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Poésie contemporaine
Quidonc : Délivrance
 Publié le 25/05/19  -  9 commentaires  -  1383 caractères  -  189 lectures    Autres textes du même auteur


Délivrance



Mécaniques chevaux entamant le retour,
Fiévreuses les fourmis quittent la fourmilière.
Dans une transhumance obscure et journalière,
Le crépuscule naît où se fane le jour.

Les lucioles en vol expulsées des bouges
Égayent la cité de délicats plumets,
Dessus l’asphalte gras, flottent leurs halos rouges
Aromatisant l’air de répugnants fumets.

Hypothéquant la paix qu’offrirait la banlieue,
Dans les rues le flot coagule et gémit,
Les moteurs fatigués crachent leur fumée bleue,
S’engluent dans le fiel et la ville vomit.

Les files hoquetant, le calvaire se durcit.
Le suburbain piégé endure la torture
Du troupeau vrombissant qui fonce au ralenti
Lui imposant sa cannibale dictature.

Phare bleu nictitant entre les véhicules,
Le chant d’une sirène effarouche un klaxon
Pour confisquer le don du coléreux taxon,
Au dieu qui l’asservit sous ses coups de férules.

Tapissant d’impiété le paradis paillard,
Sur le goudron la jungle éructe des prières
Destinées à un pachyderme boyard,
Carcasse métallique aux missions meurtrières.

J’avais un rendez-vous, qu’importe je m’incline,
Je ne verrai jamais plus ceux que je chéris.
Ici finit la route et ma vie se décline,
Métro, boulot, dodo…, étrange, je souris.


 
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   Corto   
25/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ordonnance du médecin: 'séjour immédiat dans un chalet des Pyrénées durant 15 jours pour vivre au milieu des brebis, caresser le Patou, et aider le berger à faire son fromage'.

Elle est terrible cette ville ici décrite, où l'on ne pense plus qu'à la "transhumance obscure et journalière" et où "Les moteurs fatigués crachent leur fumée bleue".

"Le poète a toujours raison" a dit Jean Ferrat, mais il semble qu'ici le poète ait oublié la suite de la phrase: "Qui voit plus haut que l'horizon"...

Ce texte est toutefois bien construit et l'on pénètre facilement (mais à reculons) dans cet univers où "Dans les rues le flot coagule et gémit".
L'ambiance est pesante, on sent presque l'odeur peu ragoutante car les moteurs "S’engluent dans le fiel et la ville vomit".

Le final veut-il nous rassurer avec "étrange, je souris" ?

Je vous quitte car je veux continuer à regarder sur l'herbe verte mon merle qui se démène pour nourrir ses petits.
Bravo à l'auteur.

   papipoete   
25/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Quidonc
Contrairement aux fourmis qui ne s'arrêtent jamais, les travailleurs quittent la fourmilière de la ville, pour rejoindre en mécanique la banlieue, où ils pourront après " métro, boulot " espérer faire dodo, et rêver bercés par le trafic d'il y a une heure, enivrés par la fumée bleue des pot d'échappement...
NB il m'est arrivé d'être coincé dans un embouteillage, tôt le matin aux portes de Lons le Saunier... cela dura une éternité d'au moins 4 minutes !
Votre récit n'est pas imaginaire, on sent le vécu, et mon bureau semble enfumé par les volutes, et les touches de mon clavier voudraient me crier " hé, avance toi là-devant ! écrase toi le o, oh ça va toi le p, tu ne me fais pas peur ! "
des vers marquants " le troupeau vrombissant qui fonce au ralenti ", mais à mon goût trop de mots savants ( nictitant, taxon, boyard )
mais l'ensemble se lit avec plaisir, même si l'on sourit de n'être point le héros du récit !
Quelques erreurs de métrique, empêchent le " néo-classique " ( 5e vers=11 pieds///12e vers= 11 pieds )

   senglar   
25/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Quidonc,


La société/civilisation contemporaine crisse à ce point que la quitter apparaît comme une délivrance :

- quitter sa routine "Métro, boulot, dodo..."

- quitter son mal-être/malaise souligné par des inversions discordantes : "Mécaniques chevaux...répugnants fumets... cannibale dictature... coléreux taxon..."

Vous avez dit "jungle" ?

Comme si cela ne suffisait pas elle est ici de métal...

Exit humanum !


Senglar

   PIZZICATO   
25/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah, la grande ville ! Avec son vacarme, le bruit incessant des moteurs et klaxons, l'air irréspirable, les embouteillages, les ambulances - heureusement qu'elles sont là...- qui font du slalom entre les voitures.
Une vision d'une réalité incontestable mais très noire. Les grandes cités ont toutefois de bonnes choses à nous offrir.

