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Poésie libre
reumond : L'enfance nue
 Publié le 14/03/09  -  9 commentaires  -  3455 caractères  -  88 lectures    Autres textes du même auteur

Une vieille photo d'enfance, un souvenir qui revient comme un écho.
Assis sur des coraux, en totale immersion en lui-même, au cœur d’un happening de vagues et de souvenirs, le poète joue aux échecs avec les mots coquillages.


L'enfance nue



« Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle,
Tu as fondé ta Gloire, pour confondre tes adversaires,
Imposer silence à l'ennemi et au vindicatif. »

Dit le psalmiste au vent qui colporte les échos.


Sur le rebord de la fenêtre,
La peau nue, offerte aux gerçures du sel,
L’enfant regarde la mer, dans ses vagues dévoilées
Une à une, comme dévêtues de vert et d’algues,
Comme déchirée de vent, et rouée vive de vagues,
Tel un vieux papier, un parchemin de vie,
Un chemin sinueux, un ancien poème froissé,
Tatoué par le temps, une peau ridée qui se souvient de
Luc-sur-Mer et de sa baleine.

Sur le rebord de la fenêtre,
Dans les moiteurs de l’été, l’enfant scrute au loin,
Le vide plein de rêves épars, pain quotidien
À nourrir l’aujourd’hui, songer l’avenir, et sonder le passé.

Sur le rebord de la fenêtre,
Ses yeux cherchent le contact visuel,
Avec l’infini et l’éternité.
L’Œil plus grand que le ventre de la Terre,
Cristallin, telles les rétines des miroirs sans tain,
L’enfant contemple le Ciel, tout en faisant des ricochets
De tous ces nuages égarés de vents.

Les poches sous des yeux, pleines de coquillages,
Pour faire collection d’objets tombés du ciel,
Ses yeux de velours, pleins d’étoiles pétillantes,
Clignent au temps qui passe et à l’espace,
L’instant d’un repli, une minute de silence, point.

Et pour finir, mangent sans fin, le bleu de l’horizon.

L’enfant roi, l’enfant divin, l’enfant petit Jésus,
Le petit singe roi des hommes et des anges,
Petit prince sur sa planète de sucre,
Les mains pleines de songe et de barbe à papa,
Se rince l’œil, dans l’eau de la Manche.

Il est là, tout nu, offert, ouvert, au regard de l’autre,
De l’hôte de passage, du passager, du passant
Passant comme un souffle léger, détrousseur de vent,
Comme lui, voleur de mots, voyeur de perles et d’images.
Humant l'effluve des représentations moites et
Des odeurs plurielles des trois rois mages,
Chargés de myrte, d’or, d’encens, et de guigui.

Prêtant l’oreille aux vents d’une innocence de cristal.
Le regard plongé dans son monde imaginaire,
Là où l'aventure le mène,
Là où la magie et le mystère prennent forme
L’enfance nue dénude le Réel.

Notre héros se nomme « Doudou »
Doudou, entre ciel et terre, Amay et Luc,
Il est le narrateur de l'histoire, et mène sa propre quête,
Afin de comprendre le monde dans lequel il vit.

"À la guigui, à la guigui, à la guimauve"
Crie le marchand sur la digue, alchimiste, sortant
De ses pots de cuivre le trésor des pirates,
La plus précieuse des confiseries : La vie
À pleine langue.

Hier encore,
Dès qu’ils l’entendaient, les enfants de la plage,
Comme les 40 voleurs, piaillaient à tue-tête,
Et accouraient de partout, vêtus de sable d’or,
Et sous leurs grands yeux de guimauve,
L’Alchimiste battait, entortillait, moulinait, tressait la guigui,
Tressait les yeux d’enfants, d’oratoire
En laboratoire,
Moulinait l’envie de ses anges déchus,
Aux doigts sales et collants
De bonbons tant convoités
Par l’Absolu lui-même.


Roland


 
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   xuanvincent   
14/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
PS : Ce poème mériterait à mon avis que d'autres personnes laissent leurs impressions.

Ce poème m'a paru d'un abord un peu difficile.

Pourtant il parle d'enfance, d'un enfant au bord de la fenêtre, qui regarde. J'ai vu quelques belles images, ici et là, et une fraîcheur qui me plaît assez mais l'ensemble m'a laissé une impression mitigée.

