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Poésie contemporaine
Pouet : Cahier des charges
 Publié le 25/11/15  -  8 commentaires  -  2094 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur


Cahier des charges



C’est écrit,

Nous avons l’ambition de survivre
Et s’il faut s’armer alors on s’armera,
Le mendiant de la Foi a cessé de nous suivre
Et s’il faut s’aimer alors on s’aimera.
Convaincus par essence de nous taire et pourtant
S’amoncellent les cris dans un coin de nos têtes ;
Nous sommes jardiniers car ici l’important
A perdu ses pétales. L’illusion se répète.
Nos paumes se sont serrées à la manufacture
Des souvenirs calleux en squames d’amitié,
L’encre est multicolore, sincères sont nos ratures :
Au bord de la falaise… un élan de pitié.
L’usine et le foyer se confondent en nos cœurs,
Nous habitons le Temps (qu’il nous reste à tuer).
Nous divisons la somme de toutes nos erreurs
Avec le chiffre d’or de l’inutilité.
Sur le fil de l’aube, funambules à la chaîne,
Marionnettes sociétales au service du profit,
Esclaves rémunérés, clandestins de la haine,
L’enfer a disparu : l’existence nous suffit.
Le chemin fut tracé à la tombée des langes,
Nés sous le joug blafard de l’obscur programmé,
Fatigués dès l’aurore de briser nos phalanges
Sur le mur qui sépare le Juge du Condamné.
L’ignorance est rentable, la production du vide
Façonne le quotidien de nos gestes lassés,
De sourires calcinés en blessures apatrides
Ne demeure que le sel de nos larmes versées.
Nous connaissons l’oubli garant de l’injustice :
Révoltés lunatiques, partisans de l’attente,
Ouvriers du pardon, serviteurs du factice,
Nos lèvres sont scellées, nos artères apparentes.
Citoyens de l’absence nous glissons par dépit
Un bulletin froissé dans l’urne des Promesses,
Sociétaires de l’errance, nous prions par défi,
Attentifs au discours que l’espoir professe.
Solidaires sous contrat, salariés immobiles,
Parieurs hésitants, boursiers de l’indolence,
Nous empilons les jours et les peines stériles
En muant chaque instant

Nos rêves en doléances.


 
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   Robot   
11/11/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Avec une telle mise en page j'ai l'impression d'un devoir bâclé de philosophie. Une chose est d'avoir des idées à exprimer et certaines de celles présentées ici sont intéressantes mais encore faut-il accompagner cela d'un effort de mise en page et de rédaction pouvant retenir jusqu'au bout l'attention du lecteur. C'est sur cet aspect que vous devriez envisager de reprendre votre ouvrage qui m'apparaît confus en l'état.

   leni   
25/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour pouet
j'ai reconnu ton style et ton regard de la société je trouve les images frappantes de ton texte qui nous bousculent tu as un sens du raccourci qui me plait Tu as écrit un texte qui rapportait les
propos d'un clochard Je cite de mémoire:"Si tu me donnes cinq euros j'en parlerai à Dieu Je retrouve ta plume et tes idée Je vais citer pour le plaisir des passages qui m'ont beaucoup plu

Nous avons l’ambition de survivre
Et s’il faut s’armer alors on s’armera,
ça commence fort!

Nos paumes se sont serrées à la manufacture


Nous habitons le Temps (qu’il nous reste à tuer).

et là c'est fORTE!

Marionnettes sociétales au service du profit,
Esclaves rémunérés, clandestins de la haine,
L’enfer a disparu : l’existence nous suffit.
Le chemin fut tracé à la tombée des langes,

L’ignorance est rentable, la production du vide

Sociétaires de l’errance, nous prions par défi,
Attentifs au discours que l’espoir professe.

Et cette finale superbe


Nous empilons les jours et les peines stériles
En muant chaque instant

Nos rêves en doléances.


