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Poésie libre
Pouet : Je ne vieillirai pas
 Publié le 15/05/21  -  21 commentaires  -  389 caractères  -  462 lectures    Autres textes du même auteur


Je ne vieillirai pas



tant que le tas de linge dessinera des visages sur le mur de ma chambre
des profils d'Indiens de monstres de princesses

l'imaginaire luit en ce reflet opaque
je n'ai plus besoin d'ailes pour effleurer son ombre

la lampe achève sa lumière

aux cils de l'instant perle un enfant de pluie
lorsque le Temps s'abrite sous la paupière du rêve


 
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   ANIMAL   
1/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Il y a beaucoup de poésie dans ces quelques lignes, de belles images et bien des non-dits.

Pourtant cela ne me suffit pas même si j'ai apprécié cette lecture. L'auteur m'a fait rentrer dans son monde et j'aurais aimé y plonger plus profond. Là, j'ai l'impression qu'il m'en chasse bien trop vite.

   Eclaircie   
2/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Le titre est assez bien trouvé, enfin peut-être :
Chacun (enfin beaucoup, pas moi) rêve de ne pas vieillir. Alors le passant-lecteur se précipitera pour découvrir le recette, ou blasé, il passera son chemin, croyant sornettes trouver.
Mais on est en libre (catégorie libre au sens d'Oniris) et il n'y a pas d'exergue.
J'ai aimé :
les allitérations premières, roulement de tambour dans cette chambre d'enfant. L'absence de ponctuation, on n'a guère le temps lorsque l'on est enfant de s'arrêter à ces détails.
Un peu désarçonné par le passage du second paragraphe et son changement de temps, je m'accroche. on change de temp-s-poralité.
Que l'auteur m'excuse si mon commentaire est plus long que son texte, on dira que c'est (eut-être) un dialogue poétique.
Et je ne parle pas (si !) des images etc.

Un goût d'infinitude ou d'éternité (il n'y a pas de majuscule en tête, qui sait quand a commencé le processus)

Éclaircie

   Dugenou   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Ah ! Qui ne s'est pas amusé gamin à prêter aux nuages certaines formes ? (Un autre grand classique. Personnellement je voyais des bonhommes dans les joints en ciment du carrelage des toilettes... quand on manque de lecture...)

Si le narrateur a l'intention de continuer ce genre de passe temps propre a l'enfance devenu adulte, non, vous avez raison, il ne vieillira... jamais...

Belle lecture.

   domi   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un poème qui a été crescendo pour moi (le tas de linge n'était pas très poétique") , pour me laisser émerveillée à la fin : Poésie !

cette fin où on retrouve l'enfant ("enfant de pluie", si beau, triste peut-être?), et ces "cils de l'instant", si sensible...

le poème est court mais si intense poétiquement, comme un condensé de poésie... des mots qui m'ont transpercée.

d'ailleurs, même dans ce poème court, certains vers me plaisent moins que d'autres (le 3et le 5)...

Mais tous les autres me comblent, merci !

   Cyrill   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Le thème me plait beaucoup. Je partage cette certitude enfantine de ne jamais vieillir. C'est quand son esprit se rétrécit que l'on devient vieux.

L'imaginaire est évoqué avec finesse, mais je trouve dommage qu'il soit nommé en concept.
Des vers qui me parlent beaucoup :
"je n'ai plus besoin d'ailes pour effleurer son ombre"
"aux cils de l'instant perle un enfant de pluie"

Oui, un regard d'enfant sur son monde.
J'en aurais voulu plus, plus long.

A vous lire, Cyrill

   papipoete   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Pouet... le retour !
cette chambre d'où se sont envolés des rires, des échos d'engueulades ; où s'accumulait un désordre comme renouvelé sous les " tu pourrais pas ranger un peu ? "... s'est emplie d'un silence mortel mais mon esprit se souvient de l'enfant que tu étais, cet encombrant adoré que je revois quand se ferment mes paupières...
NB il faut être père pour écrire ces choses-là, et bien que savoir " qu'ailleurs " l'enfant fait le bonheur d'un ou d'une âme aimante, l'on soupire quand on entre dans ce qui fut un joyeux " bordel ", tas le linge sale, godasses propres ou crottées, et ce tourne-disque qui rendait folle toute la maisonnée...
La première strophe et la dernière arracheraient un sourire... jaune au plus bourru des papas !
Comme je suis content de vous relire, à travers ces quelques lignes, qu'un peintre aveugle saurait reproduire, rien qu'au son des paroles !

