Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Pluriels1 : Particules du vent
 Publié le 17/03/11  -  10 commentaires  -  1978 caractères  -  188 lectures    Autres textes du même auteur

... pierres-racines.


Particules du vent



Reins cassés, rompus des roches fourbues de vents,
Schistes taillés tranchants, soulevés sous ce ciel,
Sans répit secoués, scalpés noirs sur leurs racines,
Scandant de rythmiques sanglots, sans repos étreints
D'un souffle en démesure, assaillis par sèches saccades,
Bousculés, sillonneurs des espaces, traceurs assommés,
Déracinés aux sillons des versants sur les souches rousses.


Échines hissées aux sommets en douce bosse, poussés d'un vent
En messe démentielle, plissés sur cette terre fascinante,
Se fissurant sous le ciel d'un essor silencieux, simples servants,
La face à la surface des fossés sur les mousses - jaspe lisse -
En ceinture, schistes dressés lestes, noces massives sonores
Aux averses soudaines, surgissant de ce sol en justesse tracée
Sur les désirs extasiés des surplombs solitaires, fissurés.


Terrasses désolées sur la hausse des landes frémissantes d'hiver,
La bise gerçant les roches glacées, schistes gisants griffés,
Fixité adossée aux secousses des bourrasques, lacis tisseurs,
Liasses tressées des sinueux genêts subissant le choc de ces vents,
Ainsi ici sans issue cette violence signe l'espace, stridences,
Ces herbes lustrées, soudées aux saillies de ce sol assourdi
Où lascives d'obscures symétries hissent leurs ressacs de pierre.


Morsure empressée, impossible récital d'une masse sévère de vents,
Sans cesse amassant leur puissance, les roches saisies saluent
D'une massive fausse révérence, satin chantant de l'ardoise,
Sensuelle torsion aux stalles sciées, sursauts aux siestes des airs


Asseyant leur soleil à la chaude toison des ajoncs assoupis,
Sa course échevelée sous ce ciel associé ainsi à ces immensités
Où d'un suprême baiser les cils célèbrent la geste des schistes.





Extrait de "Métal Noir" dans "PLURIELS"


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lunar-K   
7/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un paysage apocalyptique saisissant, présenté au travers d'une succession d'images verbales puissantes, à la syntaxe syncopée, haletante... C'est bien écrit, grondant, rauque (allez savoir, c'est l'adjectif qui me vient) !
Un bémol cependant, hélas assez embarrassant, la trop faible diversité du vocabulaire employé : "schiste", "vent", "roche",... Plusieurs mots qui reviennent sans cesse dans ce texte, certains (presque) à chaque strophe ("schiste" et "vent" je crois). C'est dérangeant, même si le vent est au centre de ce texte, il vaudrait mieux en remplacer une ou deux occurrences par des synonymes.
Un autre défaut, l'usage parfois abusif de l'allitération. Cela passe plutôt bien parfois, j'aime notamment ce passage-ci :

" MorSure empreSSée, impoSSible réCital d'une maSSe Sévère de vents, / Sans CeSSe amaSSant leur puiSSanCe"

Par contre, d'autres sont beaucoup moins réussies, parfois même lourdes, d'autant que la plupart joue sur la même sonorité : le "s" (Pas besoin d'exemple précis, il suffit de lire la seconde strophe entièrement construite là-dessus).
Mis à part ces quelques anicroches plus ou moins gênantes, l'ensemble du texte est incroyablement évocateur, avec de nombreuses images d'une force extraordinaire. Quelques unes de mes préférées :

"poussés d'un vent / En messe démentielle", "noces massives sonores / Aux averses soudaines",... et tant d'autres.

Un poème vif, exalté. Un véritable choc, hélas un peu gâché par les quelques défauts cités.

   Lunastrelle   
8/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ouf! Une lecture plus que déroutante, et vivante! Ce jeu sur les sons, ces impressions que ça siffle de partout, que ça bruisse, que ça gronde... Ah! Sans oublier les superbes descriptions qu'elles engendrent à propos des paysages... J'avoue n'avoir pas décroché une seconde du texte, mes yeux sont restés scotchés...
Je relèverai ce passage là, mon préféré de tous à cet instant précis:

"Terrasses désolées sur la hausse des landes frémissantes d'hiver,
La bise gerçant les roches glacées, schistes gisants griffés,
Fixité adossée aux secousses des bourrasques, lacis tisseurs,"

Par contre, je suis en train de me demander: certains mots comme "vents" sont répétés... Est-ce voulu?

