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Poésie contemporaine
Pouet : Porte-manteau
 Publié le 23/05/18  -  20 commentaires  -  1298 caractères  -  329 lectures    Autres textes du même auteur


Porte-manteau




Parfois
Pantin de bois,
Gentleman argenté,
Guignol de guingois
Ou patère tachetée,

Il ploie sous les effluves des cosmétiques rares et les relents poivrés des glandes sudoripares.

C'est le marionnettiste des écorces futiles,
Sentinelle recueillant
D'une marée textile
La confession des aubes, la fougue des mantilles,
Les masques de coton
Que l'orgueil maquille.

(Les manteaux de fourrure lui donnent de l'urticaire
Mais il a
Malgré lui
La fibre humanitaire.)

Il devise caoutchouc,
Aramide ou nylon,
Sirote un jus de jute,
Enlace l’élasthanne,

Déguste quelques tranches
De doux chapeaux melons,

Se prépare en tatin
Une légère tarlatane.

Voici l'épouvantail
De la schizophrénie,
Il endosse notre peau :
Polyester symphonie.

Les soirées de soieries,
Ivresse à l'acétate,
En chatouillant ces frusques,
C'est notre âme qu'il tâte.

Curieux arc-boutant
Des mornes apparences,
Frileux dépositaire
De nos frivolités,
Son squelette se pare
Des bourgeons de l'errance

Et nous y suspendons l'illusion d'exister.


 
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   papipoete   
16/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
contemporain
ça fait longtemps aujourd'hui, que je vois ce poème dont nul regard ne s'approche ; aussi je me penche sur lui, car il doit bien se languir dans son coin, tel un porte-parapluie !
Je trouve, au fil de votre portrait que sa peinture est fort précise, et on comprend qu'il côtoie bien du monde , du beau monde en soie et au parfum enivrant ; mais aussi, il peut endurer des maux comme de porter des fourrures lui donnant de l'urticaire ( en plus, a-t-il peut-être la fibre anti poil de bête ? )
NB j'aime bien ce récit, mais l'aurais davantage apprécié, si ce fut le porte-manteau qui s'exprima à votre place ?
la 3e strophe ( c'est le marionnettiste ... ) est croustillante ( la confession des aubes ... )
bien vu poète !
papipoète

   BlaseSaintLuc   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’adore, c'est plein d'humour et donc d'amour, une petite tranche d'humanité, un sujet curieux pourtant pas besoin de se pencher, c'était à hauteur d'homme, et vous avez su l'attraper. Bravo, il y a du social, presque une étude sociétale.

   kreivi   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Revoilà cette antiquité patinée par l'oubli et l'odeur d'aisselles
un petit coup de cire antique et de chiffon de laine et hop
notre porte-manteau qui redescend du grenier avec sa jambe se merisier
et ses bras de Christ vermoulus.
Aller, zou ! je file chez le marchand de porte-manteau.
J'ai tellement d'illusions et rien pour les accrocher

   Robot   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'idée et la conception sont plaisants.
Il y a bien sûr l'humour, mais aussi une certaine humanité dans cette exploration. car il s'agit bien d'une forme d'archéologie du placard on l'on découvre couche après couche la révélation d' existences cachées au creux des vêtements.

J'espère que tu as découvert quelques monnaies oubliées au fond des poches :-)

   plumette   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je boude un peu la poésie ces derniers temps, mais il y a certains auteurs que j'ai envie de continuer à visiter et vous en êtes!
Des sujets inattendus, de l'humour et de l'humain, de bons ingrédients assurément.

j'ai beaucoup aimé l'utilisation que vous faites de la liste de ces textiles en tout genre que vous arrivez à poétiser.

El le vers qui clôt cette évocation est superbe, il apporte un peu de gravité à la légèreté ambiante de la valse des tissus.

Un bon moment grâce à vous!

Plumette

   PIZZICATO   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un sujet intéressant où se mêlent l'humour et, par le biais de vêtements divers, une réflexion réaliste de l'auteur sur nos habitudes et situations de la vie." En chatouillant ces frusques,
C'est notre âme qu'il tâte."

Chaque vêtement ou matière réserve ses " confessions ".

"Il ploie sous les effluves des cosmétiques rares et les relents poivrés des glandes sudoripares." J'aime bien celle-ci !
Des images justes tout au long de cette poésie.

