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Poésie libre
Pluriels1 : Préfaces
 Publié le 16/05/13  -  4 commentaires  -  3812 caractères  -  43 lectures    Autres textes du même auteur

Renaître de la mer et des vents…


Préfaces



Bourdonnant paysage dans le monde du déroulé des houles vertes,
Les vents passagers pétrifient la pleine toile tendue des voiles,
L’espace de loin accourt confusion apparente projetée sur l’étrave,
Source glacée des mains parant le frêle froid des manchons
Et, la barre comme une victoire, le monde tourne tout autour.

C’est un ciel admirable en dérive, c’est le bord cavalier messager
D’un plongeon dans le ventre étranger des sels vagabonds.

Naissent de riches formes au franc-parler des eaux géantes radieuses
Et la coque se lit sous les pieds, fervente épouse bavarde,
Dans le grand silence soudain des calmes plats, mensongers, capturant.


Alors l’attente se noie dans les respirations, contraignantes lenteurs
À deviner sur le lin et le chanvre le moindre frémissement des vents,
Les voiles sont d’isabelle draperies nourrissant l’image des rêves,
La course s’enivre et s’invente de prochaines brises superbes,
Les yeux se closent où les eaux se parent des plus tendres parfums
Sur le miroitement d’un courbe sillage dans le crépuscule roux.

Et reviennent les vents comme une étincelle graduellement éclatante,
Les cordages ─ les dormants, les chuchoteurs ─ reprennent leur discours
Sur le flambant des mâts, démons au cœur les litanies remontent
Le courant des veines dans les allégresses des vents porteurs
Et, juste dans le droit chemin où s’en vont les yeux, légères
Naissent les effluves sur les algues nouées, javelles des grands fonds.

Les cheveux ceignent le visage où le debout de la vague montante
Hisse le cœur vers le plus des chants compagnons et s’ouvre pure
La lèvre sur un rire musical, se sifflent les levers de l’étrave
Comme un libre signal et la bouche sourit sur ses fatigues oubliées
Lorsque change le ciel en voûte démente sur l’orange fleuri du soir.


Berceau le plat-bord endort l’impatience de la nuque soupirante,
Gerbe des mots sur le pas des oiseaux filant dans les lueurs,
Le drapé des cieux noie ce pays sans rivages de la haute mer
D’une averse lustrale de couleurs multipliées dans l’eau grise,
S’ouvrent les chemins des étoiles comme un signe certain et sûr
Et la nuit est un jour pour l’ébahi mendiant des yeux infatigables.

Dans le dos parle et chantonne le bois vibrant du mât et se glissent,
À la solitude nocturne, les voix d’un monde révélé, migrant mouvant,
Formidable concert du perpétuel et la vague est la chair, et le souffle
Fascine les roulis et se forge à l’énigme bleue une nouvelle vie,
Où viennent les sommeils dans le sans-repos des courants prédicants.

Douce bercée, la coque se fait corps sous le corps endormi renversé,
S’inversent les flux morts, éclosent les songes libérateurs.

L’insensé des mots redevient un davantage premier langage mesurable,
Les lenteurs fragmentent les coutumières folles rapidités déchireuses
Et se calment les fièvres dans le paisible regard des mélancolies.

La mer est comme une terre en préface d’immuables sillons géographes,
La lune est une nacre majestueuse tombée au milieu des flots noirs,
Erres singulières s’amplifient les lectures majeures des courants
Primordiaux et secrets, glissent, sous le ventre des clins, les cadences
Vernissées des lames, et le pays des eaux bruit d’une invisible voix.

Et les yeux, les yeux eux-mêmes, changent de couleur, et prennent le ton
Du sel, les bras sont comme des haubans bruns et jaillissent lents
Pour saisir le goût bleu du ciel à l’aurore, les pieds connaissent
Les roulis et chaque voile au lointain de la mer est comme un ange.