   Ligs   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pouet,

Un charmant poème, qui m'emporte dans un univers onirique et enfantin. Où "perle" une certaine tristesse aussi, ce me semble :
Je n'ai plus besoin d'ailes pour effleurer son ombre, jeu sur les homonymes ?
La lampe achève sa lumière, le Temps doit s'abriter... pas sûr de mon interprétation, mais c'est comme cela que je le ressens.

Merci pour ce joli texte.

   Robot   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'imagination source de création permet de s'évader et d'ignorer le temps qui passe en faisant fi de l'ennui.
Cette idée parfaitement exprimée avec une poésie optimiste dans ce texte libre.

   Luz   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

J'aime beaucoup, et particulièrement les deux derniers vers.
L'enfant nous accompagne au long de notre vie. En fait, on vieillit, mais l'enfant est toujours là "aux cils de l'instant".
Bravo !

Luz

   Damy   
15/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une façon très originale de traiter le sentiment de la peur de vieillir. Tant que les draps froissés inspirent de telles images et qu’ « qu’aux fils de l’instant perle un enfant de pluie », on peut penser que l’âme reste dans une éternelle jeunesse. Cependant la nostalgie de « la lampe [qui] achève la lumière » et surtout « lorsque le temps s’abrite derrière la paupière du rêve » ramènent l’auteur dans sa réalité inexorable : vieillir. Il est à noter que l’enfant est un enfant « de pluie ».

J’ai bien aimé la poésie de ces quelques lignes qui sait envelopper les sentiments dans une aura pudique et discrète qui en fait toute sa force.

Merci, Pouet.

   Davide   
15/5/2021
Bonjour Pouet,

J’ai tout d’abord été gêné par ces deux premiers vers en flottement, qui semblent ne pas engager les deux suivants, avant de remarquer, après plusieurs lectures, qu’ils prolongent simplement le titre (des points de suspension auraient évité l’imbroglio, je pense).

Un "tas de linge" ? Drôle de substrat poétique, mais c’est que l’enfance rehausse tout ce qu’elle voit, même ce qui se trouve dans les recoins les plus obscurs d’une chambre à coucher. Ici, "l’imaginaire luit" quand la lampe "achève sa lumière", il prolonge le jour et s’y abandonne pour le faire exister dans son ailleurs, son uchronie, pour l’éterniser dans le présent, un présent continuel où infuse la magie, la vraie magie, la vraie de vraie, celle qui préexiste à toute chose ("je n’ai plus besoin d’ailes…"), celle que l’on effleure pour la faire affleurer, celle qui nous (r)appelle à notre enfance.

L’imaginaire est à même de repousser le "Temps", de le rompre. Le rêve est une trêve, une rupture dans le fil du temps où ressurgit "l’enfant de pluie", un enfant dont les pouvoirs sont infinis. Arrêter le temps, n’est-ce pas extraordinaire, ça ? En tendant l’oreille, je pense même l’avoir entendu me chuchoter les secrets qu’il garde depuis l’aube des temps sous son traversin de plumes…

Sur l’ensemble, je regrette essentiellement une chose : un incipit (les deux premiers vers, donc) qui parle trop, un peu facile et poétiquement pauvre, d’autant plus que le poème est particulièrement court. La suite, elle, est heureusement bien plus ample, plus nourrie. Ce contraste qualitatif, toutefois, m’empêche d’arrêter le curseur de l’appréciation sur une note qui me conviendrait parfaitement, je préfère donc m’abstenir.

N.B. : L’imaginaire employé/déployé par l’auteur dans ce poème m’a fait penser à deux films d’animations japonais vus il y a quelques années : Les Enfants du temps et Your Name (ce dernier étant d’une beauté à couper le souffle !).

   Vincente   
16/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le temps échappé dans l'intemporalité du rêve laisse le passé jouer le réassort de ses incrustations enfantines. Pas d'âge, plus d'âge ni de vieillesse ne viendront priver le rêveur de ce qui l'a construit et l'a fait rêver.
Jeune, le rêve était un mirage à conquérir ; le rêve nocturne se confondant alors avec le rêve projeteur. Vieux, le rêve est un mirage inversé, mirage miroir où la vie des premiers jours, et du passé, se réinvite avec ses arguments fourbis au fil des années.

