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Poésie contemporaine
sqark : La balance
 Publié le 09/06/13  -  11 commentaires  -  4022 caractères  -  132 lectures    Autres textes du même auteur

Comme "Londres à Berlin", ce texte est extrait d'un recueil à paraître.


La balance



Le soleil qui se lève a balayé mes pleurs ;
Vois ce que je lui offre, il me le rend parfois
Tout enrobé de bleu et trempé de sueur
D'avoir un jour vécu et d'en rester pantois.

De la tristesse froide il a fait un brasier
Puis embrasé mes sens dans un grand feu de joie
Pour que j'y croie encor ! C'est le futur casier
Où dormira mon corps qu'il prendra dans ses bras !

Bien au fond des marchés débordant de chapeaux
Je m'en allais peser le beau contre le vrai ;
Il n'est pas d'avenir sous le moindre drapeau
Qui puisse m'enchanter, qui puisse m'enivrer.

Le chant des océans est d'une autre nature,
D'un monde différent, d'une aube disposée
À entendre mes vers, à penser ma culture
Et puis laisser mon cœur, seul enfin, reposé.

J'attends avec angoisse un jour plein de promesses
Qui sera si profond qu'on pourra s'y noyer
Et sera sans malheur, qui ne verra tes fesses
Que dans un grand tableau pendu sous un noyer.

Les rayons couleur âcre ont balayé mes peurs
Et j'ai cru un moment voir voler un faucon
Chargé de nos espoirs, passer dans la torpeur
Pour s'ouvrir à nos vies bronzant sur le balcon.

Sur les tables des pubs je griffonne ces lignes,
Cherchant l'écho fécond dans la mer endiablée,
Moi qui suis loin des miens, qui doucement m'aligne,
Je voudrais m'oublier sur la plage ensablée.

Mais personne n'est là pour vivre à mon endroit ;
Il me faut transporter jusqu'au bout cette charge !
Il me faudra tourner, moi qui voulais aller droit,
C'est le nom des absents que j'inscris dans la marge.

Qui voudrait de la vie quand il connaît la mort ?
Il faut se réjouir d'être tant amnésiques
Qu'on ignore l'avant, là où tout avait tort
Pour aimer à ce jour la beauté des musiques.

Mais le soleil se tait et revoilà l'ennui
Qui torture mon âme en implantant les graines
Des rues inanimées tordues parmi la nuit,
Se lamentant sans fin au fond de leur arène.

Le combat malséant qui me prend à partie
Ne connaît pas ma vie mais me juge quand même.
Dans sa perte de temps savamment répartie
Il ne me donne rien mais nourrit mes poèmes.

Je cherche cette essence à l'allure timide
Dans son état global – qu'elle me dise un soir
Comment vit l'univers dans notre steppe aride,
Quel est son propre rêve et quels sont ses déboires.

Je veux dans mon caprice un peu de vie humaine,
Un peu de réconfort, une once de plaisir
Pour rendre plus facile une route bien vaine
Comme un retour d'école empourpré de désirs.

Si le dieu des chansons pouvait saisir ma plume
Je chanterais la joie en pensant la noirceur
Je chanterais la vie en poursuivant la brume,
Je serais à construire un monde bien meilleur !

Mais dans ma poésie il n'est pas d'artifice
Qui soit assez puissant pour mentir à soi-même.
Le cri que j'ai en moi exige un sacrifice
Que je ne peux laisser à tous les gens que j'aime.

Que faudra-t-il alors pour combler mon chagrin ?
Si rien ne peut m'aider que cette humeur câline
Qui n'est que pour l'espèce allergique aux embruns
Faudra-t-il renoncer à l'ivresse marine ?

Si pour ce souffle doux il me faut m'ignorer
Très loin des infinis et puis vivre à l'envers
Comment sera ma vie ? Cette étoile arborée
Tout contre mon thorax ne souffre pas des vers.

Mais si sans eux je meurs, je ne trouve aucun sens
À mon passage ici accablé de défauts –
Que me faut-il choisir ? C'est la mort ou l'absence,
L'enfer ou bien l'enfer, la hache ou bien la faux !