Voila pour moi c'estgrandiose


j'ai l'habitude d'écrire des chansons j'aurais certainement tendance à la diviser le texte pour laisser respirer les neurones

J'ai passé un superbe moment
merci à toi Amitié Leni






______________________________________

   Polymnie   
25/11/2015
 a aimé ce texte 
Bien
D'accord avec Leni sur la créativité langagière, les reformulations lexicales notamment (le mendiant de la foi... jardinier... funambules à la chaîne etc), quelques belles images (squames d'amitié, marionnettes sociétales...blessures apatrides...), mais il est vrai que la succession ininterrompue de ces images, dans un rythme voisin de 10 à 14 pieds, finit par perdre le lecteur. Il manque peut-être une progression plus marquée, d'autant que le texte est long. Je note que la fin me parait plus limpide et touchante dans cette note pessimiste, critique et ironique

   David   
25/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Pouet,

Je trouve quelque chose de galvanisant à la lecture, carrément anti-rouille alors, un poème dégrippant en plein novembre, il fallait y penser !

Le titre est super, c'est à la fois une expression assez déshumanisée, qu'on emploie plutôt au pays des personnes morales et des représentants, mais en maintenant (je voulais écrire "en même temps" en fait) un cahier, c'est un cahier, et une charge, c'est une charge. Rien ne me force à le lire pour ce qu'il signifie couramment plutôt que pour ce qu'il dit le plus simplement, et d'ailleurs, c'est exactement ça :

"Nous avons l’ambition de survivre
Et s’il faut s’armer alors on s’armera,
Le mendiant de la Foi a cessé de nous suivre
Et s’il faut s’aimer alors on s’aimera."

Sabre au clair, la victoire en chantant, et tout le toutim !

" l’important
A perdu ses pétales."

Fleurs fanées est plus courant en poésie, mais je préfère comme tu l'écris.

"Nous divisons la somme de toutes nos erreurs
Avec le chiffre d’or de l’inutilité."

Toujours ça que Thiéfaine n'aura pas !

"Ne demeure que le sel de nos larmes versées"

L'évidence pleut sur tes vers !

Ce ne sont pas mes vers préférés, juste quelques étincelles d'un feu d'artifice, tout le poème parle la même langue, celle qui ranime les grands mots usés comme amour ou liberté, une langue pleine de tripes pour soulager du vide de la langue commune, bien trop souvent.

   Anonyme   
25/11/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voilà un poème que je m'apprête à graver dans ma mémoire, pour les siècles des siècles...

J'aime particulièrement ce qui est source de réflexion, surtout lorsqu'il s'agit de notre propre condition. Ne sommes-nous pas, finalement, le fruit faussement éveillé de notre propre existence ?

Wall-E

   Francis   
28/11/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Nos lèvres sont scellées, nos artères apparentes
Citoyens de l'absence, nous glissons par dépit
Un bulletin froissé dans l'urne des promesses".
Trois vers magnifiques parmi tant d'autres !
En lisant ces vers, je pense à ceux qui n'avaient que leurs bras à offrir en échange d'un salaire qui leur permettait de...survivre. Transcrire sous la forme d'un poème le désarroi des masses silencieuses n'est pas facile mais je pense que vous avez réussi ce défi.

   StayinOliv   
4/4/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Voici un texte vindicatif qui m'a scotché à ma première lecture et que je reviens lire pour y déposer ce commentaire. J'adore les textes sur fond de révolte et celui ci a su éviter de tomber dans le coté rebelle parfois que l'on peut voir, pour dresser un simple constat de la société. Enfin quand je dis simple, c'est sans compter sur vos tournures et images merveilleuses ! Mon premier " passionnément " est ici ! Juste un petit bémol, peut être aurais-je vu des alexandrins partout, mais cela aurait peut être trop " ficelé " le poème .. Je ne sais pas.. Mais bravo !

   Kodiak   
9/4/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il est affligeant ce cahier des charges mais hélas aussi fort proche de la réalité telle que je la ressens. Tout ça va péter un jour, si vous voulez mon avis, mais ça peut encore durer un certain temps...

Je suis immédiatement entré dans ce poème, j'aime ce type d'écriture un peu fougueuse mais bien maîtrisée. Il y a du souffle et du rythme, mais aussi beaucoup de contenu.

Une question (qui est à peine un bémol car cela ne m'a pas vraiment dérangé): quitte à opter pour les douze pieds, pourquoi ne pas veiller à avoir des "vrais" alexandrins partout ? Ce serait faisable à moindres frais, il me semble.


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