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Poésie contemporaine
poldutor : Verdun
 Publié le 02/06/19  -  12 commentaires  -  1354 caractères  -  181 lectures    Autres textes du même auteur

J’ai voulu apporter ma contribution à la gloire des courageux soldats, et décrire ce qu’a dû être leur calvaire, lors de la bataille de Verdun.


Verdun



Sur la plaine éventrée
Il pleuvait des obus.
Et la Mort triomphait,
Et les morts tombaient, drus.

Un cauchemar hantait
Les malheureux soldats :
Le terrible souhait
D’obtenir le trépas,

Et de ne plus chercher
À préserver leur peau.
D’arrêter de lutter,
De choisir le tombeau.

Ils enviaient hélas,
Ceux qui étaient tombés.
Pour eux la mort efface
Les horreurs des tranchées :

La peur, le froid, le bruit
Et l’ennemi surtout ;
Les rats courant la nuit
Sur les corps pleins de poux.

Ils étaient oppressés
Par l’odeur démoniaque
Des corps qui pourrissaient
Dans l’horrible cloaque.

Que de sang, que d’efforts,
De douleurs et de maux.
Cent montaient en renfort
Peu ralliaient le boyau

Dans la boue, noire gangue.
La plupart estropiés,
Annihilés, exsangues.
Spectres fous et gelés.

On les disait Poilus.
Par un prodige de taille,
Certains sont revenus
De la Mère des Batailles.

Presque indemnes de corps,
Mais l’esprit torturé,
Perdu, sans réconfort ;
À jamais dérangé.

C’était la Der des Ders…
Après vingt ans de paix,
On ralluma la guerre,
On avait oublié...


 
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   Corto   
6/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est courageux de se lancer ainsi pour "apporter ma contribution à la gloire des courageux soldats" qui ont vécu la bataille de Verdun.
Mais hélas le tableau déjà noir présenté ici est encore en dessous de la réalité.

Ayant eu 'le privilège' de lire le journal rédigé au quotidien par mon grand-père qui se trouvait dans cet enfer, je vous dis qu'il faut ajouter: +les heures de marche dans le verglas et la neige et la boue pour aller du campement à la tranchée à peine creusée. +L'attente durant 5 à 6 heures en plein air toujours dans le froid glacial entre le rassemblement et l'ordre de marche donné par les officiers. +le retour (toujours à pied) de la tranchée au milieu de la nuit, puis après 3 ou 4 heures de sommeil le lever pour repartir sur le verglas en température glaciale. +les obus (les 'marmites' comme ils disaient) qui éclataient à quelques mètres au dessus de leur tête.

Bien sûr on ne peut pas tout raconter dans un poème, et je retiens notamment cette strophe: "Dans la boue, noire gangue. La plupart estropiés, Annihilés, exsangues. Spectres fous et gelés."

Vous avez avec vos mots montré l'horreur. Je crois qu'on a tous du mal à imaginer le niveau qu'elle a atteint.

Merci à vous.

   Gabrielle   
14/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un hommage qui plonge le lecteur au coeur du massacre.

Nous sommes avec eux, dans les tranchées et l'effroi s'empare de chacun d'entre nous...

Merci à l'auteur(e) pour cet exercice de mémoire qui nous rappelle l'indicible.

Au plaisir de vous lire...

   INGOA   
14/5/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Je trouve trop de maladresses dans ce texte : (et les morts tombaient, drus -obtenir le trépas - choisir le tombeau - c'était la der des ders…) ; un jeu de rimes assez faible notamment, ainsi que de nombreuses images trop convenues (ex : les rats courant la nuit sur des corps pleins de poux…).
Pour moi, l'ensemble manque d'originalité et d'élan poétique.