À quoi servent mes vers s'ils vivent contre moi ?
Ils m'ont déjà maudit, me maudissent encore ;
Je suis prêt à partir mais je n'ai pas ce choix,
Je n'ai qu'un choix tragique à donner à mon corps.


 
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   jamesbebeart   
30/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Texte qui se mérite de par sa longueur et on n'est pas déçu du voyage : écriture accomplie, lyrisme, beauté des sentiments, rien ne manque à ce bel exercice ! Merci pour cette lecture.

   Beaufond   
9/6/2013
Je préfère tant la version dernièrement corrigée ! mais là déjà des traits imposants de caractère, la profondeur des mots, la majesté des vers ; l'infini est à parfaire, à achever, et cette version de « La balance » enfoncera éternellement cette substance dans la nature des choses.

   brabant   
9/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sqark,


Impossible pour moi d'aborder un poème de Sqark tout seul : il me donne le vertige :)

- comparer le soleil à un casier, même Dali dans ses tableaux les plus fous n'a pas osé. Lol

Bon, avant d'aller plus loin je m'en vais lire les autres com... ... Oui... Bon... . Pour ma part j'ai l'impression d'un fourre-tout comme une trousse d'écolier trop remplie avec des petits bouts de crayon ici et là, des attaches parisiennes et des trombones, itou itou (ça n'est pas péjoratif) sympathique. Vous me faites l'effet d'être à la poursuite de votre plume qui est un bolide. Enfin, ça n'est que mon avis :)

   Anonyme   
9/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle langue, quelle verve, quel souffle ! Je vais peut-être dire une c§#!*rie mais je n’avais pas rencontré cette qualité de chant depuis Aragon… Les vers (superbement travaillés) semblent couler de source, comme la pensée vivante, en sorte que la longueur ne m’a aucunement gêné.
Mais la richesse symphonique des images appelle plusieurs lectures… J’y reviendrai donc à tête reposée pour savourer pleinement, ou juste savourer encore.
Question — Le vers 31 : « Il me faudra tourner, moi qui voulais aller droit, » est, m’a-t-il semblé, le seul à sortir du rythme alexandrin (13 syllabes 6//7). Est-ce voulu / assumé ? ou une erreur de saisie ?

   sqark   
9/6/2013

   placebo   
9/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'avoue me trouver un peu con devant les envolées lyriques d'autres commentateurs :p C'est presque une profession de foi, un idéal à mener, une manière de voir le monde, ce texte. Personnellement, je trouve ça trop long. J'ai aimé la dualité du jour et de la nuit (les parties sont à peu près équivalente il me semble), mais j'ai beaucoup plus de mal dès que ça retombe sur les difficultés de la création, des mots à saisir, une sorte de méta-poésie.

Je trouve qu'il y a les mots, le rythme, je suis plus en peine pour les images, trop diluées dans le texte à mon avis, et l'émotion, mais c'est pour la raison citée plus haut.

Bonne continuation (et bonne chance à votre recueil),
placebo

   Sansonnet   
10/6/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une seule chose à dire : Long.

Cela ne poserait pas de souci si le style était somptueux, si les images étaient claires comme de l'eau de source.
Car si ce n'est le cas, et ici ça ne l'est pas, le tout devient confus, et l'on se perd tout doucement dans une forêt d'images, où l'émotion bien que présente, est amoindrie.

Pourquoi ce n'est pas le cas me direz-vous ?
Les sonorités, si on omet les rimes, ne me font pas chanter, le rythme n'est donné que par le partage en parts égales de l'alexandrin, mais pas tellement par la ponctuation selon moi. J'ai aussi cette impression de manque cohésion (il y a une idée globale que l'on remarque, mais les exemples sont mal soudés) accentuant la difficulté à comprendre les images sur l'instant. Car n'est-ce pas le but de la poésie que d'envoyer du rêve sur de belles paroles sans devoir revenir sur celle-ci.
Certes, ma culture me fait peut-être défaut, mais suis-je le seul ?
Au final, on se disperse, et ça détruit quasiment tout ce que j'entends de "poésie".

Je ne m'éterniserai par contre pas. C'est pourquoi, je n'évoquerai ni les légers passages qui m'ont bien plu, ni ceux qui m'ont déplu.

