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Poésie contemporaine
Pouet : Le bloc K du silence
 Publié le 26/11/20  -  17 commentaires  -  4722 caractères  -  183 lectures    Autres textes du même auteur


Le bloc K du silence



Il était une fois, vous connaissez l'histoire,
Quand les mots ne sont plus que les ailes brisées
De pigeons fossoyeurs aux destins irisés,
Il était une fois, vous connaissez l'histoire...

Le vent ne parvient plus à chasser les ordures,
Sur le pas de nos portes s’amoncelle le vide.
L'alcool s'évapore mais la misère dure
Sur le parvis cloporte de nos vies insipides.

L'espérance titube dans nos rues tuméfiées,
Nos gosses jouent aux fléchettes avec des seringues,
Nous fumons l'existence – oxygène raréfié –
Car déjà knock-out sans monter sur le ring.

Nous nous sommes soumis aux dogmes de l'argent,
Consommation de masse, de l’amour à crédit,
Résultats du Tiercé nous suivons, enrageant,
Mais un ticket perdant, pourtant, nous réunit.

Nous nous sommes convertis au tube cathodique,
De nos songes enroués aux crachats des images.
Nous nous sommes abreuvés d'émissions politiques
Sans ne jamais entendre parler de nos rivages.

Ici on n'entre pas avec son képi,
Car la réputation c'est tout ce qu'il nous reste.
Certains ne se voient plus mais pourtant on s'épie,
D'une démarche on se jauge, d'un regard on se teste.

Ici on organise le trafic du chichon,
Hiérarchisant ses doutes en marché souterrain.
Les filles sont en jogging et camouflent leurs nichons
Pour ne pas qu'on les traite de chiennes et de putains.

Il était une fois, vous connaissez l'histoire,
D'un quartier anonyme abreuvé de clichés,
D'un tronc déraciné où l'ennui vient nicher,
Sur un des bancs perdus, venez donc vous asseoir.



Il suffit que je tienne, ils vont me relâcher,
Ils veulent juste s'amuser, il suffit que je tienne.
Oui attends-moi maman, attends que je revienne,
Je souffre mais je t'aime, ils vont me détacher.

Ils me parlent d'argent, quelqu'un donc va payer,
Pour eux je représente la jeunesse dorée.
Ma vie j'en suis certain pourra se monnayer,
Nous ne sommes pas riches mais on va me sauver.

Je suis juif et je sais qu'on me hait pour cela,
On me traite de youpin, de déchet inhumain,
Je suis pourtant comme elle, je ne les comprends pas,
Elle, qui m'attendait au café ce matin.

Il suffit que je tienne, ils vont me relâcher,
Ils veulent juste s'amuser, il suffit que je tienne.
Oui attends-moi maman, attends que je revienne,
Je souffre mais je t'aime, ils vont me détacher.

J'aimerais tant pouvoir revenir en arrière,
De ne pas accepter ce foutu rendez-vous,
De ne pas me jeter la tête la première
Dans le piège sordide de ce gang de fous.

Je suis vraiment trop con, une véritable larve,
Soumis au bon vouloir d'une bande de tarés.
Je ne peux pas bouger, retenu dans cette cave,
Totalement impuissant, entravé, bâillonné.

Il suffit que je tienne, ils vont me relâcher,
Ils veulent juste s'amuser, il suffit que je tienne.
Oui attends-moi maman, attends que je revienne,
Je souffre mais je t'aime, ils vont me détacher.

Plusieurs fois par jour on me pisse dessus,
Avant de m'écraser des clopes sur le front,
Je transpire et j'ai froid, je tremble, je suis nu.
D'être né à mon Dieu, je demande pardon.

Quand on ouvre la porte je pleure comme un bébé,
Je supplie dans ma tête qu'on me laisse tranquille.
On me traite de sale juif avant de m'humilier
En me tordant le sexe, en me brûlant les cils.

Il suffit que je tienne, ils vont me relâcher,
Ils veulent juste s'amuser, il suffit que je tienne.
Oui attends-moi maman, attends que je revienne,
Je souffre mais je t'aime, ils vont me détacher.

Une des filles parmi eux semble avoir des regrets,
Je le vois dans ses yeux quand elle vient vers moi.
J'essaie de lui montrer que je veux lui parler
Mais elle tourne la tête pour cacher son émoi.