   bipol   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

j'ai vraiment beaucoup aimé

votre texte funèbre

ce que j'ai adoré y ayant perdu mon grand père gazé

c'est cette abominable horreur que vous décrivez si bien

je laisse à ceux qui se croient au dessus du lot

le soin de chipoter vos vers comme à l'école

je trouve que le jus de votre texte est admiable

merci pour eux

   papipoete   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour poldutor
En décembre de l'an dernier, le concours poésie traitait de la " grande guerre ", mais vous n'êtes onirien que depuis début 2019, ceci expliquant cela !
Mais vous auriez pu briller comme concurrent, avec ces vers qui nous ramènent à Verdun ?
Tous ces soldats qui parvenaient à dormir dans la boue, au milieu des cadavres et des rats, se réveillaient émergeant du même cauchemar " mourir pour que cesse la peur, la souffrance et les saisons à endurer !
S'il en fût à sortir indemne de chair, tous étaient mutilés d'esprit, et désormais de l'horreur des tranchées, serait imprégnée leur vie...
NB la 4e strophe est terrible mais comment pouvait-il en être autrement, quand un copain explosait, quand le bataillon entier se mourait ?
La dernière strophe nous " rafraîchit " la mémoire, et se dire " qu'y a-t-il de plus précieux que la paix ?
à part 2 vers à 7 pieds, vos hexasyllabes sont bien choisis

   Donaldo75   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour poldutor,

Ce que j'ai aimé dans ce poème - je ne vais pas entrer dans le commentaire composé, ça me saoule trop - c'est son souffle, cette atmosphère sombre et âpre que véhicule chaque vers. Le thème n'en apparait que plus inhumain. Les scènes sont visuelles, comme si le lecteur les percevait à travers le prisme de la nuit et de la fumée.

La fin est terrible parce qu'elle est vraie, malheureusement.

Bravo !

Donaldo

   Robot   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je ne suis pas vraiment transporté par ce texte sur la guerre de 14/18. Il ne me semble pas ressortir par rapport à d'autres écrits sur le sujet. je dirais que s'il est d'une rédaction tout à fait correcte, il manque d'une vision originale.
Les textes du concours précédents avaient comme contrainte les jours précédents ou suivant l'armistice, ce qui avait permis d'aborder le centenaire de l'armistice sous cet angle particulier.

   Vincente   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle "contribution" nous replongeant par une procuration généreuse dans l'esprit écrasé des soldats à Verdun.

La forme carrée dans ses quatrains en vers courts produit une scansion haletante. Le rythme va nous tenir ainsi sans reprise de souffle tout au long de l'évocation, un temps bien court au regard de celui en question et pourtant nécessaire pour ne pas l'oublier ; le vers final nous dira combien la mémoire peut se raccourcir à son insu et faire de la Der des Ders, vingt ans plus tard, une simple répétition...

Une caméra fictive balaye le champ de bataille, un champ d'honneur pour la plupart, diront certains, un champ de désolation de toutes façons.

J'ai trouvé très judicieux ce "drus." qui vient ponctuer, comme mis en saillie, la fin de la première strophe. A partir de là, j'ai senti que l'auteur ferait assaut de volonté, pour, à sa mesure, faire plus que de redire ce qui a déjà été tant raconté sur ce moment infernal de notre histoire. Ainsi, il n'hésite pas à signifier le désespoir qui assigne les soldats, se préférant morts avant que de tenter le combat. Ainsi ces deux vers singuliers "Cent montaient en renfort / Peu ralliaient le boyau" et cette strophe terrible

"Dans la boue, noire gangue.
La plupart estropiés,
Annihilés, exsangues.
Spectres fous et gelés."

Et leur esprit à jamais ravagé...

J'y ai cru, en une lecture, tout est revenu de la "limpidité de l'horreur" de cette guerre.
Un poème-chant modeste mais convaincant.

   PIZZICATO   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il est bien de souligner l'horreur de cette bataille atroce de 10 mois.
Des centaines de milliers de morts et...sans vainqueur ; même pas l'orgueil stupide de l'attaquant.

" Et de ne plus chercher
À préserver leur peau.
D’arrêter de lutter,
De choisir le tombeau. " Fallait-il que ce fût intenable pour souhaiter la mort.

" Mais l’esprit torturé,
Perdu, sans réconfort ;
À jamais dérangé. " L'empreinte indélébile qu'une guerre laisse aux survivants.

Une " contribution " qui tient sa place.

   jfmoods   
2/6/2019
Il est bien dommage que le vers 34 déborde l'hexasyllabe (de rigueur sur l'ensemble de poème), d'autant que l'article indéfini n'est pas indispensable...

Par prodige de taille

Au vers 4, le mot "corps" m'apparaît plus efficace que "morts" pour souligner la barbarie. Il évite, en outre, la répétition.

Je suis un peu surpris par le point- virgule en fin de vers 39, là où une virgule semblait suffire.

Les rimes de ces 11 quatrains, croisées (assorties de 3 glissements assonantiques aux vers 3, 23 et 44), sont pauvres, suffisantes et riches, très majoritairement vocaliques.

