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Poésie libre
Pluriels1 : Lieux de tournage
 Publié le 09/06/13  -  2 commentaires  -  1916 caractères  -  48 lectures    Autres textes du même auteur

… tout est dans le titre.


Lieux de tournage



Ce pourrait être l'axe couché d'une place publique
Ce pourrait être le regard vertical d'un gisant horizontal
Ce pourrait être la vitre exotique d'un marchand de voyages

L'épaisseur des arbres sur le grain d'ébène des statues
La quadrature des clartés aux colonnes d'un musée
Le globe des pavés impairs sur l'addition des neurones

Mais je voudrais surtout ouvrir tous les loquets
Mais je voudrais partout glisser l'œil des plans découpés
Mais je voudrais des rendez-vous pour déchirer les regards

Filmographie des misères violentes à feuilleter sans bonté

Et la langue doit se gonfler aux trottoirs sans sagesse
Et les mains doivent s'ouvrir à la nuque des manettes
Et les étranglés doivent s'accroupir sans trucages

Les bureaux de chômage sans décor chaud de posters trompeurs
Les vitrines d'asiles en tocsin pour la gâchette des mains

Et les refuges ont pouvoir de paroles d'une vie
Et les torticolis s'enrouent à la torsade honteuse des mentons
Et les gants s'écorchent enfin aux coutures des aumônes

Avec le plein des maladies sur les écrans des transparences
Avec de méthodiques traversées à la saccade des usines
Avec des chevauchées de goudron au générique des artères

Des dédicaces de cigarettes tueuses derrière l'idylle des jeans
Des scènes de plateau en confusion sous des névroses de sunlights

Et sous la pince des claquettes des enfants mythomanes.



Je vois à huis clos des morphines de musiques brutes
Je vois à vide des bouches de bébés alcooliques
Je vois à l'improviste des casseurs alignés sous les portants

Les cahiers du dernier script sur le lit du décor

Et dans l'axe découpeur de la caméra la mort télévisée
Au terminal des antennes dans les plans d'essai du final.


 
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   brabant   
9/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Pluriels 1,


Lieux de tournage ou lieux de délit ?... où l'on tambouille le noir et le noir... lieux à charge sans décharge hormis de bile noire avec de beaux vers ici et là, mais sans chaleur, pour l'esthétique. Réquisitoire sophiste... et si vous tentiez l'avers de ce texte ?

J'ai bien aimé :
- "le regard vertical d'un gisant horizontal" (encore qu'il ait du pléonasme dans l'air, que vous ne pouvez pas ne pas avoir voulu :) )
- "les mains doivent s'ouvrir à la nuque des manettes"
- "sans décor chaud de posters trompeurs"
- "la pince des claquettes"

J'ai un sentiment d'art et d'essai, sans compromission, dans toute sa désespérance froide.

Mais le 6 derniers vers me font comprendre que ce poème est tout... sauf du cinéma.


Je sors de là frustré et abattu. C'est que j'aime Shirley Temple moi, envers et contre tout ; et aussi les cow-boys en jean dans la fumée des saloons et des nuages. Et vive Annie Oakley !

A propos, avez-vous lu les Lettres de Calamity Jane à sa fille ?


Lol

   David   
18/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pluriels1,

Ça reste assez énigmatique en première lecture, j'ai bien aimé :

"Ce pourrait être le regard vertical d'un gisant horizontal"

Comme une scène de western où après un duel, un des protagonistes au sol serait filmé avec la même géométrie à angle droit entre l'axe du regard et celui de l'horizon.

Très vite, les descriptions se font plus difficiles à saisir d'un coup d’œil :

"Le globe des pavés impairs sur l'addition des neurones"

Celle là semble même renoncer à ces point de vue cinématographiques tout en gardant un ton poétique qui vaut au moins le temps de la lecture où on peut espérer qu'il y aura d'autres échos.

Le poème devient plus sombre avec :

"Filmographie des misères violentes à feuilleter sans bonté"

Les images deviennent plus noires, je crois comprendre que le thème n'était pas vraiment ou pas seulement le cinéma, le sens s'éclaire sur la fin, avec les vers en "je vois... " le poème se dessine à rebours comme une suite d'impressions cauchemardesques à partir d'un quotidien télévisuel. Je l'ai compris comme ça, du moins.


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