J'ai beaucoup aimé me promener dans cette volonté intemporelle, à la fois constat et décision, acceptation et extraction de l'implacable. Ce qui est beau ici, c'est qu'aucun écartèlement ne se fait sentir dans la proposition poétique, il y a une sorte de douceur sage et rassurante à adopter les choses ainsi.

J'ai trouvé superbe la strophe finale :

"aux cils de l'instant perle un enfant de pluie
lorsque le Temps s'abrite sous la paupière du rêve
"

J'ai ressenti le terme "imaginaire" comme nous sortant de l'atmosphère onirique que la première strophe installait. Avec lui, l'on passe dans "l'analyse", comme si l'on cherchait à interpréter le processus de la psyché en cours. À mon sens, c'est dommage, il doit être possible de continuer dans la même posture narrative sans passer par ce biais "extériorisant" le regard et la pensée du "je" vivant ces sentiments.

J'ai trouvé le ton et son rythme très en adéquation avec l'évocation.
Le tout offre un bien sympathique regard.

   saintsorlin   
16/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Vos mots sont très poétique mais c'est trop court (enfin pour moi) j'aimerais être immergé plus longtemps dans votre univers.
Cordialement

   Ombhre   
17/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pouet,

un beau texte, empli de rêves, d'imaginaire, retrouver cet enfant qui en nous sommeille et sait voir tant de choses que nous, paraît-il adultes, avons oublié. J'ai toutefois été frustré de la brièveté de ce poème qui aurait mérité davantage de développements.

J'ai beaucoup aimé:

"la lampe achève sa lumière"

et

"aux cils de l'instant perle un enfant de pluie".

Merci pour le partage.
Ombhre

   hersen   
17/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je suis complètement fan du distique d'entame, car il y a dans ces vers du tas de linge ce que je trouve l'essentiel, l'essence de la poésie : notre vie, ni plus ni moins.

Le distique suivant, hélas, m'explique ce qui précède.

Il est très beau, ce temps qui s'abrite sous la paupière du rêve, mais je ne suis globalement pas suffisamment touchée par vers.

j'en suis encore à chercher ce qui me laisse à distance.

Une grande maîtrise, bien sûr, du vers libre, mais je soupçonne qu'il faille trop passer par la case "intellect" pour ressentir.
Est-ce que serait ça, la distance ?

Donc voilà, pas très aidant, mon truc, mais je m'en vais lire ton fil en forum.

   emilia   
17/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce « tas de linge sale », une image très forte paradoxalement et qui suggère beaucoup et interroge… (où est passée la « fée du logis » censée veiller à l’hygiène, la propreté et le bien-être de la maisonnée…, quelle détresse, solitude, abandon, renoncement, départ, absence… se cachent sous ce désordre ?) Nul doute qu’il faut être poète pour le sublimer, réveiller l’enfant qui sommeille toujours en soi pour imaginer, retrouver sa créativité à partir de cette réalité qui se projette sur le mur, en dessinant des héros enfantins, ce monde imaginaire qui permet de s’évader ailleurs, éprouver le désir d’écrire « aux cils de l’instant », entre «ombre » et « lumière », entre dire et non-dire, et conserver une part de mystère donnant vie aux objets en les personnifiant « la lampe achève…/le Temps s’abrite… » dans un regard qui se ferme, « sous la paupière du rêve », dans ce vers final de toute beauté, où « un enfant de pluie » serait la métaphore des larmes pour évoquer un chagrin…
Si l’on considère cet adage : « Qui garde son âme d’enfant ne vieillit jamais… », le lien avec le titre semble évident dans cette volonté d’affirmer « Je ne vieillirai pas », grâce à la magie de la poésie, cette magie créative chez l’enfant qui joue avec les mots, transgresse les codes, détourne la langue, exprime la fraîcheur initiale de son regard et de son émotion, avec des associations et des généralités qui ne fonctionnent pas forcément sur des rapports logiques, mais qui emprunte le chemin du rêve… à la façon de Baudelaire capable à partir « de la boue d’en faire de l’or… »

   Louis   
18/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le vieillissement ne se traduit pas essentiellement par une perte des capacités physiques, laisse entendre ce poème, mais il se manifeste surtout par les processus qui flétrissent la jeunesse de l’esprit.