Parmi les procédés ici à l'oeuvre pour mettre en évidence les atrocités de la guerre, on peut citer...

- l'imparfait de description et d'habitude
- la personnification ("la plaine éventrée")
- le champ lexical du tragique ("la Mort triomphait", "Un cauchemar hantait / Les malheureux soldats", "le trépas", "hélas")
- une mise en relief de l'adjectif qualificatif ("tombaient, drus")
- des paradoxes ("Le terrible souhait / D’obtenir le trépas", "de ne plus chercher / À préserver leur peau. / D’arrêter de lutter, / De choisir le tombeau")
- un euphémisme ("Ceux qui étaient tombés")
- le présent de vérité générale ("Pour eux la mort efface / Les horreurs des tranchées")
- des accumulations ("La peur, le froid, le bruit / Et l’ennemi surtout", "Que de sang, que d’efforts, / De douleurs et de maux")
- des parallélismes ("Cent montaient en renfort / Peu ralliaient le boyau", "Presque indemnes de corps, / Mais l’esprit torturé")
- une métaphore ("la boue, noire gangue")
- une gradation ("estropiés, / Annihilés, exsangues")
- des périphrases ("Spectres fous et gelés", "Poilus", "la Mère des Batailles", "la Der des Ders")
- la présence obsédante des sens (vue, ouïe et odorat : "Il pleuvait des obus", ouïe et toucher : "Les rats courant la nuit / Sur les corps pleins de poux", vue et odorat : "l’odeur démoniaque / Des corps qui pourrissaient / Dans l’horrible cloaque")
- le passé simple, qui signale le retour de l'horreur, la mécanique inéluctable de la folie humaine ("Après vingt ans de paix, / On ralluma la guerre")
- des éléments de ponctuation (deux points, points de suspension)
- des allitérations (r, b/p, v/f) et des assonances (é/è)

Merci pour ce partage !

   senglar   
4/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Poldutor,


Mon grand-père a fait Verdun, je l'ai imaginé courant d'un corps à l'autre, d'une clameur à l'autre, du sang bouillonnant aux gémissements lancinants, des plaintes aux pleurs, des corps estropiés aux cris de douleur intolérables comme vous le relatez, horrifié, Mon aïeul s'était vu confier le rôle de brancardier, vivre l'horreur au milieu du champ d'horreur et sauver ce qui peut l'être...

Mon grand-père a été ce poilu, un poilu a de la moustache, une moustache mal entretenue et il est mal rasé mais c'est d'abord un brave, qui va au feu, qui avance sous la mitraille, chair à canon, à mitrailleuse, à fusil... parfois à baïonnette, qui coche chacune de vos strophes, "rats... poux..." et zigzague entre "peur... froid... bruit... ... ... Dans la boue... ... Annihilé-s, exsangue-s".

Mon grand-père est revenu, muet sur sa guerre mais poilu à jamais avec la haine du Boche ! Les poilus ne sont pas volubiles mais ils ont appris à haïr. Ses petits-enfants ont longtemps porté cette haine. Ils ont été élevés avec elle. Alors quand De Gaulle après la deuxième... Hein !... Ouais...

Et vingt ans après on l'a rappelé. Alors il s'est mis à gueuler, il a gueulé comme jamais accompagné des cris de son frère, des hurlements de ses amis, de tous les morts du champ d'honneur. Je peux vous dire que ça a fait un barouf. C'est la seule chose dont il a parlé après. Car de la guerre il ne parlait jamais, il a refusé toutes les médailles sauf celle donnée sur le champ de bataille, qu'il nous a donnée après... pour jouer, sauf celles de son frère défunt, qu'il a sanctifiées. iL a refusé les ors, les honneurs, les cérémonies, les défilés, le clairon, les petits fours et le mousseux et il s'est tu à jamais.

Les vrais poilus sont muets.


Merci de leur avoir rendu Hommage !


senglar

M'en vais lire les autres com. et votre forum...

   Annick   
26/7/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Magnifique poème d'une puissante force évocatrice. Chaque quatrain porte son cauchemar, son enfer. Chaque quatrain percute, sans lyrisme, sans ostentation, sans fioriture. Seule la vérité vraie, nue, horrible. Un art de croquer la scène avec sincérité et réalisme. Quelle émotion !
Le dernier quatrain est sublime de vérité.


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