur le lit,
Exhalant des brumes gitanes
Le rêveur son rêve embellit.

La mélancolie caracole
Envolutant le souvenir
Au papier peint qui se décolle
Sans qu’il finisse de jaunir.

S’est éteinte la luciole,
Celle qui éclairait sa vie,
Et glissant le temps s’étiole
Sur les pétales de Pavie.

Alors que s’est tue sa cigale,
Que ses chants se sont endormis,
Sa gaieté testimoniale
Sèche le cœur de la fourmi.

Il lave depuis dans l’eau froide
Le crin blanc dessous son chapeau,
Puis élime d’une glissade
Le parchemin gris de sa peau.

Dents piano, fugue maussade,
Traînant au sol seul son fado,
L’haleine rance en ambassade,
Il s’alcoolise crescendo.

Partant, des laudes jusqu’aux vêpres,
Il perd ses tartines. Clopin-*
Clopant au rappel de ses lèvres
La bière remplace le pain.

Mais la pisse à peine moussante
Que ne tiédit plus le frigo,
Comble le vide de l’absente
D’une joie qui le rend dingo.

Dans une complète atonie,
Où l’ennui jamais ne faiblit,
Locomotive à l’agonie
Il tousse en silence l’oubli…


* Perdre ses tartines : Expression belge qui signifie « perdre la tête ».


 
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   socque   
10/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai carrément buté sur le vers
Sans qu’il finisse de jaunir.
que je trouve très laid et lourd ; ça se voit tellement, ce "qu'il finisse" au lieu de "finir" pour préserver la métrique !

Dommage, par ailleurs dans vos vers j'entends une petite musique grinçante, aux accents vaguement verlainiens, qui distille doucement résignation et désespérance. Le titre m'apparaît bien choisi. J'estime que le poème trouve sa voix et son essor à partir du cinquième quatrain, une mention aussi pour la mélancolie qui caracole.
Je suis réservée sur l'abondance de diérèses, à mon goût en excès, aux troisième et quatrième quatrains, et sur l'inversion que je perçois comme artificielle
Le rêveur son rêve embellit.

Avec encore un peu de polissage, je me dis que votre poème pourrait dégager quelque chose de fort !

   Lebarde   
10/1/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une tristesse nonchalante qui pousse au désœuvrement et à la déchéance.
L’atmosphère est bien là, pesante et glauque, avec un vocabulaire maussade et rance comme la « fugue » et « l’haleine” du propos.
En contemporain on ne sera pas chagriné par les petites erreurs de prosodie mais on invitera à corriger les quelques fautes d’orthographe. Rien de grave.
J’aime bien à la lecture ces octosyllabes bien fluides, mais ne suis pourtant que moyennement séduit par ce poème.

En EL
Lebarde

   Miguel   
11/1/2022
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
On a du mal à visualiser le personnage. La joie le rend dingo et l'ennui jamais ne faiblit, on aimerait savoir à quoi s'en tenir. Le "sol seul" n'est pas très euphonique, et l'inversion du vers 4 manque complètement de naturel. L'haleine en ambassade ... faudra m'expliquer.
Il se dégage de ce texte un sentiment d'ennui qui est sans doute celui du protagoniste. Dans ce cas, c'est réussi.

Miguel, en EL

   Robot   
19/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Ce qui m'a retenu sur le texte, c'est l'ambiance que les vers ont réussi à installer, malgré quelques imperfections signalées par d'autres.
Cette atmosphère d'ennui, de solitude, de désintérêt et de laisser aller un peu sordide fait l'essentiel de ce qui m'a plu.
Je pense aussi que c'est perfectible et que peut être une rédaction libre aurait eu plus d'impact et permis de libérer la rédaction des contraintes de la rime.

   papipoete   
19/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Quidonc
Sous ce toit d'où la gaieté avec sa " luciole " est partie, ce n'est plus qu'un funérarium froid et silencieux. Le héros survit grâce à la fée " picole ", au milieu de la fumée de gitanes, dont les volutes cachent la mine affadie du veuf si malheureux ; mais il n'est pas seul, mélancolie ne le quitte jamais !
NB un scénario qui, lorsque avance l'âge vers la sortie, on craint de vivre bientôt ! " boire ou conduire " dit-on ? il en est qui ne choisissent pas et se noient dans la bibine, pour quel résultat ?
Je ne juge pas, mais ayant eu à connaître pareille situation, j'abandonnai bien vite ce palliatif et trainai simplement ma peine, comme une enclume qui me conviait chaque matin...
la seconde strophe est touchante, quand les autres me dépeignent un tableau fort sombre, trop sombre.
vous avez opté pour la lecture en " diérèse ", or au 24 e vers " s'alcoolise " se lit " s'al/o/o/lise " portant le vers à 9 pieds !
je vois de nombreuses inversions, que je sais " peu prisées " en général.

   Cyrill   
19/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Quidonc

Le portrait est d’une mélancolie dévastatrice et néanmoins bien séduisante. L’atmosphère de déliquescence est bien rendue, alcool et fumée de Gitanes sur fond de fado.

Des tournures, des expressions et autres métaphores qui m’ont beaucoup plu.
L’octosyllabe est chantant mais je regrette ces diérèses obligées pour garder le rythme, et une dernière strophe un peu fade en sonorités avec tous ces I.

Merci pour le partage.

   Provencao   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Quidonc,


"Il tousse en silence l’oubli…"
Cette authenticité de ce vers passe, véritablement par l'accueil de la mélancolie, que vous ecrivez si bien.

Cette luciole qui s'est éteinte s'exprime fort bien dans cet ennui, ce silence. Cette fugue maussade est cette sensation silencieuse qui demeure en ce "il"

Cette mélancolie enveloppée de ces mots choisis, parfois dans un langage peu châtié qui se veut et se fait modeste, réservée, timide discrète.

J'ai beaucoup aimé cet appeau baigné de silence, d'ennui qui nous invite â une perception solitaire à cette fugue maussade.

Au plaisir de vous lire
Cordialement


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