Elle me frappe comme les autres mais elle n'insiste pas,
N'y prend pas de plaisir comme tous ses comparses.
J'emporterai avec moi ses iris mica,
Tout en me convaincant que la vie est une farce.

Cela devient trop dur et je n'ai plus la force,
J'ai accepté je crois, ma volonté me quitte.
Au fond de moi demeure cet amour féroce,
Cet amour insensé, pourtant je périclite.




Il su... que je ti..., ils vont me rel...,
Ils veu... juste s'amuser, il su... que je tienne.
Oui ...nds-moi maman, attends que je...,
Je sou... mais je t'aime,... me détacher.


 
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   Eclaircie   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

J'avoue que je n'ai pas fini de lire, la partie en italique m'est trop insoutenable.
il me manque cependant un exergue, car je pense que ce poème est écrit suite à un méfait très précis, que je n'ai pas en mémoire.

Pour la première partie
Posté en contemporain, j'ai relevé 3 vers que je n'ai pas su faire entrer dans le moule de l'alexandrin contemporain :

"Nos gosses jouent aux fléchettes avec des seringues,"
"Ici on n'entre pas avec son képi"
"D'une démarche on se jauge, d'un regard on se teste."

Pour ma quiétude, ce poème aurait dû s'arrêter à la partie première.
Si on ne peut fermer les yeux sur de telle atrocités, je n'arrive pas à imaginer le poète comptant ses pieds pour présenter le seconde partie : exorcisme ? je me demande et vous demande.

Éclaircie

   papipoete   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Pouet
Je ne sais ce qu'est le " bloc K ", mais à lire votre texte, je comprends qu'il ne s'agit pas d'un centre de talasso, mais plutôt d'un de ces blocs en Pologne, où se plaisaient à torturer des nazis !
Je vois je crois, le calvaire de Ilan Halimi entre les mains crochues du " gang des barbares " ; et ce pauvre gamin qui avait le tort ( même en 2006 ) d'être né juif...
NB la vie d'un garçon tout ce qu'il y a d'ordinaire ; il côtoie chrétiens, athées, musulmans et voit ce qui se marchande ici, sans n'oser rien dire. Il est même copain d'une des filles qui, en face de lui s'apprête à suivre les ordres du chef... et on connait l'histoire de cet engrenage, qui verra l'horreur atteindre, et dépasser l'échelle de ce que l'on fit à deux pas de Dachau...
" n'aies crainte maman, ils vont me libérer ! rassure-toi, ils veulent seulement me faire peur..."
et on connait la suite de l'histoire...
S'il fallait choisir des lignes sous votre plume, je citerais celles de la 7e strophe, qui montre la résignation des filles face à la morale de ces " grands garçons "
la 5e strophe de la seconde partie ( j'aimerais tant pouvoir revenir en arrière... ) et l'ultime entrecoupée de sanglots... faut s'accrocher !
On arguera qu'il faut arrêter de ressasser, d'avancer, et éduquer plutôt que vouloir sévir, faire payer... mais je ne sais que dire devant vos vers qui nous arrachent le coeur, tant ils crient de vérité, tant on pleure avec l'innocent supplicié !
je vois à nouveau que notre auteur sait tout écrire ; du libre à la Prose, du contemporain ici mais qu'il put s'il le voulut, chausser en 12 pieds chaque vers !
un récit que l'on voudrait voir sorti d'un cauchemar, et non...

   dream   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour pouet,

La première partie de ce long poème fait référence aux cités HLM avec ses tours construites à la-va-vite dans les années 60 pour loger les « pas riches » venus d'ailleurs pour travailler dans le bâtiment ou à l'usine. On ne disait pas « J’habite au bâtiment A, B, C, ou ..K mais j’habite au bloc A, B….., d’où l’explication du titre de ce poème. On faisait aussi référence « aux cages » d’escaliers qui montaient, montaient à travers des familles et des familles superposées comme des couches géologiques. Et dans ces cités où les gosses mouraient d’ennui car les Pouvoirs Publics n’avaient pas l’idée de mettre une salle de sport à leur disposition, où les pauvres mères tiraient le diable par la queue pour nourrir leurs familles, où les pères travaillaient du matin au soir, où la misère engendrait la violence, les caves étaient le lieu propice à « monter des coups pour se distraire » et à l’abri des regards des mères. Et pas même un brin d’herbe, pas de pelouse non plus, pas un arbre…Des années après, on a rasé des tours, on a fait de nouveaux bâtiments, on a mis un peu de couleur, un peu d’herbe aussi, construit des foyers de « la culture », créé des salles de sport, puis il y a eu d’autres populations venues encore d’ailleurs, puis il y a eu le chômage avec son cortège de misère, puis la drogue avec ses caïds, situation ingérable où « ceux d’en haut » ont détourné leur regard et où la police n’osait plus mettre les pieds. Alors à qui la faute tout ça ?