A partir de "notre héros s'appelle Doudou", il m'a semblé que le poème changeait de ton, devenait plus simple, presque un peu enfantin.

Le thème choisi m'a plu. Dit avec un peu plus de simplicité, j'aurais sans doute pu apprécier davantage ce poème.

Je pourrais imaginer ce poème, raconté avec plus de simplicité, dit un peu comme un conte pour un enfant (ou les plus grands).

détail : "le vide plein de rêves épars" : cette image m'a paru un peu curieuse même s'il me semble pouvoir la comprendre.

D'autres lecteurs pourront naturellement être d'un autre avis.

   hayley   
15/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voyeuse, je vous regarde et je vous lie "Sur le rebord de la fenêtre, la peau nue, offerte aux gerçures du sel".
Depuis toujours, vous semblez, Monsieur, traquer les mots, fantômes, anges ou démons, ils ont la vie que vous voulez bien leur concédez. Des mots bonbons agréable à suçer !
Des mots qui, souvent, en cachent d'autres aux labyrinthes des phrases. Comme l'arbre cache la forêt où « les lutins couchent contre la pierre où se défont les sacrifices » (1). Tel l'éléphant qui cache la montagne, qui cache la ville où joue l'enfant que vous êtes toujours. Ainsi, le bonbon cache l'émerveillement qui occulte l'œil, qui voile la pensée, pensée d'amour semée par le poète au fil des années. Et pour les voleurs de mots que nous sommes, vous savez vous faire, parfois « voyeur » et d’autre fois « exhibition ». Il y a de l’essence de la vie dans tous ces recoins de poésie, ou plus encore, de la poésie dans ces plis de la vie, là où l’on peut oublier milles choses, mais jamais ces moments fragiles de l’enfance, qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires frustrées. Merci la vie et merci à vous poète !

(1) Votre texte « Souvenir de Luc »

Hayley SOULED

   Anonyme   
15/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est ardu et magnifique...

J'ai vraiment aimé ce vers "L’enfance nue dénude le Réel."

Le reste aussi même s'il faut s'accrocher parfois...

Merci

   FABIO   
15/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
C'est très bon mais trop long pour moi, de très belles déscriptions du cadre et de l'enfant mais pour moi il y'a un paragraphe de trop voir deux, je me doute que l'auteur a voulu donner un maximum de déscriptions pour tenir en halène le lecteur mais la je me suis perdu un moment....Toutefois ça reste très bien écrit, le choix des mots, les images invoquées m'ont rappelés a mes souvenirs de bambin. belle plume que la votre Reumond

   FredericBruls   
15/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté, écrivait Baudelaire. Merveilleux voyage qui nous ramène vers la mer (mère ?) de l'enfance, qui nous donne à goûter la vie comme une friandise à la fois amère et sucrée.
Un commencement qui rappelle l'écriture exigeante et exégétique d'un Michel Deguy.
Je me suis laissé bercer par la houle de ces mots, entre deux eaux.

   David   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Reumond,

Ça démarre sur une citation biblique, un extrait du psaume 8 : "Au chef des chantres. Sur la guitthith. Psaume de David." j'ai trouvé les références sur le net, et ça m'interroge un peu sur la fin du poème "À la guigui, à la guigui, à la guimauve", guimauve et Guittith, y aurait-il un parallèle, une parabole ?

Peut être que je cherche un peu trop, n'empêche que mon passage préféré débute avec "Notre héros se nomme « Doudou »"

   Anonyme   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé une belle ambiance ici.
Une écriture très maîtrisée, de bon moments, en particulier la cinquième strophe ("Les poches sous les yeux[...])
Du moins aussi, pour moi, notamment la fin, gradiloquente, "Par l'Absolu lui-même".
Sinon très dense, peut-être "trop" référencié...
Mais certainement, un bien bon poème.

   An-Honyme   
21/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Ardu... J'ai eu du mal à entrer dans le sujet... L'abus de ponctuation (toutes les virgules) scie le texte, en rend la fluidité mois évidente et il faut en faire abstraction....

S'il était possible de "l'alléger", ce texte prendrait plus de saveur.

   Pluriels1   
25/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah, quel plaisir! d'entrer ainsi - sur tes pas de mots -, à cloche-pieds, jouer marelle sur ton sable

...et ces(...ou cet) enfants qui conduisent nos chemins comme un envol - à fleur de ciel - en écrture!

Mes Pluriels (...de mes sables d'avant).


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