 
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   socque   
28/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Eh bien, chapeau. Aux premiers vers, j'avais tendance à trouver le poème "en fatras", confus, les vers trop longs pour y distinguer un rythme... et puis, curieusement, je ne pouvais m'arracher à ce texte que mon cerveau me disait mal fichu.
À mesure que je lisais, c'était comme un envoûtement, un besoin de me sentir bercée par ce long balancement, ces mots décalés qui désignent clairement leur objet marin, et pourtant donnent je trouve une saveur étrange :
"ébahi mendiant des yeux infatigables"
"la vague est la chair"
"Les lenteurs fragmentent les coutumières folles rapidités"

Étrange, oui, mais pas d'un étrange gratuit juste pour la montre : un étrange qui me ramène en plein dans le sujet et me donne un nouvel aperçu. Ces lenteurs qui fragmentent, par exemple, appellent à mon esprit la vague à la surface brisée de partout dans une houle, qui s'élève tout doucement mais dont la surface tourmentée trahit les gigantesques forces agissant en-dessous. Formidable raccourci de ce que je n'ai su exprimer que de manière lourdaude !
Voilà, pour moi, la poésie, voilà un poème ambitieux, ample et très réfléchi. Pour me répéter : chapeau bas.

Tiens, au hasard, je rejette un dernier coup d'œil et je vois des vents qui reviennent comme une étincelle graduellement éclatante... Superbe !

   Mona79   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il faut s'accrocher à ces haubans qui finissent pas envoûter l'esprit rétif qui refusait au premier abord de s'y attarder.

Poésie difficile, qui se mérite par l'acharnement que l'on peut mettre à s'y glisser pour y pénétrer, enfin.

Mais alors, quand on s'est laissé apprivoiser, c'est l'enchantement venu de la mer qui nous prend et nous submerge. Impossible de commenter pareille communion. Seulement dire merci pour cette fusion.

   brabant   
16/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Pluriels1,


Profusion, ce texte dépasse le cadre de la mer pour s'adresser à l'océan ; profusion, c'est sa qualité mais c'est aussi son défaut, trop d'adjectifs viennent l'éparpiller et le freiner.
exemple : "courbe sillage... crépuscule roux" dans le même vers
exemple cumulatif : "eaux géantes radieuses"
exemples d'un autre type : "des plus tendres parfums"
et d'un autre type encore : "une étincelle graduellement éclatante"
et tout le poème est comme ça.
Ses longs vers font bloc comme l'océan est bloc, mais freinent son abord et d'une certaine façon hermétisent cet océan massif qui ne prend donc ni ne rend ni ne donne. Telle fut mon impression de lecture où des paquets de mer ont coulé sur mon ciré à l'abri duquel je suis resté et sec et emprunté.

Bien sûr il y a de beaux vers.
exemple : "Et, la barre comme une victoire, le monde tourne tout autour"
C'est que vous êtes un vrai poète :)

EDITION : je n'ai, comme à mon habitude, pas lu les autres com avant de rédiger le mien. Je précise cela pour un exemple positif dans un com, négatif dans le mien.

   David   
26/5/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pluriels1,

L'écriture m'a fait comme une litanie envoutante avec ses formulations complexes mais colorées, ludiques, oniriques. La mer comme un "ange bourdonnant" du dernier au premier mot, emmène à sa suite la lecture sans l'essouffler mais sans la laisser au repos non plus :

"Les voiles sont d’isabelle draperies nourrissant l’image des rêves"
"le miroitement d’un courbe sillage"
"Les cordages ─ les dormants, les chuchoteurs ─ reprennent leur discours/Sur le flambant des mâts"
"L’insensé des mots redevient un davantage premier langage mesurable"

Quelques passages aux airs étranges, qui perdent sans doute un peu à être sortis du tout, mais qui illustrent ce ton particulier. Une liberté au plein sens du mot, très jolie.


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