Quant à la 2ème partie en italique, c’est l’évidence même que le « block K » ne se situe pas en Pologne mais qu’il s’agit bien de « l’affaire Ilan Halimi » perpétrée par « le gang des Barbares », affaire horrible qui a défrayé la chronique et secoué d’effroi toute la France en 2006 comme le dit si bien « papipoete ». Je m’en souviens très bien et rien qu’à l’évoquer cela me met du feu dans la tête. Il n’y a bien que l’Humain pour être si inhumain..

Et pour en revenir à ce « cri de désespoir », oui, j’ai constaté moi aussi quelques vers boiteux, mais je ne m’y attarderai pas davantage car je pense qu'il serait indécent, ici, d'y faire allusion et aussi, tant les larmes brouillent ma vue.

CLAP ! CLAP ! CLAP ! à l’auteur pour le formidable travail accompli et qu’il a dû écrire à l’encre de ses larmes.

dream

   Vincente   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un poème qui sonne et assomme, un de ceux dont les coups s'insinuent au cours de vers tous plus incisifs de pertinence évocatrice. J'ai été étonné de les avoir parcourus, du haut en bas de la page, dans une descente à l'enfer, dans à la fois l'enferment cognitif des personnages et les enfers judéo-chrétien… J'ai été étonné de m'être senti emporté dans une narration imagée et terriblement descriptive, dans la surréalité d'un espace en perdition achevée. Comme par exemple dans cette strophe emblématique :

" L'espérance titube dans nos rues tuméfiées,
Nos gosses jouent aux fléchettes avec des seringues,
Nous fumons l'existence – oxygène raréfié –
Car déjà knock-out sans monter sur le ring.
"

Tout est dit là ! Non ? Fermez le ban !
Eh bien non, il faut s'assommer de la suite qui y va crescendo… jusqu'à la bascule dans le vide sidéral où dans la suite et fin en italiques, écriture, lecteur et narrateur, penchent, plient et finalement tombent.
Quelques vers hachés, dans la strophe ultime, déchirent les dernières chairs du phrasé, on serait presque rassuré que ce soit la fin.

Mais par quelle "odieuse" volonté poétique, un auteur a choisir de se fondre dans la peau martyrisée de ce garçon torturé où l'on pourrait reconnaître le jeune Ilan Halimi ? Assurément pour tenter de comprendre l'incompréhensible, d'interpréter l'impensable, de repousser l'innommable.

La relative longueur du texte, difficile à enchaîner car si chargée, et difficile à assimiler car de fait écœurante, s'inscrit dans la nécessité de signifier combien le temps a pu être long pour le jeune supplicié, pourquoi le lecteur serait-il exempt de subir cette durée interminable ? Tenez, ce terme "inter-minable", je le vois apparaître comme expression des conditions de vie des individus du gang de désœuvrés, qui tentent de désespérantes expressions de leur humanité déliquescente.

   Miguel   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un visage me vient aussitôt à l'esprit : Ilan Halimi. Son martyre sans nom, parce que Juif, me hante depuis des années. Le monument à sa mémoire est régulièrement dégradé. Sa lente agonie physique et morale, si terriblement évoquée ici (avec les poignantes apostrophes à la mère, les répétitions comme autant de sursauts de l'espoir, la lente dégradation de la pensée et du langage, quel réalisme) est précédée du contexte qui l'a provoquée et entourée. Le titre même du poème, bien que lié à ce contexte actuel, a quelque chose qui sent ses camps du IIIe Reich. Et en effet comment ne pas faire le rapprochement entre ces deux visages d'une même barbarie ? On ne sort pas indemne de la lecture de ce poème. Bravo, il fallait trouver ces mots. C'est "Nuit et brouillard en plein XXIe siècle, en plein pays civilisé et policé. "Le ventre de la bête immonde est toujours fécond".