De la vieillesse, Montaigne écrivait : « elle nous attache plus de rides à l’esprit qu’au visage »
Ces rides, peut-on penser, correspondent à ces plis que nous prenons, ces habitudes, cette vie routinière, cette soumission au pragmatisme, au réalisme positiviste, qui assèchent l’esprit et provoquent une atrophie de ses yeux, ne percevant plus du monde et des choses que leur dimension banalement utilitaire et prosaïque.

Pour le poète, l’esprit reste jeune par la richesse de son imaginaire.
Ainsi l’auteur, trouvant une occurrence de l’idée dans son expérience personnelle, ne voit pas traîner dans sa chambre un « tas de linge », un ensemble chaotique et désordonné qu’il faudrait au plus vite nettoyer, ranger, faire disparaître, mais le support et le tremplin d’un imaginaire, tout un jeu d’ombres sur les murs, qui dessinent « des profils d’Indiens de monstres de princesses ».
Le regard s’est détourné de la masse informe d’objets du quotidien, pour suivre les formes identifiables des personnages de contes et de leurs aventures extraordinaires que le pouvoir de l’imagination permet de forger.
Du chaos banal et prosaïque de l’ordinaire naît un monde merveilleux et poétique.
Les choses triviales du quotidien ont un reflet, un double fantastique, dans un monde imaginaire. Elles brillent sous une autre lumière, l’imaginaire éclaire leur « reflet opaque ».
Le soleil brille en ce monde-là, prenant le relai de la lampe ordinaire qui « achève sa lumière ».
Ce monde n’est pas un au-delà, séparé de notre monde, il est inclus dans celui-ci : il n’est donc pas question de quitter le monde, de le fuir, dans un "divertissement" pascalien, et d’alimenter l’illusion qu’une réalité autre se tient en arrière du décor, mais au contraire de retrouver une fulgurante faculté de manière à faire exprimer à notre monde quotidien toutes les promesses d’inattendu et d’insolite dont il est porteur, et qui généralement passent inaperçues, et ainsi à le libérer des pesanteurs communes qui, littéralement, aveuglent.

Une autre idée apparaît, dans les derniers vers, sur ce qui fait la jeunesse de l’esprit : « aux cils de l’instant perle un enfant de pluie »
L’enfant de pluie, celui qui toujours "naît de la dernière pluie", avec un regard neuf, naïf et candide, est celui qui voit les choses comme jamais encore elles n’ont été vues.
Chaque instant est nouveau, et le poète-enfant vit cette nouveauté, quand l’adulte vieillissant n’y voit que répétitions du même, habitudes, ennuis et lassitudes.
L'esprit d'enfance est vraiment l'esprit de "la première fois" : regarder les choses, voir les gens, voir le monde comme si c'était toujours ‘’la première fois".

« Nos années d’enfance sont une poésie ininterrompue » écrivait Schopenhauer ( dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie)
Et le philosophe d’expliquer que, dans le regard que l’enfant porte sur le monde, la perception de chaque objet porte une empreinte d’éternité, puisque ce que nous voyons en lui est une sorte d’essence éternelle de son être, unique et magique, donc poétique : « Nous voyons tous les objets et toutes les personnes sub specie aeternitatis. » : dit-il.
La poésie, considérait Schopenhauer, ne se distingue pas de cette capacité à voir en chaque chose l’essentiel et à saisir la pureté de chaque objet, le monde de l’enfant serait donc un monde immédiatement poétique.
Dans la nouveauté de l’instant, l’enfant ainsi saisit chaque chose dans son éternité, et la soustrait au temps. Mais pour saisir cet intemporel, il faut aussi que dans les facultés de l’enfant soit présent un pouvoir sous le genre de l’éternel.

Dans ce poème, l’intemporel est aussi ailleurs, « le temps s’abrite sous la paupière du rêve ». Le temps humain, le temps de l’âme humaine, trouve un abri à son passage, à ce flot qui l’emporte sans cesse et sans repos au fil des instants.
La rêverie est ce regard qui ouvre sur un ailleurs, et empêche le temps de s’écouler vers un vieillissement
Elle permet de découvrir ce « merveilleux quotidien » qu’évoquait Aragon dans Le Paysan de Paris.
Aragon qui s’inquiétait : « Aurai-je longtemps le sentiment du merveilleux quotidien ? Je le vois qui se perd dans chaque homme qui avance dans sa vie comme dans un chemin de mieux en mieux pavé, qui avance dans l’habitude du monde avec une aisance croissante, qui se défait progressivement du goût et de la perception de l’insolite. C’est ce que désespérément je ne pourrai jamais savoir.” (L. Aragon, Le paysan de Paris)
Ce « sentiment », s’il se « perd », ce n’est sans doute pas définitivement. N’est-il pas toujours présent en nous, comme une de nos dimensions essentielles, mais seulement enfoui, réprimé, étouffé, et toujours en mesure de retrouver sa vivacité et son pouvoir de réenchanter le monde ?

