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Poésie libre
Rainbow : Château d'If
 Publié le 07/02/20  -  4 commentaires  -  1201 caractères  -  119 lectures    Autres textes du même auteur

Puisque l'on ne renaît pas tous.


Château d'If



Je ne me souviens plus,
Ni de l’aridité de l’été où l’on étanchait notre soif, ni du mistral de l’hiver effleurant les draps.
Tout juste d’un automne
Où la pluie
Brouille le sillage de ton sourire.
C’est loin tout… ça. Au large comme Planier qui, sous les vents du sud,
N’éclaire rien d’autre que la pluie boueuse et les nuages gras. L’immensité
De la mer n’est plus une promesse. Juste un fond sans mystère, un écho qui se réverbère.
Et de l’autre côté, les lumières de Marseille sont un feu sans braise où rien ne s’émeut, où rien ne s’éveille. Il ne reste que l’asphalte, partant dans la terre, en grignotant l’essence, histoire que tout roule puis dégringole.
Sur la corniche où s’échoue la mer, les artères des collines s’enfouissent sur la plage. C’est là un horizon en surplombant un autre.
Par-delà cela, au milieu du tableau, un entre-deux règne. Le château d’If. Vieille prison d’attente, où l’on se scrute en soi, l’un l’autre, hachuré au détour d’un barreau, une chaîne à la gorge, un boulet dans la bouche. Reste, sous les couloirs des tunnels effondrés, des chemins sans retour…
Et le sac d’une mort à jeter à la mer ?


 
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   Robot   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je déplore un peu les rejets bizarres qui n'apportent rien, comme s'ils avaient comme but de donner un allongement du texte.

J'ai lu ce récit comme une prose.
Un texte agréablement descriptif qui débouche sur une réflexion intérieure, comme si le coeur du narrateur était lui aussi emprisonné dans ce souvenir, tel le prisonnier du chateau d'If, en attendant d'être noyé dans l'éternité.
C'est cette réflexion intérieure qui donne sa valeur au texte.

   Pouet   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

peut-être que ces "rejets" sont comme le mouvement de la houle, ou un aller-retour mémoriel, ou.

Au-delà de l'intéressant aspect "réflexif", j'ai beaucoup aimé l'écriture, imagée et non-dénuée d'une certaine "puissance".

Il me semble qu'il y a ici comme une métaphysique du paysage.

Je crois qu'il y a le souvenir, l'amour, le regret, la liberté, l'introspection, la vacuité, l'espérance: la vie en somme.

Un "tableau" assez fort en tout cas, qui ne m'a pas laissé indifférent.

   eskisse   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème où le souvenir et le paysage sont avant tout définis par le manque : ni de l'aridité de l'été", "n'éclaire rien d'autre que" , " n'est plus une promesse" , "juste un fond sans mystère" " un feu sans braise", " il ne reste que" , " Reste" . C'est ce dénuement, ces bribes échouées qui m'ont plu.

Une sensation d'apaisement et de mélancolie se dégage de l'ensemble.

   Vincente   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup l'écriture, c'est celle qui apparaît en premier, bien avant que l'on se saisisse de ce qu'elle regarde et apprécie. J'aime donc aussi beaucoup le regard, large du tableau pictural à la pensée scripturale. La recherche du sensible y a porté l'acuité et l'on sent la générosité de la plume s'épancher.

Ce qui me plait dans la forme tient dans l'attitude où la poésie "libre" avance par une démarche simple, sur deux jambes (vers irréguliers/ponctuation affirmée) au pas lent mais coulant, un vers de la longueur nécessaire à une idée, et une ponctuation assumée ; elle crée un vers comme une strophe, débutant ainsi par une majuscule, jusqu'à celle suivante (même l'enjambement y reste accessible, très judicieux pour le sens et la scansion ici à mes yeux). Pourquoi n'emploie-t-on pas plus souvent cette façon en libre ? L'on voit ici toute la qualité proposée.

Sur le fond, depuis une réminiscence, s'écrit le poème comme une pensée incidente qui traverse l'esprit en repos. Et les images affluent, étirant un fil où affleurent des prises de conscience revisitant les souvenirs par la prise de recul. Ainsi renaissent, l'exergue nous avait prévenu, "Puisque l'on ne renaît pas tous", des interprétations, des ressourcements, des "culs-de-sac" existentiels comme dans le vers final : "Et le sac d'une mort à jeter à la mer", de l'espoir vain des condamnés de cette prison à celui de l'évitement de la pensée comme prédisposition à mourir…

J'ai beaucoup aimé ces trouvailles imagières :
" Où la pluie
Brouille le sillage de ton sourire
"

" Sur la corniche où s’échoue la mer, les artères des collines s’enfouissent sur la plage. ". La "mer qui s'échoue", superbe… ! Et joli, ces "artères qui s'enfouissent"…

Une bien belle écriture et une ingénieuse proposition.


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