   Corto   
26/11/2020
Bonjour Pouet,

La reprise de ce fait divers atroce me fait penser que déjà dans les années 1970 la violence extrême avait été mise en scène dans le film "Orange mécanique", mais cette fois le réel s'affirme devant la fiction.

Vous nous faites passer du fait divers abominable un peu lointain à la souffrance extrême reçue par la victime. C'est rude, très rude.

Je salue le courage et l'audace pour le choix de ce sujet terrifiant.

   emilia   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème bouleversant des cris d’un martyre supplicié, à qui le narrateur redonne la parole pour conter son histoire dramatique et à travers laquelle le lecteur plonge dans l’horreur d’une réalité inconcevable entre les agresseurs démoniaques et la victime choisie juste parce qu’elle était « juive »… ; une histoire qui commence comme un conte pour enfant « Il était une fois… » pour dévoiler et dénoncer le plus noir des cauchemars, ce « gang des barbares » devenu si tristement célèbre, cette misère sociale et psychique d’une bande de quartier aux « vies insipides », confrontés à l’alcool, la drogue, la consommation de masse, le tube cathodique, le trafic souterrain, « ce tronc déraciné où l’ennui vient nicher… » Sur un rythme cadencé et percutant qui, instinctivement, donne envie au lecteur de slamer ces mots « uppercuts » comme autant de coups de poings d’un boxeur sur le ring, avec un sentiment de révolte et de colère sous-jacentes qui ne peuvent être contenues, jusqu’à l’humiliation et la torture de la pauvre victime sans défense à qui a été dénié le droit à la vie, en épuisant jusqu’à son instinct de survie, car, malheureusement, rien ne viendra intercéder au mortel dénouement « de ce piège sordide », pas la moindre lueur d’humanité…, ce qui nous laisse KO…

   Davide   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pouet,

Je n'ai pas aimé vivre cette immersion dans l'horreur, ressentir aussi crûment mon impuissance à retenir le flot larmoyant des vers, leur lancinance, leur puissance douloureuse et désespérée, jusqu'à leur effacement...

Après un début nécessaire, qui donne le ton, tout en tension contenue, prélude à l'acte ignoble, je me suis senti totalement happé dans cette descente aux enfers, d'autant plus que le point de vue interne nous emmène jusqu'au cœur de la barbarie, nous entrons - physiquement - dans la peau du supplicié, martyr des temps modernes !

L'écriture en vers longs (des presque-alexandrins ;)), la musique des mots (avec des rimes et des presque-rimes ;;), la présence d'un refrain dans la deuxième section, qui d'ailleurs s'étiolera pour figurer la mort du condamné, tout cela participe d'une mise en scène tragico-pathétique très habile sublimée par une belle sensibilité poétique.

Bref, je n'ai pas du tout aimé lire ce poème !

   Provencao   
26/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
" Il su... que je ti..., ils vont me rel...,
Ils veu... juste s'amuser, il su... que je tienne.
Oui ...nds-moi maman, attends que je..."



Très très très touchée par cette poésie qui fait écho et prend sens en mon histoire familiale.

Quand déposer le Mal comme manipulateur causal sur ce qui s'est déroulé enrôle une sagesse constituée sans être prise dans l'inoculation de la chose produite, sans ce frisson qui en est la révélation dans le corps et ses limites...

Ce qui nous livre combien sont la parole et les mots bien plus que la pensée qui sont touchés et qui assignent à tant de poèmes, de chansons, de danses, de travail de mémoire et de souvenirs, de cérémonies, de quêtes et de commémoration...

MERCI.


Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Luz   
27/11/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

J'ai réussi à lire le second texte, mais qu'une fois, et ne le relierai pas. Trop dur. Il faut du courage pour lire et plus encore pour écrire cela. Mais il faut l'écrire, ce monstre à la lisière de l'âme humaine.
Le premier poème est plus facile à aborder pour moi, les quartiers qualifiés de "sensibles" par les gens qui n'y ont jamais mis les pieds et par l’État qui n'y a jamais vraiment mis un sou (un demi-sou, peut-être, mais démolir quelques tours ne chasse pas la misère).
Bravo pour ce (ces) long et fort poème.

Luz

   Hiraeth   
27/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le dernier quatrain m'a donné des frissons et mis la larme à l'œil : je ne m'y attendais pas et je vous en veux Pouet, c'était un peu gênant.