Bref, je ne peux qu'encourager vis à vis de la taille de ce poème, car ce n'est pas non plus chose aisée. Mais ça s'arrête bien là pour moi, car la dispersion est vite arrivée. Et puis je vais rehausser la note avec les efforts sur l'alexandrin...

   Ioledane   
10/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Balance entre le beau et le vrai, états d’âme contradictoires du poète … Voilà une errance bien mise en scène, dans un poème un peu long mais jamais lassant, plein de vie (le mot vie revient d’ailleurs 6 fois et le verbe vivre 5 fois).

Je trouve certains passages particulièrement beaux :
« D'avoir un jour vécu et d'en rester pantois »
« C'est le nom des absents que j'inscris dans la marge »
« L'enfer ou bien l'enfer, la hache ou bien la faux ! »
Et tout ce quatrain :
« Le combat malséant qui me prend à partie
Ne connaît pas ma vie mais me juge quand même.
Dans sa perte de temps savamment répartie
Il ne me donne rien mais nourrit mes poèmes. »

Sur le plan de la fluidité, je note beaucoup de « qui » / « que » dont la juxtaposition est assez disgracieuse, par exemple dans :
« QUI puisse m'enchanter, QUI puisse m'enivrer »
« QUI sera si profond QU’on pourra s'y noyer / Et sera sans malheur, QUI ne verra tes fesses / QUE dans un grand tableau pendu sous un noyer »
« Si rien ne peut m'aider QUE cette humeur câline
QUI n'est que pour l'espèce allergique aux embruns ».

Certaines tournures ne me semblent pas des plus heureuses :
- « je serai à construire »
- « le cri que j’ai en moi »
- « Et j'ai cru un moment voir voler un faucon / Chargé de nos espoirs passer dans la torpeur » (un verbe de trop entre voler et passer)

Il y a également des répétitions sur des vers consécutifs, sans effet utile à mon sens :
- « brasier » / « embrasés » (même racine)
- « vivre » / « vie »
- « choix » sur les deux derniers vers (et il y a déjà eu « choisir » dans le quatrain précédent).

Enfin je relève un défaut sur l’un des vers : « Il me faudra tourner, moi qui voulais aller droit » : le second hémistiche est curieusement rallongé.

   Mona79   
10/6/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est très beau. Pour le rythme il suffisait de mettre : "moi qui veux aller droit" et tout était rétabli ; mais vous avez préféré tout changer, c'est dommage que cela n'apparaisse pas ici dans votre texte qui est parfait par ailleurs. C'est long, mais je ne me suis pas lassée à cette lecture pleine de belles métaphores comme je les aime. Merci.

   David   
19/6/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Squark,

Cela manque d'intensité à mon goût, et a rendu ma lecture laborieuse, je ne retrouve la constante invention du bateau ivre ou la stricte narration de la conscience d'Hugo, le thème est centré sur le poète et sa poésie mais, en quelque sorte, ça le dit au lieu de le faire, comme un "making of" d'un prochain poème. Il reste le charme du rythme et de quelques formulations qui m'ont plu, j'aime bien :

"C'est le nom des absents que j'inscris dans la marge."
"L'enfer ou bien l'enfer, la hache ou bien la faux !"

D'autres me semblent assez malheureux :

"Qui voudrait de la vie quand il connaît la mort ?"

Ça fait langage d'ado : "c'est trop la mort d'aller en cours" le grand mot semble galvaudé. Le sens pourrait être connaitre la sensation de la mort d'un proche, mais je ne l'ai pas compris comme cela.

"Pour aimer à ce jour la beauté des musiques."

Là aussi, j'ai l'impression d'un vocabulaire trop imprécis, la beauté d'une musique, c'est son harmonie à priori. La beauté est figée, l'harmonie est fluide.

"Je suis prêt à partir mais je n'ai pas ce choix,
Je n'ai qu'un choix tragique à donner à mon corps."

La répétition de choix, une fois à la rime et en toute fin de lecture est vraiment dommage.

   Lulu   
24/4/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est bouleversant. Son lyrisme m'a beaucoup émue. De savoir qu'il figurera dans un recueil à paraitre... eh bien je n'ai qu'à encourager son auteur...


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