   LeopoldPartisan   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Assez rétif à l'excercice. En effet, il y a me semble-t-il justement trop d'effets sonores, je n'en veux pour preuve que ces avalanches de "s" qui pourraient remplacer chez les professeurs de dictions les sempiternelles chemises de l'archiduchesse. Ici qu'importe le sens pourvu que la langue se délie. Dès lors, je ne me suis plus focalisé que sur les mots au détriment d'images si belles que peuvent être "la geste des schistes" ou "la chaude toison des ajoncs assoupis". Réellement dommage.

   socque   
17/3/2011
Un poème qui m'a entraînée presque malgré moi ! Très expressif, réussi selon moi : je voyais vraiment ce qui était évoqué.
J'aurai peut-être un bémol sur l'allitération en "s" : le principe est bon, mais je la trouve un poil trop appuyée.
Les "rythmiques sanglots" font trop baudelairien à mon goût.
Le quatrain me plaît moins, je ne saurais trop dire pourquoi ; peut-être la masse de vents qui amassent leur puissance, suivie de la massive révérence des roches, m'a-t-elle gênée. Bravo pour le "satin chantant de l'ardoise", cela dit !
"ciel associé ainsi à ces immensités" : le "ainsi" m'a vraiment heurtée (il fait cheville, je trouve), jusqu'à me faire sortir du texte.

Mais, d'une manière générale, ce poème est fort beau pour moi, parce que la forme me paraît bien adaptée au sujet.

   Anonyme   
17/3/2011
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un paysage de Bretagne, dès les premières lignes. J'ai cette image d'une côte rocheuse découpée, balayée par le vent et la pluie.

On entend même ce vent nous siffler aux oreilles. Ces allitérations en s sont assez adaptées au sujet, même si elles captivent un peu trop l'attention à certains moments.

Très peu de verbes conjugués, si bien que j'ai eu la sensation de me perdre dans le déroulement du poème. Je pense à posteriori qu'il ne faut pas chercher de déroulement, puisqu'il s'agit plus d'une fresque, d'une sorte de capture aussi bien visuelle que sensationnelle.

L’apposition de « stridence » m’a fait faire une pause dans ma lecture sinon. Joli mot cela dit.

   nicotine   
19/3/2011
Commentaire modéré

   Heisenberg   
19/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La sonorité est par endroit déconcertante, rien qui ne me gêne, je m'attache toujours à capter la musique d'une poésie dans son ensemble et sa cohérence avec le fond. J'apprécie ce genre de texte ou les relectures permettent de sentir la puissance de l'auteur, ici il arrive à retenir l'attention, nous élever avec les éléments naturels. La description est à la fois précise, évocatrice et même temps hermétique. La magie opère à chaque endroit....un réel plaisir

   nicotine   
20/3/2011
Je vais modérer mes propos en les étayant... un peu.

Donc la seule vrai belle image de ce poème est "rythmiques sanglots" mais elle n'est pas de l'auteur... et non, elle est de Baudelaire, dans "La Fontaine de sang", dommage.

Mis à part, on sent les vents (4fois), les schistes (3fois), le verbe hisser (2fois), etc... Pour le tout, un vrai consssssssssssssssssert ! Une sorte d'exercice de style à la Queneau, en moins drôle.

Ce qui m'a le plus gêné est l'absence totale de verbe à l'indicatif... en revanche... une avalanche... de participes présent et passé.

Voilà, je ne note pas car l'auteur pourrait croire que j'ai adoré ce poème.

Bonne continuation.

   Marite   
20/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Après trois lectures de ce poème et aussi des divers commentaires, une question me vient à l'esprit: "ne faut-il pas devenir "... pierres-racines" pour l'apprécier ? C'est-à-dire se laisser glisser, sortir des émotions humaines et imaginer le ressenti du monde minéral ?
Les roches n'agissent pas, du moins à notre échelle de temps, elles subissent les caprices du climat, des hommes parfois. C'est peut-être l'explication de la présence des nombreux verbes sous forme adjective ?
Ce n'est pas un thème favori pour moi mais il était difficile à traiter je trouve et l'auteur l'a réussi, indépendamment des quelques observations sur la forme soulignées dans les précédents commentaires.

   Bidis   
20/3/2011
La première strophe me plonge dans un lieu étrange et une atmosphère forte. J'apprécie, je savoure l'impression et j'attends l'action qui va se dérouler, aussi forte et aussi étrange, je l'espère.
La seconde strophe me répète la même chose, avec d'autres mots - toujours bien beaux et percutants, d'accord, mais ma surprise s'est évaporée, mon attente reste et mon émotion s'atténue.
A la troisième strophe, j'ai compris que mon attente est vaine. Ma lecture devient plus distraite, mon émotion s'émousse.
Et je termine ma lecture sur une grosse déception...
Entre l'exceptionnel qui me tente au début et le moyen sur lequel je débouche, je n'évalue pas.

   jamesbebeart   
20/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai apprécié dans ce texte la science achevée des images, la musique toujours omniprésente chez vous, mais ici la magie sonore devient vite assourdissante et affaiblit -me semble-t-il- l'énonciation. La beauté des évocations manque de spontanéité, de naturel. J'aurais aimé, comme l'a si bien dit JP Rameau, que vous cachiez l'art par l'art. Bref un ressenti un peu mitigé.


Oniris Copyright © 2007-2018