Il s’agit d’entretenir son "âme d'enfant" capable de s’étonner et de s’émerveiller devant le monde.
Il ne s'agit pas pourtant de faire constamment l'enfant, de se réfugier dans l’enfance comme une espèce de paradis perdu ou de refuge ; il ne s’agit pas de verser dans un infantilisme, et des attitudes puériles, mais d’échapper au poids du sérieux, à la pesanteur des rôles sociaux, et de conserver cette fraîcheur d’esprit qui permet de saisir le réel dans toutes ses dimensions.

Il ne s’agit pas non plus d’adhérer à cette figure rénovée du "vieux" (nommé désormais « senior ») qui induit des stratégies publicitaires "jeunistes" pour un "vieux" qui ne veut pas en être un. « Jamais vieux pour toujours », « Ne vieillissez pas trop vite », « Jeunes, de mère en fille » : disent ces slogans qui incitent à la consommation des crèmes « anti-âge », et autres chirurgies esthétiques… ; il ne s’agit pas de se donner simplement une apparence "jeune’" mais de renouer en profondeur avec la cette faculté de l’âme en mesure de réenchanter le quotidien, pour ne plus laisser de place aux langueurs du temps.
Un poème donc qui laisse « rêveur », au sens littéral du terme…

   Donaldo75   
20/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Il me semblait avoir déjà commenté ce poème, malheureux amnésique que je suis. 🤡

Le titre donne le ton de ces vers qui secouent l'imaginaire du lecteur, lui rappelant dans son for intérieur qu'il a été enfant lui aussi à croire au monstre sous le lit la nuit, au Pierrot sur la Lune, au carrosse devenu citrouille et à tout un tas d'autres mythes qu'on a construit pour lui et avec lesquels il parfait son imagination. Ce qui est réussi dans ce type de poésie que tu manies avec tellement de talent, c'est que je n'ai pas à solliciter le cerveau gauche car le cerveau droit a pris toute la place, tel un gaz dans une chambre dont je n'ai pas envie de sortir.

Bravo !

Donaldo

   Ioledane   
22/5/2021
J'adore le titre, affirmé, provocateur, laissant imaginer différentes perspectives.
Ensuite, j'ai un peu plus de mal avec le texte. Certains passages me laissent perplexe : "je n'ai plus besoin d'ailes pour effleurer son ombre", "aux cils de l'instant perle un enfant de pluie" ... C'est 'joli', mais peut-être un peu trop, j'y perds le sens ?
Les deux premiers vers, le cinquième, j'aime bien, sans doute parce qu'ils sont plus basiques, comme l'est sans doute ma lecture ...
"L'imaginaire luit en ce reflet opaque" : pour un langage d'enfant, j'aurais trouvé plus naturel un "dans" plutôt qu'un "en".
L'ensemble est un peu court, un peu rapide à mon goût, j'aurais aimé quelque chose en plus qui relie l'ensemble, le rende plus 'fort'.
Il y a de belles images, c'est poétique, mais je ne parviens pas à rentrer pleinement dedans. Sans doute parce que je manque d'imagination ^^

   Eskisse   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bon, d'abord j'adore les ombres chinoises . Qu'elles puissent initier la genèse d'un poème me réjouit. Et puis ce Temps dont on ignorait qu'il avait un visage..., dessiné tout fragmenté, comme un écho à ceux des indiens. Je note que le mot " cil" est récurrent dans ta poésie. Je l'aime aussi, il dit pour moi l'élégance, la douceur et la légèreté.. "de l'instant". Le distique final est si doux...il m'évoque en filigrane Larmes de verre de Man Ray, un surréaliste aussi..

   Mademoiselle   
14/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
-- lorsque le temps s'abrite sous la paupière du rêve-- cette simple phrase dit tout .. un court poème qui, pourtant, nous amène dans toutes les directions de l'imagination ..


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