Et puis, chacun de nous ne prend-t-il pas un peu part à ce vacarme et pollution ?

Le ressenti du narrateur est bien traduit par des images adéquates.
" Les files hoquetant, le calvaire se durcit.
Le suburbain piégé endure la torture
Du troupeau vrombissant qui fonce au ralenti "

   Robot   
26/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un texte à vous dégoûter d'habiter les grandes villes. Le parti est pris de ne voir que le mauvais côté. La ville au quotidien, sale, bruyante et puante.

A se demander pourquoi tant de gens quittent la campagne pour ces endroits sordides tels que présentés dans ce texte écrit au goudron.

Une vision décrite avec force mais pas réjouissante. Quelques mots savants desservent la fluidité de la lecture sans vraiment contribuer à ajouter de la poésie au récit.

Pas sûr cependant que la ruralité apporte plus de satisfaction. Hélas, peu de lieux demeurent intacts des souillures de la civilisation du 21ème siècle.

Et pour voir encore plus haut, avec tous les satellites et engins déployés autour de la planète, c'est le cosmos que nous contribuons à polluer.

Depuis l'aube des temps, l'homme produit sans vraiment se préoccuper de la gestion de ses déchets.

   Donaldo75   
26/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Quidonc,

En tant que Parisien, je ne peux que souscrire à ce poème qui voit de la ville uniquement les mauvais côtés - et tu en oublies si Paris sert de modèle - et les nombreuses scories. D'ailleurs, je pars souvent dans les Yvelines profiter du charme suranné de la campagne pour humer l'air presque pur de ces zones désertées par les hordes de fourmis conditionnées par je ne sais quel message.

Bravo, ton poème tape là où il faut, avec brio et maestria.

Don

   Lebarde   
26/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Les embarras de Paris et d’ailleurs, problème majeur qui alimente les discours et les écrits depuis bien longtemps, avec ses embouteillages, ses pertes de temps, ses énervements, ses conflits et ses pollutions.
Les choses changeront elles un jour?
Peut être l’odeur qui est passée du crottin de cheval bien naturel aux fumées entêtantes des échappements.
Il faudrait que l’Homme, grand malade de la bougeotte, volontaire ou imposée, accepte de retrouver ses jambes et de limiter ses déplacements en troupeau pour aller au boulot ou partir à la recherche d’hypothétiques verdures ou air pur.

Ce poème narratif traite bien ces transhumances bruyantes, polluantes et incontrôlables en présentant des images fortes et parfois originales.
«  Fiévreuses les fourmis quittent leurs fourmilières « ( à la relecture la répétition peut gêner certains puristes!)
« Dessus l’asphalte gras, flottent les halos rouges
Aromatisant l’air de répugnants fumets »

« Du troupeau vrombissant qui fonce au ralenti »

Quelques mots inadaptés et quelques approximations de versification n’ont pas altéré mon plaisir de lecture.

Merci
Lebarde

   Ioledane   
27/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup l'atmosphère qui se dégage de ce texte, âpre tableau de la vie (sub)urbaine contemporaine.
La ville imite la vie : mécaniques chevaux, fiévreuses fourmis, troupeaux vrombissants que nous sommes ... Elle la tue aussi : pauvres lucioles aux répugnants fumets ! Au mieux, on s'y englue dans le gras et le fiel.
Alors, on se révolte contre la cannibale dictature, tentant de faire mieux que tous ceux qui foncent au ralenti ... Hélas, l'individu est puni de son audace, maté par la jungle urbaine. Avec, quand même, un sourire final ...
Les images sont clinquantes, fortes, bien trouvées. Le dernier paragraphe qui recentre sur l'individu donne encore plus de portée et de puissance à l'ensemble.
Je regrette seulement quelques vers moins équilibrés, dont le rythme tranche avec celui des alexandrins.

   Davide   
29/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Quidonc,

"Dans une transhumance obscure et journalière,
Le crépuscule naît où se fane le jour."
Une écriture toujours aussi percutante et qui ne manque de poésie.

Une seule chose dérange ma lecture : la césure de certains alexandrins, comme, entre autres, les vers 4, 9 et 13.
Ainsi, comment faut-il lire le vers 4 : "Les lu-ci-oles en / vol expulsées des bouges" ?
Ces cassures rythmiques sont, à mon sens, vraiment désagréables à l'oreille !

Seul point négatif, pas grand-chose donc, tout le reste me plaît, et pas qu'un peu.
Très belle, cette dernière strophe, où, après cette longue et délectable description d'une ville noire et/ou noircie, le narrateur s'implique ("J'", "Je"...).

Bravo à l'auteur une fois de plus pour ce très beau poème !
Dommage pour ces césures approximatives qui font légèrement fléchir mon appréciation générale.

Davide


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