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Poésie contemporaine
Ragne : Prière
 Publié le 08/01/16  -  4 commentaires  -  2457 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Une prière déiste envers la mort d’un dieu et la responsabilité qui en résulte.


Prière



J’aimerais esquisser devant toi, l’Éternel,
Un tertre fait de phrases, de paroles, de pensées.
Pour combler le silence que tu nous as légué,
Qui résonne dans les gorges comme l’impôt du ciel.
Suivant nos mots mutins, notre verbe s’éteint
L’idée s’est érigée, nous sommes tes orphelins.
L’Éternel, tu es mort, pour toujours disparu
Et ne tient que l’amour que tous, nous avons tu
Mais où iront nos fils ? Quelle sinistre oasis ?
Perdus dans le désert de cendre et d’artifices,
En quels rêves, dis-moi, puis-je placer nos espoirs ?
Moi qui n’ai que ton nom gravé dans ma mâchoire !
Que je garde collée face aux conteurs d’histoires
En moi-même, réfléchi, questionnant ma mémoire
Qui, perfide, examine, jauge ton héritage
Ce trésor transporté du tréfonds des vieux âges.

J’aimerais esquisser devant toi, l’Éternel,
Le legs de ta genèse, mappemonde maternelle.
Sculpteur de paysages, poète aux cent virgules,
Que les mots de tant d’autres ont plagié sans scrupule.
Des récits de récifs, acérés par césures
Épopées et périples, pic perforant l’azur !
Mais ces rêves sont foi, fragile serrure
De la brise humaine, brisée sans murmures.
Errant dans l’abysse de l’architecture
Moi, les miens, avons fait le paradis obscur
Il était tien, ta terre, il était ton temple !
Nous nous sommes érigés dieux à ton exemple !
Et modelant le sol, nos croches en orchestre,
Nous piètre architecte du tableau terrestre
De l’âpre terre de feu jusqu’au septentrion,
Nous sommes monde exilé dedans ta création.

J’aimerais esquisser devant toi, l’Éternel,
Le souvenir de ceux qui, là-bas, s’emprisonnent
Frappés par le fracas de leurs phrases frêles
Et par leurs longs sanglots, langueur monotone.
Ces êtres trahis qui trébuchent entre les ans,
Aux sentiments sapés et taris par le temps
Pour eux, tu es un mythe, un songe qui nous trompe
Une céleste estampe, esquisse qui s’estompe,
Une promesse de trop aux cœurs solitaires,
Aux visages déjà meurtris de cratères
Stigmate d’ivresse qui s’achève en chagrin
Or, qui damner, d’instinct, en dehors du destin ?
Mais même si l’amour nous mène à l’abysse
Ô non… nous ne nierons, nos nonnes Némésis.
Sain celui qui enceint passion sans être saint
Car l’ardeur à chérir narre en nous l’humain.


 
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   Anonyme   
18/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
N'ayant pas les mêmes croyances que vous, je ne discuterais pas du fond.
Votre poème est très bien écrit et je pense qu'il mérite d'être lu.
Le seul hic c'est.." Moi, les miens...."
Dans mon éducation, on m'a toujours répété que la politesse voulait que l'on dise: "Les miens, moi..."
Je sais que cela peut faire sourire et j'en ris d'ailleurs moi-même mais bon...
:-)

   Robot   
8/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Recherche sur une spiritualité humaine attribuée à dieu (un dieu) sans qu'on sache celui invoqué par le narrateur (peut être le suppose-t-il unique ?) Sur le fond la démarche est respectable même si on est pas obligé de la partager.
Je suis plus circonspect sur la forme. On part sur une cadence de 12 pieds avec parfois l'élidement des E mais par moment le rythme est faussé. Des tournures accrochent aussi.
Mâchoire semble là pour la rime.
Dans beaucoup de vers c'est bien souvent la rime qui guide la pensée d'une manière peu naturelle.
La longue phrase qui achève la strophe une à partir de je garde aurait méritée d'être scindée.
Je n'ai pas aimé non plus l'alliteration de l'avant dernier vers avec L'assonance "sain". L'effet de style est trop flagrant.

   Pouet   
13/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Sur le fond, je ne sais pas.

Sur la forme j'ai trouvé de très beaux vers comme "Qui résonne dans les gorges comme l'impôt du ciel" ou encore les deux et troisième vers de la deuxième strophe. "Nous sommes monde exilé dedans ta création" aussi.
J'ai trouvé sympathique les allitérations des quatre derniers vers.

En revanche je n'ai pas trop vu l’intérêt de mettre Verlaine dans tout ça...

Mais bon... Dans l'ensemble je n'ai tout de même pas trop accroché, il y a beaucoup de choses convenues là-dedans.

Je reconnais toutefois la qualité de l'écriture.

   GilbertGossyen   
19/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime beaucoup ce texte plein d'assonances et d'allitérations sur un sujet spirituel par excellence.

"Des récits de récifs, acérés par césures"

"Frappés par le fracas de leurs phrases frêles"

"Ô non… nous ne nierons, nos nonnes Némésis.
Sain celui qui enceint passion sans être saint"

Magnifique.


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