De plus, un calligramme pour parfaire le tout.

   eskisse   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé ce poème-objet, ludique, original et réussi en ce qu'il mêle tous les textiles à une réflexion sur la vie. Les images ( tantôt "pantin", tantôt "marionnettiste" tantôt "épouvantail" ou squelette") sont pleines d'humour.
Merci pour ce partage

   Eva-Naissante   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Pouet,

Appréciation totalement subjective et sans doute inutile (mais tant pis...):

J'aime beaucoup, c'est toujours un réel plaisir de vous lire. Un sujet décalé traité avec humour et finesse, avec un visuel des plus appréciables,

"Et nous y suspendons l'illusion d'exister" est mon préféré...

Merci pour cette lecture,

Eva-N

   Anonyme   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Tout à vos mots :

" Voici l'épouvantail
De la schizophrénie,
Il endosse notre peau :
Polyester symphonie. "

Ils méritent cette place d'honneur, avant que les miens prennent la parole, pour dire que je n'ai pas boudé mon plaisir de vous lire plusieurs fois, pour complètement apprécier l'ingénieuse, clairvoyante et intelligente approche de ce "Porte-manteau".

Cette description, "vue de l'intérieur", est atypique, c'est de plus une analyse curieusement intéressante, elle offre la possibilité d'avoir un autre regard sur l'objet qui bien souvent nous indiffère à la longue.

"Objets inanimés avez-vous donc une âme". (Alphonse de Lamartine)

Vous m'avez enchanté sans réserve, n'ayant rien négligé, la forme apporte sa contribution, tout aussi pittoresque.

   widjet   
23/5/2018
Pas l’envie de développer (plus tard peut-être) mais voilà :
Un de tes meilleurs textes.
Big big up !

   Cat   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
En muse originale, ce porte-manteau te va comme un gant ! (si j'ose dire... )

Chez toi l'humour n'est jamais loin, pourtant ton goût pour la taquinerie ne cache jamais longtemps l'humain que tu portes à fleur de peau, à peine à une portée de mots de tout l'amour qu'il t'inspire. Un amour très lucide, cependant.

Ici, sur un morceau de bois et ses diverses figures, ce sont des tissus que tu nous donnes à humer, chacun ayant sa propre histoire, son propre pincement au cœur. Tous s'empilent en vrac et donnent lieu à une vision du monde plutôt réussie.

Je parie que tu t'es fort amusé avec le calligramme, mais aussi avec :

« Se prépare en tatin
Une légère tarlatane. »

(je ne sais pas pourquoi, une tarlatane en tatin, ça me fait rire, j'en ai plein la bouche !)

Bravo, le Pouèt
Tu n'as que ce que tu mérites !


Cat <3

   David   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

Ah là, exactement là, j'ai beaucoup aimé. Livrer le porte-manteau comme un marionnettiste, faire défiler tout ce qu'il peut suspendre, comme je l'ai exactement été le temps de ma lecture, c'est très fort. La fin sur ces enveloppes qui prennent le pas sur leur pli, est-ce qu'un poème est un habit de poète... comme un bal des fantômes, fantastique, c'est le cas de le dire :)

   leni   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est drôle La dame des vestiaires n'en revient pas et moi non plus
Quelle imagination

Il ploie sous les effluves des cosmétiques rares et les relents poivrés des glandes sudoripares.

Voici l'épouvantail
De la schizophrénie,
Il endosse notre peau :
Polyester symphonie.
et la finale est un bijou

Bravo AMI BRAVO LENI

   Cristale   
23/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne regarderai plus jamais les porte-manteau de la même façon : c'est-à-dire avec la plus totale indifférence.
Le Pouet se fait poète pour notre plus grand plaisir et sa qualité d' écriture mérite un manteau de plumes en suspension :)

Que du bon :
"Voici l'épouvantail
De la schizophrénie,
Il endosse notre peau :
Polyester symphonie."

Des assonances à la rime et des jeux de mots dont seul notre artiste a le secret :

"Déguste quelques tranches
De doux chapeaux melons,"

Belle découverte que la réalité révélée de ce que supporte un porte-manteau...

Pouet me voici suspendue à la patère de votre poésie...

   jfmoods   
24/5/2018
Vingt-deux vers de 12 et 13 pieds, à rimes suivies et croisées, suffisantes et riches, ont été ici retaillés pour épouser la forme d'un calligramme.