Je vous découvre là dans un style plus formel (au sens de plus cadré), plus proche de la chanson, et je suis assez conquis.

J'apprécie moins le prologue car moins fan des grands discours généralistes sur les travers du temps, sans toutefois nier que là aussi vous maîtrisez l'exercice.

J'en veux encore dans le même style !

   Atom   
27/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne sais vraiment pas comment évaluer ce poème, plus ou moins diptyque.
Autant la première partie me plait vraiment avec de belles envolées qui décrivent un quotidien avec toutes ses vicissitudes, mais quand même vivant. Un train-train de l'oisiveté joliment évoqué.

Après, la partie "en sous-sol" qui est ensuite décrite, me plait déjà moins bien. L'effet "cave", descriptif et cru , où juste la rime fait office de poésie ne me convainc pas.
Je peux cependant admettre l'idée que la victime, à travers les rimes et l'image d'une mère, s'accroche encore...

Ceci étant, j'ai l'impression que ce poème évoque une histoire dont je n'ai sans doute jamais entendu parler.

   Myo   
28/11/2020
Un fait divers des plus sordides et qui dépasse l'entendement comme l'actualité nous en délivre trop souvent.

Un écrit très difficile à aborder comme il a du être difficile à écrire, mais se voiler la face ne change rien à la terrible réalité. Celle de l'influence du groupe, de la perversité de quelques uns qui se transmet à d'autres par simple effet d'influence.

En certaines circonstances, sous la menace, la peur, l'ignorance...l'homme est-il capable des pires cruautés?

Un texte puissant et courageux mais d'une telle violence que .. je n'arrive à le noter.

Myo

   Ombhre   
28/11/2020
Bonjour Pouet,

Un texte terrifiant, d'une violence extrême, à l'image de cette atrocité commise par on ne sait vraiment qui, car ils n'ont plus d'humain que l'apparence.
Le rythme donne encore plus de "punch" et de puissance à l'ensemble, qui se déroule comme un travelling cinématographique, partant d'une vue très générale sur ces quartiers difficiles que nous connaissons tous, mais où bien peu d'entre nous ont vécu, pour se terminer dans le sang, le désespoir et la souffrance. Idem pour la répétition de la strophe "Il suffit que je tienne, ils vont me relâcher," comme des coups de tambour.
J'ai relu ce texte deux fois, frappé à chaque lecture par ce zoom parti de tours de bétons pour s'achever sur le visage tuméfié d'un homme torturé. Je ne sais comment vous avez pu parvenir à conserver une forme "poétique" pour décrire ceci, la dernière strophe concluant à merveille l'horreur qui suinte entre chaque ligne.
C'est la première fois que je commente un texte pour lequel je ne mettrai pas d'appréciation, j'en suis incapable. Mais juste de dire que, si vous souhaitiez mettre un grand coup de poing dans le visage de vos lecteur, l'objectif est atteint.

Merci pour ce partage.
Ombhre.

   Anonyme   
29/11/2020
Bonjour Pouet,

Proférer la litanie de la douleur sans s'abîmer soi-même... Prouesse de qui embrasse même l'âpreté du réel.

   Lariviere   
30/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Pouet,

Que j'aime te lire dans ce type de production contemporaine, bien raccord avec sa triste époque... écrire pour dénoncer, se révolter devant des choses abjectes, c'est bien aussi.

Le poème est d'une grande force servi par une écriture toujours aussi ciselée.

Je n'ai pas grand à dire de constructif sinon de dire que j'ai aimé cette description poétique d'atmosphère glauque.

Techniquement, il y a avait moyen de faire deux poèmes de ces deux unités, mais elles se complètent bien ici.

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   troupi   
1/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Pouet.

Bien sûr qu'il faut être capable d'écrire sur de tels sujets et ça ne doit pas être facile.

Je ne sais pas si ton texte m'a plu mais il m'a touché c'est sûr.

Appréciant surtout les poèmes courts celui-ci ne rentre pas dans mes préférences mais l'écriture toujours aussi bien ciselée accroche à coup sûr et je redirai que certaines tournures et métaphores t'appartiennent ce qui te crée un style particulier.
Juste un petit aparté j'ai vu ces jours-ci "esquisse d'incertain" entre deux Christian Bobin. je pense qu'il peut aimer cette compagnie.


Oniris Copyright © 2007-2020