Par la magie des mots, le poète redonne à voir un objet apparemment banal...

- jeu d'assonances ("jus de jute", "Enlace l’élasthanne", "peau / Polyester", "Frileux [...] frivolités")
- glissement assonantique : "Guignol de guingois", "soirées de soiries")

Il s'amuse et nous amuse...

- jeux de mots (crochet prédateur : "patère tachetée", dessert crypté : "tarlatane", "tatin")
- assimilation des sens propre et figuré d'un mot ("Il a [...] La fibre humanitaire", "Déguste quelques tranches / De doux chapeaux melons")
- personnification comique ("Les manteaux de fourrure lui donnent de l'urticaire")

Cependant, le texte est empreint d'une certaine gravité car le porte-manteau apparaît, aussi, passablement inquiétant (aspect fantastique : "Il endosse notre peau", "En chatouillant ces frusques, / C'est notre âme qu'il tâte").

Il est en le métaphorique dépositaire du jeu social auquel nous nous livrons...

- monde théâtralisé ("Pantin de bois", jeu antithétique : "Gentleman argenté, / Guignol de guingois")
- images diverses de l'artifice (mensonge et vérité : "les effluves des cosmétiques rares et les relents poivrés des glandes sudoripares", métaphores : "le marionnettiste des écorces futiles", "Sentinelle recueillant [...] La confession des aubes", allégorie : "Les masques de coton / Que l'orgueil maquille", périphrase dépréciative : "Curieux arc-boutant / Des mornes apparences", personnification : "Son squelette se pare / Des bourgeons de l'errance", affirmation finale en forme de sentence irrévocable : "nous y suspendons l'illusion d'exister")

Merci pour ce partage !

   Luz   
24/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Pouet,

C'est génial. Un poème un peu à la Prévert, je trouve, mais en plus fin, plus élaboré. Et puis l'image du porte-manteau : joli travail.
En fait, comme souvent, je ne saurais trop analyser ; René CHAR disait que dans son pays on ne questionnait pas un homme ému. Là, je suis ému, c'est tout.
Merci.

Luz

   Pandelle   
24/5/2018
J'ai interprété le trait d'union dans le titre comme : porte-mental (au singulier)
L'habit trahirait-il l'âme ? Ferait-il le moine ?
Dans le fond comme dans la forme il y a un côté léger pour évoquer un sujet de plus en plus pesant.
Ce portemanteau nu qui, en s'étoffant peu à peu, apaiserait...Qui prendrait vie en portant un peu de notre fardeau .
Je dis ça rapport à votre dernier vers qui m'a ramené à celui de V.Hugo :"Car le plus lourd fardeau c'est d'exister sans vivre"
Votre poème m'a porté vers une réflexion (dont je pourrais, aisément, ne pas sortir indemne) :Qu'est-ce qui est plus déprimant : une potence sans pendu ou une potence où l'on ne peut se pendre, sinon en faisant la queue ?
Mais c'est aussi à cela que sert la poésie( et peut-être même qu'à ça)

   Recanatese   
25/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Salut Pouet,
je sors de ma caverne où je me suis retranché pendant plusieurs mois et voilà que je tombe sur ce texte. J'en ai le souffle coupé. C'est peut-être, de mon point de vue, le meilleur poème qu'il m'ait été donné de lire sur Oniris. Le dernier vers est sublime, ainsi que tout le reste d'ailleurs. À ce stade, je n'ai pas envie d'analyser (un certain JF s'en charge fort bien). J'ai juste envie de te dire merci pour ce moment, comme dirait Valoche.
À plus cher poète

   Donaldo75   
26/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Pouet,

J'applaudis la performance !
Clap clap clap.

De l'humour, de beaux vers, des images.
La calligraphie est réussie.

"Les soirées de soieries,
Ivresse à l'acétate,
En chatouillant ces frusques,
C'est notre âme qu'il tâte."
Ce quatrain m'a bien fait marrer.

Bravo !

Donald

   Quidonc   
28/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel joli porte manteau que celui-là. Philosophe, défenseur de la cause animale, il s'habille de nos frasques avec une égale abnégation sans jugement sans émoi.
Il nous prend comme nous sommes.

Quidonc


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